Parc national de Miguasha
Le parc national de Miguasha est un parc de protection d'un site fossilifère du Québec au Canada.
| Pays | |
|---|---|
| Province | |
| Municipalité régionale de comté | |
| Coordonnées | |
| Ville proche | |
| Superficie |
62 ha |
| Nom local |
(en) Miguasha National Park |
|---|---|
| Type |
Parc national du Québec, site paléontologique (en) |
| Catégorie UICN |
III |
| WDPA | |
| Création | |
| Patrimonialité | |
| Visiteurs par an |
26 000 |
| Administration | |
| Site web |
| Nom du Bien |
Parc national de Miguasha |
|---|---|
| Identifiant | |
| Année d'inscription | |
| Critères |
(viii) (d) |
Le premier fossile a été découvert en 1842. Depuis 1880, des milliers de spécimens ont été récoltés dans la falaise de Miguasha[1].
Le parc, créé en 1985, est géré par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Il a été reconnu, en 1999, site naturel du Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Toponymie
modifierLe nom du parc national provient de la pointe de Miguasha qui est située à l'ouest du parc. Le nom provient du micmac Megouasag, qui signifie « terre rouge » sans doute en référence à la couleur des falaises[2]. La pointe fut mentionnée la première fois en 1724 sous le nom de « Pointe de Coucha » et « Pointe Plate »[2]. À la suite de la bataille de la Ristigouche qui s'était tenue tout près, la pointe fut renommée « Morne de Barrington » ou « Barrington Bluff »[2]. Le nom de la pointe apparaît aussi sous le nom de « Point Nicoucha » en 1831, « Point Maguasha » en 1847, « Migouache Point » en 1861 et finalement « Pointe Megouacha » en 1905[2].
Géographie
modifierLe parc de Miguasha est le plus petit parc national du Québec avec une superficie de 87,3 ha[3]. Il comprend la falaise de Miguasha ainsi qu'un musée d'histoire naturelle. Le parc est situé dans les municipalités de Nouvelle et d'Escuminac, toutes deux situées dans la municipalité régionale de comté d'Avignon et la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Le parc partage ses limites avec deux habitats fauniques, soit l'aire de concentration d'oiseaux aquatiques de la Pointe à Fleurant 191204 (353 ha) au sud et l'aire de concentration d'oiseaux aquatiques d'Escuminac-Flats 19-12-05 (419 ha) au sud-est[4]. Une zone périphérique de 775 ha située en territoire privé interdit la prospection minière et les activités d'excavation[5].
Histoire
modifierDécouverte et premières expéditions
modifierÀ la recherche de charbon, Abraham Gesner, le médecin et géologue inventeur du kérosène, découvre les fossiles en 1842, alors qu'il travaille comme premier géologue provincial du Nouveau Brunswick. Sans potentiel d'extraction de charbon, Miguasha est délaissé[6].
Ce n'est que 37 ans plus tard que la Commission géologique du Canada s'y intéresse : entre 1879 et 1881, plusieurs expéditions à Miguasha permettent d'ajouter des spécimens à sa collection. L'équipe comprend le géologue Robert Wheelock Ells[7], le paléontologue Arthur Foord et Thomas Weston, premier adjoint du musée de la Commission[6].
William Dawson, de McGill, et Joseph Whiteaves, paléontologue de la Commission étudient les spécimens de fossiles recueillis. En 1881, Whiteaves nomme Eusthenopteron foordi en l'honneur de Foord[6].
Collectionneurs locaux
modifierAvant l'arrivée des premiers Européens au XVIIIe siècle, la pointe de Miguasha servait de lieu de passage aux Micmacs, peuple nomade qui fréquentait la région. Les Britanniques s'y établirent en permanence après la Conquête de 1760, puis l'abolition du régime seigneurial en 1855 favorisa l'installation de nombreux Acadiens[8].
Les premiers scientifiques venus effectuer des prélèvements étaient accueillis par des familles locales, notamment la famille Plourde. Antoine Plourde, âgé de 19 ans lors de la découverte de 1879, guidait les scientifiques vers les endroits les plus riches en fossiles. Il a reçu un groupe de scientifiques lors du XIIe Congrès géologique international de 1913, exposant ses plus beaux spécimens sur des tables dressées sur la plage[8]. La famille Landry offrait quant à elle chambre et pension aux scientifiques de passage. Joseph Landry a vendu en 1925 au Swedish Museum of Natural History de Stockholm un spécimen exceptionnel d'Eusthenopteron foordi, conservé en trois dimensions, pour la somme de 50 $. Ce spécimen a été étudié pendant 25 ans et a permis plusieurs découvertes sur l'anatomie de l'espèce[8].
