Ordre de la Francisque

décoration française

L’ordre de la Francisque gallique est une décoration qui est attribuée par le régime de Vichy en tant que marque spéciale d’estime à Philippe Pétain.

Pavillon particulier du maréchal Pétain orné de la francisque.
Emblème officiel du maréchal Pétain en tant que chef de l’État.

Motivations

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Elle devait être « le symbole du sacrifice et du courage et rappeler une France malheureuse renaissant de ses cendres ».

Sa conception a été confiée par le docteur Bernard Ménétrel, conseiller de Pétain à un ancien joaillier parisien, le capitaine de réserve Robert Ehret. Celui-ci réalise un croquis dès le et le présente à Pétain le suivant[1]. Par décret du , Ehret est nommé membre du secrétariat particulier de Pétain dirigé par Ménétrel.

La francisque gallique est créée, approuvée et régie par les dispositions des arrêtés du , de la loi du et des décrets des et . La Francisque est déclarée « insigne du Maréchal de France Chef de l'État Français ».

Bien qu'étant l'insigne de Pétain à titre personnel, la francisque est progressivement utilisée sur les documents officiels comme symbole de l’État français en tant que personne morale[2].

Conditions et serment

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Pour obtenir cette décoration, tout demandeur devait remplir sa demande sous la forme suivante : « Je soussigné, déclare être Français de père et de mère, n'être pas Juif, aux termes de la loi du (J.O. ) et n'avoir jamais appartenu à une société secrète »[réf. nécessaire].

Le candidat devait avoir deux parrains, « présenter des garanties morales incontestées et remplir deux des conditions ci-après : avant la guerre, avoir pratiqué une action politique nationale et sociale, et conforme aux principes de la Révolution nationale ; manifester depuis la guerre un attachement actif à l'œuvre et à la personne du maréchal ; avoir de brillants états de services militaires ou civiques ». Il devait prêter ce serment : « Je fais don de ma personne au Maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciplines et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre ».

Attribution et révocation

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La distinction est attribuée soit directement par le chef de l'État, soit par le « Conseil de la Francisque » composé de douze membres, nommé par le chef de l’État et présidé par le grand chancelier de la Légion d’honneur (fonction occupée de 1940 à 1944 par le général Charles Brécard). Elle peut être révoquée dans les mêmes conditions car dépendant d’une carte d’autorisation spéciale.

En réalité, beaucoup des premiers attributaires n’eurent pas à la demander ni à prêter serment. Henry du Moulin de Labarthète précise :

« En fait, on la donna à tout le monde, et d’abord aux « copains », à l’entourage, aux voisins de chambre, aux garçons d’étage ou d’ascenseur, aux plongeurs, bientôt aux petites amies. […] On la refusa, au début, aux « impurs », c’est-à-dire aux collaborationnistes. Mais Brinon finit, un jour, par l’escroquer et la marée n’eut alors dès lors plus de bornes. […] J’aimerais que l’on publiât, un jour, la liste des bénéficiaires de la francisque. On y verrait que le ridicule ne tue pas tout le monde, même en France. »[3]

Insigne

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L'insigne entendait représenter une francisque aux fers tricolores dont le manche était constitué d'un bâton de maréchal émaillé de bleu, à dix étoiles et extrémités dorées.

Or, la francisque, hache de guerre des Francs et des Germains était en réalité une arme de jet à un seul fer, la hache à double tranchant est appelée labrys.

L'insigne, de 26,5 mm de haut sur 19,4 mm de large, muni d'une épingle était porté à gauche au-dessus du rabat d'une poche de poitrine de veste civile ou militaire.

Les ateliers A. AUGIS, 28 montée Saint-Barthélémy à Lyon ont fabriqué des modèles en bronze et émail. Toutes les pièces en or ou or et diamants furent créées par les Ateliers Ehret à Paris.

