Prion colombe

espèce d'oiseaux
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Pachyptila turtur

Pachyptila turtur
Description de cette image, également commentée ci-après
Prion colombe
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Procellariiformes
Famille Procellariidae
Genre Pachyptila

Espèce

Pachyptila turtur
(Kuhl, 1820)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Prion colombe (Pachyptila turtur), aussi appelé Petit Prion ou Prion cendré, est une espèce d'oiseaux de la famille des Procellariidae. C'est un oiseau de mer vivant dans la région subantarctique, entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie, dans l'océan Indien et autour des Malouines.

Le Prion colombe est un petit oiseau de mer, avec un plumage gris-bleu pâle au-dessus et blanc en-dessous. Sur le dos, il porte une marque noire en forme de M bien visible. Il est assez difficile à distinguer d'autres espèces de Prions, surtout du Prion à bec épais.

Son bec est garni de fines lamelles sur les côtés qui lui permettent de filtrer l'eau de mer pour se nourrir de krill, sa principale proie. Il mange aussi d'autres petits crustacés et occasionnellement du poisson et des calmars.

Les couples sont monogames et restent unis longtemps. Ils sont fidèles à leur site de reproduction, où ils retournent d'année en année. La période de reproduction commence par l'entretien du nid, situé dans une crevasse de falaise ou dans un terrier au sol, que les oiseaux creusent avec leur bec et leur pattes. Le couple produit un seul œuf et les deux parents participent à l'incubation et au nourrissage du poussin. Une fois la période de reproduction passée, les Prions colombe se dispersent à des latitudes plus hautes.

C'est une espèce nombreuse, avec une aire de distribution vaste, sans menace majeure connue. Elle est considérée comme une espèce de préoccupation mineure.

Description

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Dimensions et plumage

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Le Prion colombe est un petit oiseau de mer mesurant 23 à 28 cm de long et 56 à 60 cm d'envergure. Il pèse entre 110 et 150 g[1]. Son aile pliée mesure en moyenne 17 ou 18 cm, ses tarses cm et sa queue 8 à 9 cm[2]. C'est la plus petite espèce du genre Pachyptila[3].

Au-dessus, son plumage est gris-bleu pâle. Il porte une marque noire sur le dos, qui part de la pointe des ailes et rejoint le croupion en formant un M caractéristique qu'on retrouve chez d'autres espèces de Prions[4],[2]. Les scapulaires (plumes de l'épaule) ont des petites pointes blanches et les rémiges sont un peu plus pâles que le dos. La queue porte une bande noire assez large et bien visible[4].

La couleur bleutée du dos couvre la nuque, le sommet de la tête et le front, et s'étend sur les côtés de la poitrine[4]. L'iris est brun foncé. Une tâche couleur cendre est présente au-dessus et à l'arrière de l’œil, les lores sont pâles et légèrement mouchetés de bleu. Le sourcil est blanc, peu défini[4]. Son bec, d'un peu plus de cm de long, est plutôt court et épais, bleu pâle excepté les narines noires, et a une forme de bulbe au bout[4],[2],[5].

Le dessous du corps est globalement blanc, sauf les côtés de la poitrine et les flancs bleutés. Les pattes sont bleues aussi, sauf les palmures, jaune pâle ou rose[4].

Les juvéniles sont semblables aux adultes et il n'y a pas de dimorphisme sexuel[5],[4]. La mue a lieu durant la migration post-nuptiale[6]. Elle commence par le corps puis se poursuit par les rémiges primaires et les rectrices. La mue des rémiges, nécessaires au vol, a lieu quand les oiseaux sont au point le plus éloigné de leur migration. Ils passent alors beaucoup de temps sur l'eau, sans voler[6]. Le nouveau plumage complet est acquis en général entre juin et juillet[7].

Vocalisations

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Le Prion colombe émet plusieurs types de sons. Le principal est un appel rauque, plus court chez les mâles que chez les femelles, qui peut être émis en vol ou depuis les terriers, lors de la parade nuptiale, de dérangements et à l'approche d'un intrus. Chez les mâles, il s'agit d'une répétition rapide de trois syllabes durant un peu plus d'un seconde, tandis que les femelles émettent deux syllabes, l'une longue et l'autre courte[8]. Les mâles émettent parfois un bruit de cliquetis rapide lors de la parade nuptiale et pendant la copulation. Le cri de détresse est un pihihihi... très rapide et aigu, souvent émis par les adultes lorsqu'ils sont manipulés et par les poussins[8]. Les petits émettent des appels rauques similaires à ceux des adultes dès leurs premiers jours et leur voix devient plus grave au cours de la croissance[8].

