Ordre de l'Étoile de la Grande Comore
L'ordre de l'Étoile de la Grande Comore est une distinction honorifique décernée par le chef de la famille royale de l'île de la Grande Comore (Union des Comores).
| Ordre de l'Étoile de la Grande Comore | |
Insigne de Commandeur de l’Ordre de l’Étoile de la Grande Comore ( Chevalier de la Triple Étoile) |
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| Conditions | |
|---|---|
| Décerné par | |
| Type | Ordre honorifique dynastique |
| Décerné pour | Mérites distingués rendus à l'île de la Grande Comore, à la famille royale et à l'archipel des Comores. |
| Détails | |
| Statut | Toujours décerné |
| Grades | Du plus haut au plus bas :
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| Grand maître | Saïd Ali ben Sultan |
| Chancelier | Patrick Kjan |
| Statistiques | |
| Création | Avant 1866 par Said Achmet de Bambao |
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Histoire
modifierL’ordre de l’Étoile de la Grande Comore, également appelé «Ordre de l’Étoile de Saïd Ali», est une distinction honorifique dynastique issue du Sultanat de la Grande Comore. Les sources consacrées à la phaléristique attribuent sa création au sultan Thibe Achmet, mais divergent sur sa date exacte: certaines la situent au début du XIXe siècle, tandis que des spécialistes datent sa fondation en 1866. Son organisation formelle est, en revanche, attestée en 1886 sous le règne de Saïd Ali ben Saïd Omar, petit-fils du Sultan Thibe Achmet[1],[2].
Réorganisation sous Saïd Ali
modifierLe 1er janvier 1886, Saïd Ali établit par un firman une réglementation de l'ordre. Cette réorganisation visait notamment à renforcer le prestige de la décoration et à lui permettre d'être attribuée aussi bien dans le sultanat qu'à l'étranger. Le souverain souhaitait que la France reconnaisse cette distinction parmi les ordres étrangers dont les ressortissants français pouvaient être autorisés à porter les insigne[1].
Dans sa première organisation documentée, l'ordre distinguait trois catégories : les chevaliers de la Simple Étoile, ceux de la Double Étoile et ceux de la Triple Étoile. Les insignes étaient associés à un ruban rouge, orné d'étoiles blanches et, pour la catégorie supérieure, d'un croissant. Les pièces du premier modèle étaient réalisées en argent et présentaient une facture inspirée de l'artisanat arabe. La décoration était destinée à récompenser des services rendus au souverain et au pays. Les dispositions rapportées par les sources prévoyaient également la possibilité de distinguer des fonctionnaires et magistrats comoriens, ainsi que des Français et d'autres étrangers ayant rendu des services jugés exceptionnels[1].

Le 1er août 1889, Saïd Ali remania de nouveau les statuts. Les textes conservaient les grandes lignes de la réglementation de 1886, tout en précisant davantage les caractéristiques de l'insigne et les modalités d'attribution. Un contingent annuel était prévu pour les différentes catégories : trois chevaliers de la Triple Étoile, douze de la Double Étoile et trente-six de la Simple Étoile. Les attributions devaient être réparties entre les services militaires, à hauteur des deux tiers, et les services civils, pour le tiers restant. Pour les récipiendaires européens, les brevets étaient soumis à des formalités impliquant le gouverneur de Mayotte[1].
Malgré les démarches de Saïd Ali, l'ordre ne bénéficia pas alors de la reconnaissance française qu'il recherchait. La question de son statut fut notamment reprise dans le cadre des négociations qui précédèrent la renonciation du souverain à sa souveraineté sur la Grande Comore[1].

Modification de 1910
modifierLe 3 février 1910, lors de son séjour en France à l'occasion de la cérémonie liée à son abdication, Saïd Ali modifia la réglementation de l'ordre par une ordonnance. L'organisation fut portée à cinq classes, correspondant aux grades et dignités qui se retrouvent dans les présentations ultérieures de la décoration : chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix[1].
Cette réforme transforma également l'apparence de l'insigne. Le nouveau modèle associait notamment l'argent, le vermeil, l'or et l'émail vert. Le nom de «Saïd Ali», en caractères arabes stylisés, figurait au centre de l'avers, tandis que «Ngazidja», nom comorien de la Grande Comore, apparaissait au revers. Les différentes classes se distinguaient notamment par le nombre de petites étoiles placées sur le croissant surmontant l'insigne. La dignité de grand officier était accompagnée d'une plaque, tandis que la grand-croix se portait en écharpe accompagnée aussi d’une plaque[1].