Titulaires

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Une liste de 2 626 titulaires, dont trois femmes, a été reconstituée par la Haute Cour en 1945, les archives du Conseil de la francisque ayant été détruites. Françoise Gaspard et Gérard Grunberg précisent en effet que la seule liste « à peu près complète » se trouve dans les archives de Louis Noguères[4].

L'ouvrage de l'archiviste Jérôme (pseudonyme d'Henry Coston), L'ordre de la Francisque (Paris, Publications H.C, 1995, 64 pages), donne environ deux mille noms complétés par quelques autres sources dont notamment :

Notes et références

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  1. « Comment un officier de réserve dessina la francisque du Maréchal », Le Matin, , p. 1 et 4.
  2. « Cachet de la sous-préfecture de Dinan, 6 décembre 1943, État français (Régime de Vichy) », sur Académie de Rennes.
  3. H. du Moulin de Labarthète, Le Temps des illusions – Souvenirs (-), Genève, Constant Bourquin, à l’enseigne du cheval ailé, , 416 p., p. 275-277
  4. Gérard et Grunberg 1971, p. 21.
  5. https://www.interencheres.com/art-decoration/la-france-et-les-forces-alliees-dans-la-seconde-guerre-mondiale-641412/lot-78875428.html
  6. Mathieu Dejean, « Les derniers secrets de François Mitterrand », Les Inrockuptibles, (lire en ligne).
  7. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 56 — première édition en 1987.
  8. Raymond Delatouche, Le paysan révolté : entretiens avec Claire Touchard., Paris, Groupe Mame, collection Trajectoires, , 207 p., p. 97
  9. François Gerber, Mitterrand, entre Cagoule et Francisque (1935-1945), Paris, Archipel, 418 p. (ISBN 978-2-8098-2030-0, lire en ligne)
  10. Charles de Laubier (d), « Quand de Gaulle faisait discrètement allégeance à la noblesse française » Accès payant, sur L'Express, (consulté le ).
  11. Péan 1994, p. 288.
  12. Eugen Weber, L'Action française, éd. Hachette, , p. 520.
  13. Péan 1994, p. 292-295. Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du BCRA à l'époque, écrit : « C'était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu'il a été proposé pour la francisque, nous avons parfaitement été tenus au courant ; nous lui avions conseillé d'accepter cette « distinction » pour ne pas se dévoiler. » (De Gaulle ou le temps des méprises, éd. La Table Ronde, 1969, p. 216).
  14. Péan 1994, p. 294.
  15. Jacques Baynac, Jean Moulin (17 juin 1940-21 juin 1943) : esquisse d'une nouvelle histoire de la Résistance, Paris, Hachette Littératures, coll. « Grand pluriel », 2009 (ISBN 978-2-01-279384-2), p. 587.
  16. « Antoine Pinay, ou l’empreinte d’un mythe », L'Humanité, (lire en ligne).
  17. Gilles Lévy, L'Auvergne des années noires, Sayat, De Borée, 2000 (ISBN 2-84494-028-5), p. 410.
  18. « Evron – Distinction honorifique », Le Courrier du Maine, , p. 3
  19. Paula Boyer, « Hubert Védrine », La Croix, (lire en ligne).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Michèle Cointet, « Qui a inventé la francisque ? », dans Michel Rouche (dir.), Clovis, histoire et mémoire : actes du Congrès international d'histoire de Reims, 19-25 septembre 1996, vol. 2 : Le baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , XII-915 p. (ISBN 2-84050-079-5), p. 673-680.
  • Françoise Gaspard et Gérard Grunberg, « Les titulaires de la Francisque gallique », dans Le Gouvernement de Vichy : 1940-1942, institutions et politiques, Paris, Armand Colin, coll. « Travaux et recherches de science politique » (no 18), (BNF 35373102), p. 71-85.
  • Pierre Péan, Une jeunesse française. François Mitterrand, 1934-1947, Fayard, .

Liens externes

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