Ours noir cannelle

sous-espèce de mammifère
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Ursus americanus cinnamomum

Ursus americanus cinnamomum
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Ours noir cannelle en Captivité.
Classification ITIS
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Genre Ursus
Espèce Ursus americanus

Sous-espèce

Ursus americanus cinnamomum
Audubon, 1854

Synonymes

L’Ours noir cannelle (Ursus americanus cinnamomeus) est une sous-espèce de l’Ours noir d'Amérique (Ursus americanus), un mammifère carnivore de la famille des Ursidés.

Il se distingue principalement par son pelage brun à roux évoquant la cannelle. Présent dans les régions boisées entourant la chaîne des montagnes Rocheuses, depuis l'ouest du Canada jusqu'au sud-ouest des États-Unis, cet ours omnivore, excellent grimpeur et nageur, hiberne durant la saison hivernale. Bien qu'historiquement décrit comme une sous-espèce distincte, il est aujourd'hui principalement reconnu par la génétique comme une variation allologique récessive de coloration au sein des populations d'ours noirs.

Dénominations

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Taxonomie

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Illustration d’Ursus americanus var. cinnamomum par Audubon, entre 1847 et 1848.

L'Ours noir cannelle a été décrit scientifiquement en 1854 par le naturaliste et peintre américain John James Audubon et le pasteur naturaliste John Bachman sous le nom trinaturel d'Ursus americanus var. cinnamomum[5]. Bien que déjà connu des trappeurs et du commerce des fourrures sous le nom vernaculaire anglais de « Cinnamon Bear », il n'avait pas encore reçu de statut formel au sein de la zoologie descriptive[5]. Les auteurs précisent ne pas avoir cherché à l'élever au rang d'espèce distincte, mais à documenter une variété constante et singulière fréquemment rapportée dans les collections de pelleteries du Nord-Ouest américain[6]. Leurs illustrations ont notamment été exécutées d'après des individus vivants captifs présentés dans les ménageries de la Société zoologique de Londres[6].

Dans leur diagnose, Audubon et Bachman indiquent que cet ours partage la taille et la morphologie générale de l'Ours noir (Ursus americanus), mais s'en distingue par une fourrure plus douce, plus dense, et un sous-poil plus fin et plus long[5]. Le pelage supérieur arbore une teinte brun cannelle foncé uniforme, tandis que le museau ainsi qu'une frange de poils retombant sur les griffes adoptent une coloration jaune ocre[5].

Concernant sa répartition géographique et son histoire naturelle, les naturalistes le décrivent comme un animal septentrional, disséminé dans les contrées à fourrures situées à l'ouest et au nord du Missouri, approchant la chaîne des montagnes Rocheuses et s'étendant vers les terres arides du Nord-Ouest[6]. Bien qu'ils manquent de données comportementales spécifiques sur le terrain, ils supposent que ses mœurs diffèrent peu de celles de l'ours noir typique[6].

Initialement décrit comme une simple variété morphologique permanente, le taxon a été formellement élevé au rang de sous-espèce (Ursus americanus cinnamomum) au cours des révisions mammalogiques nord-américaines de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notamment par Clinton Hart Merriam en 1896[7]. La validité de cette sous-espèce a toutefois été remise en cause par les études génétiques modernes, qui démontrent que le morphe cannelle correspond à une simple variation allolique récessive du gène récepteur de la mélanocortine 1 (MC1R), présente à des fréquences variables chez plusieurs populations de l'Ouest américain plutôt qu'à une entité évolutivement isolée[8].

Description

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L'Ours noir cannelle présente une conformation générale et des dimensions proches de celles de l'Ours noir commun[5]. Il s'en différencie nettement par la coloration brun-roux à brun rougeâtre de sa robe, qui rappelle l'écorce de cannelle et lui donne son nom vernaculaire[9]. Contrairement aux populations côtières d'ours noirs, il ne possède pas de front proéminent ou surélevé[9]. Sa fourrure est réputée plus soyeuse et dense, dotée d'un sous-poil plus fin et plus allongé[5].

Le pelage se caractérise principalement par une teinte brun cannelle foncé sur la partie supérieure du corps[5]. Le museau présente une couleur jaune ocre, et une tache angulaire jaune similaire surmonte chaque œil[5]. Le bord des oreilles et une fine bande de poils recouvrant les griffes aux quatre pattes sont également teintés de jaune ocre[5]. Une ligne jaune brunâtre descend de l'épaule le long du membre antérieur, tandis que les flancs et les hanches tirent sur le jaune sombre[5].

