Ours noir d'Amérique

espèce de mammifères
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Ursus americanus · Ours noir (Stricto sensu), Baribal

Ursus americanus
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Un Ours noir d’Amérique au Parc national du Mont-Riding, au Canada.
2.58–0 Ma
69 collections
Classification MDD
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Sous-famille Ursinae
Genre Ursus

Sous-genre

Euarctos
Gray, 1864

Espèce

Ursus americanus
Pallas, 1780

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 11/06/1992

Répartition géographique

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  • Aire actuelle (présent)
  • Aire d’absence (disparu)

L’Ours noir d’Amérique (Ursus americanus), l’Ours noir au sens strict, également connu sous le nom de Baribal, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Ursidés.

Très commun en Amérique du Nord, il se rencontre dans une aire géographique qui s'étend des parties septentrionales du Canada et de l'Alaska au nord du Mexique, et des côtes atlantiques aux côtes pacifiques de l'Amérique du Nord. Il est présent dans un bon nombre d'États américains et dans toutes les provinces canadiennes. Il préfère les forêts et les montagnes où il trouve sa nourriture et peut se cacher. La population d'ours noirs était sans doute de deux millions d'individus autrefois. Aujourd'hui, l'on estime qu'il existe entre 500 000 et 750 000 ours noirs sur ce continent. Longtemps chassé pour sa fourrure, il subit aujourd'hui la réduction de son milieu naturel par l'homme. La population de l'Ours noir est généralement stable[1].

Plus petit que l'Ours brun et l'Ours blanc, cet animal présente une couleur de fourrure plus ou moins foncée selon les régions, allant du noir au blanc en passant par le roussâtre et le gris argenté. Seize sous-espèces, dont certaines sont menacées, sont reconnues. L'Ours noir n'hiberne pas au sens strict, mais passe l'hiver dans un état de somnolence en vivant sur ses réserves de graisses accumulées pendant l'automne. Il est omnivore, même si son régime alimentaire est dominé par les végétaux. L'Ours noir est un bon nageur et il grimpe facilement aux arbres pour échapper à un danger.

Dénominations

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Taxonomie

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Historique

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Illustration d’Ursus nasutus par Joseph Wolf dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1868.

L'Ours noir d’Amérique a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1780 par le zoologiste et botaniste germano-russe Peter Simon Pallas dans son ouvrage Spicilegia Zoologica sous le nom binominal d'Ursus americanus[4]. Pallas base sa description sur l'examen de trois spécimens vivants gardés dans la tour de Londres (in castello Londini / Tower), soulignant à quel point leur faciès et leurs caractéristiques diffèrent de l’ours brun d’Europe au point de devoir être considérés sans hésitation comme une espèce distincte[4]. Un même constat est fait par Buffon dans son histoire naturelle dans son chapitre consacré à l’ours.

Dans sa diagnose, Pallas note que cet animal possède une tête proportionnellement plus étroite avec un museau évoquant celui d’un chien, un corps entièrement noir avec un pelage plus doux et plus brillant, ainsi que des joues et une gorge de couleur rousse[4]. L'auteur rapporte également des éléments sur son comportement et son habitat fournis par des observateurs coloniaux et des récits de voyageurs, notamment sur sa façon d’escalader les arbres pour échapper aux chiens, ses cris plaintifs, ou encore les usages de sa fourrure et de son huile par les Amérindiens et les planteurs[4].

Quelques spécimens sont décrits ça et là en Amérique du Nord, comme l’Ours de Kermode dans les années 1810 ou encore l’Ours Cannelle en 1859. En 1864 dans le journal de la société zoologique de Londres, John Edward Gray propose alors de regrouper ces petits ours américains à courtes griffes sur la base de critères morphologiques : un pelage court et uniforme, des griffes antérieures modérées mais un peu plus longues que les postérieures, des pattes arrière courtes, ainsi qu'une dent tuberculeuse supérieure modérément longue et rétrécie vers l'arrière, il y établie alors le sous-genre Euarctos[5]. Il y rattache principalement l'ours noir d'Amérique (Ursus americanus) ainsi que, de manière interrogative, l'ours cannelle (Ursus cinnamomeus)[5]. Au XXème siècle, les premières sous-espèces sont recensées, et Euarctos devient un genre à part entière selon certaine auteurs. Finalement, l’espèce retrouvera son genre Ursus dans les premières édition du Mammal species of the World de 1982. Aujourd’hui, le sous-genre Euarctos est monotypique et sert principalement à dissocier cette espèce des ours brun et polaire au sein du genre Ursus.

En effet, l'Ours noir d'Amérique n'est pas étroitement apparenté à l'ours brun ou à l'ours polaire ; des études génétiques révèlent qu'ils ont divergé d'un ancêtre commun il y a 5,05 millions d'années[6]. L'ours noir d'Amérique et l'ours noir d'Asie (Ursus thibetanus) étaient traditionnellement considérés comme des taxons frères, plus étroitement apparentés entre eux qu'aux autres espèces d’Ursidés[6],[7]. Cependant, des études récentes , notamment une menée en 2017, tendent à montrer que les deux taxons ne sont pas aussi proche que l’on le pensait jusqu’à lors : l’ours noir d’Amérique est en fait, compris dans un clade comprenant l’ours brun et l’ours polaire, alors que l’ours noir d’Asie est compris avec l’ours malais et l’ours lippu, ces deux dernières espèces étant considérés, selon les auteurs, comme des ours proprement dits. Phylogénie des espèces actuelles d'Ursidés, d'après Yu et al. (2007)[8], Servheen et al. (1999)[9] et Kumar et al. (2017)[10] :

 Ursidae 
 Ailuropodinae 

 Ailuropoda melanoleuca



 Tremarctinae 

 Tremarctos ornatus


 Ursinae 



 Melursus ursinus



 Helarctos malayanus




 Ursus thibetanus





 Ursus americanus




 Ursus maritimus



 Ursus arctos







Évolution

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Les ancêtres des ours noirs d'Amérique et d'Asie ont divergé des Hélarctes il y a 4,58 millions d'années. L'ours noir d'Amérique s'est ensuite séparé de l'ours noir d'Asie il y a 4,08 millions d'années[6],[11]. Un petit genre d'ours primitif appelé Protarctos (U. abstrusus) est le plus ancien membre fossile nord-américain connu du genre Ursus, daté d'il y a 4,95 millions d'années[12]. Cela suggère que U. abstrusus pourrait être l'ancêtre direct de l'ours noir d'Amérique, qui a évolué en Amérique du Nord[6],[13].

Les premiers fossiles d'ours noir d'Amérique, datant du début du Pléistocène à Port Kennedy, en Pennsylvanie, ressemblent beaucoup à l'espèce asiatique[14], bien que des spécimens ultérieurs aient atteint des tailles comparables à celles des grizzlis[15]. Autrefois décrit comme une espèce précurseur (Ursus vitabilis)[16], ces spécimens ont été synonymisés avec U. americanus[13].

Hybrides

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Les ours noirs d'Amérique sont interfécond avec plusieurs autres espèces d’ours proprements dits et produisent occasionnellement des descendants hybrides. Selon l'ouvrage de Jack Hanna Monkeys on the Interstate, un ours capturé à Sanford, en Floride, serait issu d'une femelle ours noir d'Asie échappée et d'un mâle ours noir d'Amérique[17]. En 1859, un ours noir d'Amérique et un ours brun d'Eurasie ont été accouplés au zoo de Londres, mais les trois oursonnes nés sont morts avant d'atteindre l'âge adulte[18]. Dans De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication, Charles Darwin note :

« Dans le rapport de neuf ans, il est indiqué que l'on a vu les ours s'accoupler librement dans les jardins zoologiques, mais avant 1848, la plupart concevaient rarement. Dans les rapports publiés depuis cette date, trois espèces ont eu des petits (des hybrides dans un cas) ...[19] »

Un ours abattu à l'automne 1986 dans le Michigan a été considéré par certains comme un hybride entre un ours noir d'Amérique et un grizzly, en raison de sa taille anormalement grande et de la morphologie de son crâne. Les tests ADN n'ont toutefois pas permis de déterminer s'il s'agissait d'un grand ours noir d'Amérique ou d'un grizzly[20].

