Paul Lemerle

historien français

Paul Lemerle, né le à Paris 12e et mort le à Paris 13e[1], est un byzantiniste français.

Biographie

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Élève aux lycées Charlemagne et Louis-Le-Grand à Paris, Paul Lemerle fut ensuite étudiant à la Sorbonne et à l'Ecole pratique des hautes études et obtient en 1928 l'agrégation de grammaire[2]. En 1931, il est nommé membre de l'École française d'Athènes puis y occupe le poste de secrétaire général, qu'il conserve jusqu'en 1941. Maitre de conférence à la Faculté des Lettres de Dijon, de 1942 à 1947, il devient directeur d'études en histoire byzantine à l'École pratique des hautes études de 1947 à 1968. Après avoir été chargé de l'enseignement de l'histoire de l'art byzantin à l'Institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne entre 1949 et 1955, il succède en 1958 à Rodolphe Guilland dans la chaire d'histoire byzantine de la faculté des lettres de la même université[3],[4]. En 1967, il est élu professeur au Collège de France sur une chaire d'"Histoire et civilisation de Byzance" qu'il conserve jusqu'à sa retraite en 1973[5],[6].

Sa thèse principale de son doctorat d'Etat, soutenu en 1945, porta sur la ville de Philippes, en Macédoine orientale, à l'époque chrétienne et byzantine, tandis que la thèse complémentaire prenait la forme d'une édition des Actes du couvent athonite de Kutlumus[2].

Il refonda la byzantinologie française en développant les études d'épigraphie, céramologie, papyrologie, diplomatique et numismatique byzantines[7]. Très impliqué dans l'organisation de la recherche, Lemerle est selon Michel Kaplan "le véritable créateur du laboratoire de byzantinologie française, et cela de façon consciente et méthodique, à une époque où la notion de laboratoire était encore quasi inconnue pour les sciences humaines"[4]. A son arrivée à la Sorbonne il crée le Centre de recherches d’histoire et civilisation byzantines, dirigé après son départ par Hélène Ahrweiler, puis fonde au Collège de France le Centre de recherches d’histoire et civilisation de Byzance, dont l'oeuvre est poursuivie par Gilbert Dagron. Ses positions à l'Ecole pratique des hautes études, à la Sorbonne puis au Collège de France lui ont permis de constituer un réseau de byzantinistes constitué de ses étudiants français (Gilbert Dagron, Alain Ducellier, Jean-Michel Spieser, Marie-France Auzépy) et étrangers (dont les grecs Nicolas Oikonomidès et Nicolas Svoronos)[4].

Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1966, il succède à Henri Grégoire à la présidence de l'Association internationale des études byzantines de 1961 à 1971. Il est aussi membre de nombreuses sociétés savantes parmi lesquelles la Société des études byzantines et de la Société archéologique en Grèce, le Deutsches archäologisches Institut et l’Österreichische byzantinische Gesellschaft. Il est aussi membre de l’Académie d’Athènes, de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, de la British Academy, de l’Académie autrichienne des sciences, de l’Académie yougoslave des sciences et arts, de l’Académie slovène des sciences et arts, de l’Académie américaine des arts et des sciences et de la Medieval Academy of America. Il a été nommé docteur honoris causa des Universités d’Athènes, de Thessalonique et Palerme. En Grèce, il est officier de l'Ordre royal de Georges Ier et commandeur de l’Ordre du Phénix, tandis qu'en France il est officier de la Légion d’honneur et commandeur dans l’Ordre des palmes académiques[5].

Il est aussi le directeur dans les années 1950 de la "Collection historique" des éditions Aubier-Montaigne[8] puis le co-directeur, avec Robert Boutruche, de la collection "Nouvelle Clio" des Presses universitaires de France, dont les premiers volumes paraissent au début des années 1960[9].

Historien de la société byzantine et de ses institutions, il défendit l'idée d'une spécificité byzantine contre la tendance, représentée notamment par Georges Ostrogorsky, à rechercher la féodalité au sein du monde byzantin[4].