Un adulte mesure entre 125 et 205 cm de long pour un poids oscillant habituellement entre 90 et 270 kg, les mâles étant sensiblement plus imposants que les femelles[9]. D'après les mesures prises par Audubon et Bachman sur le spécimen type, la longueur totale séparant l'extrémité du museau de la base de la queue atteignait 173 cm (5 pieds et 8 pouces), pour une hauteur au garrot de 94 cm (3 pieds et 1 pouce) et une queue mesurant 3,8 cm (1 pouce et demi)[5].

Répartition et habitat

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L'Ours noir cannelle est principalement établi au sein et autour des montagnes Rocheuses[9].

Au Canada, il fréquente la majeure partie de la Colombie-Britannique (à l'est de la chaîne Côtière, notamment dans les parcs nationaux de Banff et de Jasper) ainsi que l'ouest de l'Alberta[9]. Aux États-Unis, sa présence est documentée dans l'est du Colorado, au Nouveau-Mexique, dans l'Idaho, l'ouest du Montana, l'est de l'Oregon, le nord-est de l'Utah, l'est de l'État de Washington et l'ouest du Wyoming[9]. De petites populations isolées occupent également les piémonts et les massifs montagneux du nord-est de la Californie, généralement au-delà de 900 m (3 000 pieds) d'altitude[9].

Il habite à la fois les zones de basse altitude et les étages montagnards, colonisant principalement des environnements boisés et forestiers[9].

Comportement et écologie

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Un ours cannelle escaladant un arbre.

Alimentation et activité

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À l'instar des autres populations d'Ours noir d'Amérique, l'Ours noir cannelle est un animal omnivore dont le régime reste en grande majorité végétarien[9]. Il consomme une large variété de baies, fruits, plantes herbacées, glands et graines à coque, mais se nourrit également de miel, d'insectes, de petits rongeurs, de poissons et de charognes, en fonction des disponibilités saisonnières de son habitat[9].

Très agile, il fait preuve d'aptitudes remarquables pour grimper aux arbres et nager[9]. Il concentre l'essentiel de son activité autour de l'aube et du crépuscule (rythme crépusculaire), bien qu'il puisse être ponctuellement actif en plein jour[9]. Audubon et Bachman relevaient par ailleurs une grande nervosité chez les individus maintenus captifs à la Société zoologique de Londres[6].

Hivernation et cycle de vie

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L'animal entre en hivernation entre la fin octobre ou novembre et émerge généralement au cours des mois de mars ou avril, selon la rigueur des conditions climatiques régionales[9].

La femelle atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 4 ou 5 ans[9]. Les accouplements se déroulent principalement de juin à la mi-juillet[9]. La mise bas a lieu au cœur de la tanière d'hiver vers la fin janvier ou en février, donnant généralement naissance à une portée de deux ou trois oursons[9]. Les jeunes demeurent auprès de leur mère pendant environ 17 mois, période durant laquelle la femelle n'entame aucun nouveau cycle de reproduction[9].

Sa longévité peut atteindre 30 ans en milieu naturel[9].

Menaces et statut de conservation

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Bien que les données quantitatives et démographiques restent fragmentaires, l'Ours noir cannelle n'est pas considéré comme globalement menacé[9].

Il fait toutefois face à plusieurs pressions anthropiques locales, notamment le braconnage visant l'approvisionnement des marchés asiatiques en vésicules biliaires et en pattes utilisées dans les médecines traditionnelles, la chasse réglementée, ainsi que les collisions routières et ferroviaires le long des axes de transport traversant son aire de répartition[9].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  3. Catalogue of Life Checklist, consulté le .
  4. (en) Rudolph Martin Anderson, Catalogue of Canadian Recent Mammals, Ottawa, Edmond Cloutier, King's Printer (no 102), , 238 p. (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Audubon et Bachman 1854, p. 125
  6. 1 2 3 4 5 Audubon et Bachman 1854, p. 127
  7. (en) C. Hart Merriam, « Preliminary Synopsis of the American Bears », Proceedings of the Biological Society of Washington, vol. 10, , p. 65-83 (lire en ligne)
  8. (en) Emily E. Puckett et et al., « Genetic architecture and evolution of color variation in American black bears », Current Biology, vol. 33, no 1, , p. 86–97 (DOI 10.1016/j.cub.2022.11.042)
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 (en) « Cinnamon bear », sur Bear Conservation, (consulté le )

Bibliographie

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Document original

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Voir aussi

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Liens externes

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