Ouadis occidentaux
Les ouadis occidentaux sont un groupe de ouadis situé au nord-ouest de la vallée des Reines dans la nécropole thébaine, à l'ouest de l'actuelle ville de Louxor.
| Ouadis occidentaux | ||
| Site d'Égypte antique | ||
|---|---|---|
| Localisation | ||
| Nome | Nome du Sceptre | |
| Coordonnées | 25° 44′ 02″ nord, 32° 34′ 22″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Égypte
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Fouilles
modifierLes ouadis occidentaux ont été fouillés principalement par Howard Carter dans les années 1916-1917, puis Émile Baraize au cours des années suivantes. D'autres chercheurs y ont également travaillé depuis, notamment Elizabeth Thomas dans les années 1959-1960. Depuis les années 1980, des chercheurs américains investissent la zone, dans le cadre du Theban Mapping Project puis par la New Kingdom Research Foundation (NKRF) dirigée par Piers Litherland.
Description
modifierLa zone est située à l'est du Ouadi Bairiya, à l'ouest de la vallée des Singes et au nord-ouest de la vallée des Reines[1]. Elle est décomposée en sept vallées, ou ouadis, distinguées par les lettres A à G[1].

Le plus oriental des deux ouadis est l'Ouadi Gabbanat el-Qouroud, qui tire son nom des sépultures des singes dans l'ouadi D (le terminus de l'ouadi). L'ouadi A est le terminus d'un ouadi affluent qui bifurque vers l'est et s'appelle l'Ouadi Sikket Taket Zaid. L'ouadi A est formé de hautes falaises, situées sur une corniche ou une terrasse qui descend ensuite vers le fond de l'ouadi. Les falaises ne descendent que sur le côté est de l'ouadi. Plus au nord se trouve l'ouadi B, qui s'ouvre également à l'est de l'ouadi principal Ouadi Gabbanat el-Qouroud. Encore plus au nord, l'ouadi principal formant alors son terminus, l'ouadi C est une baie s'ouvrant à l'est. L'ouadi se termine ensuite en une forme de V : l'ouadi D. Ces trois ouadis (B, C et D) sont formés de falaises simples qui s'élèvent verticalement depuis le fond de l'ouadi[2].

Le plus occidental des ouadis principaux est l'Ouadi el-Gharby. Il descend en une série de plateaux spéculaires depuis le niveau élevé du désert, à cinq-cents mètres d'altitude, pour se terminer dans un ravin d'une vingtaine de mètres de profondeur. À l'époque préhistorique, celui-ci se déversait dans la marge sud-est de l'ouadi Bairiya. En remontant l'Ouadi el-Gharby vers le nord, le premier ouadi secondaire rencontré est l'ouadi G, qui s'ouvre à l'ouest de l'ouadi principal. Comme les ouadis B, C et D, il est formé d'une seule ligne de falaises semi-circulaires d'environ soixante-dix mètres de hauteur. Un peu plus au nord, sur le versant est de l'Ouadi el-Gharby, se trouve l'ouadi E, une simple baie séparée de l'ouadi D à l'est par une mince dorsale de falaises. L'Ouadi el-Gharby continue ensuite vers le nord et se rétrécit finalement dans le ravin qui forme le niveau le plus bas de l'ouadi F. À son extrémité nord, le relief du ravin est compliqué par d'importants éboulis. Une cascade sèche permet d'accéder à un niveau vingt mètres plus haut où, là encore, la baie formée par les falaises est jonchée de débris naturels, tantôt sous forme de petits sédiments hydriques, tantôt sous forme de grosses pierres et de blocs tombés des falaises supérieures[2].
Les falaises de ces ouadis offrent un large choix de sites funéraires potentiels. Des fissures naturelles, le plus souvent creusées et élargies par les eaux s'écoulant du haut désert, ont été utilisées pour les quelques tombes creusées dans la falaise découvertes jusqu'à présent. La sécurité semble être la principale raison du choix de ces cachettes[3].
À l'est du Ouadi Gabbanat el-Qouroud se trouvent deux petits ouadis : le plus occidental est la vallée des Pèlerins d’Espagne ou (ouadi 1), le plus oriental est le ouadi 300[4]. Une quarantaine de petites tombes ont été découvertes et prospectées par le Theban Mapping Project dans les années 1980 et plus récemment par la New Kingdom Research Foundation (NKRF) dirigée par Piers Litherland. Ce ouadi est identifié comme « Première Vallée » sur la carte CEDAE/IGN de 1970[5].