Protection et mise en valeur
modifierEn 1937, le père Léo-Georges Morin de l'Université de Montréal et l'abbé J.W. Laverdière de l'Université Laval visitent le site, intrigués par une affiche « Fossils for sale » qui les mène chez la famille Plourde[8]. Ils informent les autorités gouvernementales et René Bureau, technicien au ministère des Mines, est mandaté pour constituer la première collection québécoise de fossiles de Miguasha, assisté d'Euclide Plourde (fils d'Antoine) et de Joseph Landry[8].
En 1972, des terrains bordant la falaise sont achetés par le gouvernement. La gestion du site est confiée à l'Université du Québec à Rimouski en 1975-1976, puis reprise par le ministère en 1977. Marius Arsenault, alors en fin de maitrise en paléontologie, est nommé chef d'équipe et met en place un centre d'interprétation. Le premier musée ouvre ses portes en [8]. En 1985, le site devient officiellement un parc de conservation. C'est en que le centre d'interprétation rénové ouvre ses portes, en présence du paléontologue suédois Érik Jarvik, spécialiste des fossiles du site, en particulier l'Eusthenopteron foordi[9].
L'inscription du parc sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO le est le fruit d'une étude comparative menée par les paléontologues Richard Cloutier, du Québec, et Hervé Lelièvre, de la France, qui ont comparé une quinzaine de sites fossilifères du Dévonien selon des critères établis par l'UICN et l'UNESCO[8]. En 2007, la falaise fossilifère a été officiellement baptisée « falaise René-Bureau » en l'honneur du pionnier de la protection du site[8].
Géologie
modifierLa formation du site est intimement liée à la formation des Appalaches qui sont dues à la fermeture de l'océan Iapetus. Durant le maximum de l'orogenèse acadienne, qui s'est produit entre 385 et 395 millions d'années, le continent Laurentia est entré en collision avec Baltica et le microcontinent Avalonia, formant une impressionnante chaîne de montagnes. L'érosion de ces montagnes fut à la source des sédiments de Miguasha[10].

Le parc comprend deux formations géologiques, soit les formations de Fleurant et d'Escuminac[11]. Ces deux formations sont toujours associées dans le groupe de Miguasha[11]. Elles font surface à deux autres sites de la Gaspésie près de Nouvelle et de New Richmond[11]. La formation inférieure, celle de Fleurant, est composée de conglomérats, cailloux, galets et roches enchâssées dans une matrice de sable[12], d'une épaisseur d'environ 20 mètres et elle n'a pas de fossile[12]. Son âge est imprécis, mais est estimé à la fin du Dévonien moyen au début du Dévonien supérieur[12].
Formation d'Escuminac
modifierLa formation d'Escuminac est une formation d'une épaisseur d'environ 120 m composée de grès et de laminite[13]. L'âge de ces sédiments est estimé par l'étude des spores au milieu du Frasnien, il y a 380 millions d'années[14]. Les sédiments étaient à l'origine associés à ceux d'un lac comme pour les Old Red Sandstones d'Écosse[15]. Cependant, des études plus poussées à partir des années 1980 mirent en doute cette hypothèse[15]. La présence de fossiles de vers polychètes et du placoderme Plourdosteus sont plus associés aux milieux marins du Dévonien[15]. On pense aujourd'hui que Miguasha correspondait à un estuaire marin d'un fleuve comparable à celui du Mississippi ou de l'Amazone[15].
Le grès correspond au moment où le courant était le plus puissant[13]. La base de ses couches présente souvent des moulages de flûtes et des traces d'objets trainés correspondant à un courant turbulent[13]. Quant aux couches de laminites, elle correspondent à des couches d'argiles qui se sont déposés dans un milieu beaucoup plus calme. Ces dernières sont généralement très fossilifères[13].
Valeur historique
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Les fossiles sont les témoins d'une vie antérieure ancienne. Les espèces animales et végétales ont évolué. La terre a aussi bougé.
