Orson de Beauvais

chanson de geste française du 12e siècle

Orson de Beauvais est une chanson de geste du XIIe siècle en dialecte picard, connue par un seul manuscrit de la BnF.

Orson de Beauvais
 
Auteur Anonyme
Pays France (Picardie)
Genre Chanson de geste
Date de parution XIIe siècle

Manuscrit

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L'unique manuscrit qui a transmis Orson de Beauvais a été acheté à Paris en 1826 par un bibliophile anglais Sir Thomas Phillipps (1792-1872), qui a amassé une très importante collection de manuscrits, conservée dans sa propriété de Thirlestaine House, près de Cheltenham (Gloucestershire). Le manuscrit se trouvait encore à Cheltenham lorsque l'œuvre a été publiée pour la première fois en 1899 par Gaston Paris. Le manuscrit a été acquis en 1974 par la BnF[1]. Il a été copié sur parchemin en Lorraine[2] à la fin du XIIIe siècle et comporte 59 feuillets d'une colonne de 32 lignes[3]. Le manuscrit, qui ne comporte que l'Orson de Beauvais, est dépourvu d'ornements en dehors des lettrines rouges au début de chaque laisse.

L'œuvre comporte 3741 alexandrins répartis en 109 laisses.

Le véritable héros de la chanson est Milon : il délivre son père, Orson, duc de Beauvais, prisonnier des Sarrazins auxquels il a été vendu par le traître Hugon de Berry[4], au cours d'une croisade dans laquelle Hugon avait entraîné son compagnon Orson ; il tombe amoureux d'Oriante, princesse dont il a sauvé le père ; il libère sa propre mère, Aceline, victime d'un mariage forcé avec Hugon, mariage destiné à permettre à Hugon de mettre la main sur le fief d'Orson, mais mariage non consommé grâce aux vertus d'une herbe magique.

Thème et traitement

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L'histoire est largement inspirée d'un roman médiéval anglais en vers[5], Beuve de Hamtone (en). Orson de Beauvais a influencé à son tour la chanson provençale Daurel et Beton, ainsi que Doon de la Roche. Elle reprend le thème d'une famille féodale déchirée par les machinations d'un usurpateur ou d'un traître.

Dans l'étude littéraire approfondie que Jean-Pierre Martin consacre au poème dans l'introduction de son édition, il arrive à la conclusion que, sans être « l'un des chefs-d'œuvre incontestés du genre,… [il] n'en est pas moins une chanson de geste fort estimable[6] ».

Notes et références

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  1. Nouvelles acquisitions françaises, 16600.
  2. De ce fait, le copiste a introduit des traits du dialecte lorrain d'oïl dans un texte original en picard.
  3. Archives de littérature du Moyen Âge.
  4. Le personnage d'Hugon de Berry a peut-être été vaguement inspiré par Hugues de Bourges, comte de Bourges à la fin du IXe siècle. Cf. Ferdinand Lot, « Orson de Beauvais », Romania, 32, no 128, 1903, p. 581-582.
  5. Beuve de Hamptone, chanson de geste anglo-normande de la fin du XIIe siècle, éd. et trad. Jean-Pierre Martin, Paris, Champion, 2014.
  6. Jean-Pierre Martin, Orson de Beauvais, chanson de geste du XIIe siècle, Paris, Champion, 2002, p. 60.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Gaston Paris, Orson de Beauvais : chanson de geste du XIIe siècle, publié d'après le manuscrit unique de Cheltenham par Gaston Paris, Paris, Firmin Didot, 1899 (en ligne).
  • Jean-Pierre Martin, Orson de Beauvais, chanson de geste du XIIe siècle, Paris, Honoré Champion, « Classiques français du Moyen Âge », no 140, 2002. (ISBN 2-745-30613-8)Compte rendu par William W. Kibler, Revue belge de Philologie et d'Histoire, vol. 83, no 3, 2005, p. 1011–1013 (en ligne).
  • Jean-Pierre Martin, Orson de Beauvais et l'écriture épique à la fin du XIIe siècle : traditions et innovations, Paris, Honoré Champion, « Nouvelle bibliothèque du Moyen Âge », 2005, 480 p. (ISBN 2-745-31186-7)
  • Jean-Pierre Martin, « Le terroir d‘Orson de Beauvais », in Miren Lacassagne dir., Ce nous dist li escris… Che est la verite. Études de littérature médiévale offertes à André Moisan, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2000, p. 167-178 (en ligne).
  • Ferdinand Lot, « Orson de Beauvais », Romania, 32, no 128, 1903, p. 577-584.

Articles connexes

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Liens externes

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