Paul Riff

résistant français en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale

Paul Riff, né le à Strasbourg et mort le à Bondues, est un résistant français. Agent de renseignement du réseau Vélites-Thermopyles des Forces françaises combattantes, il est fusillé par les Allemands au fort de Bondues.

Biographie

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Paul Riff réside rue Marbach, au centre de Strasbourg. Étudiant, il devance l'appel en s'engageant le au 31e régiment de dragons, alors en garnison à Lunéville[1].

Mobilisé durant l'été 1939, il est capturé par l'armée allemande le en Belgique, pendant la campagne de France. Le , il est libéré comme Alsacien réputé « de souche allemande » et rentre à Strasbourg[1].

Réfugié auprès de sa mère à Bourg-Bruche, Paul Riff quitte clandestinement l'Alsace et gagne Châlons-en-Champagne, où il est interprète à la mairie. En , un ami venu de Strasbourg le sollicite pour renseigner les services allemands sur l'état d'esprit de la population en zone libre et sur les partisans du général de Gaulle. En , il se forme à la radiotélégraphie à Stuttgart ; muté à Chaumont, il est également chargé de surveiller les francs-maçons et les milieux gaullistes. En , il s'engage dans l'armée française et s'initie à l'écriture secrète. Le , il retrouve son ancien instructeur du 172e régiment d'infanterie de forteresse, à Limoges, et lui dévoile la mission qu'il mène pour le compte des Allemands. Appréhendé le jour même sur ordre du régime de Vichy, il comparaît le devant le tribunal militaire de Périgueux, qui le condamne à 20 ans de travaux forcés pour « menées contre la sûreté extérieure de l'État  », et il est incarcéré à la centrale d'Eysses[1].

Le , remis aux autorités allemandes, il est envoyé sur les chantiers de la marine de guerre allemande à Bordeaux. C'est là que, vers le milieu de l'année, son ami Lucien Werck, lui-même déjà membre, l'introduit dans le réseau Vélites-Thermopyles ; il met alors sa position à profit pour transmettre des renseignements[1],[2],[3].

Incorporé de force dans la Wehrmacht et rattaché au bureau militaire de Strasbourg, il est affecté le au 356e bataillon de grenadiers cantonné à Prassnitz, dont il est déclaré déserteur dès le mois suivant, le . Dès lors traqué, il disparaît dans la clandestinité à partir de la fin de 1943[2].

Hébergé par Jean et Lucie Danaux à Juvisy-sur-Orge, il gagne, sur ordre de son chef de secteur, le littoral du Nord avec Raymond Juchs, afin d'y recueillir des renseignements de façon itinérante ; il est plus particulièrement chargé de repérer les chantiers allemands liés aux bombes volantes V1 dans la Somme[1],[2].

Arrêté le à Amiens, il est incarcéré dans la prison de la ville. Le , l'établissement est visé par un bombardement allié (opération Jéricho) qui coûte la vie à Raymond Juchs et blesse grièvement Paul Riff. Hospitalisé le , il est transféré peu après à la citadelle d'Amiens[1],[2].

Son affaire relevant du service allemand chargé de protéger les sites de V1, il est conduit à la prison de Loos-lès-Lille pour y être jugé par le tribunal spécial du 65e corps d'armée. Cette juridiction le condamne à mort le à la citadelle de Lille et il est fusillé le jour même, en toute discrétion, au fort de Bondues, aux côtés d'un dénommé Hubsch dont on ignore tout. Il est reconnu « Mort pour la France »[2].

Lorsque les corps des 68 fusillés du fort de Bondues sont exhumés, au début de , celui de la fosse 63 demeure non identifié. Il faut attendre près de 70 ans pour que son inscription sur une liste de sépultures conduise enfin à son identification[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Le Normand 2016.
  2. 1 2 3 4 5 6 Laurent Thiery, « RIFF Paul », sur maitron.fr (consulté le )
  3. Titres, homologations et services pour faits de résistance, « Riff Paul Marie Joseph », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )

Voir aussi

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie

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  • Éric Le Normand, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA), « Les trois amis du réseau de renseignements Vélites-Thermopyles des Forces françaises combattantes », dans La Résistance des Alsaciens (DVD pédagogique), Fondation de la Résistance, département AERI, (ISBN 978-2-915742-32-9). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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