Espèces ressemblantes

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Le Prion colombe a un plumage similaire à la plupart des autres Prions, avec un motif de M noir sur le dos, mais il n'a pas de marque noire à l'arrière de l’œil comme d'autres espèces[2],[5]. Il est très semblable au Prion à bec épais (Pachyptila crassirostris). Ces deux espèces sont très difficiles voire impossibles à distinguer en mer et certains auteurs les considèrent comme une superespèce. Le Prion à bec épais est un peu plus pâle, avec un bec plus imposant, et ses cris sont différents[5],[4],[9].

Le Prion colombe ressemble aussi au Prion de Belcher (Pachyptila belcheri), qui a un sourcil beaucoup plus contrasté et un M noir moins distinct. Le Prion de Salvin (Pachyptila salvini), le Prion de Forster (Pachyptila vittata) et le Prion de la Désolation (Pachyptila desolata) ont une tête plus grosse et plus sombre, un front plat, un bec plus long et un M noir moins distinct. Enfin le Pétrel bleu (Halobaena caerulea) se reconnaît à la pointe blanche au bout de sa queue[4].

Répartition et habitat

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Carte de répartition.
Aire de répartition du Prion colombe.

Le Prion colombe est un oiseau marin vivant autour de l'Antarctique, dans trois régions distinctes : autour de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie, dans les îles de l'océan Indien, et entre l'est de la Patagonie et les Malouines[10],[5].

Période de reproduction

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Il se reproduit dans les îles subantarctiques et subtropicales, principalement dans le détroit de Bass, en Tasmanie et sur l'île Macquarie. On trouve également des colonies sur les îles Crozet, dans l'océan Indien, ainsi que sur l'île Bird, au large de l'Amérique du Sud[10]. Durant la période de reproduction, le Prion colombe est particulièrement répandu dans le Grand système d'upwelling côtier du sud de l'Australie (en), où il trouve des proies en abondance. Il se nourrit surtout à la limite du plateau continental, entre 200 et 300 km de sa colonie, mais également dans les eaux pélagiques entre 500 et 900 km de sa colonie[11].

Certaines colonies de Prions colombe peuvent compter des millions d'individus, qui apportent des bénéfices écologiques à leur environnement en creusant des terriers, en récoltant des végétaux pour leurs nids et en apportant des nutriments au sol par leurs déjections et la décomposition de leurs plumes ou des coquilles d’œufs[1]. Ils transforment la structure des paysage et de la végétation et peuvent accroître la présence de certaines espèces d'invertébrés et de reptiles[1].

Période d'hivernage

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Photographie d'un oiseau posé sur l'eau.
Après la reproduction, les Prions colombe effectuent une courte migration et se posent en mer pour muer.

Hors période de reproduction, les Prions colombe se dispersent généralement à des latitudes plus hautes[10],[5]. Un suivi par balises GPS mené entre 2017 et 2022 a permis de mettre en évidence une migration post-nuptiale ayant lieu durant les trois à cinq premiers mois après l'envol des jeunes[11]. Les individus rejoignent les eaux subtropicales entre 1 500 et 3 000 km de leur colonie. Ils effectuent un rapide voyage aller, restent relativement immobiles durant deux ou trois mois qui correspondent à la mue de leurs ailes, puis retournent rapidement au site de reproduction[6]. La migration n'a pas lieu au même moment pour tous les individus : les couples ayant échoué leur reproduction partent plus tôt et reviennent parfois au moment où les autres couples partent[6].

Leur principale aire d'hivernage se situe dans plusieurs régions au sud et à l'est de l'Australie (Victoria, Nouvelle-Galles du Sud, Tasmanie, plus rarement dans le Queensland) et en Nouvelle-Zélande, surtout à l'ouest de l'Île du Nord[10],[5]. Ils sont également présents dans l'océan Indien et quelques individus hivernent en Afrique du Sud, en Namibie et en Amérique du Sud[10].

