Ouled Si Moussa
Ouled Si Moussa ou Ayth Si Moussa (en berbère : Aït Si Moussa, variante Chaoui : Ayth Si moussa, (en arabe : أولاد سي موسى ) est une tribu berbère Chaoui située originellement et essentiellement dans la région de Khenchela, plus précisément dans les villages (douar) de Ensigha et El Hamma (anciennement Bouderhem) dans les Aurès en Algérie[1].
(ar)أولاد سي موسى
(shy)Oⵓⵍⴻⴷ ⵚⵉ Moⵓⵙⵙⴰ
(shy)Ayth Si Moussa
| Régions d’origine | Aurès (Algérie) |
|---|---|
| Langues | Tacawit (Tamazight Chaoui) |
| Religions | Islam |
| Ethnies liées | Chaouis (Amazigh) |
Les Aït Si Moussa sont aussi une fraction de la tribu des Amamra
On les retrouve aussi nombreux dans la commune de Babar, El Mahmal, et les villes comme Souk Ahras, Batna.
Cette tribu est composée de plus d'une quinzaine de familles.
Au XXe siècle les Ouled Si Moussa ne parlaient aucunement arabe mais parlaient tous sans exception le Tacawit (berbère chaoui)[2]. Aujourd'hui encore beaucoup de personnes de cette tribu ne savent que parler le tacawit.
Histoire
modifierLes Ouled Si Moussa font partie de la noblesse religieuse de la confédération des Amamra[3]. Selon la tradition, ils descendent de Sidi Moussa BelKacem, un marabout très pieu, respecté, craint et qui consacrait sa vie à l'Islam. Selon ses '' descendants '' il réalisait des miracles comme guérir des personnes malades ou rendre féconde des femmes stériles ou même avoir le pouvoir de choisir le sexe d'un futur enfant qui naîtra.
Les Ouled Si Moussa étaient et sont une tribu extrêmement crainte et respectée grâce à leur réputation de marabout notamment. Une légende affirme même '' qui touche un Ouled Si Moussa ( Simoussi ) aura un malheur qui le suivra toute sa vie ''[4].
Les Ouled Si Moussa n'ont jamais été soumis ni par les Romains, ni par les Turcs et ni par les Français, ils étaient et sont connus pour leur esprit guerrier, combatif,révolutionnaire et surtout pour leur fierté énorme ( nif )
Antiquité
modifierLes Ouled Si Moussa ainsi que leur confédération Amamra occupent une superficie territoriale considérable qui forme la partie nord-est de la région montagneuse qui nous occupe . Leur pays a été le théatre de grands évènements ; les montagnes qu'occupent encore aujourd'hui les Ouled Si Moussa dont surtout le célèbre Djebel Djehfa situé à Ensigha ont souvent abrité Jugurtha[5].
C'est parmi eux que Dihiya ( la Kahéna ) avait installé le siège de son royaume . Son nom est encore populaire dans le pays et les habitants affirment que les débris de fortification, les ruines de cités trouvés sur le Djebel Djahfa sont les restes d’une forteresse construite par sa fille[5].
Leur pays appartenait à l’ancienne Numidie.
Époque médievale
modifierIabdas, chef berbère des Aurès du VIe siècle et roi du royaume de l'Aurès qui teint longtemps en échec les Byzantins dans les Aurès, et joua un rôle important dans les révoltes berbères qui suivent la reconquête byzantine. C'est de la montagne très connue des Ouled si Moussa ( Djebel Djahfa ) située à Ensigha que Iabdas pu infliger et resister très longtemps face aux Byzantins, c'était sa forteresse centrale . En 535 Iabdas infligaient une grosse défaite aux byzantins qui voulaient enlever avec son armée le Djebel Djahfa des Ouled si Moussa. Battus par Iabdas et ses soldats, le général byzantin est forcé de battre en retraite rapidement et dans le désordre[6],[7].
C’est parmi Les Ouled si Moussa et leur confédération Amamra, qu'avait installée le siège de son royaume, Dihiya, la très populaire reine berbère chaouie surnommé la Kahéna ( sorcière ) par les Arabes contre qui elle a très longuement combattue, les Arabes se heurtaient à la résistance de la chef incontestée de la tribu des Djeraoua, juive suivant la tradition ou chrétienne selon les historiens récents. La Kahina écrase les troupes de Hassan Ibn-N'Oman au combat de la Meskiana et rejette les Arabes en Tripolitaine. Son nom est encore populaire dans le pays et les Amamra affirment que les débris de fortification, les ruines de cités trouvés sur la montagne du Djebel Djahfa sont les restes d’une forteresse construite par sa fille[8],[9],[10]
Époque moderne
modifierLe Djebel Chélia était occupé autrefois par les Sellaoua auxquels s’étaient jointes quelques familles des Ouled Si Moussa qui grâce à leur réputation de marabouts s’étaient fait accepter des Sellaoua et respecter de leurs autres voisins[11].