La falaise de Miguasha nous renseigne sur la période dévonienne, il y a 380 millions d'années. Là, « coulait un estuaire sous un climat équatorial et, au loin, se dressaient les cimes d'une jeune chaîne de montagnes (les Appalaches). En bordure de cet estuaire poussait une forêt d'arbres primitifs où vivaient scorpions et autres arthropodes terrestres. Au gré des courants et des marées, une faune diversifiée de poissons vivait dans les eaux tièdes de cet estuaire. Certains poissons étaient dotés d'épines rigides; d'autres étaient protégés par une carapace ossifiée. D'autres avaient des poumons et des nageoires paires lobées leur permettant de franchir de courtes distances hors de l'eau. L'acquisition de ces nageoires représente une des plus importantes étapes de l'évolution, soit celle de la transition entre les poissons et les tétrapodes »[1].
À ce jour, la « Formation d'Escuminac » a livré quelque 21 espèces de poissons, des invertébrés et une dizaine d'espèces de plantes fossiles qui vivaient dans un environnement estuarien, il y a 380 millions d'années. Les fossiles de poissons découverts sur ce site représentent 5 des 6 grands groupes de poissons qui vivaient au Dévonien, d'où la reconnaissance du site comme le plus représentatif, à l'échelle de la planète, de cette période connue comme étant l'Âge des poissons[16]. Le seul groupe absent est celui des Chondrichthyens, les poissons cartilagineux, une famille qui comprend entre autres les requins.
La notoriété du site de Miguasha repose également sur la variété, la quantité et la qualité de préservation des fossiles. En termes de quantité, un relevé effectué en 1998 a permis d'inventorier plus de 14 200 fossiles provenant de la falaise gaspésienne. Un peu plus de la moitié des fossiles sont conservés dans la collection du parc, soit près de 12 000 fossiles, alors que les 8000 restant sont répartis dans différentes collections de 33 musées, universités et centres de recherche de neuf pays. Au niveau de la qualité de conservation, les fossiles de Miguasha jouissent d'une grande réputation. Non seulement, y trouve-t-on des spécimens complets, des spécimens fossilisés en trois dimensions, mais également des parties molles fossilisées comme du cartilage, des excréments, des empreintes de branchies ou des traces de vaisseaux sanguins et de nerfs.
Patrimoine reconnu internationalement, le parc a fourni plus de 15 000 spécimens faisant partie de collections distribuées dans le monde entier.
La faune
modifierLes agnathes sont des poissons sans mâchoires; ils constituent les plus anciens vertébrés apparus dans l'évolution des espèces[17]. Quatre espèces sont présentes dans les sédiments de Miguasha : Endeiolepis aneri, Euphanerops longaevus, représentant les Anaspida Escuminaspis laticeps, et Levesquaspis patteni représentant les Osteostraci[18]. Du point de vue évolutif, deux espèces appartenant au groupe des Osteostraci sont les derniers représentants de ce groupe[17].
Chez l'une de ces espèces, Escuminaspis laticeps, qui a été décrite en 2004, on retrouve le premier endosquelette d'une nageoire paire chez les vertébrés. Le patron consiste en une seule plaque faite de cartilage calcifié contredisant la théorie voulant que ce support endosquelettique consiste en plusieurs éléments appelés radiaux. Cette découverte est une étape importante dans la compréhension de l'évolution des nageoires qui vont, par la suite, évoluer pour donner finalement les membres des tétrapodes[17].
Quant aux deux formes « d'anaspides », leurs présences à Miguasha a de quoi étonner. À l'exception de quelques écailles trouvées dans le Dévonien inférieur, les deux espèces Euphanerops longaevus et Endeiolepis aneri sont les toutes dernières représentantes de ce groupe qui a connu son apogée au Silurien. Les deux espèces présentes dans la faune de Miguasha sont les dernières à avoir vécu. De nos jours, seules survivent chez les agnathes, les lamproies et les myxines[17].
Les placodermes
modifierLes placodermes sont des poissons à plaques osseuses (qui couvre le devant de leur corps un peu comme une carapace) qui ont dominé les eaux dévoniennes; ils ont presque complètement disparu à la fin de la période[19]. Les deux espèces de Miguasha sont le Bothriolepis canadensis, un antiarche et Plourdosteus canadensis, un arthrodire[18].