Le ruban fut également modifié : le rouge du modèle antérieur fut remplacé par du vert clair bordé de deux liserés blancs de chaque côté. Selon la documentation phaléristique, ce changement devait éviter une confusion avec le ruban de la Légion d'honneur française[1].

Après la mort de Saïd Ali
modifierSaïd Ali mourut à Tamatave, dans l'actuelle ville de Toamasina à Madagascar, le 10 février 1916. Son fils aîné, Saïd Achmet Zaki, reçut le titre de chef de la famille royale de la Grande Comore et exerça les fonctions de chancelier de l'ordre de 1916 à 1955. Dans le cadre de cette succession dynastique, la décoration continua d'être associée à la famille royale de la Grande Comore[1].
Le statut de la décoration dans les territoires administrés par la France fit l'objet de nouvelles démarches. Le 14 avril 1942, le ministre de l'Économie Jules Brévié autorisa son port dans l'archipel des Comores et à Madagascar, sous réserve que les bénéficiaires disposent d'un brevet officiellement délivré et des visas administratifs requis[1].
En 1949, le haut-commissaire de la République à Madagascar, le comte de Chevigné, sollicita le classement de l'ordre parmi les décorations décernées par le gouvernement français. Les autorités françaises subordonnèrent leur accord au maintien du modèle et du ruban fixés en 1910, ainsi qu'au respect des règles d'attribution prévues par un décret du 14 juillet 1933. Après consultation du conseil de famille, Saïd Achmet Zaki exprima des réserves concernant la modification des insignes et demanda notamment qu'une part des attributions lui soit réservée. Les négociations n'aboutirent pas[1].
De la période postcoloniale à aujourd'hui
modifierAprès l'indépendance des Comores en 1975, l'ordre n'est pas devenu une décoration officielle de l'État comorien. Il a conservé un caractère dynastique et demeure associé au Chef de la famille royale de la Grande Comore, qui en est le grand maître. Il se distingue ainsi des distinctions nationales instituées par les autorités de l'Union des Comores.
L'ordre continue d'être attribué à des personnalités civiles et militaires en reconnaissance des services rendus. Des cérémonies contemporaines de remise de la décoration ont notamment été rapportées en 2014 à Madagascar, à l'occasion de l'attribution d'une croix de chevalier à Ahmad Aly Mohamed pour son aide technique et humanitaire au profit des Comores[3].
Insignes
modifierL'ordre comprend trois grades (chevalier, officier, commandeur) et deux dignités (grand officier, grand-croix). La médaille est une étoile rayonnante à cinq branches en argent émaillée de vert, avec au centre à l'avers en caractères arabes stylisés le nom de «Saïd Ali», et au revers le mot « Ngazidja » (Grande Comore). Le ruban qui était rouge à l'origine, a dû être modifié pour ne pas être confondu avec l'ordre français de la Légion d'Honneur. Il est désormais vert avec 2 bandes blanches à chaque extrémités.
| Chevalier | Officier | Commandeur | Plaque de Dignités | Grand Officier | Grand-Croix |
|---|---|---|---|---|---|
| Plaque allant avec les insignes de Grand Officier et Grand-Croix de l'Ordre. |
Organisation
modifierLe Grand maître de l'ordre est de droit le Chef de la famille royale de la Grande Comore. Toutefois son actuel Chef le prince Saïd Ali Sultan n’a plus aucune légitimité aux yeux de la tradition royale comorienne car n’étant pas un prince royal mais uniquement le fils d’un prince royal. Sa succession est débattue et un risque de disparition de l’Ordre au sein du paysage comorien commence à apparaître. Son Grand Chancelier actuel est le capitaine Patrick Kjan, autrefois cette fonction était aussi exercée par le Chef de la famille royale.
En France, il existe une association des membres de l'Ordre de l'Étoile de la Grande Comore[4].
Port de la décoration en France
modifierEn France, l'Ordre de l'Étoile de la Grande Comore est reconnu par la grande chancellerie de la Légion d’honneur mais tout récipiendaire doit néanmoins solliciter une autorisation de port à titre individuel.