Écologie et comportement

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Alimentation

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Photographie d'un oiseau posé sur l'eau, ailes déployées, avec le bec ouvert pour attraper un objet flottant à la surface.
Le Prion colombe peut se nourrir en surface ou plonger à quelques mètres de profondeur.
Photographie d'un oiseau en train de se poser sur l'eau.
Ses pattes palmées lui permettent de se poser et nager.

Le Prion colombe se nourrit en majorité de crustacés, plus précisément de krill (genres Nyctiphanes et Euphausia), de copépodes, d'amphipodes ainsi que de quelques poissons et calmars[12],[5]. De fines lamelles sur les côtés de son bec lui permettent d'évacuer l'eau tout en gardant ses proies[12].

Il se nourrit en chassant soit en surface (il s'aide de ses pattes palmées pour nager) soit en plongeant, jusqu'à m de profondeur[12],[5], le plus souvent pendant la nuit ou à l'aube en période de reproduction et en journée le reste du temps[12],[11]. Des groupes se rassemblent parfois autour de bateaux de pêche, avec d'autres espèces de Prions et de Pétrels[5].

Comportement

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En période de reproduction et lorsqu'ils se nourrissent, les Prions colombe sont grégaires et s'assemblent en groupes ou en colonies, qui peuvent compter de quelques couples à plusieurs dizaines de milliers d'individus, selon l'espace disponible. Hors de ces périodes, ils sont plus dispersés, voire solitaires[12].

En période de nourrissage du poussin, les Prions colombe alternent des trajets en mer courts, de 1 à 2 jours, ou plus longs, de 3 à 5 jours. Cette stratégie de recherche de nourriture est présente chez la majorité des espèces de Procellariiformes[11]. Ils sortent surtout à l'aube, ce qui est courant chez les petits Pétrels nichant dans des terriers, probablement pour éviter les prédateurs[11].

Philopatrie

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Le Prion colombe montre une forte philopatrie, c'est-à-dire un attachement à son lieu de naissance, où il revient généralement quand il atteint l'âge de se reproduire[13]. Cette philopatrie a d'abord été mise en évidence par des études de l'ADN mitochondrial, qui ne se transmet que par la mère et permet de mettre en évidence des lignées distinctes[14].

Cette philopatrie est aussi observée grâce au baguage. Entre 2002 et 2004, 240 poussins ont été bagués et déplacés par des scientifiques néo-zélandais de l'île Stephens à l'île Mana, à 80 km de là, dans le but qu'une nouvelle colonie se forme. Mais une fois leur maturité sexuelle atteinte, la majorité d'entre eux est retournée instinctivement sur leur île d'origine, ce qui laisse penser que leur capacité à reconnaître leur lieu de naissance se développe très tôt par différents sens, notamment l'odorat, la vue et l'ouïe[15],[16].

Reproduction

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Voir une vidéo de Prions colombe vocalisant dans leur terrier : Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, « Fairy prions courting on the Snares Islands », sur YouTube, .

Photographie d'un oiseau dans un terrier, à côté d'un oeuf.
Le Prion colombe confectionne son nid dans un terrier.

La période de reproduction du Prion colombe s'étend globalement de juin à janvier ou d'août à février, un mois plus tôt au nord de l'aire de répartition qu'au sud[7]. Il niche en colonies, dans des terriers situés dans des crevasses de falaises ou des grottes. Les terriers sont souvent proches les uns des autres et peuvent partager une même entrée[12]. C'est une espèce monogame. Les couples durent longtemps et reviennent généralement au même terrier d'année en année[12]. Au moment de la maturité sexuelle, qui est atteinte environ à 4 ans, les femelles cherchent un peu plus fréquemment leur partenaire à l'extérieur de leur colonie de naissance alors que les mâles cherchent plutôt à proximité directe de leur terrier, ce qui est assez courant chez les Procellariiformes[17],[5].

Retour à la colonie et confection du nid

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Les Prions colombe reviennent dans leur colonie entre le mois de juin (sur l'île Stephens) et le mois d'août (en Géorgie du Sud), voire jusqu'à début septembre (sur l'île Whero, un îlot au large de l'île Stewart)[7]. Dans le mois qui suit, les couples se forment ou se retrouvent : les partenaires se font mutuellement la toilette, surtout autour du cou et sur la tête. Ils dorment côte à côte, chacun avec sa tête posée sur la nuque de l'autre[8].

