Aegilops tauschii

espèce de plantes
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Égilope de Tausch

Aegilops tauschii
Description de cette image, également commentée ci-après
Épis et grains.
Classification GRIN
Famille Poaceae
Sous-famille Pooideae
Tribu Triticeae
Genre Aegilops
Section Vertebrata

Espèce

Aegilops tauschii
Coss., 1849

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Aegilops tauschii, l'Égilope de Tausch, est une espèce de plantes à fleurs monocotylédones herbacées, de la famille des Poacées. Originaire de l'est de l'Europe et d'Asie tempérée, il s'agit d'un proche parent voire de l'un des ancêtres, par croisement, du blé.

Description

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Aegilops tauschii.

Appareil végétatif

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C'est une plante annuelle, cespiteuse. Ses tiges sont dressées ou ascendantes-genouillées, longues de 25 à 30 cm. Des poils ciliaires sont présents à l'ouverture de la gaine foliaire. Les auricules de la gaine foliaire sont falciformes. La ligule a la membrane non ciliée. Les limbes mesurent 8 à 17 cm de long pour 3 à 5 mm de large. Leur surface est légèrement rugueuse, glabre ou velue[1].

Appareil reproducteur

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Inflorescence et fleurs.

L'inflorescence est composée de grappes (épis), non caduque dans son ensemble. La grappe est unique, linéaire, lisse et cylindrique, bilatérale, longue de 5 à 10 cm et large de 5 à 8 mm. Chaque grappe porte neuf à onze épillets fertiles, solitaires et sessiles. Le rachis est fragile au niveau des nœuds. Les épillets sont disposés latéralement par rapport au rachis. Les internodes du rachis sont oblongs, tombant avec l'épillet situé au-dessus. Les épillets stériles basaux sont absents ou rudimentaires, au maximum deux. Les épillets fertiles comprennent trois à cinq fleurons fertiles, réduits à l'apex. Les épillets sont oblongs, comprimés latéralement, mesurant 6 à 8 mm de long, tombant entiers, caduques avec des structures de branches accessoires[1].

Les glumes sont semblables, plus courtes que l'épillet. La glume inférieure est oblongue, longue de 5 à 6 mm, égale à la longueur de la glume supérieure, coriace, sans carènes, à sept à neuf nervures. Les nervures latérales de la glume inférieure sont inégalement épaissies, nervurées. L'apex de la glume inférieure est muni d'une dent unilatérale, tronqué. La glume supérieure est oblongue, de 5 à 6 mm de long, mesurant 0,8 à 0,9 fois la longueur de la lemme fertile adjacente, coriace, sans carène, à sept à neuf nervures. Les nervures latérales de la glume supérieure sont inégalement épaissies, nervurées, parallèles à l'apex. L'apex de la glume supérieure est muni d'une dent unilatérale et tronqué[1].

Les fleurs ont le lemme fertile oblong ou ovale, long de 6 à 7 mm, coriace, sans carène, à cinq nervures. L'apex du lemme est entier, tronqué, barbé, ou barbé uniquement sur les épillets distaux, à une barbe. La barbe de la lemme principale subcylindrique à la base ; la longueur totale est de 30 à 40 mm (épillets inférieurs 0 à 18). La paléole a deux nervures. Les carènes de la paléole sont légèrement rugueuses. Les fleurons stériles apicaux ressemblent aux fleurons fertiles, bien que sous-développés. Les lodicules sont au nombre de deux. L'ovaire est pubescent à l'apex[1].

La fruit est une caryopse à péricarpe adhérent, velue à l'apex. La disséminule est constituée d'un entre-nœud du rachis[1].

Répartition

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Répartition du taxon
Aire de répartition :
Source : POWO[2].

L'espèce est originaire d'Asie et d'Europe de l'Est. Elle est indigène en Crimée, dans le Caucase, au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Chine. Elle est naturalisée en Arizona, Californie, Pays baltes et État de New York[2].

Habitat

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L'espèce pousse dans les prairies sèches, les jachères, les steppes, les milieux modérément perturbés, tels que les friches, bords de route, les lisières et l'intérieur des cultures, par exemple d'orge, de blé et d'arbres fruitiers, ainsi que les zones boisées et les lisières de forêt, les forêts de conifères dégradées, les végétations à Cupressus et les pentes caillouteuses, les champs irrigués et les vallées fluviales. Elle pousse principalement sur des sols limoneux, limono-sableux, argilo-limoneux ou argilo-sableux, ainsi que sur substrat rocheux basaltique. L'espèce est résistante à la sécheresse, et se développe dans des zones où les précipitations sont comprises entre 150 et 350 mm par an. Elle pousse jusqu'à 2 700 m d'altitude[3].

Taxinomie

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Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Aegilops tauschii Coss., 1849[2]. Le nom est donné en l'honneur du botaniste tchèque Ignaz Friedrich Tausch. L'espèce a été décrite par le botaniste français Ernest Cosson[4].

Ce taxon se nomme en français « Égilope »[5] ou « Égilope de Tausch »[6],[7].

C'est un parent sauvage secondaire du Blé tendre (Triticum aestivum subsp. aestivum), du Blé dur (T. turgidum subsp. durum), et d'un certain nombre d'autres blés cultivés, notamment l'Amidonnier (T. turgidum subsp. dicoccon), l'Engrain (T. monococcum subsp. monococcum), l'Épeautre (T. aestivum subsp. spelta) et le Blé zanduri (T. timopheevii subsp. timopheevii)[3]. L'Égilope de Tausch aurait été croisé avec l'Amidonnier cultivé, pour donner l'ancêtre du Blé tendre notamment[6],[7]. Aegilops tauschii est la source du génome D de Triticum aestivum[8],[9].

