Petit Papa Baston
Petit Papa Baston ou Les Troubles fêtes au Québec (titre original : Botte di Natale) est un film italien réalisé par Terence Hill, sorti en 1994.
| Titre québécois | Les Troubles fêtes |
|---|---|
| Titre original | Botte di Natale |
| Réalisation | Terence Hill |
| Scénario | Jess Hill |
| Acteurs principaux |
Terence Hill Bud Spencer Boots Southerland |
| Sociétés de production | Rialto Film |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie, western |
| Durée | 107 minutes |
| Sortie | 1994 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierDans l'Ouest américain, deux frères qui se détestent vont être contraints par leur mère de se réconcilier à l'occasion des fêtes de Noël.
Fiche technique
modifier- Titre français : Petit Papa Baston
- Titre original : Botte di Natale
- Réalisation : Terence Hill
- Scénario : Jess Hill
- Musique : Pino Donaggio
- Pays d'origine :
Italie,
Allemagne,
États-Unis - Genre : western, comédie
- Durée : 107 minutes
- Dates de sortie :
- Espagne :
- France :
- Italie :
- Affiche : Renato Casaro (Allemagne, Brésil, Hongrie, Italie)
Distribution
modifier- Terence Hill (VF : Jay Benedict) : Travis
- Bud Spencer (VF : Philippe Smolikowski) : Moïse
- Ruth Buzzi (VF : Danièle Hazan) : la mère
- Radha Delamarter : Janie
- Anne Kasprik (VF : Maïk Darah) : Bridget
- Eva Hassmann : Mélie
- Rooth Sutherland (VF : Benoît Allemane) : Sam Stone
- Ron Carey : le shérif Fox
- Fritz Sperberg : le shérif adjoint Joey
- John David Garfild : le photographe
- Adam Taylor : Blackjack
- Jess Hill : le commis de télégraphe
- Jonathan Tucker : Moïse Junior
- Paloma von Broadley : Jessica
Production
modifierGenèse et développement
modifierDepuis Les Super-flics de Miami, Terence Hill et Bud Spencer avaient repris leurs carrières solo et enchaîné les rôles aussi bien au cinéma qu'à la télévision. Au printemps 1993, la presse italienne annonce qu'Enzo Barboni prépare une série sur les aventures des fils de Trinita et Bambino. Terence Hill et Bud Spencer y reprendraient leurs rôles respectifs le temps du pilote de la série avant de passer le flambeau.
Cependant, les distributeurs italiens souhaitent plutôt refaire un long métrage avec le duo. Ces derniers proposent alors une idée : Don Quichotte. Les deux acteurs estiment avoir les physiques adéquats pour interpréter Alonso Quijano et son écuyer Sancho Pança. L'Unità annonce le projet en octobre 1993 mais les deux stars doivent encore attendre l'accord du réalisateur Mario Monicelli tandis que l'adaptation serait produite par Giuseppe Pedersoli, le fils de Bud Spencer. Toutefois, le scénariste Furio Scarpelli n'écrit pas une adaptation très fidèle au roman. En effet, si l'histoire démarre bien à l'époque de Cervantès, les deux protagonistes se retrouvent, par le biais d'un procédé temporel, catapultés dans le monde contemporain. Ce projet suscite beaucoup d'attention et la production obtient un budget conséquent.
Au dernier moment, Terence Hill, qui venait de tourner Lucky Luke pour le cinéma et la télévision, exprime son envie de refaire un western et de reporter le projet d'adaptation de Don Quichotte. L'acteur reçoit une proposition de son fils, Jess Hill, d'écrire un scénario pour lui et Bud Spencer. Il imagine l'histoire d'une vieille mère n'ayant pas revu ses deux fils depuis des années et souhaitant les faire revenir pour Noël. Ainsi, en pleine partie de poker, Travis reçoit une lettre de sa mère et décide de partir à la recherche de son frère Moïse, avec qui il est resté brouillé. Celui-ci est devenu chasseur de primes et père d'une famille nombreuse.
En lisant le scénario, Bud Spencer considère le concept comme un Trinita bien pensant. Si les personnages originaux étaient politiquement incorrects, Travis et Moïse sont au contraire des hommes propres, honnêtes et sans cynisme. Quant à leur mère, elle n'est plus une prostituée mais une vieille maman gâteau[1]. Bien qu'il juge ce comte de Noël un peu mièvre, Bud Spencer accepte le film juste pour le plaisir de retrouver Terence Hill.