Ils entretiennent leur nid, qui peut être situé dans une crevasse de falaise, entre des pierres, sous une souche de gros arbre, ou bien dans un terrier creusé dans la terre, dans des espaces ouverts couverts de graminées (Poaceae). Ils creusent leurs terriers avec leur bec et leurs pattes puis garnissent le nid de végétaux (Metrosideros excelsa, Coprosma, Olearia)[7]. Les Prions colombe sont très bruyants avant que la reproduction ne commence, probablement pour marquer leur territoire. Il peuvent être en compétition avec d'autres espèces comme le Puffinure plongeur (Pelecanoides urinatrix) pour s'approprier un terrier[6].

De la ponte à l'envol

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La ponte a lieu de mi-octobre (dans les monts Aorangi) à mi-novembre (sur l'île Whero, en Géorgie du Sud et dans les îles Chatham)[7], puis l'incubation dure en moyenne 55 jours[2]. Il y a un seul œuf par couple, blanc mat, de forme ovale, mesurant environ 4,5 cm de long[7],[2].

Les deux parents participent à l'incubation et au nourrissage des petits[12],[1]. À l'éclosion, les poussins ont un duvet brun pâle ou gris[5]. Durant ses deux ou trois premiers jours, le poussin reste sous la surveillance d'un des deux parents, puis il se retrouve seul en journée pendant que les adultes partent chercher de la nourriture[8],[1]. Les jeunes prennent leur envol entre début janvier et mi-février, entre 43 et 56 jours après l'éclosion[1],[7].

Les jeunes Prions colombe ne reviennent pas à leur colonie pendant au moins trois ans[1], le temps d'atteindre leur maturité sexuelle (généralement entre 4 et 5 ans). Une génération dure en moyenne 14 ans et la longévité atteint 36 ans[5].

Statut, menaces et conservation

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Effectifs

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Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International, en 2018, les effectifs du Prion colombe sont stables. En 2004, ils étaient estimés à 5 000 000 d'individus. Étant donné la stabilité des effectifs et l'aire de répartition étendue, le Prion colombe est classé comme espèce de préoccupation mineure[18].

Menaces

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Photographie d'un oiseau mort étendu sur du sable.
Les jeunes Prions colombe s'échouent fréquemment à cause des tempêtes.

Il n'y a pas de signes de déclin ni de menace majeure connus pour cette espèce[18]. Ils sont susceptibles d'ingérer des morceaux de plastique : une étude menée en 2022 sur 34 individus immatures échoués en Tasmanie a montré qu'un peu moins de la moitié d'entre eux avait ingéré du plastique[19]. L'ingestion de plastique est un problème répandu chez les oiseaux marins, mais n'est pas une menace majeure pour le Prion colombe[20].

Les Prions colombe s'échouent fréquemment sur les plages, un phénomène répandu chez de nombreuses autres espèces d'oiseaux marins. Ces échouements touchent surtout les individus immatures durant leur premier hiver, car ils n'ont pas encore suffisamment développé leurs réserves de graisse et leur maîtrise du vol face aux tempêtes[21]. Entre 1970 et 1983, environ 500 à 1 000 Prions colombe étaient trouvés chaque année sur les côtes néo-zélandaises, mais ce chiffre peut grimper à plusieurs milliers certains hivers[21]. Les vagues de chaleur inhabituelles semblent aussi pouvoir affaiblir les oiseaux et causer des échouements[22], or les eaux au sud-est de l'Australie connaissent des changements environnementaux importants, avec des vagues de chaleurs et des tempêtes de plus en plus fréquentes[3].

Les vagues de chaleur affectent la production de zooplancton, dont le krill qui constitue la principale proie du Prion colombe. Leur influence sur les phénomènes d'upwelling est mal connue, or ceux-ci ont une grande importance pour le Prion colombe  et plus largement pour de nombreuses espèces d'oiseaux, de poissons et de cétacés  qui y trouve de grandes concentrations de zooplancton[23]. Une étude de 2022 souligne que les vagues de chaleur successives dans les mers australiennes ont eu un impact sur le succès reproducteur du Prion colombe[23].

Les chats, prédateurs introduits, constituent une menace dans les îles Kerguelen[18].

Conservation

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Photographie d'un oiseau tenu en main, avec une bague en métal autour de la patte.
Individu en train d'être bagué.