L'état de conservation à l'intérieur de la formation géologique d'Escuminac est tel qu'on a retrouvé chez des spécimens du Bothriolepis des traces de vaisseaux sanguins conservés sous des plaques osseuses thoraciques et sur les nageoires pectorales. Cela nous est confirmé par une étude réalisée en 2004. Alors que les reconstitutions de ce poisson indiquaient un poisson plat adapté à un mode de vie benthique, cette étude démontre que ce poisson n'était pas plat, mais que son armure dorsale était plus bombée et que son crâne était plus accentué vers l'avant tout comme chez celui en provenance de Gogo, en Australie[20].
Quant au Plourdosteus, c'était un prédateur bien adapté avec des mâchoires dépourvues de dents comme telles mais qui avait des plaques gnathales (gr. gnathos = mâchoire) ossifiées à la mâchoire supérieures qui venaient s'appuyer sur l'os de la mâchoire inférieure, l'inferognathal. Cet ensemble de plaques avec leurs zones occlusives agissaient comme de véritables ciseaux[19]. C'est à l'intérieur des arthrodires que les plus grands prédateurs marins du Dévonien ont existé. Le plus connu étant sans doute le Dunkleosteus qui vivait dans les mers chaudes qui recouvraient la région actuelle de l'Ohio.
Les acanthodiens
modifierLes acanthodiens étaient de petits poissons qui possédaient des épines rigides en position ventrale et dorsale. Ils ont vécu sur une longue période de temps, du Silurien au Permien, mais sont demeurés très peu diversifiés[21]. Les quatre espèces : Diplacanthus ellsi, Diplacanthus horridus, Homalacanthus concinnus, Triazeugacantus affinis sont retrouvées à Miguasha[18].

Les sarcoptérygiens constituent le groupe de poissons qui explique la transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre chez les vertébrés, par l'apparition des membres[23]. En effet, on retrouve dans ce groupe une nageoire pectorale osseuse formée de l'humérus, du radius et de l'ulna alors que la nageoire pelvienne est constituée du fémur, du tibia et du péroné[23]. Le poisson Eusthenopteron foordi a été, pendant un siècle, considéré comme un chaînon entre les poissons et les tétrapodes. Neuf espèces de sarcoptérygiens sont retrouvés à Miguasha : Miguashaia bureaui considéré comme un des coelacanthes les plus primitifs, Scaumenacia curta, Fleurantia denticulata représentent les poissons à poumons ou dipneustes, Holoptychius jarviki, Quebecius quebecensis et un holoptychiidae gen. et sp. indét., représentent les porolépiformes, Eusthenopteron foordi et Callistiopterus clappi représentent les osteolepiformes et finalement Elpistostege watsoni qui fait partie des élpistostégaliens considérés parfois comme le groupe frère des tétrapodes[18].
Les invertébrés
modifierLa faune d'invertébrés de Miguasha comprend Petaloscorpio bureaui, l'un des plus vieux scorpions terrestres connus qui pouvait atteindre 30 centimètres de long[24]. Des euryptérides d'un mètre de long figurent parmi les sept autres espèces d'invertébrés de la formation de Escuminac[18]. Mais aussi, un millipède du nom de Zanclodesmus Willetti en l'honneur du patrouilleur qui l'a découvert en 2003 soit Jason Willett.
La flore
modifierUne dizaine d'espèces de plantes fossiles sont présentes, de même que 88 espèces de spores. Le genre le plus représentatif de cette flore est l'Archaeopteris, cet arbre primitif qui compose à l'époque les premières forêts du Dévonien. Les feuilles de ce dernier ressemblent d'ailleurs énormément à celles des fougères.