Liste des sous-espèces

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Liste des sous-espèces de l'ours noir d'Amérique (Ursus americanus) selon ITIS ()[21] :
Sous-espèce, noms et auteur Description Distribution Synonymes
Ursus americanus americanus
Pallas, 1780
Ours noir américain
Sous-espèce nominale à large répartition, au corps massif doté quasi exclusivement d'une fourrure noire (et très rarement d'une tache blanche sur le poitrail). Commune et dynamique là où les habitats forestiers sont propices. De l'est du Montana jusqu'à la côte atlantique, depuis l'Alaska vers le sud et l'est à travers tout le Canada jusqu'au Maine, et vers le sud jusqu'au Texas.
Ursus americanus altifrontalis
D. G. Elliot, 1903
Ours noir des montagnes Olympes
Sous-espèce de grande taille caractérisée par une morphologie robuste adaptée aux zones forestières humides. De la côte du Nord-Ouest pacifique (centre de la Colombie-Britannique) jusqu'au nord de la Californie, en s'étendant à l'intérieur des terres vers le nord de l'Idaho.
Ursus americanus amblyceps
Baird, 1859
Ours noir du Nouveau-Mexique
Forme continentale adaptée aux biotopes plus arides et semi-montagneuses du sud-ouest nord-américain. Du Colorado et du Nouveau-Mexique jusqu'à l'ouest du Texas, la moitié est de l'Arizona, le nord du Mexique et le sud-est de l'Utah.
Ursus americanus californiensis
Miller, 1900
Ours noir de Californie
Capable de prospérer dans des biotopes très contrastés, de la forêt pluviale tempérée au nord jusqu'aux formations de broussailles arides du type chaparral au sud. Certains individus présentent des teintes cannelle. Des chaînes de montagnes du sud de la Californie, en remontant à travers la vallée Centrale jusqu'au sud de l'Oregon.
Ursus americanus carlottae
Osgood, 1901
Ours noir de la reine Charlotte
Ours noir de Haïda Gwaï
Endémique insulaire, cette sous-espèce se distingue par un gabarit globalement supérieur à celui de ses homologues continentaux, dotée d'un crâne robuste et de larges molaires, arborant exclusivement un pelage noir. Îles Haida Gwaii (anciennement îles Reine-Charlotte) et Alaska.
Ursus americanus cinnamomum
Audubon and Bachman, 1854
Ours noir cannelle
Ours noir des rocheuses
Variété morphologique et géographique remarquable, reconnue par son pelage distinctif tirant sur le brun clair ou le roux cannelle. Du Colorado, de l'Idaho, de l'ouest du Montana et du Wyoming jusqu'à l'est de l'État de Washington, de l'Oregon et le nord-est de l'Utah.
Ursus americanus emmonsii
Dall, 1895
Ours noir Argenté
Ours brun de la Colombie Britannique
Forme rare remarquable par sa coloration argentée à reflets bleuâtres, plus prononcée sur les flancs. Région côtière du sud-est de l'Alaska.
Ursus americanus eremicus
Merriam, 1904
Ours noir du Mexique
Population inféodée aux zones arides et aux parcs frontaliers (notamment le parc national de Big Bend), dont les effectifs sauvages très restreints au Mexique en font une sous-espèce hautement menacée. Nord-est du Mexique et zones frontalières avec le Texas.
Ursus americanus floridanus
Merriam, 1896
Ours noir de Floride
Doté d'un museau brun clair, d'une fourrure noire luisante et fréquemment d'une tache blanche sur le poitrail. Les mâles pèsent en moyenne environ 136 kg. Floride, sud de la Géorgie, Alabama et majeure partie du Mississippi (hors zones méridionales).
Ursus americanus hamiltoni
Cameron, 1957
Ours noir de Terre-neuve
Généralement plus corpulent que ses cousins du continent (variant de 90 à 270 kg pour une moyenne de 135 kg). Il possède l'une des périodes d'hibernation les plus longues d'Amérique du Nord et montre une préférence marquée pour le butinage des arbustes du genre Vaccinium. Île de Terre-Neuve.
Ursus americanus kermodei
Hornaday, 1905
Ours de Kermode
Ours-esprit
Célèbre sous-espèce dont environ 10 % de la population arbore une livrée blanche ou crème pure due à l'expression d'un gène récessif, les 90 % restants affichant la couleur noire classique. Région côtière centrale de la Colombie-Britannique.
Ursus americanus luteolus
Griffith, 1821
Ours noir de Louisiane
Reconnaissable à son crâne relativement long, étroit et aplati, pourvu de molaires proportionnellement plus larges. Il fréquente de prédilection les forêts alluviales et les bayous. Sa validité taxonomique a toutefois fait l'objet de discussions récurrentes. Est du Texas, Louisiane et sud du Mississippi.
Ursus americanus machetes
Elliot, 1903
Sous-espèce continentale méridionale adaptée aux reliefs montagneux du Mexique. Régions du nord-centre du Mexique.
Ursus americanus perniger
J. A. Allen, 1910
Population nordique robuste considérée par les organismes de suivi environnemental comme stable ou sécurisée. Péninsule de Kenai en Alaska.
Ursus americanus pugnax
Swarth, 1911
Forme insulaire localisée inféodée aux écosystèmes côtiers et forestiers de l'archipel Alexandre. Île Dall au sein de l'archipel Alexandre en Alaska.
Ursus americanus vancouveri
Hall, 1928
Ours noir de Vancouver
Ours noir de l’île de Vancouver
Généralement un peu plus grand et doté d'une robe plus foncée que les variétés continentales de la province voisine. Particulièrement abondant dans le nord de l'île, il s'observe aussi ponctuellement dans le sud. Île de Vancouver en Colombie-Britannique.

Description

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Les ours noirs d'Amérique se distinguent des ours bruns par leur taille plus petite, le profil de leur crâne moins concave, leurs griffes plus courtes et l'absence de bosse sur les épaules.

Morphologie

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Croquis du crâne d'un ours noir d'Amérique montrant les vues supérieure, inférieure et latérale.
Certains individus développent une tache blanche en forme de croissant de lune sur la poitrine. Cette marque, constante chez l'ours noir d'Asie, apparaît chez jusqu'à 80 % des oursons noirs d'Amérique, mais ne persiste à l'âge adulte que chez environ 25 %[25][26].

Le crâne de l’ours noir d'Amérique est large, doté d’un museau étroit avec de larges articulations dans la mâchoire. En Virginie, la longueur du crâne des ours adultes mesure en moyenne de 26,2 à 31,7 cm[27]. À travers son aire de répartition, le plus long crâne répertorié mesure de 23,5 à 35 cm[25]. Le dimorphisme sexuel se manifeste par une tendance chez les femelles à avoir des faces plus fines à l’extrémité plus pointu, là où les mâles, possèdent des dents jugales plus grosses[28]. Leurs griffes, le plus souvent de couleur noire ou brun grisâtre, sont courtes et recourbées, plus épaisses à la base puis s'affinant vers la pointe. Les griffes des pattes antérieures et postérieures sont d’une longueur quasi identique, bien que la courbure des griffes à l’arrière tende à être davantage prononcée. Les pattes sont relativement grandes, celles de derrière mesurant de 5,3 à 13,5 cm de long pour 5,3 à 14,2 cm de large, et celles de devant mesurent 7,1 à 20,3 cm de long pour 6,4 à 17,5 cm de large[29], ce qui lui donne une allonge supérieures aux Ursidés de même taille, comme l’Ours-lune avec des pattes postérieures plus longue : mais reste toujours plus petit que le grizzly ou l’ours polaire. La plante des pattes d’une teinte sombre allant du brun au noir, est nue et très kératinisé, ce qui leur donne de nombreux plis[réf. souhaitée]. La queue est petite, mesurant de 7,7 à 17,7 cm de longeur[30],[31],[32],[33]. Les oreilles sont petites et arrondies, et sont placées bien en arrière sur la tête[réf. souhaitée]. Les ours noirs d'Amérique sont dotés d'une grande dextérité, étant capables de dévisser des boître comme des pots de confiture ou de miel, ou encore de manipuler des loquets ou des serrures pour ouvrir et fermer des portes[34]. Ils possèdent également une grande force physique ; un individu de 54 kg a été observé retournant des roches plates pesant de 140 à 147 kg d’une seule patte[35]. Ils se déplacent avec une démarche rythmée et assurée et peuvent courir à des vitesses atteignant 40 à 48 km/h[36]. Les ours noirs d'Amérique ont une bonne vue et des expériences ont prouvé qu'ils sont capables d'apprendre des tâches de reconnaissance visuelle des couleurs plus rapidement que les chimpanzés et tout aussi rapidement que les chiens domestiques. Ils sont également capables d'apprendre à distinguer différentes formes, telles que de petits triangles, cercles et carrés[37].

Un ours noir d'Amérique de couleur cannelle dans le parc national de Yellowstone, aux États-Unis.

