Paysages franciscains
Les Paysages franciscains, opus 43, sont trois pièces pour orchestre de Gabriel Pierné composées en 1918, inspirées des Pèlerinages franciscains de l'écrivain catholique danois Johannes Jørgensen.
| Paysages franciscains op. 43 | |
Page de titre du manuscrit autographe. | |
| Genre | musique symphonique |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 3 |
| Musique | Gabriel Pierné |
| Effectif | orchestre symphonique |
| Durée approximative | 22 min |
| Dates de composition | 1918 |
| Dédicataire | Camille Bellaigue |
| Publication | 1920 Hamelle |
| Création | Paris |
| Interprètes | Concerts Colonne, Gabriel Pierné (dir.) |
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Présentation
modifierRévélateurs de l'art de l'orchestration de Gabriel Pierné, les Paysages franciscains, illustration musicale de trois extraits des Pèlerinages franciscains de Johannes Jørgensen, sont composés en Bretagne durant l'automne 1918[1],[2]. L'œuvre, publiée en 1920 par Hamelle, porte le numéro d'opus 43[3],[2].
Le triptyque orchestral est créé le par l'orchestre des Concerts Colonne placé sous la direction de Pierné[1].
Pour Georges Masson, biographe du compositeur, « tel le peintre impressionniste captant la lumière sous son pinceau, le musicien inondera les portées d'éclairages intenses[4] ».
Instrumentation
modifierL'instrumentation requiert[5] :
| Instrumentation des Paysages franciscains |
| Bois |
|---|
| 3 flûtes (la 3e jouant aussi piccolo), 2 hautbois, cor anglais,
3 clarinettes, 2 bassons, contrebasson |
| Cuivres |
| 4 cors, 2 cornets, 2 trompettes, 3 trombones, 1 tuba |
| Percussions |
| timbales,
cymbales, triangle, tambour, grosse caisse, tam-tam, cloches-tubes |
| Claviers / cordes pincées |
| célesta, 2 harpes |
| Cordes |
| premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses |
Structure
modifierLes Paysages franciscains, d'une durée moyenne d'exécution de vingt-deux minutes environ[2], consistent en trois mouvements[2],[6] :
- Au jardin de Sainte-Claire (Couvent de Saint-Damien), « andantino » ;
- Les olivaies de la plaine d'Assise (Crépuscule d'automne), « modéré » ;
- Sur la route de Poggio Bustone (La procession), « modéré ».
Analyse et commentaires
modifierLa première pièce, qui s'ouvre sur un air de flûte « qui fait ample usage des gammes modales mineures pour traduire l'archaïsme des lieux[4] », évoque le jardin de Sainte-Claire (au couvent de Saint-Damien) :
« Le soir approche... L'air est comme doré derrière le délicat feuillage des oliviers et la fontaine murmure… J'entends au loin, dans la campagne verte, retenir l'appel monotone du coucou ; des cloches aussi tintant vaguement, comme endormies… »
Le second volet évoque les oliviers de la plaine d'Assise. La plaine est « entourée de montagnes qui reculent dans la brume bleue du soir pour finir par s'effacer tout à fait… Une grande raie de soleil tombe sur cette plaine comme sur une mer verte ». Cette page regorge d'une « saveur antique [..., ] où la mélodie s'élève, contemplative, amenant cette luminosité immobile de l'orchestre [...]. Puis, c'est l'horizon infini que décrivent, sur la trame estompée des cordes, des bois, du tam-tam roulé et de trois trombones en sourdine, les harpes et le célesta égrenant des notes lointaines dans une atmosphère diaphane[6] ».
Le mouvement final (Sur la route de Poggio Bustone) s'éclaire de « la vive lumière d'un midi italien » sous laquelle, du village en fête, surgit la Procession où alternent les fanfares et les cantiques des jeunes filles. C'est une « apothéose d'orchestre où Pierné à l'égal d'un Respighi et surpassant par un certain côté son compatriote Gustave Charpentier dans ses Impressions d'Italie, signe un album haut en couleur[7] ».
Pour Cyril Bongers, « nul tourment dans ces pages lumineuses, les anciennes angoisses cèdent définitivement la place à la méditation, à la contemplation de la nature ou au plaisir simple d'une fête religieuse[1] ». Le musicologue relève que le compositeur, « totalement dégagé de la massivité orchestrale de ses précédentes réalisations, [...] s'adonne avec une étonnante maîtrise aux subtilités impressionnistes d'un orchestre évoquant sans ambiguïtés l'œuvre de son ami Claude Debussy, mort quelques mois auparavant[8] ».
Discographie
modifier- Orchestre national des Pays de la Loire, Pierre Dervaux juillet 1978.
- Orchestre national de Lorraine, Jacques Mercier (dir.), Timpani, 2007.
- BBC Philharmonic Orchestra, Juanjo Mena (dir.), Chandos, 2015.
Références
modifier- 1 2 3 Bongers 2007, p. 4.
- 1 2 3 4 Parouty 1986, p. 581.
- ↑ Masson 1987, p. 162.
- 1 2 Masson 1987, p. 112.
- ↑ « Paysages franciscains, Op.43 (Pierné, Gabriel) », sur IMSLP (consulté le )
- 1 2 Masson 1987, p. 112-113.
- ↑ Masson 1987, p. 113.
- ↑ Bongers 2007, p. 5.
Bibliographie
modifier- Georges Masson, Gabriel Pierné, musicien lorrain, Presses universitaires de Nancy / Éditions Serpenoise, coll. « Regards » (no 18), , 166 p. (ISBN 2-86480-131-0 et 2-901647-96-0).
- Michel Parouty, « Gabriel Pierné », dans François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique symphonique, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », (1re éd. 1986), 896 p. (ISBN 2-21301638-0).
- (fr + en) Cyril Bongers, « Du parvis des cathédrales aux plaines d'Assise », p. 3-5, Timpani (1C1117), 2007 .
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :