Oppidum Novum (Maurétanie césarienne )

ville antique en Algérie

Oppidum Novum est une ancienne ville de la Maurétanie césarienne, située sur le territoire de l'actuelle commune d'Aïn Defla, en Algérie. Elle se trouve dans la vallée du Chélif, sur la rive gauche du fleuve.

Oppidum Novum
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Commune Aïn Defla
Coordonnées 36° 18′ 05″ nord, 2° 02′ 39″ est
Histoire
Époque
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Oppidum Novum
Oppidum Novum

Localisation

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Rose des vents Aquae Calidae (Hammam Righa) Rose des vents
Tigava N Zucchabar (Miliana)
O    Oppidum Novum (Maurétanie césarienne )    E
S
Ouarsenis

Le site se trouve sur la rive gauche du Chélif, à proximité immédiate de l'actuelle Aïn Defla. Les vestiges antiques occupent un relief légèrement surélevé dans la vallée, au nord-est de la ville moderne. Les sources arabes médiévales permettent également de situer l'agglomération dans la vallée du Chélif, qu'elles décrivent comme une région fertile et parcourue par des voies de circulation importantes[1].

Oppidum Novum s'inscrit dans un réseau routier reliant les établissements de la vallée du Chélif à ceux de l'intérieur de la Maurétanie Césarienne. Les itinéraires antiques la mettent notamment en relation avec les agglomérations situées sur les axes conduisant vers l'est et l'ouest de la province[2].

Toponymie

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Le nom Oppidum Novum est attesté par les sources antiques et par plusieurs inscriptions découvertes sur le site. Il figure notamment dans la description de la Maurétanie Césarienne par Pline l'Ancien, ainsi que dans la Géographie de Ptolémée et dans l'Itinéraire d'Antonin[3],[2],[4].

À l'époque médiévale, la ville est désignée sous le nom d'Al-Haḍra (en arabe : الحضرة), forme sous laquelle elle apparaît dans plusieurs textes arabes. Son identification avec l'antique Oppidum Novum repose notamment sur la confrontation de ces témoignages avec les données archéologiques et épigraphiques du site[1].

Histoire

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L'histoire d'Oppidum Novum est évoquée dans les sources antiques consacrées à la Maurétanie césarienne, notamment par Pline l'Ancien, qui mentionne l'établissement dans sa description de la province, et par Ptolémée, qui le répertorie parmi les villes de Maurétanie Césarienne[3],[5].

La date et les circonstances précises de sa fondation demeurent discutées. Pline l'Ancien rapporte que, sous le règne de Claude, au milieu du Ier siècle, des vétérans furent installés dans plusieurs établissements de Maurétanie, parmi lesquels figure Oppidum Novum. Cette mention a été traditionnellement rapprochée de la création de la ville sous Claude. Toutefois, l'interprétation de ce passage et la date exacte de la constitution de la cité ne font pas l'unanimité parmi les historiens[6],[7].

La présence militaire romaine est cependant attestée par l'[]épigraphie)]. Une inscription mentionne Condonius, présenté comme responsable du praesidium d'Oppidum Novum et mort avec cinq soldats. Une autre inscription étudiée par Philippe Leveau est consacrée par la res publica Oppidonovensium à un personnage ayant exercé la fonction de préfet de l'ala II Thracum et de la gens Mazicum. Ces documents témoignent de l'importance militaire du site et de son insertion dans l'organisation romaine de la région[8].

La chronologie proposée par les chercheurs varie ainsi selon l'interprétation des sources. Alors que l'installation de vétérans sous Claude a été avancée à partir du témoignage de Pline, Philippe Leveau situe la création de la cité au IIe siècle, probablement sous le règne de Trajan, en s'appuyant notamment sur les données épigraphiques et militaires. D'autres travaux ont envisagé une implantation militaire antérieure à la période flavienne[9].

Une inscription municipale découverte à Oppidum Novum mentionne Caius Ulpius Maternus, inscrit dans la tribu Quirina. Celui-ci avait exercé les fonctions d'édile, de duumvir et de duumvir quinquennal. La dédicace est faite par les Oppidonovenses, ce qui fournit également un témoignage sur l'organisation civique de la communauté[10].

À l'époque médiévale, le site continue d'être occupé sous le nom d'Al-Haḍra. Les sources arabes décrivent une agglomération disposant notamment d'un marché, d'une grande mosquée et d'un établissement thermal. Les vestiges antiques ont alors continué à être visibles et partiellement réutilisés[2].

Archéologie

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Les vestiges d'Oppidum Novum étaient déjà signalés par les voyageurs et les érudits à l'époque moderne. Les observations anciennes font état de constructions antiques, d'un pont franchissant le Chélif, d'ouvrages hydrauliques, de voies pavées, de monuments funéraires ainsi que de différents objets archéologiques[2].