La longueur de la tête et du corps des adultes varie généralement de 120 à 188 cm, et leur hauteur au garrot de 63 à 103,5 cm[25]. Bien que l'ours noir d'Amérique soit la plus petite espèce d'ours d'Amérique du Nord, plus petit que l'ours brun et l'ours polaire, les grands mâles dépassent la taille d'autres espèces d’Ursidés d'autres continents[38]. Le poids tend à varier en fonction de l'âge, du sexe, de l'état de santé et de la saison. Les mâles adultes pèsent généralement entre 60 et 300 kg, tandis que les femelles pèsent en moyenne entre 33 % et 50 % de moins, soit entre 40 et 150 kg[25],[39]. La variation saisonnière du poids est très prononcée : en automne, leur poids a tendance à être supérieur de 30 % avant l’hivernation qu’à la sortie. Les ours de la côte Est ont tendance à être plus lourds en moyenne que leurs homologues occidentaux, bien qu'ils suivent généralement la règle de Bergmann selon laquelle la taille moyenne est inversement corrélée à la température de l'environnement, et les ours du Nord-Ouest sont souvent légèrement plus lourds que ceux du Sud-Est[réf. souhaitée]. En Californie, des études indiquent que la masse adulte moyenne est de 86 kg chez les mâles et de 58 kg chez les femelles[27]. Des adultes du refuge national de faune de Yukon Flats, dans le centre-est de l'Alaska, affichent une moyenne de 87,3 kg pour les mâles et de 63,4 kg pour les femelles, tandis que sur l'île Kuiu dans le sud-est de l'Alaska (où les saumons riches en nutriments sont abondants), les adultes pèsent en moyenne 115 kg[40],[41]. Dans le parc national des Great Smoky Mountains, les mâles adultes pèsent en moyenne 112 kg et les femelles adultes 47 kg selon une étude[42]. Dans l'une des plus grandes études sur la masse corporelle à l’échelle régionale, les ours de Colombie-Britannique affichent une moyenne de 73,7 kg pour 89 femelles et de 103,1 kg pour 243 mâles[43]. Dans le parc national de Yellowstone, une étude a révélé que les mâles adultes pesaient en moyenne 119 kg et les femelles adultes 67 kg[44]. Les ours noirs du centre-nord du Minnesota pèsent en moyenne 70 kg pour 163 femelles et 125 kg pour 77 mâles[45]. Dans l'État de New York, les mâles pèsent en moyenne 136 kg et les femelles 72,6 kg[46]. Il a été constaté dans le Nevada et la région du lac Tahoe que les ours vivant à proximité des zones urbaines étaient nettement plus lourds que leurs homologues des zones arides, les mâles périurbains pesant en moyenne 138 kg contre 115,5 kg pour les mâles vivant plus en retrait de l’Homme, tandis que les femelles périurbaines pesaient en moyenne 97,9 kg contre 65,2 kg pour les autres[47]. Dans le parc national des Lacs-Waterton, en Alberta, les adultes pèsent en moyenne de 125 à 128 kg[48]. Le plus grand ours noir d'Amérique jamais enregistré dans la nature était un mâle du Nouveau-Brunswick, abattu en novembre 1972, qui mesurait 2,41 m de long et qui pesait 409 kg vidé, ce qui suggère qu'il pesait environ 500 kg de son vivant[49]. Un autre ours noir d'Amérique exceptionnellement grand, pesant 408 kg, était un tueur de bétail, fut abattu en décembre 1921 dans la réserve de Moqui en Arizona[49]. Le record de l'ours noir d'Amérique du New Jersey abattu, provient du comté de Morris en décembre 2011, avec un individu qui pesait 376,5 kg[50]. Le record de l'État de Pennsylvanie est un individu qui a été abattu en novembre 2010 dans le comté de Pike, qui pesait 399 kg[51]. Le North American Bear Center, situé à Ely au Minnesota, abrite les plus grands ours noirs d'Amérique en captivité au monde, un mâle nommé Ted et une femelle nommée Honey. Ted pesait entre 431 et 453,5 kg à l'automne 2006[52], tandis que Honey pesait 219,6 kg à l'automne 2007[53].

Un ours de Kermode (Ursus americanus kermodei), avec le pelage blanc est plus communément désigné sous le nom d’ « Ours-esprit ».

La fourrure est douce, dotée d'un sous-poil dense et de poils de garde longs, grossiers et épais[54]. La fourrure n'est pas aussi hirsute ou grossière que celle des ours bruns[55]. Les peaux d'ours noirs d'Amérique se distinguent de celles des ours noirs d'Asie par l'absence de tache blanche sur la poitrine et par des coussinets plantaires plus poilus[26]. Malgré leur nom, les ours noirs présentent une grande variété de couleurs. Les teintes de pelage individuelles peuvent aller du blanc, beige, cannelle, brun clair ou brun chocolat foncé au noir de jais, avec de nombreuses variations intermédiaires. Des ours noirs d'Amérique gris argenté, dotés d'un reflet bleu présents principalement sur les flancs se rencontrent le long d'une partie de la côte de l'Alaska et de la Colombie-Britannique. Des spécimens blancs à crème vivent dans les îles côtières et sur le continent adjacent du sud-ouest de la Colombie-Britannique. Des individus albinos ont également été signalés[56]. Les pelages noirs prédominent dans les zones humides, telles que le Maine, la Nouvelle-Angleterre, New York, le Tennessee, le Michigan et l'ouest de Washington[57]. Environ 70 % de tous les ours noirs d'Amérique sont noirs, bien qu'ils ne soient que 50 % dans les montagnes Rocheuses[57]. De nombreux spécimens du nord-ouest de l'Amérique du Nord sont de couleur cannelle, beige ou brun clair et peuvent ainsi parfois être confondus avec des ours bruns. Mais ces derniers se distinguent par leur bosse sur les épaules, leur taille plus grande et leur crâne plus large et plus concave[58]. Dans son livre The Great Bear Almanac[59], Gary Brown résume la prédominance des spécimens noirs ou bruns/beige selon l'emplacement :

Variations de couleur des ours noirs d'Amérique par région
Emplacement Répartition des couleurs
Michigan 100 % noir
Minnesota 94 % noir, 6 % brun
Nouvelle-Angleterre 100 % noir
New York 100 % noir
Tennessee 100 % noir
Washington (côtier) 99 % noir, 1 % brun ou beige
Washington (intérieur) 21 % noir, 79 % brun ou beige
Parc national de Yosemite 9 % noir, 91 % brun ou beige

Écologie et comportement

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Répartition et population

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Un ours noir d'Amérique dans le parc national de Grand Teton, au Wyoming.

Historiquement, les ours noirs d'Amérique occupaient la majorité des régions forestières d'Amérique du Nord. Aujourd'hui, ils se limitent principalement à des zones peu peuplées[60]. Les ours noirs d'Amérique habitent actuellement une grande partie de leur aire de répartition canadienne d'origine, bien qu'ils soient rares dans les zones agricoles du sud de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba ; ils ont disparus de l'Île-du-Prince-Édouard depuis 1937[61]. Des enquêtes menées au milieu des années 1990 ont évalué la population d'ours noirs au Canada entre 396 000 et 476 000 individus répartis dans sept provinces[62] ; cette estimation exclut les populations du Nouveau-Brunswick, des Territoires du Nord-Ouest, de la Nouvelle-Écosse et de la Saskatchewan. Toutes les provinces ont indiqué des populations stables d'ours noirs d'Amérique au cours des années 2000[60]. L'aire de répartition actuelle aux États-Unis est constante dans la majeure partie du Nord-Est et au sein des monts Appalaches de manière presque continue depuis le Maine jusqu'au nord de la Géorgie, ainsi que dans le nord du Midwest américain, la région des montagnes rocheuses, la Côte Ouest et l'Alaska[61]. Cependant, elle devient de plus en plus fragmentée ou absente dans d'autres régions. Malgré cela, les ours noirs d'Amérique de ces secteurs semblent avoir élargi leur aire de répartition au cours des décennies récentes, comme l'attestent des observations dans l'Ohio[61], l'Illinois[63], le sud de l'Indiana[64] et l'ouest du Nebraska[65]. Les observations d'ours noirs itinérants dans la région sans drift du sud-est du Minnesota, du nord-est de l'Iowa et du sud-ouest du Wisconsin sont fréquentes[66],[67]. En 2019, des biologistes du Département des ressources naturelles de l'Iowa ont confirmé le cas d'un ours noir d'Amérique vivant à l'année dans les bosquets près de la ville de Decorah dans le nord-est de l'Iowa, considéré comme le premier cas d'un ours résident dans l'Iowa depuis les années 1880[68],[69]. Des enquêtes menées dans 35 États au début des années 1990 ont indiqué que les populations d'ours noirs d'Amérique étaient soit stables, soit en augmentation, à l'exception de l'Idaho et du Nouveau-Mexique. La population aux États-Unis était estimée entre 339 000 et 465 000 individus en 2011[70], bien que cette estimation n'inclue pas les données de l'Alaska, de l'Idaho, du Dakota du Sud, du Texas ou du Wyoming, dont les populations n'étaient pas recensées dans l'enquête[60]. En Californie, on estimait le nombre d'ours noirs entre 25 000 et 35 000 en 2017, ce qui en fait la plus grande population de l'espèce dans l'un des 48 États contigus[71],[72]. En 2020, on comptait environ 1 500 ours dans le parc national des Great Smoky Mountains, où la densité de population d'environ deux par mille carré[73]. Dans l'ouest de la Caroline du Nord, la population d'ours noirs a considérablement augmenté, passant d'environ 3 000 au début des années 2000 à plus de 8 000 dans les années 2020[74]. En 1993, les populations connues d'ours noirs au Mexique se trouvaient dans quatre zones, bien que les connaissances sur la répartition des populations en dehors de ces zones n'aient pas été actualisées depuis 1959. Le Mexique est le seul pays où l'espèce est classée comme « en danger »[60].