Musée d'histoire naturelle
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Un premier centre d'interprétation ouvre ses portes en 1978, accueillant 8 000 visiteurs lors de son premier été[25]. Une première phase d'agrandissement aboutit à un nouveau musée inauguré en , à l'occasion du VIIe Symposium international sur les vertébrés inférieurs[25]. En , à la suite d'une seconde phase d'agrandissement dont la construction a coûté au-delà de 5 millions de dollars, un nouveau musée d'histoire naturelle ouvre ses portes et présente aux visiteurs de ce parc national faisant partie du réseau de Parcs Québec, une exposition renouvelée mettant en valeur ce site exceptionnel[25]. La collection nationale compte plus de 9 000 poissons fossiles, jusqu'à 1 000 spécimens de plantes et quelques dizaines de spécimens d'invertébrés[8]. Le musée conserve environ 12 000 spécimens provenant de Miguasha, dont plus de 2 600 Eusthenopteron foordi, et quelque 500 nouveaux exemplaires sont découverts chaque année lors des fouilles de la falaise[26]. Le site accueille quelque 24 000 visiteurs annuellement[8]. En plus d'une exposition permanente, une salle d'exposition temporaire présente des expositions itinérantes reliées aux domaines des sciences et d'histoire naturelles[27].
Pour la recherche scientifique, le musée comprend deux salles de collection dont une réservée aux types et aux figurés, une autre consacrée à la Collection stratigraphique des fossiles tant invertébrés que vertébrés du Québec, ainsi que des laboratoires de préparation mécanique et chimique et des installations d'accueil pour les chercheurs étrangers[27]. La base de cette collection stratigraphique est la Collection Saint-Gelais. Philippe Saint-Gelais (1916-2013), autodidacte de Jonquière passionné de sciences naturelles, découvre ses premiers fossiles, des crustacés trilobites, en 1966[28].
Véritable pionnier de la paléontologie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Philippe Saint-Gelais a été le premier à l'aborder de façon méthodique et rigoureuse. En une vingtaine d'années, il réussit à rassembler plus de 2 000 spécimens fossilisés, dont certains sont uniques, qu'il lègue au musée de Miguasha[28]. La collection Saint-Gelais fait aujourd'hui partie de la collection paléontologique du Québec et certaines de ses pièces sont intégrées à l'exposition itinérante sur le patrimoine paléontologique québécois. Le paléontologue Sylvain Desbiens et ses collègues ont souligné l'apport de Saint-Gelais en nommant une espèce de trilobite en son honneur : Walencrinuroides gelaisi[28].
Recherche universitaire
modifierAfin de bien comprendre les découvertes fossiles faites au parc national de Miguasha, un partenariat étroit avec l'Université du Québec à Rimouski, plus particulièrement avec le laboratoire de paléontologie et de biologie évolutive et son directeur le paléontologue Richard Cloutier [29],[30],[31],[32],[33],[34]a été établi. Certaines recherches, notamment en paléontologie virtuelle, se font également entre le laboratoire et le centre de développement et de recherche en imagerie numérique [20].
Bothriolepis canadensis
modifierEn 2014, les auteurs Isabelle Béchard, Félix Arsenault, Richard Cloutier et Johanne Kerr ont publié un article dans le périodique Palaeontologia Electronica mettant en vedette le placoderme Bothriolepis canadensis. Une reconstruction en trois dimensions complète du spécimen a été faite grâce à la tomodensitométrie et l'analyse numérique et virtuelle du spécimen (performée au CDRIN par Béchard)[20].
Acanthodiens
modifierEn 2015 dans le périodique Biology Letters, la chercheuse Marion Chevrinais et le chercheur Richard Cloutier, du laboratoire de paléontologie et de biologie évolutive, redécrivent les espèces Scaumenella mesacanthi et Triazeugacanthus affinis de la formation d'Escuminac de Miguasha en intégrant des critères de biologie développementale et d'ontogénie [35].
Elpistostege watsoni
modifierCet elpistostegalien mis au jour très récemment a été découvert également au parc national de Miguasha. Des recherches préliminaires menées par Béchard et Cloutier ont été faites en 2014 permettant d'emettre l'hypothèse comme quoi cette espèce serait le poisson le plus proche parent des premiers tétrapodes. Actuellement, une équipe du laboratoire de paléontologie et de biologie évolutive étudient le poisson et tout ce qu'il peut cacher.
Plusieurs autres recherches ont été menées et sont actuellement menées par le laboratoire de l'UQAR avec les spécimens fossiles de Miguasha.
Notes et références
modifier- 1 2 « Parc de Miguasha », Sites du patrimoine mondial au Canada, sur Parcs Canada (consulté le ).
- 1 2 3 4 Gouvernement du Québec, « Pointe de Miguasha », Banque de noms de lieux du Québec, sur Commission de Toponymie (consulté le ).