Tombes
modifierLes tombes sont les suivantes :
| Nom | Datation | Destinataire | Découverte | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Ouadi 1-b | XVIIIe dynastie | inconnue | 1917 | La tombe fut repéré pour la première fois par Howard Carter lors de son étude des ouadis occidentaux en 1916-1917. Il fut ensuite cartographié et étudié par Elizabeth Thomas en 1959-1960. Lors de sa visite, Thomas aperçut des fragments de « poterie peinte en bleu, typique des règnes d'Amenhotep III à Akhenaton » dispersés autour du puits. La découverte de céramique copte supplémentaire dans la tombe n'a pas été une surprise, compte tenu des vestiges d'habitations coptes précédemment découverts dans la région[6]. |
| Ouadi A-1 | XVIIIe dynastie | Hatchepsout | 1916 | Ce tombeau caché dans une falaise, situé à soixante-dix mètres au-dessus du fond de la vallée, était à l'origine destiné à la reine Hatchepsout avant son accession au trône. La propriétaire prévue du tombeau a été identifié lorsque Howard Carter a examiné un grand sarcophage en quartzite (aujourd'hui au Musée égyptien du Caire) dans la tombe en 1916. Hatchepsout n'a jamais utilisé ce tombeau et a ensuite été enterrée dans la vallée des Rois (KV20). Le tombeau est désormais fermé au public en raison de son point d'entrée éloigné et « dangereux »[7]. |
| Ouadi A-2 | XVIIIe dynastie | reine ? | Antiquité | La tombe est une autre tombe rupestre « bien cachée », située à soixante-dix mètres au-dessus du fond de la vallée. Pillée dans l'Antiquité, elle a été redécouverte par des habitants locaux, qui ont ensuite signalé son emplacement à Howard Carter (1916-1917). Émile Baraize a fouillé la tombe en 1921 et a découvert un morceau de feuille d'or, le col et le bouchon d'une cruche en poterie, ainsi que des fragments du couvercle en albâtre d'un pot à cosmétiques. Ces découvertes, ainsi que sa proximité avec la tombe d'Hatchepsout, suggèrent que la tombe appartenait probablement à une reine de la XVIIIe dynastie. La tombe est désormais fermée au public en raison de son point d'entrée éloigné et « dangereux »[8]. |
| Ouadi A-3 | XVIIIe dynastie | inconnue | 1960 | Cette tombe a été datée de la XVIIIe dynastie en raison de sa proximité avec la tombe d'Hatchepsout. La tombe n'a pas été noté par Carter, mais a été documenté par Elizabeth Thomas en 1960. On ignore si la tombe a été abandonnée ou si la chambre inférieure est obstruée par des débris très durs. Cette tombe ouverte risque d'être réensevelie par des débris tombant de la falaise et/ou par des inondations[9]. |
| Ouadi A-4 | XVIIIe dynastie | inconnue | 1916 | Le tombeau date de la XVIIIe dynastie pour la même raison que la tombe Ouadi A-3. Howard Carter fut le premier à remarquer cette tombe (1916-1917), affirmant qu'elle était probablement « ouverte depuis des temps reculés ». Ce point fait débat, car la tombe n'a jamais été entièrement fouillée pour déterminer si elle était inachevée ou vidée ultérieurement. Le tombeau risque également d'être réenseveli par des débris tombant de la falaise et/ou par des inondations[10]. |
| Ouadi A-5 | XVIIIe dynastie | inconnue | Antiquité | Le tombeau date de la XVIIIe dynastie pour la même raison que la tombe Ouadi A-3. Howard Carter fut le premier à remarquer cette tombe (1916-1917) et à supposer qu'elle était ouverte depuis la période copte, après avoir découvert des fragments de poterie datant de cette époque. L'emplacement de la tombe fut perdu jusqu'en 2021, date à laquelle elle fut redécouverte, cartographiée et nettoyée. On ignore encore si cette tombe était inachevée ou vidée ultérieurement[11]. |
| Ouadi C-1 | XVIIIe dynastie | Néférourê ? | Antiquité | Ce tombeau creusé dans la falaise, situé à soixante-dix mètres au-dessus du fond de la vallée, fut pillé dans l'Antiquité. L'intérieur est décrit comme « plâtré mais non décoré » et pourrait avoir appartenu à une princesse. Howard Carter a suggéré la princesse Néferourê en se basant sur un « graffiti de cartouche » qu'il avait découvert. Le tombeau est désormais fermé au public en raison de son entrée éloignée et « dangereuse »[12]. |
| Ouadi C-2 | XVIIIe dynastie | inconnue | Antiquité | Le tombeau fut repéré pour la première fois par Howard Carter (1916-1917), qui constata qu'il était « ouvert et pillé ». La seule caractéristique de cette tombe est un puits profond qui s'élargit à sa base. Toutes les tentatives d'exploration du fond du puits ont échoué en raison de la quantité de débris accumulés à l'intérieur[13]. |