Habitat

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Dans l'ensemble de leur aire de répartition, les habitats préférés des ours noirs d'Amérique partagent quelques caractéristiques communes. On les trouve souvent dans des zones au terrain relativement inaccessible, dotées d'une épaisse végétation de sous-étage et de grandes quantités de matériel comestible, en particulier les faînes et glands. L'adaptation aux bois et à la végétation dense chez cette espèce pourrait à l'origine s'expliquer par le fait que l'ours a évolué aux côtés d'espèces d'ours plus grandes et plus agressives, telles que l'ours à face courte géant éteint et le grizzly, qui monopolisaient les habitats plus ouverts[27], ainsi que par la présence historique de prédateurs plus grands, tels que le Smilodon et le Lion d'Amérique, qui auraient pu s'attaquer aux ours noirs. Bien qu'ils se trouvent en plus grand nombre dans les zones sauvages primaires et les régions rurales, les ours noirs d'Amérique peuvent s'adapter pour survivre en nombre restreint dans les régions périurbaines, pour autant qu'elles contiennent des sources de nourriture facilement accessibles et un certain couvert végétal[25]. Dans la plupart des États des États-Unis, les ours noirs d'Amérique se rencontrent aujourd'hui habituellement dans des zones montagneuses boisées, à des altitudes comprises entre 400 et 3 000 m. Pour les ours noirs d'Amérique vivant dans le Sud-Ouest américain et au Mexique, l'habitat consiste généralement en des peuplements de chaparral et de forêts de pins et de genévrier. Dans cette région, les ours se déplacent occasionnellement vers des zones plus ouvertes pour se nourrir de figuiers de Barbarie (Opuntia). Au moins deux types d'habitats principaux distincts sont occupés dans le Sud-Est des États-Unis. Les ours noirs d'Amérique des monts Appalaches du Sud survivent principalement dans des forêts de chênes et de caryers ainsi que dans des forêts mixtes mésophytiques. Dans les zones côtières du Sud-Est (telles que la Floride, les Carolines et la Louisiane), les ours habitent un mélange de peuplements de pinèdes claires, de baies et de sites marécageux de feuillus[réf. souhaitée]. Dans la partie nord-est de l'aire de répartition aux États-Unis et au Canada, l'habitat principal se compose d'une forêt de feuillus tels que le hêtre, l'érable, le bouleau et différentes espèces de conifères. Les cultures de maïs et la glandée de chênes-caryers constituent également des sources de nourriture courantes dans certaines sections du Nord-Est ; de petites zones marécageuses denses offrent un excellent couvert de refuge, principalement dans des peuplements de thuyas occidentaux (cèdre blanc). Le long de la côte du Pacifique, le séquoia, l'épinette de Sitka et la pruche prédominent dans la canopée. Au sein de ces types de forêts septentrionales se trouvent des zones de succession précoce importantes pour l'ours noir d'Amérique, telles que des champs de broussailles, des prairies humides et sèches, des zones de marée haute, des zones riveraines et une variété d'espèces de feuillus produisant des faînes. La forêt d'épinettes et de sapins domine une grande partie de l'aire de répartition de l'ours noir d'Amérique dans les Rocheuses. Les zones non forestières importantes y sont les prairies humides, les zones riveraines, les couloirs d'avalanche, les bordures de route, les zones brûlées, les pentes herbeuses et les crêtes subalpines[réf. souhaitée]. Dans les régions où le développement humain est relativement faible, comme dans certaines étendues du Canada et de l'Alaska, les ours noirs d'Amérique ont tendance à se trouver plus régulièrement dans les zones de basse altitude[27]. Dans certaines parties de l'est du Canada, en particulier au Labrador, ils se sont adaptés exclusivement à des zones semi-ouvertes qui constituent un habitat plus typique en Amérique du Nord pour les ours bruns, probablement en raison de l'absence locale d'ours bruns et polaires, ainsi que d'autres grandes espèces de carnivores[25].

Activité

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Un ours noir nageant.
Un ours en train de nager.
Trois petits oursons nouveau-nés.
Trois oursons nouveau-nés.
Un ourson grimpant à un arbre.
Un ourson grimpant à un arbre.

Le sens le plus aiguisé de l'ours noir d'Amérique est l'odorat, qui est environ sept fois plus sensible que celui d'un chien domestique[75]. Ce sont d'excellents nageurs, et peuvent s’adonner à cette activité par plaisir ou bien pour pêcher. Ils grimpent régulièrement aux arbres, pour atteindre des aliments, échapper à un ennemi ou encore pour dormir. Il partage cette apêtance pour les activités arboricoles avec l’Hélarcte malais[76]. Mais leurs aptitudes arboricoles ont tendance à diminuer avec l'âge[77]. Ils peuvent être actifs à tout moment, jour comme nuit. Cependant, une activité nocturne reste privilégié pour la quête de nourriture. Les populations vivant à proximité des habitations humaines ont tendance à être plus largement nocturnes, tandis que ceux vivant près des ours bruns ont tendance à être plus souvent diurnes[25],[27]. Comme la plupart des Ursidés, les ours noirs d'Amérique ont tendance à être solitaire et territoriaux. Cependant, tout comme les ours bruns, en présence de sources de nourriture abondantes, comme des saumons en période de frai, des pommes tombées en nombres ou encore des dépotoirs organiques, ils peuvent se rassembler et former des hiérarchies de dominance, les mâles les plus grands et les plus puissants dominant les zones d'alimentation les plus fertiles[78]. Ils marquent leur territoire en frottant leur corps contre les arbres et en griffant l'écorce. Les domaines vitaux annuels détenus par les ours mâles adultes ont tendance à être très vastes, bien qu'il existe des variabilités ondividuelles. Sur Long Island, au large de la côte de Washington, les domaines mesurent en moyenne 12,95 km2, tandis que sur la péninsule d'Ungava au Canada, les domaines peuvent atteindre en moyenne jusqu'à 1 000 sqmi, certains mâles parcourant parfois jusqu'à 11 264 km2 en période de pénurie alimentaire[25],[78]. Les ours peuvent communiquer au moyen de divers moyens vocaux ou corporels. Les clics de langue et les grognements étouffés sont les sons les plus fréquents et sont émis dans des situations cordiales avec leurs congénères, leurs petits et parfois les humains. Lorsqu'ils sont détendus, ils émettent un bourdonnement sourd ou une sorte de ronronnement. En période de peur ou de nervosité, les ours peuvent gémir, souffler. Les signaux d'avertissement comprennent le claquement de mâchoires et de lèvres. Lors d'interactions agressives, les ours noirs produisent des vocalises gutturales pulsés, qui peuvent ressembler au grondement d’un moteur ou un genre de béguètent d’effroi. Les oursons couinent, crient ou hurlent lorsqu'ils sont anxieux et émettent un bourdonnement lorsqu'ils sont confortables ou tètent[79],[80],[81]. Les ours noirs d'Amérique marquent souvent les arbres à l'aide de leurs dents et de leurs griffes comme forme de communication avec d'autres ours, un comportement commun à de nombreuses espèces d’Ursidés[82].

Hibernation

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Une femelle et ses petits en train d'hiberner.