- ↑ « Registre des aires protégées au Québec: Parc national du Québec », sur Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, (consulté le ).
- ↑ « Système de rapport et de suivi des aires de conservation », sur Conseil canadien des aires écologiques (consulté le ).
- ↑ UNESCO, « Candidature au patrimoine- Évaluation technique UICN », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le ), p. 37.
- 1 2 3 Canada 2017
- ↑ « Robert Wheelock Ells ».
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 France Charest, « Parc national de Miguasha », sur Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française (consulté le )
- ↑ Alain Côté, Un patrimoine incontournable, sélection de 29 biens culturels., Québec, Commission des biens culturels, , 69 p. (ISBN 2-550-36 388-4), p. 10-11.
- ↑ Parc national de Miguasha, « La fermeture d'un océan », sur De l'eau à la terre, (consulté le ).
- 1 2 3 Parc national de Miguasha, « Le Groupe de Miguasha », sur De l'eau à la terre, (consulté le ).
- 1 2 3 Parc national de Miguasha, « La Formation de Fleurant », sur De l'eau à la terre (consulté le ).
- 1 2 3 4 Parc national de Miguasha, « Les caractéristiques géologiques », sur De l'eau à la terre, (consulté le ).
- ↑ Parc national de Miguasha, « La biostratigraphie », sur De l'eau à la terre, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Parc national de Miguasha, « Un ancien estuaire », sur De l'eau à la terre, (consulté le ).
- ↑ « Parc national de Miguasha », sur Sépaq (consulté le ).
- 1 2 3 4 Parc national de Miguasha, « Les poissons sans mâchoires » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) Richard Cloutier, « Great Canadian Lagerstätten 4. The Devonian Miguasha Biota (Québec): UNESCO World Heritage Site and a Time Capsule in the Early History of Vertebrates », Geoscience Canada, vol. 40, no 2, , p. 149-163 (DOI 10.12789/geocanj.2013.40.008)
- 1 2 Parc national de Miguasha, « Les placodermes » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Isabelle Béchard, Félix Arsenault, Richard Cloutier et Johanne Kerr, « The Devonian placoderm fish Bothriolepis canadensis revisited with three-dimensional digital imagery », Palaeontologia Electronica, vol. 17, , p. 1–19 (ISSN 1094-8074 et 1935-3952, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Parc national de Miguasha, « Les acanthodiens » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- 1 2 Parc national de Miguasha, « Les actinoptérygiens » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- 1 2 Parc national de Miguasha, « Les sarcoptérygiens » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- ↑ Parc national de Miguasha, « Les invertébrés » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- 1 2 3 Parc national de Miguasha, « Un musée de site » [archive], sur De l'eau à la terre via Internet Archive, (consulté le )
- ↑ Gaëlle Mazé, « Le Prince de Miguasha au musée du Parc de Miguasha », Conserveries mémorielles, no 19, (lire en ligne)
- 1 2 « Musée d'histoire naturelle du parc national de Miguasha », sur Société des musées du Québec (consulté le )
- 1 2 3 « Biographie », sur Philippe Saint-Gelais (consulté le )
- ↑ webmestre, « Dernières nouvelles - UQAR-INFO - UQAR »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur uqar.ca (consulté le ).
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- ↑ Richard Cloutier, « La contribution des poissons fossiles du parc national de Miguasha à la biologie évolutive du développement », Le Naturaliste Canadien, no 133,
- ↑ (en) Richard Cloutier, « Great Canadian Lagerstätten 4. The Devonian Miguasha Biota (Québec): UNESCO World Heritage Site and a Time Capsule in the Early History of Vertebrates », Geosciences Canada,
- ↑ (en) Hans-Peter Schultze, Devonian Fishes and Plants of Miguasha, Québec, Canada,
- ↑ Marion Chevrinais, « The revival of a so-called rotten fish: the ontogeny of the Devonian acanthodian Triazeugacanthus », Biology Letters, no 11, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la géographie :
- Parc national de Miguasha, Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française
- Site officiel de la SEPAQ
- « De l'Eau à la terre: le parc national de Miguasha », sur Musée virtuel du Canada
- Visitez Miguasha en photosphères à 360°
- Gouvernement du Canada, « 36. Miguasha (1881) », sur Science.gc.ca,