Les Ouled Si Moussa avec leur conféderation Amamra ont infligé de sanglantes défaites aux Turcs notamment à ahmed bey, dernier bey de Constantine en lui ayant fait éprouvé d'énorme pertes. Il fut obligé de se retirer, sans avoir pu exécuter ses desseins. Pour comble de malheur, à son retour, son cheval en caracolant, se renversa sous lui, et, dans la chute, le bey eut l'os de la jambe entièrement fracturé. On le rapporta faible et souffrant jusqu'à Constantine[12].
C'était l'une des seuls fois où les Turcs s'aventuraient sur le territoire des Ouled Si Moussa
Quand les Turcs s’avancèrent pour faire la conquête de l’Aurès ils trouvèrent devant eux les Amamra, les Oudjana, les Ouled Daoud et les Ouled Abdi qui leur firent éprouver des pertes sérieuse[5].
Époque contemporaine
modifierLes Ouled Si Moussa ont résisté héroïquement contre la colonistaion Française. à tel point que les Français n'ont jamais pu les soumettre entièrement ni eux ni d'ailleurs tout l'Aurès[13]. Les Ouled Si Moussa ont aussi fournis énormément de martyrs et combattants durant la colonisation et la guerre[14].
Durant la guerre d'Algérie, les Ouled Si Moussa furent énormement actifs, énormément d'actes de sabotage dans le secteur de Khenchela ont été recensés chez eux, dans le douar Ouled Si Moussa, 42 suspects ont été retenus, tous originaires des Ouled-Si-Moussa.
C'est en bordure de ce douar qu'au cours de la nuit du 19 au , 27 poteaux téléphoniques ont été abattus et le matériel des Ponts et Chaussées incendié. Dans la nuit du 9 au , 117 poteaux téléphoniques ont été abatttus, un moulin incendié et un pont détruit[15].
Personnalités issus de la tribu
modifier- Siad Ali, martyr de la guerre d'Algérie
- Adel boutobba, joueur de football
- Bilal Boutobba, joueur de football
- Siad Boumaaraf, martyr de la guerre d'Algérie
- Kassam Farhat, moudjahid et frère d'arme du célèbre chahid Abbas Laghrour, qui a mené sa révolution dans les monts de Chechar
- Chermim Ibrahim, moudjahid de la guerre d'Algérie
- Kassam Boumaaraf, martyr de la guerre d'Algérie
- Sabri Chorfia, un des plus grand criminel du narco banditisme Français et Marseillais.
- Salah Goudjil, homme d'État algérien et ancien commandant dans l'armée du FLN
Notes et références
modifierRéférences
modifier- ↑ Al-ʻAdwānī al-Salāmī et Charles Féraud, Kitāb al-ʻadwānī : ou le Sahara de Constantine et de Tunis, L. Arnolet, (lire en ligne)
- ↑ René Basset, Notes sur le Chaouia de la province de Constantine, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
- ↑ Société archéologique, historique, et géographique du Département de Constantine, Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, , 1042 p. (lire en ligne), p. 225.
- ↑ Revue des traditions populaires, Librairie orientale et américaine., (lire en ligne)
- 1 2 3 Lt-Colonel de Lartigue, Monographie de l'Aurès : Par le Lt-Colonel de Lartigue. Photographies de Neurdein ..., Imprimerie Marle-Audrino, (lire en ligne)
- ↑ Revue politique et littéraire; revue des cours littéraires, G. Baillière, (lire en ligne)
- ↑ Revue africaine, Société historique algérienne, (lire en ligne)
- ↑ Jean Balazuc, L'armée française pendant la guerre d'Algérie : une chronologie mensuelle, mai 1954-décembre 1962, Paris, l'Harmattan, , 992 p. (ISBN 978-2-343-18636-8, lire en ligne)
- ↑ Collectif, Juifs et musulmans : Échanges et différences entre deux cultures, ALBIN MICHEL, (ISBN 978-2-226-47080-5, lire en ligne)
- ↑ Raoul Julien François de Lartigue, Monographie de l'Aurès, Constantine, Imprimerie à vapeur Marle-Audrino, , 493 p. (lire en ligne)
- ↑ Raoul Julien François de Lartigue, Monographie de l'Aurès, Constantine, Imprimerie à vapeur Marle-Audrino, , 493 p. (lire en ligne)
- ↑ Eugène Vayssettes, Histoire de Constantine sous la domination turque, 1517-1837, Editions Bouchène, (ISBN 978-2-35676-094-4, lire en ligne)
- ↑ Jean Morizot, L'Aures ou le mythe de la montagne rebelle, Editions L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-23468-0, lire en ligne)
- ↑ « Ouled Sidi Moussa (Commune Bouchrahil) Médéa »
- ↑ René de Livois, Histoire de la presse française, Lausanne/Paris, Éditions Spes, , 664 p. (lire en ligne)

