Ours noir de la reine Charlotte

sous-espèce de mammifère
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Ursus americanus carlottae

Ursus americanus carlottae
Description de cette image, également commentée ci-après
Ours noir dans le Clayoquot Sound.
Classification ITIS
Règne Animalia
Sous-règne Bilateria
Infra-règne Deuterostomia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Infra-embr. Gnathostomata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Genre Ursus
Espèce Ursus americanus

Sous-espèce

Ursus americanus carlottae
Osgood, 1901[1]

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Aire de répartition de l’Ours noir de la reine Charlotte sur les îles Haïda Gwaïi.

Synonymes

  • Ursus (Euarctos) carlottae Osgood, 1901 (Protonyme) [2]
  • Ursus carlottae Osgood, 1901 [3]
  • Euarctos carlottæ G. S. Miller, 1924 [2]
  • Ursus americanus carlottae E. R. Hall, 1928 [2]

L’Ours noir de la reine Charlotte (Ursus americanus carlottae) est une sous-espèce de l’Ours noir d'Amérique (Ursus americanus), un mammifère carnivore de la famille des Ursidés qui se distingue par sa morphologie particulière[4].

Dénominations

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Taxonomie

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L'Ours noir de la reine Charlotte a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1901 par le zoologiste américain Wilfred Hudson Osgood sous le nom binominal d'Ursus (Euarctos) carlottae[7]. L'auteur lui attribue le nom vernaculaire anglais de « Queen Charlotte Black Bear »[7]. La localité type se situe à Masset, sur l'île Graham (îles de la Reine-Charlotte, en Colombie-Britannique), où le spécimen type, un crâne enregistré sous le numéro 87620 au sein des collections du Biological Survey conservées au Musée national des États-Unis, a été obtenu en novembre 1896 par le révérend J. H. Keen[7].

Dans sa diagnose, Osgood indique que cet ours présente une taille légèrement supérieure à celle de l'ours noir continental (Ursus americanus) et s'en distingue nettement par les caractères de sa boîte crânienne et de sa dentition[7]. Le crâne est plus allongé, le rostre proportionnellement plus effilé et la voûte crânienne moins bombée[7]. Les dents sont plus volumineuses et lourdes, en particulier les dernières molaires, la dernière molaire supérieure possédant un talon postérieur très étiré[7]. En comparant ce taxon à d'autres ours nord-américains, Osgood relève que le crâne de l'ours de Louisiane (Ursus luteolus) est de taille équivalente, mais que ses dents sont plus larges et massives, tandis que carlottae possède une boîte crânienne plus développée et une région inter-orbitaire plus étendue[8]. Bien que n'ayant pas examiné directement de peaux complètes lors de sa publication, l'auteur rapporte d'après les témoignages locaux que le pelage est invariablement noir luisant, la phase cannelle étant totalement absente de l'archipel[9].

Description

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Ours noir en quête de nourriture sur l'estran à Hidden Cove, dans le nord de l'île de Vancouver.

L'Ours noir de la reine Charlotte est la plus grande sous-espèce d'ours noir américain, tant en Colombie-Britannique qu'à l'échelle de toute l'Amérique du Nord[10].

Contrairement aux populations continentales qui présentent diverses phases de coloration du pelage, les individus de l'archipel ne arborent toujours une fourrure entièrement noire[11].

Écologie et comportement

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Une partie de l'archipel Haïda Gwaïi, vue depuis le détroit d'Hécate.

L'Ours noir de la reine Charlotte constitue le plus grand mammifère terrestre indigène de l'archipel, y occupant la fonction de superprédateur de l'écosystème terrestre[12].

À l'image des autres sous-espèces, il est omnivore et recherche fréquemment ses proies dans la zone intertidale[13]. Afin de mieux briser la coquille rigide des coquillages et des crustacés qui composent une part importante de son régime, tels que les crabes et les moules, l'animal a développé un crâne plus massif et des molaires proportionnellement plus larges. À l'intérieur des terres, il consomme une végétation variée incluant fougères, orties, prêles et baies sauvages[11].

Ce plantigrade est considéré comme une espèce clé de voûte en raison des restes de saumons qu'il abandonne au sol et disperse dans la forêt adjacente lors de ses repas, participant ainsi à l'enrichissement nutritif des sols forestiers[14].

L'hivernation débute à la fin de l'automne ; les femelles donnent généralement naissance à une portée de un à trois oursons en janvier, pendant cette période de léthargie. Les jeunes restent aux côtés de leur mère pendant environ un an et demi avant d'accéder à l'émancipation[14].

L'Ours noir de la reine Charlotte et l'Homme

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Importance culturelle

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L'Ours noir de la reine Charlotte est désigné sous le terme de « taan » en langue haïda et occupe une place centrale dans la mythologie traditionnelle du peuple autochtone haïda[15].

Statut et conservation

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Bien que l'effectif exact de la population ne soit pas déterminé avec précision, plus de 900 ours ont été abattus par des chasseurs depuis la fin des années 1970[11].

En 1995, le Conseil de la Nation haïda adopte une résolution demandant l'arrêt immédiat de la chasse au trophée et de loisir sur l'archipel, estimant que cette pratique est inutile et contraire à l'éthique haïda. En 2005, le Conseil et le gouvernement de la Colombie-Britannique s'accordent officiellement pour mettre fin à cette chasse récréative[16]. Malgré ces démarches, des prélèvements continuent d'avoir lieu dans le cadre d'un système de tirage de permis limitant les prises à un quota strict de quatre individus par an[17].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  2. 1 2 3 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  4. (en) S. A. Byun, B. F. Koop et T. E. Reimchen, « North American Black Bear mtDNA Phylogeography: Implications for Morphology and the Haida Gwaii Glacial Refugium Controversy », Evolution, vol. 51, no 5, , p. 1647–1653 (PMID 28568643, DOI 10.2307/2411216, JSTOR 2411216)
  5. (en) Rudolph Martin Anderson, Catalogue of Canadian Recent Mammals, Ottawa, Edmond Cloutier, King's Printer (no 102), , 238 p. (lire en ligne)
  6. Catalogue of Life Checklist, consulté le .
  7. 1 2 3 4 5 6 Osgood 1901, p. Ursus carlottae p. 30
  8. Osgood 1901, p. Ursus carlottae p. 31
  9. Osgood 1901, p. Ursus carlottae p. 32
  10. (en) « This B.C. archipelago has the largest black bears in the world », sur Vancouver Is Awesome, (consulté le )
  11. 1 2 3 (en) « Haida Gwaii black bear », sur Bear Conservation
  12. (en) « Wildlife of Haida Gwaii: Canada's Galapagos », (consulté le )
  13. (en) « This B.C. archipelago has the largest black bears in the world », sur Vancouver Is Awesome, (consulté le )
  14. 1 2 (en) Megan Lapides, « Haida Gwaii's Rare Bear Species », sur Queen Charlotte Safaris, (consulté le )
  15. (en) « Meet Haida Gwaii's Black Bear », sur Haida Tourism (consulté le )
  16. (en) Susan Musgrave, « Bad Hunting », sur The Tyee, (consulté le )
  17. (en) « Changes to black bear seasons in Haida Gwaii », sur news.gov.bc.ca, (consulté le )

Bibliographie

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Document original

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  • (en) Wilfred Hudson Osgood, « Natural History of the Queen Charlotte Islands, British Columbia : Natural History of the Cook Inlet Region, Alaska », North American Fauna, no 21, , p. 1-87 (ISSN 0078-1304, OCLC 1444066, lire en ligne)

Voir aussi

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Liens externes

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