Oostvaardersplassen

espace naturel néerlandais près d'Amsterdam

Oostvaarderplassen ou OVP est une réserve naturelle des Pays-Bas. En dépit de son jeune âge (le polder sur lequel a été établie la réserve n'existe que depuis 1968), elle a une importance internationale en tant que zone humide européenne. Il s'agit d'une réserve close d'environ 6 000 hectares. Le site est protégé en tant que site Ramsar depuis [1].

Oostvaardersplassen
La zone humide du parc.
Géographie
Pays
Province
Coordonnées
Ville proche
Superficie
60 km2
Partie de
Administration
Type
Catégorie UICN
IV
WDPA
Création
1968
Patrimonialité
Administration
Staatsbosbeheer
Site web
Géolocalisation sur la carte : Pays-Bas
(Voir situation sur carte : Pays-Bas)
Géolocalisation sur la carte : Flevoland
(Voir situation sur carte : Flevoland)
Les chevaux entretiennent les milieux ouverts de la réserve.
Plan de l'Oostvaardersplassen (mars 2014).

Oostvaardersplassen peut être divisé en deux secteurs : un sec et un humide.

Histoire

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Fondation

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À la création du Flevoland, les Oostvaardersplassen devaient originellement être destinées à l'industrie, mais un écosystème de zone humide s'y est spontanément mis en place. L'écologiste Frans Vera décide d'en faire une réserve correspondant à ce qu'était selon lui l'Europe avant l'agriculture et les aménagements humains. Il y introduit 34 aurochs de heck en 1983, 20 koniks l'année suivante, et 44 cerfs élaphes quelques années après[2].

Les premières décennies, la réserve est vue comme un succès tant aux Pays-Bas que dans les pays voisins qui y voient un modèle d'aménagement écologique du territoire[3]. Le site intègre le réseau Natura 2000 en 2010[4].

Crise écologique et médiatique

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Les grands herbivores sont en liberté, sans alimentation ni soins fournis pas les humains. La réserve étant fermée, en cas de nourriture insuffisante, ils meurent de faim. C'est ce qui se passe durant l'hiver 2017-2018 qui voit la mort de 3 000 grands herbivores et déclenche une polémique nationale[5]. Les cadavres, biens visibles depuis les trains reliant Amsterdam, parsèment les prairies, ce qui choque l'opinion publique . Les gestionnaires de la réserve sont accusés de cruauté envers les animaux et certains reçoivent des menaces de mort. Certaines personnes viennent même déposer des bottes de foin clandestinement par dessus les clôtures pour aider les populations de cerfs, de chevaux et de bovins[3].

Face aux protestations, les deux tiers de la population de cerfs rouges, environ 1 000 têtes, sont abattus à l'automne 2018, afin d'abréger leurs souffrances[6]. Un procès oppose alors les responsables du parc, qui s'opposent aux abattages, et les autorités provinciales. Frans Vera, à l'origine de la réserve, précise cependant : « La famine est le facteur déterminant. C’est un processus fondamental de la nature »[7]. En , le conseil d'État donne raison à la province de Flevoland, et autorise la poursuite des abattages[8].

Depuis, la réserve suit un mode de gestion hybride : l'être humain intervient seulement quand cela est nécessaire (soins vétérinaires, nourriture d'appoint), limitation du nombre de grands herbivores[3].

Aménagements récents

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En , la province du Flevoland décide de transformer en marais, et donc de baisser le niveau, des étendues d'eau. Pour cela, les poissons doivent être transférés dans le Markermeer en . Cependant, les étés chauds de 2018 et 2019 ainsi que la mauvaise gestion provinciale conduisent à une baisse trop rapide du niveau de l'eau, donc du taux d'oxygène et de nourriture. Cela cause la mort de la quasi-totalité des 60 000 poissons[9].

Dans le secteur humide, le long du lac Markermeer, il y a de grandes roselières, où les oies sauvages viennent souvent s'alimenter. La réserve est principalement connue pour ses mammifères et ses oiseaux ; ce secteur étant devenu un refuge pour de nombreuses espèces dont le cormoran, le héron blanc, l'aigle pêcheur ou Pygargue à queue blanche, la grande aigrette (Ardea alba), la Spatule blanche (Platalea leucorodia), le Butor étoilé (Botaurus stellaris, espèce devenue rare et très menacée).

Le secteur sec était à l'origine une pépinière produisant des saules. Dès la première année d'établissement de la réserve, des centaines de plants par mètre carré se sont développés, faisant craindre le développement rapide d'une saulaie dense c'est-à-dire « fermée » sur la nouvelle réserve, réduisant la valeur de l'habitat pour les oiseaux aquatiques.
Pour éviter ceci, les directeurs du parc y ont introduit ou réintroduits un certain nombre de grands herbivores, pour maintenir le secteur le plus ouvert possible : sont donc présents des konik (parfois présentés comme des tarpans reconstitués), des chevreuils (Capreolus capreolus), des cerfs et des aurochs de Heck. Ces grands herbivores sont maintenus en liberté toute l'année, sans alimentation supplémentaire ni soins spécifiques. Les cadavres des grands herbivores morts sont laissés aux charognards et nécrophages locaux (sauf bovins et chevaux conformément à la législation), ce qui est rare dans les réserves naturelles (ils sont nettoyés et réduits à l'état d'ossements en une douzaine de jours environ). Les animaux blessés et souffrants peuvent cependant être abattus par un vétérinaire de la réserve.