Les ours noirs d'Amérique n'étaient autrefois pas considérés comme de vrais hibernants « profonds » pendant toute la saison hivernale, mais en raison de découvertes concernant les changements métaboliques qui permettent aux ours noirs de rester endormis pendant des mois sans manger, boire, uriner ni déféquer, la plupart des biologistes ont redéfini l'hibernation des mammifères comme une « réduction saisonnière spécialisée du métabolisme coïncidant avec la rareté de la nourriture et le temps froid ». Les ours noirs d'Amérique sont désormais considérés comme des hibernants efficaces[83],[84]. Les ours rejoignent leurs tanières en octobre et novembre, bien que dans les zones les plus méridionales de leur aire de répartition, à savoir la Floride, le Mexique, ainsi que le sud-est des États-Unis, seules les femelles gestantes et les mères accompagnées de petits de l'année précédente entrent en hibernation[25]. Avant cette période, ils peuvent accumuler jusqu'à 13,6 kg de graisse pour traverser les plusieurs mois de jeûne. L'hibernation dure généralement de 3 à 8 mois, selon le climat régional[85]. Les ours en hibernation passent leur temps dans des tanières creusées dans des cavités d'arbres, sous des souches ou des rochers, dans des talus, des grottes, des grosses canalisations ou de simples dépressions dans le sol. Bien que des abris naturels soient occasionnellement utilisés, la plupart des tanières sont creusées par l’animal lui-même[58]. Pendant leur période d'hibernation, la fréquence cardiaque de l'ours noir d'Amérique chute de 40 à 50 battements par minute à 8 battements par minute, et son taux métabolique peut descendre au quart de son taux métabolique de base, à l'état de veille.Ces réductions du métabolisme et de la fréquence cardiaque ne semblent pas altérer la capacité de l'ours à guérir de ses blessures pendant l'hibernation. Leur rythme circadien reste intact tout au long de la période de dormance. Cela permet à l'ours de percevoir les variations diurnes en fonction de la température ambiante provoquée par la position du soleil dans le ciel. Il a également été démontré que l'exposition à la lumière ambiante et de faibles niveaux de perturbation sont directement corrélés avec leurs niveaux d'activité. Le fait de suivre le défilement des jours permet à l'ours de sortir de l'hibernation au moment opportun de l'année afin d'économiser un maximum d'énergie[86]. L'ours en hibernation ne manifeste pas le même taux d'atrophie musculaire et osseuse que d'autres animaux non hibernants soumis à de longues périodes d'inactivité en raison d'une maladie ou de la vieillesse[87]. Un ours en hibernation ne perd qu'environ la moitié de sa force musculaire par rapport à un humain inactif bien nourri. La masse osseuse de l'ours ne subit aucune modification de sa géométrie ou de sa composition minérale pendant l'hibernation, ce qui implique que la préservation osseuse de l'ours durant cette période est régie par un mécanisme biologique[88]. Pendant l'hibernation, les ours noirs d'Amérique retiennent l'ensemble de leurs déchets excrétoires, ce qui conduit à la formation d'une masse durcie de matière fécale dans le côlon connue sous le nom de fécalome[89]. De la leptine est libérée dans l'organisme de l'ours pour supprimer l'appétit. La rétention des déchets pendant l'hibernation, en particulier des minéraux tels que le calcium, pourrait jouer un rôle dans la résistance de l'ours à l'atrophie[87]. Des recherches en histologie osseuse sur l'ours noir d'Amérique ont démontré que l'intégrité squelettique durant l'hibernation est maintenue grâce à des réponses microstructurales spécifiques à chaque région : les os des membres porteurs de poids conservent une organisation corticale dense tandis que les éléments du squelette axial présentent un remodelage osseux interne accru, ce qui correspond aux contraintes fonctionnelles différentielles subies lors d'une inactivité prolongée[90]. La température corporelle ne chute pas de manière significative, contrairement à d'autres mammifères hibernants, en se maintenant autour de 35 °C, et ils restent relativement vigilants et actifs. Si l'hiver est suffisamment doux, ils peuvent se réveiller et chercher de la nourriture. Les femelles mettent également bas en février et allaitent leurs petits jusqu'à la fonte des neiges[91]. Durant l'hiver, les ours noirs d'Amérique consomment 25 à 40 % de leur poids corporel[92]. Des chercheurs ont découvert que les ours possèdent une résistance adaptative et réversible à l'insuline. Durant leur phase d'engraissement, les ours deviennent hypersensibles à l'insuline, mais en hiver, ils inversent ce mécanisme pour devenir plus résistants à l'insuline, tout en activant des gènes anti-inflammatoires pour préserver leurs reins[93]. Plusieurs des modifications physiologiques présentées par l'ours noir d'Amérique pendant l'hibernation persistent légèrement après celle-ci. Une fois cette période terminée, au moment de la sortie de leurs abris au printemps, les ours conservent un rythme cardiaque et un métabolisme basal réduits. Le taux métabolique d'un ours sortant d'hibernation se maintient à un niveau abaissé pendant une période pouvant aller jusqu'à 21 jours[94]. Après avoir émergé, ils parcourent leur domaine vital pendant deux semaines afin que leur métabolisme s'accoutume à un mode de vie plus actif. Dans les régions montagneuses, ils recherchent les versants exposés au sud à basse altitude pour se nourrir, avant de gagner les pentes orientées au nord et à l'est à plus haute altitude à mesure que l'été progresse. La période à laquelle les ours noirs d'Amérique sortent d'hibernation est variable. Les facteurs influençant ce réveil comprennent la fluctuation des températures, les inondations survenant dans l’abri ou encore la faim. Dans les régions les plus méridionales, ils peuvent se réveiller au cœur de l'hiver. Plus au nord, ils peuvent n'être aperçus qu'en fin de mars, en avril, voire au début de mai. Les ours vivant à plus basse altitude ont tendance à émerger plus tôt. Les mâles adultes sortent généralement les premiers, suivis par les mâles plus jeunes et les femelles, et enfin par les mères accompagnées de leurs petits. Les mères avec des oursons de l'année précédente sont observées émergents avant celles ayant des nouveau-nés[95].

Habitudes alimentaires

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Un ours noir capturant un saumon.
Un ours capturant un saumon kéta mort près de Hyder, en Alaska.
Un ours noir avec un saumon rose.
Un ours avec un saumon rose.
Un ours noir se nourrissant sur un buisson.
Un ours se nourrissant sur un buisson.

