Philomène Rozan
Philomène Rozan, née Philomène Rozant le à Cognin-les-Gorges (Isère) et morte le à Villeurbanne, est une ouvrière ovaliste et l'une des meneuses de la révolte des ovalistes, la première grève menée par des femmes en France, à Lyon, durant l'été 1869.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 55 ans) Villeurbanne |
| Nom de naissance |
Philomène Rosalie Rozant |
| Autres noms |
Philomène Rozand, Rosalie Rozan |
| Nationalité | |
| Activité |
Biographie
modifierPhilomène Rosalie Rozant[Note 1] naît en 1842, et ses parents sont Joseph Rozand et Rozalie Roux, cultivateurs[1],[2]. Elle est la troisième fille d'une fratrie de sept enfants.
En 1862, devenue ouvrière ovaliste à Lyon, elle donne naissance à une fille naturelle, Christine, puis à deux autres enfants également nés hors mariage : Eugène né en 1864 et mort en 1866 à Lyon ; Catherine Antoinette, née en 1867 à Lyon et décédée à l'âge de neuf mois à l'hospice de Ferrières-sur-Sichon, dans l'Allier.[réf. souhaitée]
En , un mouvement de contestation se déclare parmi les ouvrières ovalistes. Philomène Rozan, qui travaille et loge depuis un mois chez Bonnardel, un des plus importants soyeux lyonnais, s'y rallie rapidement[3],[4]. Bien qu'illettrée, elle signe la pétition envoyée au préfet du Rhône pour l'alerter sur les conditions de travail des ouvrières, et demander augmentation de salaire et réduction du temps de travail[5]. Leurs requêtes étant refusées dans la plupart des ateliers[6], les ovalistes se mettent en grève. C'est le premier mouvement de grève ouvrière mené par des femmes en France[2].

En , Philomène Rozan devient présidente de la Commission des ovalistes, qui rejoint l'Association internationale des travailleurs[4]. À l'issue de la grève, qui se termine le , Philomène Rozan, malgré la fin de ses fonctions de présidente, est invitée par Karl Marx pour représenter la commission des ovalistes lors du congrès de l'AIT, qui doit se tenir du 6 au à Bâle. Mais elle est évincée par le journaliste Albert Richard, membre de l'Internationale, et Michel Bakounine représente les ovalistes à sa place au congrès[5]. Début octobre, Philomène Rozan se marie avec Henri Prosper Espic, un tulliste venu d'Ardèche[7], et ne fait plus parler d'elle après cette date.
Philomène Rozan meurt, toujours ovaliste, en 1897, chez elle, 91, chemin de la Viabert à Villeurbanne[8].

Postérité
modifierSources
modifier- Généalogie de Philomène Rozan et documents d'archives, FamilySearch [lire en ligne]
Bibliographie
modifier- Claire Auzias et Annik Houel (préf. Michelle Perrot), La Grève des ovalistes, Lyon, juin-juillet 1869, Payot, (ISBN 2-228-27400-3, SUDOC 000521485)
- Maryline Desbiolles, Il n’y aura pas de sang versé, Sabine Wespieser, (ISBN 978-2-84805-478-0)
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ D'après la graphie utilisée sur son acte de naissance. Son patronyme et ceux de ses enfants sont aussi orthographiés Rozand, Rosan ou encore Rosand, selon les pièces d'état civil.
Références
modifier- ↑ Acte de naissance no 14, , Cognin-les-Gorges, Archives départementales de l'Isère [lire en ligne] (vue 83/340)
- 1 2 ninarondot, « PERSONNAGE/Philomène Rozan, ouvrière ovaliste », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
- ↑ Nina Rondot et Prunelle Dauty, « Philomène Rozan, ouvrière ovaliste », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
- 1 2 La rédaction, « Qui était Philomène Rozan ? », sur Tribune de Lyon, (consulté le )
- 1 2 Vincent Bansillon, « Lyon, capitale de l’anarchisme – 1860/1890 (2/5) », sur Histoires lyonnaises, (consulté le )
- ↑ « Le Progrès : journal de Lyon, politique, quotidien », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Acte de mariage no 355, , Lyon 6e, Archives municipales de Lyon
- ↑ Acte de décès no 259, , Villeurbanne, Archives départementales du Rhône
- ↑ « Rhône. Lyon : le square Philomène-Rozan a pris ses quartiers à Vaise », sur www.leprogres.fr, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticle connexe
modifierLien externe
modifier- Notice de Philomène Rozan sur Le Maitron