Paradoxe des coiffeurs

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Le paradoxe des coiffeurs[1] ou paradoxe des trois coiffeurs[2],[3],[4] (en anglais : barber shop paradox) est un paralogisme présenté comme un paradoxe par Lewis Carroll dans une nouvelle intitulée A Logical Paradox, parue dans l'édition de de la revue Mind. Ce paradoxe illustre la difficulté d'appréhender l'implication logique.

On en trouve une traduction en français dans le recueil Logique sans peine en [5].

Présentation du paradoxe

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Oncle Joe et Oncle Jim vont chez le coiffeur. Trois coiffeurs vivent et travaillent dans la boutique : Allen, Brown et Carr ; mais ils ne sont pas toujours présents tous les trois dans la boutique. Carr est un bon barbier, et Oncle Jim tient à être coiffé par celui-ci. Il sait que le salon de coiffure est ouvert, et que donc un des trois au moins est présent. Il sait aussi qu'Allen est un homme très nerveux qui ne peut quitter la boutique sans être accompagné de Brown.

Oncle Joe lui explique qu'il n'a pas à s'inquiéter : Carr est nécessairement présent à la boutique, et ceci peut être prouvé par la logique. Oncle Jim en demande la démonstration et Oncle Joe la lui donne comme suit, grâce à un raisonnement par l'absurde.

Supposons que Carr soit sorti. Dans ce cas, si Allen est aussi sorti, Brown est forcément à l'intérieur de la boutique : il doit y avoir en effet quelqu'un pour que celle-ci soit ouverte. Cependant, nous savons que quand Allen sort, il prend Brown avec lui. Si donc Carr est dehors, les deux phrases suivantes « si Allen est sorti alors Brown est à l'intérieur » et « si Allen est sorti alors Brown est sorti » seraient toutes deux vraies en même temps.

Oncle Joe remarque que cela semble paradoxal : ces deux déductions semblent incompatibles. C'est donc, selon l'histoire, que notre hypothèse de départ est fausse et Carr doit donc logiquement être présent.

Validité du raisonnement

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En logiques classique et intuitionniste, ce raisonnement serait incorrect : il est, par exemple, tout à fait compatible avec les hypothèses que Allen et Brown soient tous deux dans la boutique et que Carr soit sorti. En effet, les propositions « si Allen est sorti alors Brown est à l'intérieur » et « si Allen est sorti alors Brown est sorti » ne sont pas incompatibles. Elles sont toutes deux vraies si Allen est à l'intérieur.

Toutefois, dans diverses logiques connexives et traditionnelles qui rendent valides les thèses de Boèce, ce raisonnement est valide. Il existe bien certaines de ces logiques contre-classiques, comme dans la logique « material connexive », où le raisonnement présenté reste invalide dans son ensemble, mais la contradiction entre et y reste présente.

Références

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  1. Coumet 1966.
  2. Sophie Marret, Lewis Carroll : de l'autre côté de la logique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », , 255 p. (ISBN 2-86847-124-2), p. 90–91.
  3. Jean Gattégno, L'univers de Lewis Carroll, Paris, José Corti, (1re éd. 1970), 394 p. (ISBN 2-7143-0378-1), p. 183.
  4. Oswald Ducrot (avec la collab. de Marie-Claire Barbault et Jean-Pierre Depresle), La Preuve et le dire : langage et logique, Tours, Mame, coll. « Repères / Linguistique » (no 4), , 290 p. (ISBN 2-250-00572-9), p. 276.
  5. Carroll 1966.

Bibliographie

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Texte de Carroll
  • [Carroll 1894] (en) Lewis Carroll, « A Logical Paradox », Mind, vol. III, no 11, , p. 436–440 (DOI 10.1093/mind/III.11.436, JSTOR 2247926, lire en ligne [PDF]).
    Republié dans (en) Stuart Dodgson Collingwood, The Lewis Carroll Picture Book : A Selection from the Unpublished Writings and Drawings of Lewis Carroll, together with Reprints from Scarce and Unacknowledged Work, Londres, T. Fisher Unwin, (lire en ligne), p. 312–316.
  • [Carroll 1966] Lewis Carroll (trad. de l'anglais par Jean Gattégno et Ernest Coumet, ill. Max Ernst), Logique sans peine, Paris, Hermann, coll. « L'Esprit et la Main », , 291 p. (BNF 32941396), p. 249 sq.
Analyses

Voir aussi

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