Bien que les Prions du genre Pachyptila soient très nombreux et répandus (environ 90 millions d'individus), ils ont fait l'objet de peu d'études spécifiques, notamment à cause du fait qu'ils sont difficiles à distinguer en mer. Une première étude sur les trajets en mer du Prion colombe est conduite entre 2017 et 2021, grâce des balises GPS miniatures attachées à la queue ou aux pattes de plusieurs individus[24]. Cette étude a permis de mettre en évidence les zones de recherche de nourriture utilisées par le Prion colombe à différentes périodes de l'année, ainsi que ses mouvements migratoires jusque-là inconnus[25].

Comme les colonies de Prions colombe jouent un rôle bénéfique sur leur environnement, le Ministère de la Conservation de Nouvelle-Zélande a mené plusieurs tentatives de translocations de poussins sur des îles afin de créer de nouvelles colonies[26]. Néanmoins, étant donné la forte philopatrie de l'espèce, la majorité des poussins retournent instinctivement dans leur colonie de naissance une fois devenus adultes[15].

Taxonomie

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Classification

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Le Prion colombe fait partie du genre Pachyptila, qui compte 7 espèces, et de la famille des Procellariidae. Il est décrit par le zoologue allemand Heinrich Kuhl en 1820, sous le nom Procellaria turtur[2]. Pachyptila est l'un des genres d'oiseaux marins les plus abondants, mais le nombre d'espèces fait débat à cause de la difficulté à les distinguer. Elles auraient divergé durant les 6 derniers millions d'années[9].

Le Prion colombe a deux sous-espèces selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1)[27] :

  • Pachyptila turtur turtur (Kuhl, 1820) , dans la plus grande partie de l'aire de répartition ;
  • Pachyptila turtur subantarctica (Oliver, 1955), uniquement dans les îles Antipodes, les îles Snares et l'île Macquarie[9].

La distinction entre le Prion colombe et le Prion à bec épais (Pachyptila crassirostris) a fait débat parmi les auteurs et ces deux espèces ont parfois été considérées comme une seule. Une étude phylogénétique publiée en 2022 montre qu'il s'agit bien de deux espèces distinctes[9]. L'ADN mitochondrial montre une évolution parallèle des deux espèces qui s'observe notamment dans la forme de leur bec, légèrement différente[9].

Noms et étymologie

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Son nom binominal est composé de Pachyptila, qui vient du grec et signifie plumage épais, et turtur, nom latin de la colombe ou de la tourterelle[28], pour sa ressemblance avec ces espèces[4].

Il peut être appelé Prion cendré ou Petit Prion en français[2]. En maori de Nouvelle-Zélande, il est appelé Tītī wainui[29]. Le nom le plus courant en anglais est Fairy prion (Prion fée), mais il est aussi appelé Dove Prion (Prion colombe), Blue Prion (Prion bleu), Gould Prion (Prion de Gould), Short-billed Prion (Prion à bec court), Narrow-billed Prion (Prion à bec étroit) ou Whalebird (oiseau-baleine). Ces noms ont également des variantes avec Petrel au lieu de Prion. Il est appelé Feensturmvogel en allemand (équivalent de Prion fée ou Pétrel fée) et Pato-petrel piquicorto en espagnol[5],[4].