Parmi les ouvrages publiés par Paul Lemerle, Le Premier humanisme byzantin revient sur les conditions de la conservation de la culture classique dans l'Empire aux alentours du IXe siècle et du Xe siècle après une période de moindre production artistique et culturelle, due notamment à l'absence de figures marquantes et de lieux d'enseignements importants. Il revient notamment sur les grands personnages de ce premier humanisme (le second correspond aux derniers siècles de l'Empire), dont font partie notamment Léon le Mathématicien ou Photius. Il éclaire aussi sur les évolutions techniques qui ont favorisé la transcription de manuscrits avec le développement de la minuscule grecque[10],[11].

Publications

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Ouvrages

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  • Le Style byzantin, 1943
  • Philippes et la Macédoine orientale à l'époque chrétienne et byzantine, Paris, 1945 (thèse principale de doctorat)
  • L'Émirat d'Aydin, Byzance et l'Occident, 1957
  • Histoire de Byzance, 1960
  • Élèves et professeurs à Constantinople au Xe siècle, 1969
  • Le Premier Humanisme byzantin, 1971
  • Cinq études sur le XIe siècle byzantin, 1977
  • Le Monde de Byzance, 1978
  • Les plus anciens recueils des miracles de saint Démétrius et la pénétration des Slaves dans les Balkans, 1979
  • The Agrarian History of Byzantium From the Origins to the Twelfth Century, 1979
  • Essais sur le monde byzantin, 1980

Préface

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Notes et références

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  1. Fichier des décès établi par l'INSEE.
  2. 1 2 « In memoriam. Paul Lemerle (1903-1989) », Revue des études byzantines, vol. 48, no 1, , p. 337–338 (lire en ligne, consulté le )
  3. Charles Delvoye, « IN MEMORIAM: PAUL LEMERLE (22 avril 1903-17 juillet 1989) », Byzantion, vol. 60, , p. 532–537 (ISSN 0378-2506, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 3 4 Michel Kaplan, « Fondation d’une chaire et développement de l’histoire byzantine à la Sorbonne au xxe siècle », dans La France et la Grèce au XXe siècle : des archives à l’histoire, École française d’Athènes, coll. « Mondes méditerranéens et balkaniques (MMB) », , 237–250 p. (ISBN 978-2-86958-562-1, DOI 10.4000/books.efa.13580, lire en ligne)
  5. 1 2 « CTHS - LEMERLE Paul Émile », sur cths.fr (consulté le )
  6. Wolf Feuerhahn, « L’École pratique des hautes études, antichambre du Collège de France ? : Cumuler et distribuer les enseignements », dans Ma grande église et ma petite chapelle : 150  ans d’affinités électives entre le Collège de France et l’École pratique des hautes études, Collège de France, coll. « Passage des disciplines », , 275–322 p. (ISBN 978-2-7226-0549-7, DOI 10.4000/books.cdf.10344, lire en ligne)
  7. Cécile Morrisson, « Les trois derniers siècles de Byzance : décadence ou rayonnement ? », sur Canal Académie, 4 mars 2012
  8. G. Duby, « Review of Seigneurie et féodalité. I : Le premier âge des liens d'homme à homme. (Collection historique sous la direction de Paul Lemerle) », Revue Historique, vol. 224, no 1, , p. 167–169 (ISSN 0035-3264, lire en ligne, consulté le )
  9. Jean Favier, « Jacques HEERS. L'Occident aux XIVe et XVe siècles. Aspects économiques et sociaux. Paris, P.U.F., 1963. (Nouvelle Clio. L'Histoire et ses problèmes, no 23.) », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 121, no 1, , p. 310–313 (lire en ligne, consulté le )
  10. François Thiriet, « Paul Lemerle, Le premier humanisme byzantin. Notes et remarques sur enseignement et culture à Byzance des origines au Xe siècle (Bibliothèque byzantine. Études, 6), 1971 [compte-rendu] », Revue des études anciennes, (consulté le )
  11. Jean Darrouzès, « Paul Lemerle, Le premier humanisme byzantin. Notes et remarques sur enseignement et culture à Byzance des origines au Xe siècle [compte-rendu] », Revue des études byzantines, vol. 30, , p. 353-355 (lire en ligne)

Liens externes

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