Pierre Delannoy
Pierre Delannoy, né vers 1842, est connu dans la littérature catholique comme guéri miraculeusement à Lourdes d'ataxie locomotrice. Il est connu dans la littérature médico-légale comme voleur et simulateur d'ataxie locomotrice.
Guérison miraculeuse à Lourdes
modifierPierre Delannoy est né vers 1842[1].
De 1877 à 1881, il est infirmier dans différents établissements hospitaliers de Paris[2]. De 1883 à 1889, il passe encore la plus grande partie de sa vie dans les hôpitaux, non plus comme infirmier mais comme souffrant d'ataxie locomotrice[2]. Pendant cette période, il est soigné par des sommités médicales : Jean-Martin Charcot, Benjamin Ball, Antoine-Auguste Rigal, Germain Sée, Georges Dujardin-Beaumetz (ou Dujardin-Baumetz?). Les traitements sont parfois pénibles : cautérisations par Rigal, pendaisons par Dujardin-Baumetz[3].
En , Delannoy part pour Lourdes, et, le 20 de ce mois, il se déclare guéri miraculeusement de son ataxie locomotrice[4],[5]. Le docteur R. Petit, ancien interne des hôpitaux, publie dans les Annales de Notre-Dame de Lourdes de 1889-1890 une relation du cas, considéré comme d'autant mieux prouvé que le diagnostic d'ataxie locomotrice avait été avalisé par des médecins éminents[6].Le Docteur Georges-Fernand Dunot de Saint-Maclou, fondateur et alors président du Bureau des Constatations médicales des sanctuaires de Lourdes, dresse la guérison de Delannoy contre les « assertions impies de Renan »[7].
Vols, simulation et condamnation
modifierDelannoy est engagé comme jardinier chez un marquis, qu'il vole, puis il est recueilli par les pères missionnaires de Lourdes, qu'il vole aussi. De 1891 à 1893, il est placé quatre fois à l'asile Sainte-Anne comme aliéné. Le Dr Dubuisson, qui l'examine à l'asile, estime qu'il simule grossièrement l'ataxie locomotrice. Employé comme aide du pharmacien de l'asile, Delannoy vole 1 800 francs de l'époque et est arrêté. Il est examiné par le Dr Paul Garnier, médecin de la préfecture, qui conclut que l'inculpé est responsable de ses actes. Delannoy comparaît devant les assises de la Seine le et est condamné à quatre ans de prison[8],[9],[10].
Dans un livre de 2007, le Dr Patrick Theillier, alors médecin permanent au Bureau médical de Lourdes, considérait que la guérison de Pierre Delannoy était « sûre » et que son ataxie locomotrice était « parfaitement caractérisée, et reconnue successivement dans huit ou dix hôpitaux de Paris »[11]. Il ne mentionnait pas la carrière de Delannoy comme voleur et simulateur.
Pour approfondir
modifierBibliographie
modifier- Paul Garnier et Charles Vallon, « Ataxie locomotrice et folie simulée », Archives de neurologie, 2e série, t. I, (lire en ligne)
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- ↑ D'après Garnier et Vallon 1896, p. 28, en ligne, Delannoy était âgé de 53 ans quand il fut inculpé pour les faits qui lui valurent une condamnation en 1895.
- 1 2 Garnier et Vallon 1896, p. 29.
- ↑ Dr Catrin dans G.-M. Debove et Ch. Achard, Manuel de Diagnostic médical, Paris 1900, p. 570. Cité par Pierre Saintyves, La simulation du merveilleux, Paris, 1912, p. 303-304.
- ↑ Annales de Notre-Dame de Lourdes, t. 22, 1889-90, p. 143; référence donnée par Pierre Saintyves, La simulation du merveilleux, Paris, 1912, p. 204.
- ↑ Garnier et Vallon 1896, p. 28.
- ↑ Dr R. Petit, « Ataxie locomotrice progressive (myélite parenchymateuse des cordons postérieurs) datant de six années guérie subitement à Lourdes, le 20 août 1889 », Annales de Notre-Dame de Lourdes, t. 22, 1889-1890, p. 226-237, 253-262, 275-286. Référence donnée par Pierre Saintyves, La simulation du merveilleux, Paris, 1912, p. 204.
- ↑ F. De Saint-Maclou, « Les assertions impies de Renan devant un fait de Lourdes », Annales de Notre-Dame de Lourdes, t. 22, 1889-1890, p. 299-303. Référence donnée par Pierre Saintyves, La simulation du merveilleux, Paris, 1912, p. 204.
- ↑ Pierre Saintyves, La simulation du merveilleux, Paris, 1912, p. 204, qui renvoie au Dr Catrin dans G.-M. Debove et Ch. Achard, Manuel de Diagnostic médical, Paris 1900, p. 570 .
- ↑ Garnier et Vallon 1896, p. 29-33.
- ↑ Dr Dubuisson, de l'asile Sainte-Anne, rapport publié in extenso dans La médecine scientifique, no 14, février 1894 ; mentionné par Garnier et Vallon 1896, p. 30.
- ↑ Patrick Theillier, Lourdes des miracles pour notre guérison, Presses de la Renaissance, 2007, p. 72.