Durant l'hiver 2017-2018 3 000 grands herbivores meurent de faim, ce qui déclenche une polémique nationale[5]. Un procès oppose alors les responsables du parc, qui s'opposent aux abattages, et les autorités provinciales. Ces dernières mettent en avant que le surpâturage conduit à une diminution importante de la population d'oiseaux et une disparition de certaines espèces en son sein[10]. Alors que la présence de prédateurs est essentielle au bon fonctionnement d'un écosystème, OVP est trop petit pour permettre la réintroduction des loups. Les grands herbivores prolifèrent donc, et transforment les lieux en une prairie monotone[2].

Justifications écologiques de la présence de grands mammifères

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Les écologues pensent que l'écosystème qui se forme sous l'influence des grands herbivores ressemble à ceux qui existaient sur les berges des rivières et des deltas de fleuves européens avant leur perturbation par les humains.

Avant qu'ils aient disparu de la zone, les grands herbivores de la région comprenaient des cerfs élaphes, des élans (connus sous le nom d'orignaux en Amérique du Nord), des aurochs, des chevaux (peut-être des tarpans, un cheval sauvage aujourd'hui disparu) et des bisons européens. Puisque les tarpans et les aurochs se sont totalement éteints dans la nature, des chevaux de race Konik (Tarpans reconstitués) et des aurochs-reconstitués ont été introduits, et agissent en tant qu'équivalent fonctionnels, occupant une place écologique similaire. Seuls manquent comme grands herbivores originels l'élan, et le Bison d'Europe. Il est peu probable que les élans soient introduits, mais il est possible que le bison d'Europe le soit, car il remplit un rôle écologique différent de celui des aurochs-reconstitués.

Selon une étude de l'Université de Groningue, laisser les cadavres d'animaux se révèle bénéfique : à court terme, les insectes et arthropodes se révèlent plus nombreux sur les carcasses, et à long terme les plantes alentour sont plus hautes, conduisant à plus d'invertébrés, et plus de prédateurs d'invertébrés[11].

Développements futurs

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À bien des égards l'Oostvaardersplassen est une zone isolée, sans véritable corridors vers d'autres réserves naturelles.

Le corridor avec le Lepelaarplassen devrait être amélioré.

Le corridor d'Oostvaarders est un projet de liaison avec le Horsterwold voisin ce qui donnerait naissance à l'Oostvaardersland, faisant partie de Natura 2000, il aurait dû être achevé en et faisant une superficie totale de 150 km2. Cela permettrait aux animaux sauvages de se déplacer vers l'Allemagne et la France. Mais ce projet stagne et tarde à se réaliser, l'état a du mal à racheter les terres nécessaires.

La corossol des marais, une pionnière des marais d'eau douce sur sol boueux

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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  • Article du Journal Pour la Science, n° 368, , pages 74 à 80

Notes et références

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  1. (en) « Oostvaardersplassen », sur Service d’information sur les Sites Ramsar (consulté le )
  2. 1 2 (en) Valentine Faure, « When Humans Make the Wilderness », sur thenation.com, (consulté le ).
  3. 1 2 3 Clément Poursain, « Comment le projet de réensauvagement d'un parc néerlandais a tourné au drame », sur Slate.fr, (consulté le )
  4. Bijlagendocument bij Ontwerp Natura 2000-beheerplan Oostvaardersplassen. Dienst Landelijk Gebied, Ministerie van Economische Zaken, 2014. p. 8-11
  5. 1 2 Belga, « Débat aux Pays-Bas: faut-il laisser les animaux d'une réserve naturelle mourir de faim? », sur rtbf.be, (consulté le ).
  6. Marie Frankinet, « Un parc hollandais très controversé prévoit d'abattre 1.000 cerfs en pleine santé », sur moustique.be, (consulté le ).
  7. Isabelle Leca, « Pays Bas : la réserve d’Oostvaardersplassen, l’exemple d’un échec d’une réserve de vie sauvage », sur lechasseurfrançais.com, (consulté le ).
  8. (nl) Michiel de Vries, « Raad van State: afschot van edelherten in Oostvaardersplassen mag wél », sur rtlnieuws.nl, (consulté le ).
  9. (nl) Flóri Hofman, « Ondanks waarschuwingen kwam redding voor vissen Oostvaardersplassen te laat », sur nrc.nl, (consulté le ).
  10. (nl) Pieter Hotse Smit, « Is herten-afschieten goed of slecht voor vogels? Het laatste woord is aan de rechter », sur volkskrant.nl, (consulté le ).
  11. (en) Université de Groningue, « Carcasses important for plants and insects in the Oostvaardersplassen Nature Reserve », sur phys.org, (consulté le ).