De manière générale, les ours noirs d'Amérique ont une activité de quête de nourriture principalement crépusculaire, bien qu'ils puissent s'alimenter activement à tout moment de la journée[78]. Jusqu'à 85 % de leur régime alimentaire est constitué de végétaux[96], ils ont un comportement d’excavation généralement moins marquée que celui les ours bruns, consomment beaucoup moins de racines, de bulbes et de tubercules que ces derniers[56]. Dès leur sortie d'hibernation, ils recherchent de la viande qu’ils peuvent trouver dans les charognes d'animaux tués par l'hiver ou bien des nouveau-nés de diverses espèces d’ongulés. À mesure que les températures se réchauffent, les ours noirs recherchent de nouvelles pousses de nombreuses essences végétales, en particulier de nouvelles herbes, des plantes de zones humides et des phorbes[92]. Les jeunes pousses et les bourgeons d'arbres et d'arbustes cueillis au printemps sont essentiels pour les ours sortant d'hibernation, car ils contribuent à la reconstruction musculaire et au renforcement du squelette, tout en constituant souvent les seuls aliments qu’ils peuvent aisément digérer disponibles à cette période[97]. Pendant l'été, le régime alimentaire se compose en grande partie de fruits, en particulier de baies et de fruits charnus[citation nécessaire]. Durant la période d'hyperphagie automnale, la recherche de nourriture devient une occupation quasi permanente. Les faînes et glands constituent la part la plus importante du régime alimentaire en automne et peuvent même dicter en partie la répartition de l'espèce. Les aliments forestiers riches en graisses sont très prisés : on retrouve notamment les noisettes, les glands de chêne, ainsi que les pignons de pin à écorce blanche. L’ours consomme par centaines chaque jour durant tout l’automne[25],[27]. Durant cette saison, les ours pillent aussi régulièrement les réserves de noisettes des écureuils[92]. Les baies, telles que les myrtilles et les shépherdies, jouent également un rôle extrêmement important[25]. Les ours vivant à proximité d'implantations humaines ou soumis à un afflux considérable d'activités récréatives en viennent souvent à dépendre de nourritures involontairement fournies par l'homme, en particulier pendant la saison estivale. Celles-ci comprennent les déchets, les graines pour oiseaux, les produits agricoles et le miel des ruchers[58]. La majeure partie de la part animale de leur régime alimentaire se compose d'insectes, tels que les abeilles, les guêpes, les fourmis, les coléoptères et leurs larves[92],[98]. Les ours noirs d'Amérique apprécient également le miel[99] et rongent l'écorce des arbres lorsque les ruches sont trop profondément enfoncées dans le tronc pour qu'ils puissent les atteindre avec leurs pattes. Une fois la ruche percée, les ours raclent les rayons de miel avec leurs pattes et les consomment, sans se soucier des piqûres d'abeilles[49]. Les plantigrades vivant dans les régions côtières septentrionales, en particulier sur la côte du Pacifique, pêchent le saumon de nuit, car leur pelage noir est facilement repérable par les poissons en plein jour. D'autres ours, tels que les ours de Kermode au pelage blanc des îles de l'ouest du Canada, affichent un taux de réussite supérieur de 30 % dans la capture des saumons par rapport à leurs congénères à pelage noir[100]. D'autres poissons, incluant des meuniers, des truites et des poissons-chats, sont capturés s’ils en ont l’opportunité. Bien que les ours noirs d'Amérique ne pratiquent pas souvent une prédation active sur de grands animaux pendant la plus grande partie de l'année, l'espèce s'attaque régulièrement aux faons d’odocoilées comme le cerf mulet et le cerf de Virginie au printemps, lorsque l'occasion se présente[101],[102],[103]. Les ours peuvent repérer l'odeur des faons dissimulés de manière totalement fortuite. Lorsque les faons atteignent l'âge de 10 jours, ils peuvent devancer les ours, et leur odeur est dès lors ignorée jusqu'à l'année suivante[104]. Des ours noirs d'Amérique ont également été observés s'attaquant de la même manière à des faons de wapiti dans l'Idaho[105] et à des faons d'orignal en Alaska[106]. La prédation sur les cerfs adultes reste rare, mais elle a été bien documentée[107],[108],[109]. Ils peuvent même chasser des proies atteignant la taille d’oriniales femelles adultes, bien plus grandes qu'eux, en les prenant en embuscadeVoici la traduction de ce modèle sous la forme d'un modèle d'ouvrage en français : [110]. Il existe au moins un cas enregistré d'un ours noir d'Amérique mâle ayant tué deux wapitis mâles en l'espace de six jours en les poursuivant dans de profondes congères qui entravaient leurs déplacements. Au Labrador, les ours noirs d'Amérique ont une alimentation très carnée, se nourrissant en grande partie de caribous, généralement des spécimens jeunes, blessés, âgés, malades ou morts, ainsi que de rongeurs tels que les campagnols. Cette particularité serait due à la pauvreté de la végétation comestible dans cette région subarctique et à l'absence locale de grands carnivores concurrents, notamment d'autres espèces d'ours[58]. À l'instar des ours bruns, les ours noirs d'Amérique s'efforcent de surprendre leurs proies par effet de surprise et ciblent les animaux faibles, blessés, malades ou mourants. Une fois qu'un faon est capturé, il est fréquemment déchiqueté et dévoré vivant[102]. S'ils parviennent à capturer une biche au printemps, l'ours commence fréquemment par boire le lait maternel directement sur sa proie, mais préfère généralement la viande des viscères. Les ours traînent souvent leur proie à l'abri, préférant s'alimenter à l'écart. La peau des grandes animaux est arrachée et retournée, le squelette étant généralement laissé en grande partie intact. Contrairement aux loups gris et aux coyotes, les ours dispersent rarement les restes de leurs massacres. La végétation autour de la carcasse est généralement piétinée, et leurs excréments se trouvent fréquemment à proximité. Les ours peuvent tenter de recouvrir les restes de carcasses plus volumineuses, bien qu'ils ne le fassent pas avec la même fréquence que les pumas et les grizzlis[111]. Ils consommeront volontiers les œufs et les oisillons de divers espèces et pourront facilement accéder à de nombreux nids dans les arbres, même les immenses nids de pygargues à tête blanche[112]. Des ours ont également été signalés volant du gibier des chasseurs.

Cycle de vie

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Reproduction et développement

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Les ourses produisent généralement leur première portée à l'âge de 3 à 5 ans[113], celles vivant dans des zones plus aménagées ayant tendance à tomber enceintes plus jeunes[114]. La période de reproduction se déroule généralement de juin à juillet, bien qu'elle puisse s'étendre jusqu'en août dans la partie nord de l'aire de répartition de l'espèce. La période de reproduction dure de deux à trois mois. Les deux sexes sont promiscueux. Les mâles tentent de s'accoupler avec plusieurs femelles, mais les grands spécimens dominants peuvent revendiquer violemment une femelle si un autre mâle adulte s'approche[27]. L'accouplement peut durer de 20 à 30 minutes[115]. Les ourses ont tendance à se montrer hargneuses envers leurs partenaires après l'accouplement[réf. souhaitée]. Les cellules-œufs fécondées subissent un développement différé et ne s'implantent pas dans l'utérus de la femelle avant novembre. La période de gestation dure 235 jours, et les portées naissent généralement de fin janvier à début février. La taille de la portée varie d'un à six oursons, généralement deux ou trois[116]. À la naissance, les ils pèsent entre 280 et 450 g et mesurent 20,5 cm de long. Ils naissent dotés d'un pelage fin, gris et semblable à du duvet, et leur train arrière est sous-développé. Ils ouvrent généralement les yeux après 28 à 40 jours et commencent à marcher au bout de 5 semaines. Les oursons dépendent du lait de leur mère pendant 30 semaines et atteignent l'indépendance entre 16 et 18 mois. À 6 semaines, ils atteignent 900 g, à 8 semaines ils pèsent 2,5 kg et à 6 mois ils pèsent entre 18 et 27 kg. Ils atteignent la maturité sexuelle à 3 ans et leur taille adulte complète à 5 ans[117].

Longévité et mortalité

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Une femelle accompagnée de ses petits au Parc Omega, au Québec.

L'espérance de vie moyenne dans la nature est de 18 ans, et il est tout à fait possible pour des individus de survivre plus de 23 ans à l’état sauvage[58]. L'âge record enregistré pour un individu vivant dans ces conditions est de 39 ans[118], tandis qu'en captivité, il s'établit à 44 ans[119]. Le taux de survie annuel moyen est variable, allant de 86 % en Floride à 73 % en Virginie et en Caroline du Nord[27]. Dans le Minnesota, 99 % des ours adultes hivernants ont réussi à survivre au cycle d'hibernation au cours d'une étude[27]. Une étude menée sur les ours noirs d'Amérique dans le Nevada a révélé que la mortalité annuelle d'une population d'ours vivant dans des zones sauvages était de 0 %, tandis que dans les zones aménagées de l'État, ce chiffre grimpait à 83 %[25]. La survie chez les jeunes adultes est généralement moins assurée[27]. En Alaska, une étude a montré que seulement 14 à 17 % des jeunes mâles et 30 à 48 % des jeunes femelles survivaient jusqu'à l'âge adulte[27]. À travers toute l'aire de répartition, le nombre estimé d'oursons survivant au-delà de leur première année est de 60 %[25]. À l'exception de rares confrontations avec un ours brun ou une meute de loups gris, les ours noirs adultes ne font généralement pas l'objet d'une prédation naturelle[27]. Des excréments contenant de la fourrure et la carcasse d'une ourse adulte portant des marques de perforations dans le crâne indiquent que les ours noirs peuvent parfois être tués par des jaguars dans les régions méridionales de leur aire de répartition[120]. Dans de telles situations, le grand félin bénéficie de l'avantage s'il prend l'ours en embuscade, le tuant d'une morsure écrasante à l'arrière du crâne[120]. Les oursons sont plus vulnérables à la prédation que les adultes, leurs prédateurs connus incluant les lynx roux, les coyotes, les pumas, les loups gris, les ours bruns et d'autres ours de leur propre espèce[25],[27]. Nombre d'entre eux s'emparent furtivement de petits oursons directement sous la mère endormie. Il existe un cas documenté d'un aigle royal s'emparant d'un ourson d'un an[25]. Une fois sortis de leur hibernation, les mères sont généralement capables de repousser la plupart des prédateurs potentiels[27]. Même les pumas se font chasser par une ourse en colère s'ils sont surpris en train de traquer les petits[121]. L'inondation des tanières après la mise bas peut également tuer occasionnellement des nouveau-nés. Les décès d'ours sont principalement imputables aux activités humaines[25],[27]. Chaque année, des milliers d'ours noirs sont chassés légalement à travers l'Amérique du Nord, et certains sont braconnés ou piégés illégalement sans régulation. Les collisions routières tuent également un grand nombre d'ours noirs chaque année[25],[27].