| Ouadi C-3 | XVIIIe dynastie | inconnue | Antiquité | Le tombeau est identique au tombeau Ouadi C-2, à la différence qu'il est « peu profond » et « ouvert » plutôt que « profond » et rempli de débris. Il a également été pillé dans l'Antiquité, comme l'a noté Howard Carter[14]. |
| Ouadi C-4 | XVIIIe dynastie | Thoutmôsis II | 2022 | Passée inaperçue jusqu'en 2022, la tombe a été comparée par les fouilleurs à KV5 en raison de l'ampleur des débris de l'inondation. Elle présente les caractéristiques d'une sépulture royale, notamment un plafond peint en bleu avec des étoiles jaunes, les restes d'une scène de l'Amdouat représentée sur les murs et des vases gravés au nom du roi Thoutmôsis II et d'Hatchepsout, sa grande épouse[15]. |
| Ouadi D-1 | XVIIIe dynastie | Manheta, Manouai et Marouti | 1916 | Ouadi D-1 est une autre tombe « bien cachée » creusée dans la falaise, située à dix mètres au-dessus du fond de la vallée. Elle appartenait à trois épouses étrangères de Thoutmôsis III, Manheta, Manouai et Marouti. Après leur inhumation, la tombe resta intacte jusqu'en , date à laquelle elle fut découverte par des habitants locaux et pillée. Howard Carter put récupérer la majeure partie du butin, ce qui permit d'identifier leurs propriétaires d'origine. Cette tombe est désormais fermée au public en raison de son point d'entrée éloigné et « dangereux »[16]. |
| Ouadi D-2 | XVIIIe dynastie | inconnue | Antiquité | Howard Carter a noté (vers 1916-1917) que cette tombe contenait des sépultures de babouins et avait déjà été pillée. La signification ou la raison de ces sépultures est inconnue. Une théorie suggère qu'elles pourraient être associées à une tombe privée. La tombe est aujourd'hui « en grande partie obstruée et fortement érodée », ce qui laisse planer un doute sur son statut de site visitable[17]. |
| Ouadi D-3 | XVIIIe dynastie | inconnue | Antiquité | Howard Carter a noté (vers 1916-1917) que cette tombe contenait des sépultures de babouins et avait déjà été pillée. La signification ou la raison de ces sépultures est inconnue. Une théorie suggère qu'elles pourraient être associées à une tombe privée. La tombe est aujourd'hui « en grande partie obstruée et fortement érodée », ce qui laisse planer un doute sur son statut de site visitable[18]. |
| Ouadi D-4 | XVIIIe dynastie | inconnue | 1988 | La tombe a été découverte et fouillée par le Metropolitan Museum of Art en 1988. Alors que la fosse contenait un dépôt de fondation datant de la période thoutmoside, la chambre B est une sépulture secondaire en raison de sa taille et de son découpage soignés. Divers objets datant de la XVIIIe dynastie à la période copte ont été découverts dans les deux sites. Après sa vocation initiale, les crues régulières de l'ouadi ont déposé des débris et des objets dans la tombe[19]. |
Les tombes de l'ouadi 300 sont numérotées comme suit[4] :
- B0 à B14,
- C1 à C5
- D0 à D6, D8, D19, D20,
- W300-8, W300-26, W300-27, W300-29 à W300-35.
Notes et références
modifier- 1 2 Litherland 2014, p. 13.
- 1 2 Litherland 2014, p. 17.
- ↑ Litherland 2014, p. 18.
- 1 2 (en) « Carte des ouadis occidentaux »
- ↑ (en) « The Valley of the Queens and Western Wadis »
- ↑ (en) « Wadi 1-b »
- ↑ (en) « Wadi A-1 »
- ↑ (en) « Wadi A-2 »
- ↑ (en) « Wadi A-3 »
- ↑ (en) « Wadi A-4 »
- ↑ (en) « Wadi A-5 »
- ↑ (en) « Wadi C-1 »
- ↑ (en) « Wadi C-2 »
- ↑ (en) « Wadi C-3 »
- ↑ (en) « Wadi C-4 »
- ↑ (en) « Wadi D-1 »
- ↑ (en) « Wadi D-2 »
- ↑ (en) « Wadi D-3 »
- ↑ (en) « Wadi D-4 »
Bibliographie
modifier- (en) Howard Carter, « A Tomb Prepared for Queen Hatshepsuit Discovered by the Earl of Carnarvon (October 1916) », Annales du Service des Antiquités de l'Égypte, t. XVI, , p. 179–182 (lire en ligne)
- (en) Howard Carter, « A Tomb Prepared for Queen Hatshepsuit and Other Recent Discoveries at Thebes », Journal of Egyptian Archaeology, vol. 4, nos 2/3, , p. 107–118 (lire en ligne)
- (en) Bertha Porter, Rosalind Moss et Ethel W. Burney, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Text, Reliefs, and Paintings, vol. I : The Theban Necropolis, Part 2: Royal Tombs & Smaller Cemeteries, Oxford, Clarendon Press, , 2e éd. (ISBN 9780900416101, lire en ligne)
- (en) Elizabeth Thomas, The Royal Necropoleis of Thebes. Princeton, privately printed,
- (en) Christine Lilyquist, The Tomb of Three Foreign Wives of Tuthmosis III, New York, Metropolitan Museum of Art, (lire en ligne)
- (en) Guy Lecuyot, « Coptic occupation of the Theban Mountain », Bulletin of the Egypt Exploration Society, vol. 35, , p. 18-20 (lire en ligne)
- (en) Piers Litherland, The Western Wadis of the Theban Necropolis, Cambridge, New Kingdom Research Foundation, (ISBN 9780993097300, lire en ligne)