Pacte avec le Diable (film, 1950)
Pacte avec le Diable (Patto col diavolo) est un film italien réalisé par Luigi Chiarini et sorti en 1950. Adapté d'un sujet de Corrado Alvaro, cette œuvre s'inscrit dans le courant du mélodrame sentimental alors très prisé du public italien, couramment désigné sous le terme de « strappalacrime » et ultérieurement rebaptisé « néoréalisme d'appendice ».
| Titre original | Patto col diavolo |
|---|---|
| Réalisation | Luigi Chiarini |
| Scénario | Corrado Alvaro |
| Acteurs principaux |
Isa Miranda Jacques François Eduardo Ciannelli Anne Vernon Umberto Spadaro |
| Pays de production |
|
| Genre | Film dramatique |
| Durée | 82 minutes |
| Sortie | 1950 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierL'action se déroule dans l'Aspromonte, en Calabre. Des intérêts contradictoires opposent Giacomo Mola (Eduardo Ciannelli), riche propriétaire de troupeaux, à Rocco (Luigi Tosi), possesseur de terres. L'un représente les bergers, l'autre les bûcherons. De cette rivalité naît pourtant un amour entre Marta Larocca (Isa Miranda) et Andrea Mola (Jacques François). Lorsqu'un accident fatal frappe Rocco, Mola demande la main de Marta pour son fils afin de dissiper les soupçons qui pèsent sur lui.
Fiche technique
modifier- Titre original : Patto col diavolo
- Titre français : Pacte avec le Diable
- Réalisation : Luigi Chiarini
- Scénario : Corrado Alvaro
- Costumes : Maria De Matteis
- Photographie : Carlo Montuori
- Son : Giovanni Rossi
- Montage : Mario Serandrei
- Musique : Achille Longo
- Production : Albert Salvatori
- Société(s) de production : UCE
- Société(s) de distribution : UCE
- Pays d'origine :
Italie - Langue : italien
- Genre : Film dramatique
- Durée : 82 minutes
- Dates de sortie :
Italie :
Distribution
modifier- Isa Miranda : Marta Larocca
- Annibale Betrone : le vieux Larocca, père de Marta
- Luigi Tosi : Rocco
- Eduardo Ciannelli : Giacomo Mola
- Ave Ninchi : Signora Mola, femme de Giacomo
- Jacques François : Andrea Mola
- Anne Vernon : la fille Mola, sœur d'Andrea
- Fiore Davanzati : Sarina
- Umberto Spadaro : Scoppola, le tueur
- Guido Celano : Il sottuficiale dei carabinieri
- Lamberto Picasso : le prêtre
- Camillo Pilotto : Checco Rissone
- Jacques Sernas :
- Nico Pepe :
- Alfredo Robert (it) :
- Checco Rissone :
- Saro Urzì :
- Oreste Fares (it) :
Production
modifierLe tournage des extérieurs s'est déroulé à Santo Stefano in Aspromonte. Une anecdote illustre les conditions difficiles : Isa Miranda et Jacques François furent violemment projetés hors d'un chariot tournant. François subit de légères abrasions, Miranda un tassement vertébral [1].
Analyse
modifierStyle et esthétique
modifierLuigi Chiarini aborde ce sujet avec une sensibilité formelle marquée. Le paysage calabrais, véritablement inédit, est composé en une belle unité mosaïque, malgré des prises de vue parfois éloignées de kilomètres [2]. Cependant, le réalisateur oscille entre deux intentions : l'exploration de la haine entre les puissants et ses conséquences sur les dominés, et le développement d'une histoire personnelle mélodramatique. Cette ambivalence crée une œuvre « ondoyante » où ni l'une ni l'autre visée n'atteint une expression autonome suffisante [2]. Le dialogue, alternativement très littéraire et artificiel, contraint les interprètes dans un style qui peine à trouver un ton naturel [2].
Interprétation
modifierIsa Miranda, malgré son charme, apparaît aux critiques comme la moins persuasive : mimique fatiguée, gestuelle froide, diction discordante [3]. Son interprétation, marquée par des inflexions de femme fatale, semble décalée pour incarner une bergère [4]. À l'inverse, Eduardo Ciannelli et Umberto Spadaro parviennent à donner vie à leurs personnages avec un relief savoureux [2].
Réception
modifierMostra de Venise et réactions initiales
modifierPrésenté à la Mostra de Venise le , le film essuie des critiques sévères : manque de réalisme, scénario malheureux, dialogue gonflé de préciosités mielleuses, montage inapte, asservissement complaisant à des valeurs formalistes [3]. Confronté à ces jugements, Chiarini opère des modifications au montage [2]. Cette version remaniée sort en .
Évaluation critique postérieure
modifierLes analyses ultérieures peinent à réhabiliter l'œuvre. Pour certains, le film apparaît dans toute sa fausseté inacceptable, aggravée par des attentes excessives qui ralentissent l'action. D'autres observateurs notent néanmoins des éléments positifs : la photographie excellente de Montuori, certains accents populaires [2]. Le public accueille le film avec une « glaciale courtoisie » [4].
Les recettes s'élève à 116 millions de lires [5].
Références
modifier- ↑ (it) Reggio Cal., « La Miranda ferita mentre gira un film », Stampa Sera, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 (it) M.G., « Sullo schermo », La Stampa, (lire en ligne)
- 1 2 (it) Ugo Casiraghi, « "Patto col diavolo", patto contro il realismo », l'Unità, (lire en ligne)
- 1 2 (it) Orio Caldiron, Matilde Hochkofler, Isa Miranda, Gremese, , 240 p. (ISBN 978-8876050015), p. 128
- ↑ (it) Roberto Chiti, Roberto Poppi, Dizionario del cinema italiano, Gremese, , 434 p. (ISBN 978-8876055485), p. 273
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Ernesto G. Laura et Orio Caldiron, Cinema italiano degli anni quaranta : Tra continuita e rottura. Prima serie a) Chiarini e Barbaro, b) Poggioli, Cineteca Nazionale/Quaderni di documentazione # 2, , pages 34-35, Rome, 1978.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