Relations de prédation interspécifique

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Dans une grande partie de leur aire de répartition, les ours noirs d'Amérique sont des charognards assurés qui peuvent intimider par leur grande taille et leur force considérable, allant jusqu’à et dominer si nécessaire, d'autres prédateurs lors de confrontations pour l'accès aux carcasses. Cependant, lorsqu'ils rencontrent des ours Kodiak ou des grizzlis, les deux sous-espèces de grands ours bruns les dominent. Les ours noirs d'Amérique tendent à échapper à la concurrence avec les ours bruns en montrant une plus grande activité diurne et en vivant dans des zones plus densément boisées. Des interactions violentes, entraînant la mort d'ours noirs, ont été documentées dans le parc national de Yellowstone[122],[123]. Les ours noirs d'Amérique entrent parfois en compétition avec les pumas pour les carcasses. À l'instar des ours bruns, ils dérobent parfois des proies tuées par les félins. Une étude a révélé que les deux espèces d'ours venaient jeter un œil sur 24 % des proies abattues par des pumas dans les parcs nationaux de Yellowstone et de Glacier, s'appropriant 10 % des carcasses[124],[125]. Une autre étude a mis en évidence que les ours noirs d'Amérique s’approchait à 48 % des proies de pumas en été dans le Colorado et 77 % en Californie. En conséquence, les félins consacrent davantage de temps à chasser et moins de temps à s'alimenter sur chaque proie[126],[127]. Les interactions des ours noirs d'Amérique avec les loups gris sont beaucoup plus rares qu'avec les ours bruns, en raison de divergences dans leurs préférences d'habitat. La majorité des rencontres entre ours noirs et loups se produisent dans la partie nord de l'aire de répartition de l'espèce, aucune interaction n'étant enregistrée au Mexique. Bien que l'ours noir d'Amérique soit plus puissant lors de duels, des meutes de loups ont été signalées pour avoir tué des ours noirs à de nombreuses reprises sans pour autant les consommer. Contrairement aux ours bruns, les ours noirs d'Amérique perdent fréquemment face aux loups lors de confrontations sur des carcasses[128]. Les meutes de loups tuent généralement les ours noirs d'Amérique lorsque ces grands animaux sont engagés dans leur cycle d'hibernation[39]. Il existe au moins un cas documenté d'un ours noir d'Amérique tuant un glouton (Gulo gulo) lors d'un différend concernant de la nourriture dans le parc national de Yellowstone[129]. Des cas anecdotiques de prédation par des alligators sur des ours noirs d'Amérique ont été rapportés, bien que de tels événements puissent impliquer des agressions contre des ourson[130]. Au moins un jaguar a été documenté pour avoir attaqué et consommé un ours noir : « El Jefe », le jaguar célèbre pour avoir été le premier de son espèce observé aux États-Unis depuis plus d'un siècle[131].

L’Ours noir et l’Homme

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Dans le folklore, la mythologie et la culture

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Harry Colebourn et Winnipeg, l'ours qui a inspiré le nom de Winnie l'ourson.

Peuples autochtones

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L'ours noir occupe une place importante dans les récits de certains peuples autochtones d'Amérique du Nord. Une légende raconte que l'ours noir d'Amérique a été créé par le Grand Esprit, tandis que le grizzly a été créé par l'Esprit du Mal [132]. Selon la mythologie des Haïdas, des Tlingits et des Tsimshians de la côte Nord-Ouest, les hommes ont appris à respecter les ours après qu'une jeune fille a épousé le fils d'un chef ours noir [133]. Dans la mythologie kwakwaka'wakw, les ours noirs et bruns sont devenus ennemis lorsque l’Ourse grise a tué l’Ourse noire parce qu'elle était paresseuse, ce qui a conduit les enfants de cette dernière à tuer à leur tour ceux de l’Ourse grise [134]. Les Navajos croyaient que le Grand Ours Noir était le chef des ours des quatre directions entourant la maison du Soleil, et ils le priaient pour obtenir sa protection lors de leurs raids [135]. Les Sleeping Bear Dunes, dans le Michigan, doivent leur nom à une légende amérindienne selon laquelle une mère ourse et ses deux oursons ont traversé le lac Michigan à la nage pour fuir un feu de forêt sur la rive du Wisconsin. La mère a atteint le rivage et a attendu ses petits, qui n'ont jamais réussi à traverser : deux îles marquent l'endroit où les petits se sont noyés, tandis que la dune indique l'emplacement où la mère a patienté[136].

Culture anglo-américaine

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Richard Steiff, l’un des créateurs de l'ours en peluche Teddy bear, a conçu ce jouet en 1902 pour la société d'articles en feutre de Margarete Steiff [137]. Les jouets ont été introduits aux États-Unis et ont acquis une immense popularité après qu'un journal a rapporté l'histoire de Theodore Roosevelt refusant d'abattre un petit ours noir attaché à un arbre [138]. Le personnage fictif Winnie l'ourson doit son nom à Winnipeg, un petit ourson femelle qui a vécu au zoo de Londres de 1915 jusqu'à sa mort en 1934 [139]. Un petit ours capturé au printemps 1950 lors de l'incendie de Capitan Gap est devenu le représentant vivant de Smokey Bear, la mascotte du service des forêts des États-Unis [140]. Terrible Ted était un ours édenté et dégriffé contraint de se produire comme catcheur professionnel, dont la « carrière » s'est étendue des années 1950 aux années 1970. Clark's Bears, anciennement connu sous le nom de Clark's Trading Post, est une attraction touristique située à Lincoln, dans le New Hampshire, célèbre pour ses spectacles d'ours dressés organisés depuis 1949 [141]. L'ours noir d'Amérique est la mascotte de l'université du Maine et de l'université Baylor, cette dernière abritant deux ours vivants sur son campus [142].

Attaques sur l’Homme

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Les attaques d'ours ont diminué dans les parcs et les terrains de camping après l'introduction de poubelles résistantes aux ours et d'autres réformes.

Bien qu'un ours adulte soit tout à fait capable de tuer un être humain, les ours noirs d'Amérique évitent généralement d'affronter l'homme [143]. Contrairement aux grizzlis, qui sont devenus redoutés des colons européens, les ours noirs ont rarement été considérés comme trop dangereux, même s'ils vivaient dans des régions où les pionniers s'étaient installés [réf. nécessaire]. Les ours noirs d'Amérique attaquent rarement lorsqu'ils sont confrontés à des humains et se contentent généralement de simulacres de charge, de bruits, de souffle et de coups de patte dans le sol. Le nombre d'attaques contre les humains est plus élevé que celui des ours bruns en Amérique du Nord, mais cela est principalement dû au fait que les ours noirs sont bien plus nombreux que ces derniers. Comparées aux attaques d'ours bruns, les mauvaises rencontres avec les ours noirs mènent rarement à des blessures graves. La plupart des attaques ont tendance à être motivées par la faim plutôt que par la territorialité ; par conséquent, les victimes ont de plus grandes chances de survivre en ripostant plutôt qu'en se soumettant. Contrairement aux femelles d'ours brun, les femelles d'ours noir d'Amérique ne protègent pas autant leurs petits et attaquent rarement les humains à proximité de ceux-ci [56]. Cependant, de telles attaques se produisent parfois [27]. La pire attaque enregistrée s'est produite en mai 1978, lorsqu'un ours a tué trois adolescents qui pêchaient dans le parc provincial Algonquin en Ontario [144]. Une autre attaque exceptionnelle a eu lieu en août 1997 dans le parc provincial des sources thermales de la rivière Liard en Colombie-Britannique, lorsqu'un ours émacié a attaqué une mère et son enfant, tuant la mère ainsi qu'un homme qui était intervenu. L'ours a été abattu alors qu'il mutilait une quatrième victime [145],[146]. La majorité des attaques se produisent dans les parcs nationaux, généralement à proximité des terrains de camping, où les ours se sont habitués à la proximité humaine et à la nourriture [56]. Sur 1 028 incidents envers les humains enregistrés entre 1964 et 1976 dans le parc national des Great Smoky Mountains, 107 ont entraîné des blessures et se sont produits principalement dans les zones touristiques fréquentées où les gens nourrissaient régulièrement les ours[144]. Dans presque tous les cas où les décharges à ciel ouverts attirant les ours ont été fermés et où le nourrissage a cessé, le nombre de cas a chuté [27]. Cependant, dans le cas des sources thermales de la rivière Liard, l'ours dépendait apparemment d'une décharge locale qui avait fermé, ce qui l'avait conduit à mourir de faim[145]. Les tentatives de relocalisation des ours sont généralement infructueuses, car les ours semblent capables de retrouver leur territoire d'origine, même sans repères paysagers familiers[27].