Les recherches archéologiques et épigraphiques ont permis d'identifier plusieurs éléments de l'organisation de la cité. Parmi les inscriptions découvertes figurent notamment celles relatives à la communauté des Oppidonovenses (habitants ou natifs de la ville antique d'Oppidum Novum), à son administration municipale et à sa fonction militaire[8],[10].

Une nouvelle inscription a été découverte en 2024 au cours d'une opération de sauvetage archéologique. Gravée sur un bloc de calcaire, elle est dédiée à l'impératrice Julia Domna sous le titre de Mater Castrorum. Le texte se termine par la mention des habitants d'Oppidum Novum, désignés comme les dédicants. Sa datation est comprise entre 195 et 211, période correspondant au règne de Septime Sévère et à celui de son fils Caracalla[9].

Les opérations archéologiques contemporaines ont notamment pour objectif de délimiter, protéger et étudier l'étendue du site. Des campagnes menées depuis 2022 ont permis de dégager différents espaces bâtis, des structures hydrauliques et une portion importante de muraille. Les fouilles ont également livré du mobilier céramique, des monnaies et des éléments épigraphiques appartenant à différentes périodes d'occupation[11],[12].

Diocèse

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Oppidum Novum était également le siège d'un diocèse chrétien de l'Antiquité tardive, rattaché à la province ecclésiastique de Numidie. L'un de ses évêques, Benantius, est mentionné parmi les prélats africains concernés par la politique religieuse du roi vandale Hunéric. Il fut expulsé après la conférence de Carthage de 484[13].

Le siège d’Oppidum Novum a été maintenu dans la tradition ecclésiastique comme siège titulaire de l’Église catholique, établi en 1933 sous le nom d’Oppidonovensis[14].

Références

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  1. 1 2 Bakhta Moukraenta, « Al-Haḍra l'antique Oppidum Novum », عصور, vol. 15, no 2,‎ , p. 7-20 (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 (la) Otto Cuntz, Itineraria Romana, Leipzig, Teubner, , p. 16
  3. 1 2 Johan Desanges, Histoire naturelle, vol. V, Paris, Les Belles Lettres,
  4. ↑ Louis Piesse, Algérie et Tunisie, Hachette, , 501 p. (lire en ligne)
  5. ↑ Jean-Baptiste Müller, Claudii Ptolemaei Geographia, vol. IV, Paris, Didot,
  6. ↑ Samir Aounallah, « La naissance des premières cités romano-africaines : quelques remarques à propos de l’oppidum ciuium Romanorum chez Pline l’Ancien », dans Pagus, castellum et civitas, Ausonius Éditions, 43-57 p. (lire en ligne)
  7. ↑ Revue africaine : journal des travaux de la Société historique algérienne, vol. 32, (lire en ligne)
  8. 1 2 Philippe Leveau, « L'aile II des Thraces, la tribu des Mazices et les praefecti gentis en Afrique du Nord : À propos d'une inscription nouvelle d'Oppidum Novum et de la pénétration romaine dans la partie orientale des plaines du Chélif », Antiquités africaines, no 7,‎ , p. 153-191 (DOI 10.3406/antaf.1973.1450, lire en ligne, consulté le )
  9. 1 2 Salim Drici et Abdellah Cheggour, « Inscription inédite de l’impératrice Iulia Domna d’Oppidum Novum (Aïn Defla) », La revue d’études archéologiques, vol. 23, no 1,‎ , p. 679-697 (lire en ligne, consulté le )
  10. 1 2 (la) Corpus Inscriptionum Latinarum, vol. VIII, Berlin, Reimer, , chap. 9643
  11. ↑ (ar) « انطلاق المرحلة الرابعة من الأشغال الحفرية الأثرية بموقع «أوبيدم نوفوم» » [« Lancement de la quatrième phase des travaux de fouilles archéologiques sur le site d’Oppidum Novum »], sur Agence Algérie Presse Service,‎ (consulté le )
  12. ↑ R. C, « Aïn Defla : sauvetage au site archéologique Oppidum Novum », sur El Watan, (consulté le )
  13. ↑ Jean-Louis Maier, L'épiscopat de l'Afrique romaine, vandale et byzantine : I. Les provinces romaines d'Afrique du Nord et leurs évêques, Rome, Institutum Patristicum Augustinianum, , p. 184
  14. ↑ (en) « Oppidum Novum (Titular See) », sur Catholic-Hierarchy (consulté le )

Bibliographie

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  • Philippe Leveau, « L'aile II des Thraces, la tribu des Mazices et les praefecti gentis en Afrique du Nord », revue scientifique,‎ , p. 153-191
  • Drici Salim . Cheggour Abdellah ., « Inscription Inédite De L’impératrice Iulia Domna D’oppidum Novum (ain Defla) », revue scientifique, vol. 23, no 1,‎ , p. 679-697

Voir aussi

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