Vallée des Pèlerins d’Espagne

La vallée des Pèlerins d'Espagne, aussi appelée deuxième vallée ou ouadi 1, est une petite vallée de la montagne thébaine, en Égypte, et un site archéologique de la nécropole thébaine.

Vallée des Pèlerins d'Espagne
Image illustrative de l’article Vallée des Pèlerins d’Espagne
Massif Montagne thébaine[1]
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Gouvernorat Louxor
District Gournah
Coordonnées géographiques 25° 43′ 39″ nord, 32° 35′ 04″ est
Géolocalisation sur la carte : Égypte
(Voir situation sur carte : Égypte)
Vallée des Pèlerins d’Espagne
Orientation aval Sud[1]
Longueur 250 mètres[1]
Type Ouadi[1]
Écoulement Aucun

Description

modifier
Position de la vallée des Reines et des ouadis occidentaux.

La vallée des Pèlerins d’Espagne est située dans la montagne thébaine, sur la rive ouest du Nil, en face de la ville de Louxor (l’ancienne Thèbes), en Haute-Égypte. Elle fait partie des ouadis occidentaux de la nécropole thébaine, c’est à dire les vallées situées à l’ouest de la vallée des Reines[1].

La vallée doit son nom à la découverte d'une inscription laissée par un moine copte originaire de Spania, un village du Nome des Deux sceptres en Moyenne-Égypte[2],[3]. Initialement, le nom du village avait par erreur été traduit Espania[4]. La vallée est aussi appelée « deuxième vallée » car il s'agit de la deuxième vallée des ouadis occidentaux (après la « première vallée » ou « vallée 300 ») en allant vers l'ouest depuis la vallée des Reines[5],[1]. Enfin, la désignation de « ouadi 1 » provient de Howard Carter qui fut le premier à dessiner une carte des ouadis occidentaux et nota un simple « 1 » à l'emplacement de cette vallée[6],[1].

Histoire

modifier

La vallée a été fouillée par Howard Carter à l'hiver 1916/1917[7]. Il y a trouvé une tombe vide et non décorée de la XVIIIe dynastie[1] ainsi que des vestiges d'occupation copte datant des premiers chrétiens[7]. Une autre tombe y a été découverte plus récemment par la New Kingdom Research Foundation[1].

Dans les années 1970, la nécropole thébaine a été l'objet d'un vaste programme initié par le Centre d’Étude et de Documentation sur l’Ancienne Égypte visant à répertorier et cataloguer les graffiti de la montagne thébaine. Ce travail très minutieux a été réalisé en collaboration avec l'Institut géographique national et a permis de réaliser la cartographie la plus précise à ce jour de la montagne thébaine. Des dizaines de graffitis ont été découverts dans la vallée des Pèlerins d’Espagne, couvrant une période allant de la préhistoire à l’Égypte copte en passant bien sûr par les inscriptions hiéroglyphiques de l’époque pharaonique[8],[9],[10].

La vallée des Pèlerins d’Espagne et les alentours ont été fouillés par l'Institut français d'archéologie orientale dans les années 2000, cette fois pour documenter l'occupation copte de la zone à l'époque byzantine. Les archéologues y ont trouvé un certain nombre de grottes et de cavités creusées dans la roche aménagées en cellules et chapelles ayant servi de lieu d'ermitage ou de pèlerinage aux VIIe et VIIIe siècles[11],[12],[13],[14]. On sait qu'à l’époque toute cette zone de la montagne thébaine faisait partie d'un laure centré autour du monastère de Deir el-Roumi[12]. Les sites coptes de la vallée des Pèlerins d’Espagne sont particulièrement riches en graffiti. Ils permettent d'en apprendre un peu plus sur les moines venus d'autres régions d’Égypte pour réaliser des pèlerinages dans la vallée, par exemple les moines Johannês de Titkooh et Anoup originaires de Moyenne-Égypte, ce dernier étant celui venu de Spania qui a donné son nom à la vallée[13].

Notes et références

modifier

Bibliographie

modifier
  • (en) Howard Carter, « A Tomb Prepared for Queen Hatshepsuit and Other Recent Discoveries at Thebes », Journal of Egyptian Archaeology, vol. 4, nos 2/3,‎ , p. 107–118 (lire en ligne)
  • Marcel Kurz, Graffiti de la Montagne Thébaine, vol. II, 4 : Plans de position, Le Caire, Centre d'études et de documentation sur l'Ancienne Égypte, (lire en ligne)
  • Marcel Kurz, Graffiti de la Montagne Thébaine, vol. II, 5 : Plans de position, Le Caire, Centre d'études et de documentation sur l'Ancienne Égypte, (lire en ligne)
  • Alain Delattre, « Langue et sources documentaires coptes », Annuaire de l'École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques, vol. 154,‎ , p. 160-162 (lire en ligne)
  • Guy Lecuyot et Catherine Thirard, « Et maintenant ce ne sont plus que des villages... Thèbes et sa région aux époques hellénistique, romaine et byzantine », dans Alain Delattre et Paul Heilporn (eds.), Papyrologica Bruxellensia, vol. 34, Bruxelles, Association égyptologique Reine Élisabeth, (ISBN 9782960083408, lire en ligne), p. 137-144
  • (en) Guy Lecuyot, « Coptic occupation of the Theban Mountain », Bulletin of the Egypt Exploration Society, vol. 35,‎ , p. 18-20 (lire en ligne)
  • (en) Mary Horbury, Personal Identity and Social Power in New Kingdom and Coptic Egypt, Oxford, BAR Publishing, (ISBN 9781407306087)
  • Alban-Brice Pimpaud et Guy Lecuyot, « Cartes pour l’étude de la rive gauche de Thèbes aux époques romaines et byzantines », Memnonia, vol. XXIV « pl. XXXI : Carte de la rive gauche du Nil à Thèbes à l’époque romaine »,‎ (lire en ligne)
  • (en) Piers Litherland, The Western Wadis of the Theban Necropolis, Cambridge, New Kingdom Research Foundation, (ISBN 9780993097300, lire en ligne)
  • Guy Lecuyot et Alain Delattre, « À qui et à quoi servaient les « ermitages » des vallées sud-ouest de la montagne thébaine ? », dans Paola Buzi, Federico Contardi et Alberto Camplani (eds.), Coptic Society, Literature and Religion from Late Antiquity to Modern Times, Leuven, Paris & Bristol, Peeters Publishers, (ISBN 9789042932739, lire en ligne), p. 709-718
  • Guy Lecuyot, Alain Delattre, Alban-Brice Pimpaud et Catherine Thirard, « Dans la montagne thébaine... aperçu des prospections menées entre 2003 et 2012 », Memnonia, vol. XXXI,‎ , p. 93-104 (lire en ligne)

Liens externes

modifier