Paul Meyer (philologue)

philologue et romaniste français

Marie-Paul-Hyacinthe Meyer, né le à Paris et mort le à Saint-Mandé, est un philologue et romaniste français.

Paul Meyer
Paul Meyer en 1898.
Fonctions
Directeur
École nationale des chartes
-
Président
Société de l'École des chartes
-
Cabiscòu du Félibrige (d)
-
Président
Société historique d'Auteuil et de Passy
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marie Paul Hyacinthe MeyerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Parentèle
Jean Réville (beau-frère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Maître
Distinctions

Biographie

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Ancien élève du lycée Louis-le-Grand, Paul Meyer entre directement à l’École impériale des chartes où il est élève de Francis Guessard. Il obtient son diplôme d’archiviste paléographe en 1861 avec une thèse intitulée Recherches sur la langue parlée en Gaule aux temps barbares (Ve et IXe siècles), puis la charge d’un cours libre. Après avoir soutenu sa thèse, il a été chargé la même année d'établir l'inventaire des archives de Tarascon, tache qu'il a poursuivi jusqu'en 1865 [1]. Les nombreuses modifications et amputations apportées, à son insu, à son travail au moment de son impression l'a poussé à désavouer son œuvre et à protester contre sa publication[2],[3]. En 1863, il intègre la section des manuscrits à la Bibliothèque nationale pour le compte de laquelle il est alors désigné pour effectuer de nombreuses missions en Angleterre afin d’y récupérer des documents concernant l’histoire littéraire française.

Ayant commencé par l’étude de la littérature occitane ancienne avant d’effectuer une œuvre considérable dans beaucoup de différentes sections de la littérature romane, il supplée, à partir de 1869, Francis Guessard à la chaire de langues romanes de l'École des chartes, dont il ne deviendra titulaire qu'en 1882. Il est élu, en 1876, au Collège de France, à la chaire de langue et littérature de l’Europe méridionale, qu'il conservera jusqu'en 1906. En 1882, il devient directeur de l’École nationale des chartes, dont il était déjà secrétaire depuis 1872, puis, en 1883, membre de l’Académie des inscriptions.

Paul Meyer a été considéré à son époque comme une autorité majeure sur la langue française et il compte, avec Gaston Paris, parmi les « fondateurs » de la philologie moderne en France. Il est, avec ce dernier, l’un des fondateurs de la Revue critique en 1866 et, en 1872, ils lancent ensemble une nouvelle revue, Romania, qui devait exercer une grande influence et bénéficier d’un prestige international dans le domaine des études romanes. Trois ans après, ils créent la Société des anciens textes français.

On lui doit d'avoir retrouvé en 1861 la Chronique de Jean le Bel dans un manuscrit de la Bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne, et on ne connaît à ce jour que ce seul manuscrit[4].

Paul Meyer fut un ardent défenseur d'Alfred Dreyfus et s'est engagé dès en faveur de la révision de son procès[5]. Il a témoigné de façon efficace comme expert en écriture pour la défense dans le procès en diffamation intenté contre Emile Zola après la publication de son J'accuse[6],[7],[8].

Distinctions

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Œuvres

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  • Rapports sur les documents manuscrits de l’ancienne littérature de la France conservés dans les bibliothèques de la Grande-Bretagne, 1871 ;
  • Recueil d’anciens textes bas-latins, provençaux et français, 2 parties, 1874-1876 ;
  • Alexandre le Grand dans la littérature française du moyen âge, 2 t., 1886 ;
  • L’Apocalypse en français au XIIIe siècle (Paris MS fr. 403), 1900-1, avec Léopold Delisle ;

Parmi les textes en ancien français qu’il a publiés pour la Société des anciens textes français, la Société de l’histoire de France et indépendamment :