À la demande des Pedersoli père et fils, Terence Hill accepte d'assurer la réalisation du film.
Choix des acteurs
modifierTerence Hill fait appel à plusieurs acteurs ayant joué dans les Lucky Luke. Citons notamment Ron Carey, Fritz Sperberg et Bo Gray, trois des frères Dalton ; Neil Summers qui avait déjà joué avec Terence Hill dans Mon nom est Personne puis On m'appelle Dollars, ou encore Ruth Buzzi qui a incarné Ma Dalton dans l'épisode éponyme.
Tournage
modifierLe film est tourné aux États-Unis, plus précisément dans les grands espaces du Nouveau Mexique mais aussi au Bonanza Creek Ranch où avait été construit le décor de Daisy Town pour Lucky Luke. Selon ses propres dires au New Mexico Magazine, Terence Hill a choisi cet endroit car il y appréciait beaucoup la lumière, ce que ne possédait pas forcément l'Espagne malgré ses petites villes de l'Ouest. Ayant bien retenu les leçons de ses mentors, Sergio Leone et Enzo Barboni, l'acteur-réalisateur impose un arrière-plan réaliste puis souhaite atténuer certaines couleurs afin de bien accentuer l'humour présent dans le film. De même, il insiste pour que son personnage porte des vêtements aux couleurs similaires à l'arrière-plan.
N'étant plus aussi vif et athlétique qu'autrefois, Bud Spencer (alors âgé de 64 ans) est doublé par le cascadeur américain Ronald Russel pour les scènes d'action. Les deux hommes ont commencé à travailler ensemble sur la série Extralarge puis renouvelleront leur collaboration par la suite dans la série Les Faux Frères.
Réception
modifierMalgré sa postproduction rapide, Petit Papa Baston sort comme prévu pour les fêtes de Noël 1994.
Le dossier de presse français du film demande à Bud Spencer si son duo avec Terence Hill, créé dans les années 70, pourrait encore séduire le public des années 90. L'acteur répond en expliquant que leur duo fonctionne non pas sur le comique des mots mais sur le comique de situation. Lorsqu'ils se rendent aux premières de Paris et Dresde, Terence Hill et Bud Spencer sont acclamés avec enthousiasme et sont invités, interviewés puis célébrés par les médias.
Malgré tout, le film est un échec en salles, s'inclinant même face à de solides concurrents comme Le Roi lion, The Mask, Madame Doubtfire, True Lies, La Cité de la peur, Rasta Rockett ou encore Un indien dans la ville.
En France, le film ne fait que 76 391 entrées.
Analyse
modifierBien que Petit Papa Baston impose un environnement américain, les références restent très italiennes. Par exemple, Travis libère un condamné à mort en tirant sur la corde de pendaison (comme Clint Eastwood faisait avec Eli Wallach dans Le Bon, la Brute et le Truand) tout en y ajoutant un gag lorsqu'un chien hargneux s'agrippe à sa jambe ; Les bandits font sauter le mur de la banque (à l'instar de la bande d'El Indio dans Et pour quelques dollars de plus) ; Enfin, Moïse affirme que son frère a été tué par un certain Ringo (nom du personnage mythique du western italien incarné par Giuliano Gemma).
De même, Bud Spencer reprend le chapeau melon et la peau de mouton d'On m'appelle Malabar et se fait prendre en photo avec une colombe, tout comme dans Les Quatre de l'Ave Maria. De son côté, Terence Hill tire en arrière comme Trinita. Enfin, les deux hommes se nourrissent de haricots.
Pour approfondir
modifierBibliographie
modifier- Alexandre Alfonsi et Jean-Marie Lambert (préf. Cristiana Pedersoli, fille de Bud Spencer), On l'appelle Terence Hill, Carlenco, , 200 p. (ISBN 9782958908607).
- Bud Spencer (préf. Terence Hill), Mes mille et une vies, L'éditeur à part, , 200 p. (ISBN 978-2-494780-05-7).
- Philippe Lombard, Les Aventures de Bud Spencer et Terence Hill, Pulse, , 272 p. (ISBN 9782491233235).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- (fr) Petit Papa Baston sur « Histoires de Tournages »
Notes et références
modifier- ↑ Les Aventures de Bud Spencer & Terence Hill, par Philippe Lombard, éditions PULSE, janvier 2026.