Dans la culture

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Philatélie

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Le Prion colombe est représenté sur les timbres de deux administrations postales : la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud (1987) et la Dominique (1998)[30].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Miskelly et Gummer 2013, p. 30.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Avibase, consulté le .
  3. 1 2 Fromant et al. 2022, p. 2.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Marchant et Higgins 1990, p. 541.
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Carboneras 1992.
  6. 1 2 3 4 5 Fromant et al. 2022, p. 11.
  7. 1 2 3 4 5 6 7 Marchant et Higgins 1990, p. 546.
  8. 1 2 3 4 5 Marchant et Higgins 1990, p. 545.
  9. 1 2 3 4 5 Shepherd et al. 2022.
  10. 1 2 3 4 5 Marchant et Higgins 1990, p. 541-542.
  11. 1 2 3 4 5 Fromant et al. 2022, p. 10.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 8 Marchant et Higgins 1990, p. 544.
  13. Ovenden et al. 1991, p. 688.
  14. Ovenden et al. 1991, p. 689.
  15. 1 2 Miskelly et Gummer 2013, p. 37-38.
  16. Ovenden et al. 1991, p. 692.
  17. Miskelly et Gummer 2013, p. 38.
  18. 1 2 3 UICN, consulté le .
  19. Lavers et al. 2022, p. 3-5.
  20. Lavers et al. 2022, p. 1.
  21. 1 2 (en) R. G. Powlesland, « Seabirds found dead on New Zealand beaches in 1986 and a review of Pachyptila species recoveries since 1960 », Notornis, vol. 36, no 2, , p. 136-137 (DOI 10.63172/151434icujjz).
  22. Lavers et al. 2022, p. 3.
  23. 1 2 Fromant et al. 2022, p. 12.
  24. Fromant et al. 2022, p. 1-2.
  25. Fromant et al. 2022, p. 9-10.
  26. Miskelly et Gummer 2013, p. 30-31.
  27. Congrès ornithologique international, version 15.1.
  28. (en) James A. Jobling, The Helm dictionary of scientific bird names, Londres, Christopher Helm, (lire en ligne Accès libre), p. 288, 393.
  29. (en) « Fairy prionTītī wainui », sur New Zealand Birds Online (consulté le ).
  30. (en) « Fairy Prion », sur Theme Birds on Stamps (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages généraux

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  • (en) C. Carboneras, « Family Procellariidae (Petrels and Shearwaters) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 1 : Ostrich to Ducks, Barcelone, Lynx edicions, , 696 p. (ISBN 978-84-87334-10-8, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 249 & planche 15 p. 246. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) S. Marchant et P. J. Higgins, Handbook of Australian, New Zealand & Antarctic Birds, Melbourne, Oxford University Press, (lire en ligne), p. 541-549. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles spécialisés

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  • (en) Emma Diane Craig, Takapourewa titiwainui (fairy prion; Pachyptila turtur). How nest site selection affects breeding success, with applications for translocation (mémoire de Master of Science), Université d'Otago, (lire en ligne)
  • (en) Aymeric Fromant, Yonina H. Eizenberg, Timothée Poupart, Paco Bustamante et John P. Y. Arnould, « Year-round at-sea movements of fairy prions from southeastern Australia », Royal Society Open Science, (DOI 10.1098/rsos.220134). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) LOH Graeme, « A mainland breeding population of fairy prions (Pachyptila turtur), South Island, New Zealand », Notornis, vol. 47, (lire en ligne)
  • (en) Peter C. Harper, « Breeding biology of the fairy prion (Pachyptila turtur) at the Poor Knights Islands, New Zealand », New Zealand Journal of Zoology, vol. 3, (DOI 10.1080/03014223.1976.9517925)
  • (en) Jennifer L. Lavers, Alix M. de Jersey, Nina R. Jones, Lillian G. Stewart, Hayley S. Charlton-Howard, Megan L. Grant et Eric J. Woehler, « Ingested plastics in beach-washed Fairy Prions Pachyptila turtur from Tasmania », Marine Pollution Bulletin, vol. 184, (DOI 10.1016/j.marpolbul.2022.114096). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Katharina Louise Manno, Physical environmental influences on breeding performance of the fairy prion (Pachyptila turtur) (mémoire de Master of Science), Université d'Otago, (lire en ligne)
  • (en) Colin Miskelly et Helen Gummer, « Attempts to anchor pelagic fairy prions (Pachyptila turtur) to their release site on Mana Island », Notornis, vol. 60, no 1, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) J. R. Ovenden, A. Wust-Saucy, R. Bywater, N. Brothers et R. W. G. White, « Genetic Evidence for Philopatry in a Colonially Nesting Seabird, the Fairy Prion (Pachyptila turtur) », The Auk, vol. 8, (DOI 10.2307/4088108). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lara D. Shepherd, Colin M. Miskelly, Mariana Bulgarella et Alan J.D. Tennyson, « Genomic analyses of fairy and fulmar prions (Procellariidae: Pachyptila spp.) reveals parallel evolution of bill morphology, and multiple species », PLOS ONE, vol. 17, no 9, (DOI 10.1371/journal.pone.0275102). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) DP Vernon, « Food of prions with particular reference to fairy prion, Pachyptila turtur », The Sunbird: Journal of the Queensland Ornithological Society, vol. 9, nos 1/2, (présentation en ligne)

Références taxinomiques

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Liens externes

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