Synonymes

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Aegilops tauschii a pour synonymes[2] :

  • Patropyrum tauschii (Coss.) Á.Löve in Biol. Zentralbl. 101: 206 (1982) ;
  • Triticum aegilops P.Beauv. ex Roem. & Schult. in Syst. Veg., ed. 15[bis]. 2: 769 (1817) ;
  • Triticum tauschii (Coss.) Schmalh. in Fl. Sredn. Južn. Rossii 2: 662 (1897), nom. superfl.

Sous-espèces

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Selon GBIF ()[10] et Plants of the World online (POWO) ()[2], Aegilops tauschii comprend deux sous-espèces :

  • Aegilops tauschii subsp. strangulata (Eig) Tzvelev, 1973 - Moyen-Orient ;
  • Aegilops tauschii subsp. tauschii - Est de l'Europe et Asie.

Menaces et conservation

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Aegilops tauschii est classée par l'UICN ()[3] à l'échelle mondiale en « préoccupation mineure », car elle est largement répandue en Asie tempérée, occupe un large éventail d'habitats et se développe et se propage comme une adventice, bien qu'elle soit relativement rare dans certaines localités. Le tourisme et les activités de loisirs sont des menaces avérées en Crimée et en Russie, mais localisées. L'espèce est également bien représentée dans les collections ex situ et présente dans plusieurs aires protégées, au Turkménistan, en Iran et en Azerbaïdjan[3].

Elle est classée « en danger » à l'échelle européenne. Les populations de Crimée sont très fragmentées et menacées, car à proximité d'une ville où le développement du tourisme et des activités de loisirs a entraîné un recul de leur habitat. L'habitat naturel dans le kraï de Krasnodar en Russie est également menacé par les activités de loisirs et le développement d'infrastructures pour les jeux olympiques, bien que leur impact a probablement considérablement diminué depuis les jeux de 2014. Les menaces en Arménie comprennent le pâturage incontrôlé, l'expansion agricole, la construction de routes, la récolte de foin et l'urbanisation. Ailleurs, les menaces pesant sur cette espèce sont inconnues[3].

Le genre Aegilops figure à l'annexe I du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture (ITPGRFA) en tant que partie intégrante du patrimoine génétique du blé. L'espèce Aegilops tauschii est présente dans de nombreuses banques de gènes, dont la réserve mondiale de semences du Svalbard, et est cultivée dans dix jardins botaniques à travers le monde[3].

Utilisations

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Cette espèce sauvage apparentée au blé pourrait lui servir de donneur de gènes. Elle est susceptible de conférer des caractères de résistance aux maladies et ravageurs[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 (en) « RBG Kew: GrassBase - Aegilops tauschii Description », sur static1.kew.org (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le .
  3. 1 2 3 4 5 6 7 UICN, consulté le .
  4. ↑ (fr + la) Ernest Cosson, Notes sur quelques plantes critiques, rares ou nouvelles et additions à la flore des environs de Paris, Paris, Victor Masson, (lire en ligne Accès libre), p. 69
  5. ↑ Tela Botanica, <https://www.tela-botanica.org>, licence CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, consulté le .
  6. 1 2 Association Pétanielle La Curade, « GÉNÉALOGIE DES BLÉS : 1-HISTOIRE RÉSUMÉE DE LA DOMESTICATION DES BLÉS » Accès libre [PDF], sur www.petanielle.org (consulté le )
  7. 1 2 « Les plantes messicoles : Des herbes que l'on dit mauvaises » Accès libre [PDF], sur www.etudes-touloises.fr, Etudes Touloises, (consulté le ), p. 3-11.
  8. ↑ (en) Ming-Cheng Luo, Yong Q Gu, Daniela Puiu, Hao Wang, Sven O Twardziok, Karin R Deal, Naxin Huo, Tingting Zhu, Le Wang, Yi Wang, Patrick E McGuire, Shuyang Liu, Hai Long, Ramesh K Ramasamy, Juan C Rodriguez, Sonny L Van, Luxia Yuan, Zhenzhong Wang, Zhiqiang Xia, Lichan Xiao, Olin D Anderson, Shuhong Ouyang, Yong Liang, Aleksey V Zimin, Geo Pertea, Peng Qi, Jeffrey L Bennetzen, Xiongtao Dai, Matthew W Dawson, Hans-Georg Müller, Karl Kugler, Lorena Rivarola-Duarte, Manuel Spannagl, Klaus F X Mayer, Fu-Hao Lu, Michael W Bevan, Philippe Leroy, Pingchuan Li, Frank M You, Qixin Sun, Zhiyong Liu, Eric Lyons, Thomas Wicker, Steven L Salzberg, Katrien M Devos et Jan Dvořák, « Genome sequence of the progenitor of the wheat D genome Aegilops tauschii », Nature, NPG et Springer Science+Business Media, vol. 551, no 7681,‎ , p. 498-502 (ISSN 1476-4687 et 0028-0836, OCLC 01586310, PMID 29143815, PMCID 7416625, DOI 10.1038/NATURE24486).Voir et modifier les données sur Wikidata.
  9. ↑ (en) J. Dvorak, M.-C. Luo, Z.-L. Yang et H.-B. Zhang, « The structure of the Aegilops tauschii genepool and the evolution of hexaploid wheat », Theoretical and Applied Genetics, Springer Science+Business Media, vol. 97, no 4,‎ , p. 657-670 (ISSN 0040-5752 et 1432-2242, OCLC 4624238, DOI 10.1007/S001220050942).Voir et modifier les données sur Wikidata.
  10. ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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