Phyllanthus rouxii
Phyllanthus rouxii est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones, de l'ordre des Malpighiales et de la famille des Phyllanthaceae, décrite en 1980 par le botaniste français Jean-Fréderic Brunel. Ces plantes herbacées vivaces se distinguent par une racine pivotante fortement tubérisée et par des tiges dressées souvent rougeâtres. Elles présentent un type biologique d’hémicryptophyte considéré comme exceptionnel au sein du genre Phyllanthus.
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Clade | Angiospermes |
| Clade | Dicotylédones vraies |
| Clade | Rosidées |
| Clade | Fabidées |
| Ordre | Malpighiales |
| Famille | Phyllanthaceae |
| Genre | Phyllanthus |
- Moeroris rouxii (J.F.Brunel) R.W.Bouman, 2022
Endémique de l’Afrique de l'Ouest, l’espèce n’est connue que du Ghana et du Togo, où elle croît sur les collines ferrugineuses situées au nord de Bassar. Elle est fréquemment présentée comme la seule espèce végétale endémique du Togo[N 1].
En 2022, une révision phylogénétique de la tribu des Phyllantheae transfère l’espèce dans le genre Moeroris sous le nom de Moeroris rouxii, combinaison diversement retenue selon les référentiels taxonomiques.
Description
modifierPhyllanthus rouxii est une plante herbacée vivace, parfois qualifiée de sous-arbrisseau, qui atteint généralement de 40 à 50 cm de hauteur. Son type biologique est celui d’un hémicryptophyte : les bourgeons pérennes se maintiennent au niveau du sol tandis que les parties aériennes se renouvellent périodiquement. Ce type biologique, associé à une racine pivotante tubérisée, est décrit par Brunel comme exceptionnel pour le genre Phyllanthus, du moins en Afrique de l’Ouest[1].
La plante se développe à partir d’une souche pérenne pourvue d’une racine pivotante renflée et tubérisée pouvant atteindre environ 3 cm de diamètre. Cette structure souterraine porte des tiges dressées et relativement rigides, fréquemment colorées en rouge ou en violet du fait de la présence d’anthocyanes[2].
Répartition et habitat
modifierL’aire de répartition connue de l’espèce se limite à l’Afrique de l’Ouest, où elle est indigène du Ghana et du Togo. Au Togo, elle a notamment été récoltée dans les secteurs de Bandjéli, de Bassar et de Nawaré, près de Guérin-Kouka[1],[3].
L’espèce croît dans les savanes boisées et sur les pentes de collines rocheuses. Elle est particulièrement associée aux sols latéritiques et aux affleurements riches en fer, sur les collines ferrugineuses situées au nord de Bassar[4].
Plusieurs publications scientifiques et documents officiels togolais présentent Phyllanthus rouxii comme la seule espèce végétale endémique connue du Togo[4],[5].
Taxonomie
modifierDescription originale
modifierL’espèce a été décrite par Jean-François Brunel sous le nom de Phyllanthus rouxii, dans une diagnose publiée en 1980 dans le Bulletin de la Société botanique de France. Selon cette publication, les plantes concernées avaient été récoltées antérieurement au Ghana par des botanistes locaux et rattachées à tort à Phyllanthus sublanatus Schum. & Thonn., avant que Brunel n’établisse qu’elles appartenaient à une espèce distincte et nouvelle. Au moment de sa description, l’espèce était classée dans la famille des Euphorbiaceae[1]. Par la suite, le genre Phyllanthus a été rattaché à la famille des Phyllanthaceae[6].
Révision de 2022
modifierEn 2022, une révision de la classification phylogénétique de la tribu des Phyllantheae conduit au transfert de l’espèce dans le genre Moeroris, sous le nom Moeroris rouxii (J.F.Brunel) R.W.Bouman[6]. Cette combinaison est retenue par l’African Plant Database (mg)[2], tandis que Plants of the World Online continue de considérer Phyllanthus rouxii comme le nom accepté et Moeroris rouxii comme un synonyme[7].
Statut de conservation et menaces
modifierL’aire restreinte de l’espèce et sa localisation sur des collines ferrugineuses la rendent sensible aux activités minières menées dans la région de Bandjéli. La stratégie et le plan d’action nationaux togolais pour la biodiversité soulignent que le maintien de l’espèce dans cette zone dépend de la mise en œuvre effective des mesures prévues par les études d’impact environnemental et social des activités minières[8].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Cette qualification, courante dans les documents officiels togolais, doit être nuancée : les référentiels internationaux comme Plants of the World Online attribuent à l’espèce une aire de répartition indigène couvrant à la fois le Togo et le Ghana.
Références
modifier- 1 2 3 J.f. Brunel, « Notes sur les Phyllanthoideae (Euphorbiaceae) ouest-africaines. IV. Phyllanthus rouxii sp. nov., un Phyllanthus hémicryptophyte à pivot radiculaire tubérisé », Bulletin de la Société Botanique de France. Lettres Botaniques, vol. 127, no 5, , p. 483–491 (ISSN 0181-1797, DOI 10.1080/01811797.1980.10824478, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « African Plant Database », sur africanplantdatabase.ch (consulté le )
- ↑ (en) « Phyllanthus rouxii J.F.Brunel | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
- 1 2 Ministère de l'Environnement et des Ressources forestières, Stratégie de conservation et d'utilisation durables de la diversité biologique, Lomé, République togolaise, , 124 p. (lire en ligne
) - ↑ Ministère de l'Environnement et des Ressources Forestières, Monographie nationale sur la diversité biologique, , 166 p. (lire en ligne
) - 1 2 (en) Roderick W. Bouman, Paul J. A. Kebler, Ian R. H. Telford et Jeremy J. Bruhl, « A revised phylogenetic classification of tribe Phyllantheae (Phyllanthaceae) », Phytotaxa, vol. 540, no 1, , p. 1–100 (ISSN 1179-3163, DOI 10.11646/phytotaxa.540.1.1, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Phyllanthus rouxii J.F.Brunel | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
- ↑ Ministère de l'Environnement et des Ressources forestières, Stratégie et Plan d'Action National pour la Biodiversité du Togo (SPANB 2011-2020), Lomé, République togolaise, , 113 p. (lire en ligne
[PDF])
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-François Brunel, « Notes sur les Phyllanthoideae (Euphorbiaceae) ouest-africaines. IV. Phyllanthus rouxii sp. nov., un Phyllanthus hémicryptophyte à pivot radiculaire tubérisé », Bulletin de la Société botanique de France. Lettres botaniques, vol. 127, no 5, , p. 483-491 (DOI 10.1080/01811797.1980.10824478).
- (en) Roderick W. Bouman, Paul J. A. Keßler, Ian R. H. Telford, Jeremy J. Bruhl et al., « A revised phylogenetic classification of tribe Phyllantheae (Phyllanthaceae) », Phytotaxa, vol. 540, no 1, , p. 1-100 (DOI 10.11646/phytotaxa.540.1.1).