PLX (explosif)
Le PLX, acronyme de Picatinny Liquid Explosive, est un explosif liquide binaire. Sa formulation repose sur une proportion de 95 % de nitrométhane (NM) et de 5 % d’éthylènediamine (EDA), cette dernière remplissant une fonction de sensibilisateur. Divers composés aminés peuvent se substituer à l’éthylènediamine, notamment la triéthylènetétramine, la diéthylènetriamine ou encore l’éthanolamine ; toutefois, l’EDA présente les propriétés sensibilisatrices les plus efficientes au sein de cette catégorie d’additifs. Le PLX se caractérise par une puissance détonante relativement élevée, son potentiel de destruction excédant légèrement celui du TNT.
Propriétés
modifierLe PLX, après homogénéisation, se présente sous la forme d’un liquide limpide à la teinte jaune orangé. L’éthylènediamine, caractérisée par une forte volatilité, impose des conditions de conservation reposant sur un confinement parfaitement étanche. Pour des motifs de sûreté, les constituants sont ordinairement acheminés séparément puis amalgamés in situ. La vitesse de détonation du PLX oscille entre 6 000 et 7 000 m/s selon le calibre de la charge. Malgré l’importante sensibilisation conférée par l’adjonction d’éthylènediamine, le composé requiert encore une amorce de forte puissance ou une charge-relais de faible dimension afin de provoquer une détonation effective.
Utilisations et découverte
modifierLe PLX est mis au point durant la Seconde Guerre mondiale par l’arsenal de Picatinny Arsenal, dans l’État du New Jersey. Ce composé explosif est alors destiné aux opérations de déminage : il peut être disséminé par voie aérienne au-dessus du secteur visé, ou projeté à distance de sûreté avant d’être amorcé par les unités terrestres.
L'adjonction de composés tels que la nitrocellulose, l'éthylèneglycol dinitrate (ETN) ou divers esters nitrés permet la gélification de cet explosif, facilitant ainsi l'incorporation en suspension de poudres métalliques, notamment d'aluminium ou de magnésium. Ces charges métalliques agissent à titre de comburant additionnel, accroissant l'enthalpie et l'énergie thermique libérées, tout en modérant simultanément la célérité de détonation ainsi que la brisance du matériau. Il en découle une onde de choc dotée d'une plus grande rémanence, générant un effet de souffle prolongé, caractéristique recherchée dans les dispositifs à caractère thermobarique. Selon les observations rapportées par Trzciński, une composition binaire constituée de nitrométhane gélifié par du polyméthacrylate de méthyle (PMMA), associée à un alliage d'aluminium et de magnésium (AlMg) dans une granulométrie moyenne de 63 micromètres, présente, pour une masse de 200 grammes, un indice de surpression maximale de 120. Lors d'une détonation en champ libre, à une distance de deux mètres, la pression de crête atteint 1,65 kPa, valeur équivalente en puissance et en impulsion à 1,62 à 1,65 fois la charge équivalente en trinitrotoluène (TNT)[1]. À titre comparatif, le seuil de 104 kPa correspond au niveau de pression engendrant la perforation tympanique chez 50 % des sujets exposés[1]. Cette valeur demeure, toutefois, de trois à cinq fois inférieure à la létalité médiane provoquée par des lésions pulmonaires, conformément aux modèles mathématiques de Bass et Bowen appliqués à un individu en station debout[2].
Le PLX figure parmi les composés explosifs envisagés dans l’hypothèse d’attentats terroristes de grande ampleur, dans la mesure où la majorité des structures à ossature d’acier ne supporte pas la déflagration d’une charge comprise entre 10 et 30 t. Le nitrométhane, désigné sous l’appellation PLX, présente en outre une sensibilité particulière au contact immédiat de l’acier non revêtu, circonstance susceptible d’entraîner une explosion dès de faibles quantités de matière. Aux États-Unis, cette substance demeure accessible à la vente auprès du public, tandis que sa commercialisation est proscrite au sein de l’Union européenne depuis septembre 2014[3].
Il correspond à l’explosif présumé mis en œuvre dans le film Une journée en enfer. Néanmoins, l’œuvre cinématographique amplifie de manière notable la sensibilité détonante attribuée à ce composé explosif.
Le PLX figure parmi les composés explosifs employés dans la destruction du vol 858 de la Korean Air, conjointement avec le C-4.
Références
modifier- 1 2 Cho, Gao, Xia et Wang, « Mechanisms of Hearing Loss after Blast Injury to the Ear », PLOS ONE, vol. 8, no 7, (PMID 23840874, PMCID 3698122, DOI 10.1371/journal.pone.0067618, Bibcode 2013PLoSO...867618C)
- ↑ « Archived copy » [archive du ] (consulté le )
- ↑ « Archived copy » [archive du ] (consulté le )