Attaques sur le bétail et les cultures

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Une limitation des sources de nourriture au début du printemps ainsi que les mauvaises récoltes de baies sauvages et de noix en été peuvent amener les ours à se nourrir régulièrement de denrées d'origine humaine. Ces ours consomment souvent des cultures, en particulier durant l'hyperphagie automnale lorsque la nourriture se fait rare ; les cultures privilégiées comprennent des pommes, del'avoine et du maïs. L'ours peut causer des dégâts considérables dans le nord-ouest des États-Unis en écorchant les arbres pour se nourrir du cambium. Les actes de prédation sur le bétail se produisent principalement au printemps. Bien qu'ils chassent occasionnellement des bovins et des chevaux adultes, ils semblent préférer les proies plus petites telles que les moutons, les chèvres, les porcs et les jeunes veaux. Ils tuent généralement en mordant le cou et les épaules, bien qu'ils puissent briser la nuque ou le dos leurs proies à coups de patte. Les indices d'une attaque d'ours incluent des marques de griffes souvent repérées sur la gorge, la colonne vertébrale et les épaules des grands animaux. Le surplus killing de moutons et de chèvres est fréquente. L'ours noir d'Amérique est connu pour effrayer des troupeaux au point de les faire chuter de falaises, bien que l'intentionnalité de cet acte ne soit pas prouvée. De temps à autre, les ours tuent des animaux domestiques, en particulier les chiens, qui sont les plus enclins à harceler un ours. Il est déconseillé d'utiliser des chiens non tenus en laisse pour dissuader les attaques d'ours : si de grands chiens agressifs peuvent parfois faire fuir un animal, des ours irrités finissent souvent par faire demi-tour pour les pourchasser en retour, menaçant à la fois la vie des canidés et celle des humains.

La chasse à l'ours noir d'Amérique est pratiquée depuis le premier peuplement des Amériques. La première preuve tangible provient d'un site de la culture Clovis au ranch Lehner en Arizona. Des dents partiellement calcinées d'un ourson noir âgé de trois mois ont été trouvées dans une fosse de rachat (ou de cuisson), ce qui suggère que l'ourson a été consommé. Le charbon de bois environnant a été daté du début de l'Holocène il y a 10 940 ans. Des restes d'ours noirs semblent également associés aux premiers peuplements de Tlapacoya au Mexique. Les Amérindiens ont de plus en plus exploité l'ours noir au cours de l'Holocène, en particulier dans le Haut-Midwest, notamment au sein des cultures Hopewell et du Mississippi [147]. Certaines tribus amérindiennes, admirant l'intelligence de l'ours noir d'Amérique, décoraient la tête des ours qu'elles abattaient avec des babioles et la déposaient sur des couvertures. Le chasseur qui avait porté le coup mortel insufflait de la fumée de tabac dans les narines de la tête coupée de l’ours tout en félicitant l'animal pour son courage[49]. Les Kutchins chassaient généralement l'ours noir d'Amérique pendant leur période d'hibernation. Contrairement à la chasse aux grizzlys en, qui pouvait s’avérer dangereuses, les ours noirs en hibernation mettaient plus de temps à se réveiller, ce qui rendait leur chasse plus aisée et plus sûre[148]. Durant la colonisation européenne de l'Est de l'Amérique du Nord, des milliers d'ours furent chassés pour leur viande, leur graisse et leur fourrure[7]. Theodore Roosevelt a longuement écrit sur la chasse à l'ours noir dans son ouvrage Hunting the Grisly and other sketches, dans lequel il déclarait :

« in [a black bear] chase there is much excitement, and occasionally a slight spice of danger, just enough to render it attractive; so it has always been eagerly followed. »

 Theodore Roosevelt, Hunting the Grisly and Other Sketches (2007), p. 33[110]

« dans la chasse [à l’ours noir], il y a beaucoup d'excitation et parfois un léger soupçon de danger, juste assez pour la rendre attrayante ; c'est pourquoi elle a toujours été suivie avec avidité. »

 p. 33[110]

Il a écrit qu'il était difficile de chasser les ours noirs à l’affût en raison de leurs préférences en matière d'habitat, bien qu'ils fussent faciles à piéger. Roosevelt a décrit comment, dans les États du Sud, les propriétaires de plantations chassaient régulièrement l'ours à cheval avec des chiens courants. Le général Wade Hampton était connu pour avoir assisté à 500 chasses à l'ours réussies, dont les deux tiers de ses propres prises. Il a tué 30 ou 40 ours avec un simple couteau, qu'il utilisait pour poignarder les animaux entre les omoplates pendant qu'ils étaient distraits par ses chiens [110]. À moins d'être bien dressés, les chevaux s'avéraient souvent inutiles lors de ces chasses, car ils prenaient la fuite lorsque les ours tenaient tête [49]. En 1799, 192 000 peaux d'ours noir d'Amérique ont été exportées depuis Québec. En 1822, 3 000 peaux ont été exportées par la Compagnie de la Baie d'Hudson [149]. En 1992, des peaux non tannées, désincarnées et salées se vendaient pour une moyenne de 165 dollars [150]. Au Canada, l'ours noir est considéré à la fois comme un gibier et une espèce à fourrure dans toutes les provinces, à l'exception du Nouveau-Brunswick et des Territoires du Nord-Ouest, où il est classé uniquement comme gibier. On dénombre environ 80 900 chasseurs d'ours titulaires d'un permis au Canada. La chasse à l'ours noir au Canada a lieu en automne et au printemps, et les ours mâles comme femelles peuvent être prélevés légalement, bien que certaines provinces interdisent la chasse des femelles accompagnées de leurs petits ou de jeunes de l'année [60]. Actuellement, 28 États américains disposent d'une saison de chasse à l'ours noir d'Amérique. Dix-neuf États exigent un permis de chasse à l'ours, certains exigeant également un permis de grand gibier. Dans huit États, seul un permis de grand gibier est nécessaire. Au total, plus de 481 500 permis de chasse à l'ours noir d'Amérique sont vendus chaque année. Les méthodes et les saisons de chasse varient considérablement selon les États, certaines saisons se déroulant uniquement en automne, au printemps et en automne, ou toute l'année. En novembre 2010, le New Jersey a approuvé une saison de chasse à l'ours de six jours au début du mois de décembre 2010 afin de freiner la croissance de la population. La chasse à l'ours y était interdite depuis cinq ans [151]. Un sondage du PublicMind de l'université Fairleigh Dickinson a révélé que 53 % des électeurs du New Jersey approuvaient cette nouvelle saison si les scientifiques concluaient que les ours quittaient leurs habitats habituels et détruisaient des propriétés privées [152]. Les hommes, les électeurs plus âgés et ceux vivant en zone rurale étaient plus susceptibles d'approuver une saison de chasse à l'ours que les femmes, les électeurs plus jeunes et ceux des régions plus urbanisées [152]. Dans les États de l'Ouest, où les populations d'ours noirs sont importantes, il existe des saisons de chasse au printemps et toute l'année. Environ 18 000 ours noirs ont été tués chaque année aux États-Unis entre 1988 et 1992. Durant cette période, les abattages annuels sont allés de six ours en Caroline du Sud à 2 232 dans le Maine [60]. Selon Dwight Schuh dans son encyclopédie Bowhunter's Encyclopedia, l'ours noir d'Amérique est le troisième gibier le plus recherché par les chasseurs à l'arc, après le cerf et le wapiti [153].

La viande d'ours a historiquement joui d'une grande estime parmi les peuples autochtones d'Amérique du Nord et les colons [49]. L'ours noir d'Amérique était la seule espèce d'ours que les Kutchins chassaient pour leur viande, bien que cela ne constituât qu'une petite partie de leur alimentation [148]. Selon le deuxième volume de l'ouvrage de Frank Forester's Field Sports of the United States, and British Provinces, of North America :

« The flesh of the [black] bear is savoury, but rather luscious, and tastes not unlike pork. It was once so common an article of food in New-York as to have given the name of Bear Market to one of the principal markets of the city. »

 Frank Forester, Frank Forester's Field Sports of the United States, and British Provinces, of North America, p. 186

« La chair de l'ours [noir] est savoureuse, mais plutôt succulente, et a un goût qui n'est pas sans rappeler celui du porc. C'était autrefois un produit alimentaire si courant à New York qu'il a donné le nom de Bear Market à l'un des principaux marchés de la ville. »

 p. 186

Theodore Roosevelt comparait la chair des jeunes ours noirs à celle du porc, jugeant qu'elle n'était ni aussi grossière ni aussi insipide que la viande de grizzly [154]. Les morceaux les plus prisés se trouvent dans les pattes et la longe. La viande du cou, des pattes avant et des épaules est généralement hachée ou utilisée pour des ragoûts et des braisés. Conserver le gras a tendance à donner à la viande un goût prononcé. Comme les ours noirs peuvent être atteints de trichinose, les températures de cuisson doivent être élevées afin de détruire les parasites [155]. La graisse d'ours était autrefois appréciée comme produit cosmétique favorisant la pousse et la brillance des cheveux. La graisse la plus recherchée à cet effet était la graisse blanche dure située à l'intérieur du corps. Une telle quantité étant difficile à récolter seule, l'huile était souvent mélangée à de grandes quantités de saindoux [49]. Cependant, l'activisme pour les droits des animaux de la dernière décennie a ralenti la chasse de l’espèce ; par conséquent, la graisse d'ours n'a plus été utilisée ces dernières années à des fins cosmétiques.

Notes et références

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Références

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Bibliographie

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Document original

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