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L'Oued Isser est généralement rapproché du nom antique Serbetes (ou Sarbetes), attesté dès l'Antiquité (Ptolémée, Géographie, Livre IV, ch. 2)[1]. Stéphane Gsell a proposé d'identifier ce Serbetes avec l'Oued Isser actuel[2].
Cependant, des sources documentaires attribuent aussi le nom Serbetes à l'Oued Sébaou[3].
L'hydronymie de l'Oued Isser est très intéressante du point de vue des différentes appellations linguistiques qui le désignent (berbère, latin, arabe et français).
L’analyse toponymique moderne rattache «Isser» à un radical berbère SR/ISR, sémantiquement lié à l’idée de flux, de glissement ou d’écoulement rapide, ce qui expliquerait la stabilité du nom à travers les phases de latinisation puis d’arabisation[4].
L’Encyclopédie berbère précise que le nom désigne indifféremment le fleuve et la plaine qu’il irrigue, et discute un lien avec l’ancienne cité de Rusippisir (actuel Cap Djinet) située à l’embouchure[5].
L'Oued Isser est le réceptacle des eaux du versant sud des montagnes des Khechna et de l'Atlas blidéen. Toutes les rivières en amont, ainsi que tous les ruisseaux, s'y jettent inlassablement.
Oued Isser juste avant l'embouchure en regardant vers le sud, entre Djinet et Mandoura.
À Draâ Tabel dans les Béni Ostman, à 420 m d'altitude, il prend le nom de Oued Isser, qu'il conserve jusqu'à son embouchure dans la mer Méditerranée.
Ses sources partent d'un grand nombre de points, presque toutes sur les flancs de l'immense plateau des Béni Slimane, plateau situé entre Médéa et Sour El Ghozlane.
Les trois principales rivières qui concourent à la formation de Oued Isser sont:
La première, du côté de Médéa: L'Oued Malah, formée aussi par trois autres petites rivières:
L'Oued Ladrech, dont la source est dans les Ouled Trif, du côté de Médéa;
L'Oued El Hammam, qui prend sa source dans les Ouled Malel, occupe le centre;
L'Oued Meleh, qui prend sa source à Si Mohamed Ghoglath;
La deuxième rivière porte le nom de Oued El Meleh ou Oued Yaggou; sa source principale est dans les Ouled Mouby, à Aïn Nar. Cette rivière se trouve placée entre la précédente et celle qui suit;
Et la troisième Oued Zegkrouat; source principale près de Sour El Ghozlane, à Bouid-Saël, dans les Ouled Ferah.
Toutes ces rivières reçoivent un certain nombre de cours d'eau, de ruisseaux, qui portent différents noms, tantôt celui d'un marabout, tantôt celui du territoire, souvent ils fournissent des quantités assez considérables d'eau, surtout pendant la saison d'automne et d'hiver[6].
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Plusieurs cours d'eau qui se jettent dans l'Oued Isser.
L'Oued Isser est nommé l'Isser Oriental, et il est formé par la réunion de deux rivières, l'Oued Moda et l'Oued Zaroua, dont les eaux descendent du Kef Lakhdar et du Djebel Dira, entre Médéa et Aumale:
l'Oued Moda coule du sud au nord-est;
l'Oued Zaroua coule du sud au nord-ouest;
Ces deux rivières arrosent l'une et l'autre le plateau des Béni Slimane, puis, sous le nom d'Oued Isser, se réunissent au sud-est de Tablat.
À partir de ce point, l'Oued Isser se dirige vers le nord-est et, après 50 kilomètres de parcours, tourne au nord-ouest jusqu'à Lakhdaria, remonte
au nord, passe près par Ammal et de Béni Amrane et de Souk-el-Haâd, puis incline à l'ouest jusqu'au-dessous de Bordj Ménaïel d'où il va, presque en ligne droite, se jeter dans la mer à l'ouest du cap Djinet, après un parcours de près de 100 kilomètres (la littérature plus ancienne pouvant donner des valeurs plus élevées lorsqu’elle inclut certains parcours amont du réseau hydrographique)[8].
Dans son Atlas archéologique de l’Algérie (1911), Stéphane Gsell répertorie des vestiges antiques le long de l’Isser, notamment:
à l’embouchure, la cité de Rusippisir (actuel Cap Djinet) et des ruines proches (citernes, murs, nécropole), ainsi qu’un site voisin (Sidi Samegram)[9];
dans la moyenne vallée / plaine des Issers, des indices d’occupation rurale antique près des Issers et le long d’un affluent (Oued Djemaa), ainsi que le passage d’une voie romaine franchissant l’Isser (sites n°142 à 145)[10].
Repères médiévaux (routes, frontières et enjeu politique)
Des sources médiévales et des synthèses modernes mentionnent l’Isser comme repère structurant:
Al-Bakri décrit le fleuve (Nahr al-Isser) comme étape et passage dans les itinéraires reliant Alger à Béjaïa, en l’associant à des plaines fertiles[11];
Ibn Khaldoun présente l’Isser comme limite naturelle entre ensembles tribaux et comme ligne de démarcation dans des dynamiques politiques régionales[12];
Plaine des Issers en 1830, au début de la conquête française.l’Encyclopédie berbère évoque, à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne, un rôle de «verrou» et de ligne de front, notamment entre le Royaume de Koukou et la Régence d’Alger, la confédération des Issers donnant durablement son nom à la plaine et au fleuve[13].
Plus de soixante espèces forestières ont été dénombrées en 1982, plus une trentaine d’espèces observées depuis cette date, dont des échassiers, rapaces, oiseaux d'eau et espèces des côtes et des mers[16].
Plusieurs oiseaux migrateurs sont des nicheurs réguliers autour de l'Oued Isser:
↑Gsell, S., Atlas archéologique de l’Algérie, 1911, Feuille 6 (Dellys), texte explicatif, p. 1 (sites n°17–18).
↑Gsell, S., Atlas archéologique de l’Algérie, 1911, Feuille 14 (Alger), texte explicatif, p. 16–17 (sites n°142–145).
↑Al-Bakri, Description de l'Afrique septentrionale, trad. de Slane, Alger, Éditions Adolphe Jourdan, 1913, p. 150.
↑Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, t. I, trad. de Slane, Paris, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, 1925, p. 256.
↑Chaker, S. et al., «Isser», Encyclopédie berbère, vol. XXIV, 2001, p. 3692.