Membres de l'ordre
modifier- Saïd Achmet Zaki ben Sultan Saïd Ali (1887-1955) Chef de la famille royale de la Grande Comore (Ngazidja)
- Saïd Houssein ben Sultan Saïd Ali (1889-1979) Prince de la famille royale de la Grande Comore (Ngazidja)
- André Dollé (1931-2022), quartier-maître de la marine nationale française
- Georges-Auguste Florentin (1836-1922), général français, grand chancelier de l'ordre de la Légion d'honneur[5]
- Yacub Sannu (1839-1912), journaliste Égyptien[6]
- Louis Barthou (1862-1934), homme politique[7]
- Albert Sarraut (1872-1962), homme d'État français
- André Capagorry (1894-1981), compagnon de la Libération[8]
- Pierre Kœnig (1898-1970), maréchal de France, compagnon de la Libération[9]
- Raoul Salan (1899-1984), général français[10]
- Martial Bezanger (1900-1992), général français
- Marcel Campistron (1901-1945), diplomate français
- Jean-Marie Sourisseau (1906-1995), Contre-amiral[11]
- Fernand Sicard (1909-1989), avocat, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer[12]
- Georges Riond (1909-1997), journaliste et homme politique français[13]
- Gaston Deferre (1910-1986), homme politique et résistant
- Renaud Paulian (1913-2003), naturaliste français
- Aimé Teisseire (1914-2008), compagnon de la Libération[14]
- Louis Saget (1915-2010), haut fonctionnaire français
- Mohamed Dahalani (1917-1981), homme politique français [15]
- Ahmed Mohamed (1917-1984), homme politique français et comorien
- Saïd Mohamed Jaffar (1918-1993), homme politique comorien[16]
- Ahmed Abdallah Abderemane (1919-1989), chef d'État comorien[17]
- Jean de Broglie (1921-1976), homme politique français[18]
- Michel Inchauspé (1925-2011), homme politique français[19]
- Mohamed Amiri Salimou, officier général des Comores
- Anh Dao Traxel
- Said Salim Dahalani (1920-2010), homme d'affaires et prince comorien
- Said Ali Dahalani (1909-1970), notable et prince comorien
- Said Omar Bafakih Dahalani (1922-2000), Haut fonctionnaire et prince comorien
- Martial Valin (1898-1980), général d'armée aérienne français
- Said Ibrahim ben Sultan Said Ali, homme politique français et comorien
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « L'ordre de l'Étoile des Grande Comores : historique et modalités d'attribution », sur Phalériste amateur (consulté le )
- ↑ « Comoros - Order of the Star of Grande Comore, known as « Saïd Ali » », sur Beaussant Lefèvre & Associés (consulté le )
- ↑ « Ahmad Aly Mohamed Chevalier de l’Ordre de l’Etoile de la Grande Comore », sur HabarizaComores.com,
- ↑ « JOAFE n°476 de la parution n°20190007 du 16 février 2019 »
- ↑ « Biographie du général Florentin »
- ↑ S. Bloch, L'Univers israélite: journal des principes conservateurs du judaisme, Paris, (lire en ligne)
- ↑ « Brevet de Grand-Croix »
- ↑ « Ordre de la Libération »
- ↑ Louis Gabriel Robinet, Kœnig, un chevalier, Editions France Empire,
- ↑ Heinz Duthel, La Legion et la bataille a Ðiên Biên Phú, Autoédition, (ISBN 9783734765964)
- ↑ « Biographie du contre-amiral Sourisseau »
- ↑ « Académie des Outre-mers »
- ↑ José Gers, Belgique d'outremer,
- ↑ « Ordre de la Libération »
- ↑ « Assemblée nationale »
- ↑ « Biographie du Sénat »
- ↑ « Article blog Ikoni Djabal Infos »
- ↑ Jacques Bacelon, L'affaire de Broglie, , p. 28
- ↑ « Remise du cordon de Grand-Croix par le prince Hussein »
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- L’Etoile de la Grande Comore sur insignes.legion.pagesperso-orange.fr
- « Des decorations etrangeres », sur semon.fr (consulté le )
- https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002009517/v0026.simple.selectedTab=thumbnail
- https://distinguesdefrance.fr/decoration/comores-ordre-royal-de-la-simple-etoile-de-la-grande-comore/
- https://phaleriste-amateur.fr/archives%20presentations%202018.pdf










