Pierre Biétry

personnalité politique française

Pierre Biétry, né le à Fêche-l'Église (Territoire de Belfort) et mort le à Saïgon, est un homme politique français et leader syndicaliste sous la Troisième République. D'abord socialiste et dreyfusard, il devient progressivement nationaliste à partir du début de la décennie 1900-1910.

Pierre Biétry
Illustration.
Pierre Biétry en 1909
Fonctions
Député français
–
(3 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection 20 mai 1906
Circonscription Finistère
Législature IXe (Troisième République)
Groupe politique NI
Prédécesseur Auguste Isnard
Successeur Émile Goude
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Fêche-l'Église
Date de décès (à 46 ans)
Lieu de décès Saïgon
Nationalité Française
Profession Syndicaliste

Avec Paul Lanoir, il est le principal dirigeant de la Fédération nationale des Jaunes de France de 1902 à 1912 créer en partie pour lutter contre l'influence de la Confédération générale du travail (CGT) sur le monde ouvrier.

Biographie

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Socialiste guesdiste et syndicaliste

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Né en mai 1872 à Fêche-l'Église, Pierre Biétry est jeune un aventurier qui baroude en Algérie avant de travailler dans l'horlogerie en Suisse et en Allemagne, et de se fixer dans le Doubs[1]. Embauché chez Japy, il commence par militer à gauche, adhère au Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde, puis devient secrétaire de la Fédération socialiste où il organise les syndicats. En 1899, il prend la tête d'un défilé de 4 000 ouvriers qui marchent sur Paris depuis Belfort, mais ils sont dispersés par l'armée.

Les Jaunes de France et le socialisme national

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C'est un coup d'arrêt pour lui. Il rejoint alors en 1901 l'Union fédérative des syndicats et groupements ouvriers professionnels de France et des colonies, syndicat fondé par Paul Lanoir pour tenter de fédérer le syndicalisme jaune. Il en prend rapidement la tête en [1].

En 1902, Pierre Biétry rompt avec le fondateur de l'Union fédérative des syndicats et groupements ouvriers professionnels de France et des colonies, Paul Lanoir, pour fonder la Fédération nationale des Jaunes de France puis le Parti socialiste national (PSN), dissous en 1903. Biétry prône alors la réalisation d'une renaissance nationale par la réconciliation des classes sur un programme de justice sociale[2], rejetant la lutte des classes. Il milite pour participation des ouvriers à la propriété des moyens de production dans une perspective antisocialiste (le « propriétarisme »), et contre l'anticléricalisme, principalement au sein de l'école[3]. En 1904, Biétry lance l'hebdomadaire Le Jaune, avec un tirage de 20 000 exemplaires, et crée la Jeunesse jaune de France et la Ligue des femmes françaises pour la défense des jaunes[4].

Député de Brest et fin de vie

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En 1906, il est élu député de Brest[4] ; en , il dépose un projet de loi sur la séparation des écoles et de l’État[5]. Désormais opposé farouchement au socialisme et plus généralement à l'étatisme, il prône durant cette période la séparation de l'École et de l'État ; il s'exprime, à partir de décembre 1909, au travers de son nouvel organe La Voix française : sociale, propriétiste, anti-socialiste, politique et littéraire : lutte contre les monopoles étatistes[6].

Antisémite, il écrit dans la La Voix française en mars 1910 que « le maître Édouard Drumont a toujours été accueillant et bon pour ma personne, il a toujours, dans la mesure où cela se conciliait avec l'allure politique et sociale de son journal, ouvert les colonnes de la Libre Parole à nos communiqués. Drumont ne compte, dans notre maison, que des admirateurs et des amis […] je ne puis oublier les biens que je lui dois : l'antisémitisme, c'est-à-dire une méthode d'observation, un critérium des questions sociales et politiques, grâce auquel on ne perd pas le bon chemin »[7].

Il décide de ne pas se représenter puis meurt à Saïgon en 1918[1].

Il est le grand-père maternel de Pierre Salinger, journaliste et porte-parole de John Fitzgerald Kennedy.

Publications

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  • Le Jaune, bulletin des bourses libres du travail, 1907.
  • Le Socialisme et les Jaunes.
  • Les Jaunes de France et la question ouvrière.
  • Le Trépied, 1912.

Notes et références

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  1. 1 2 3 Jean-Pierre Rioux, « Prolétaires de droite : les syndicats jaunes », L'Histoire, no 4, septembre 1978, p. 78.
  2. ↑ Jean-Charles Van Zee, « Contre le capital : Résistance nationale ! », dans Devenir , no 21, été 2002, p. 13.
  3. ↑ Pierre Biétry, La Séparation des Écoles et de l'État, Paris, Jouve et Cie, , 272 p. (lire en ligne)
  4. 1 2 Michel Jarrige, L'antimaçonnerie en France à la belle époque : personnalités, mentalités, structures et modes d'action des organisations antimaçonniques, 1899-1914, Archè,
  5. ↑ Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire, 1885-1914 : les origines françaises du fascisme, Gallimard, , 688 p. (ISBN 978-2070749294), p. 354
  6. ↑ Paul-André Delorme, « Pierre Biétry, flamboyant prolétaire de la droite nationale », Rivarol, no 3446,‎ , p. 10-11.
  7. ↑ Pierre Biétry, « Propos d'un Jaune : les désespérés et la théorie des coups », La Voix française,‎ , p. 1 (lire en ligne)

Bibliographie

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  • Christophe Maillard, Un syndicalisme impossible ? L'aventure oubliée des Jaunes, Vendémiaire, 2016, 163 p.
  • Christophe Maillard, Pierre Biétry (1872-1918) Du socialisme au nationalisme, ou l'aventure du leader des Jaunes à la Belle Époque, Pôle éditorial de l'UTBM, 2014, 206 p.
  • Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire, Le Seuil, Paris, 1978.
  • Jean-Pierre Rioux, « Prolétaires de droite : Les Syndicats jaunes », dans L'Histoire n° 4, , pp. 77-79.
  • « Pierre Biétry », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition].

Articles connexes

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Liens externes

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