Notes et références

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  1. René Cagnat, « Notice sur la vie et les travaux de M. Paul Meyer », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 80, , p. 230-248 (DOI 10.3406/bec.1919.448631, lire en ligne, consulté le ).
  2. Antoine Thomas, Maurice Prou et Charles Mortet, « Paul Meyer (1840-1917) », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 78, , p. 429-446 (lire en ligne, consulté le ).
  3. Paul Meyer, « Observations sur la publication de l'inventaire des archives de Tarascon-sur-Rhône », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 26, , p. 65-70 (DOI 10.3406/bec.1865.445991, lire en ligne, consulté le ).
  4. Auguste Vallet de Viriville et Ernest Desjardins, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : Comptes rendus des séances, 1861 et 1862, t. 25, (lire en ligne), p. 479-480.
  5. Jacques-Philippe Saint-Gerand, « Gaston Paris et Paul Meyer, Correspondance 1861-1903. Éd. par Charles Ridoux avec la collaboration d’Ursula Bähler et d’Alain Corbellari, coll. L’Europe des Philologues. Correspondances, Florence, Ed. del Galluzzo per la Fondazione Ezio Franceschini, 2020, 804 p. », Pratiques. Linguistique, littérature, didactique, nos 195-196, (ISSN 2425-2042, DOI 10.4000/pratiques.12512, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  6. Jean Jaurès, « Expertises contradictoires : Témoignages des savants », dans Les Preuves : Affaire Dreyfus, Paris, La Petite République, , 292 p. (lire en ligne), p. 150–155
  7. École nationale des chartes sur France Culture, Les hypothèses de Paul Meyer à la lumière de l’analyse computationnelle, 13 janvier 2020 (en ligne).
    N.B. Le portrait de Paul Meyer en entête de cette page et repris dans cet article a été dessiné lors de la huitième audience du procès Zola.
  8. Paul Meyer, « Lettre de Paul Meyer à Émile Zola datée du 5 juin 1899 », sur Collection famille Émile-Zola, (consulté le )


Annexes

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Bibliographie

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  • Genèses, n° 14, Paris, Calmann-Levy, 1901, p.  119.
  • « Nécrologie », dans Bibliothèque de l'École des chartes, 1917, no 78, p. 429-446 [en ligne]
  • Clovis Brunel, « Paul Meyer (1840-1917) », dans Annales du Midi, 1918, tome 30, no 117-118, p. 488-492 (lire en ligne)
  • Bähler, Ursula, « Être femme et philologue il y a cent ans : Maria Johanna Minckwitz écrit à Gaston Paris et à Paul Meyer », dans Engagement und Diversität: Frank-Rutger Hausmann zum 75. Geburtstag, dir. par Wolfgang Asholt, Ursula Bähler, Bernhard Hurch, Henning Krauss et Kai Nonnenmacher, Romanische Studien: Beihefte 4 (München: AVM, 2018), 47–98. Online
  • Corbellari, Alain, « Joseph Bédier vu par Paul Meyer », dans Engagement und Diversität: Frank-Rutger Hausmann zum 75. Geburtstag, dir. par Wolfgang Asholt, Ursula Bähler, Bernhard Hurch, Henning Krauss et Kai Nonnenmacher, Romanische Studien: Beihefte 4 (München: AVM, 2018), 99–106. Online.
  • Trachsler, Richard, « Les hommes, les archives, les livres : à propos du Fonds Paul Meyer conservé à la Bibliothèque Universitaire de Nancy », dans Engagement und Diversität: Frank-Rutger Hausmann zum 75. Geburtstag, dir. par Wolfgang Asholt, Ursula Bähler, Bernhard Hurch, Henning Krauss et Kai Nonnenmacher, Romanische Studien: Beihefte 4 (München: AVM, 2018), 433–444. Online.
  • Paul Meyer - Gaston Paris, Correspondance. Éditée par Charles Ridoux, avec la collaboration d’ Ursula Bähler et d’Alain Corbellari, Firenze, SISMEL - Edizioni del Galluzzo, 2020

Liens externes

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