Pierre Jouannet

médecin français

Pierre Jouannet, né le [1], est un médecin et biologiste de la reproduction, professeur émérite à l'université Paris Descartes. Il est également militant.

Pierre Jouannet
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Fonctions
Professeur d'université (d)
Faculté de médecine de l'université Paris-Cité
-
Professeur d'université (d)
Faculté de médecine de l'université Paris-Saclay
-
Membre (d)
Biographie
Naissance
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BéziersVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Irène Jouannet (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Parti politique
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Personnes liées

Pierre Jouannet a travaillé en tant qu'enseignant à l'université Paris-Sud (UFR Kremlin-Bicêtre, 1969-1994), pour devenir, en 1994, professeur à la faculté de médecine à l'université Paris V. Il a exercé cette fonction jusqu'en 2010. Ses activités de recherche ont porté sur les aspects fondamentaux, cliniques et éthiques de la fertilité humaine et de la procréation médicalement assistée.

Biographie

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Pierre Jouannet explique que c'est en classe de terminale au lycée Henri-IV, en écoutant son professeur d'histoire Albert Soboul, qu'il a une première prise de conscience politique[2].

Après l'obtention de son bac il s'inscrit en faculté de médecine et milite pour l'indépendance de l'Algérie[2] à travers l'UNEF, principal syndicat étudiant, via l’association des étudiants en médecine de Paris, l’AGEMP[3]. A la création en 1966 du mouvement politique maoïste, marxiste-léniniste, l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes il s'y engage[2].

En 1966 ou 1967, il participe à la création d’une permanence de planification familiale dans un dispensaire de la MNEF situé boulevard Saint-Michel à Paris, avec Joëlle Brunerie-Kauffmann, gynécologue et un groupe de médecins amis[3],[2]. L'action se mène en lien avec le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF), dans un contexte où l'information sur la contraception est interdite. C'est la première fois que ce type d’activité nait en milieu étudiant[3].

Au début des années 1970 il est un des fondateurs du Groupe d'information santé[4], dont certains membres se sont investis dans leur hôpital et d’autres sur les maladies professionnelles. C'est une structure complètement informelle[3], associant des médecins, des chercheurs, et des infirmières[3].

Leur souhait est que les personnes soignées soient informées, avec les éléments qui leur permettent d’être un partenaire du médecin. Des contacts ont été pris avec les mineurs du Nord de la France pour travailler sur la silicose[3], afin de mieux la diagnostiquer et établir la causalité des conditions de travail[3], en lien avec les syndicats ouvriers[3], ce qui débouche sur le Tribunal populaire de Lens en 1970, organisé les responsables des Houillères du Nord par le Secours rouge (France) en , sous la présidence de Jean-Paul Sartre[3].

Le GIS a peu après activement soutenu le médecin généraliste Jean Carpentier suspendu un an en 1971 pour avoir rédigé un tract « Apprenons à faire l’amour »[3]. Ses militants sont alors allés distribuer ce tract à la sortie du lycée de Corbeil-Essonnes[3], où Jean Carpentier avait tenté d'aider des adolescents en difficulté. Le GIS est aussi alors une des premières organisations à alerter sur les problèmes de l’amiante, via des dossiers techniques[3].

En , Joëlle Brunerie-Kauffmann lui demande de participer à la première démonstration en France de la méthode d'avortement par aspiration dite méthode Karman. L'événement se déroule Place des Vosges, dans l'appartement de Delphine Seyrig [5], devant un groupe de féministes et militantes du MLF. La journaliste Kenizé Mourad rentrait du Bangladesh où elle avait rencontré Harvey Karman, invité par le gouvernement bangladais pour faire des démonstrations[3], puis de passage à Paris pour 24 heures et d’accord pour faire une démonstration. Karman devait prendre son avion trois heures après, Pierre Jouannet et Kenizé Mourad l'ont accompagné à Orly, ce qui a permis au médecin de le questionner[3]. A la réunion suivante du GIS, il a montré le matériel et expliqué qu'il lui semblait important de se mettre à faire des avortements, avec pour "perspective politique de changer la loi"[3]. Ils apprennent qu'à Grenoble, un groupe de médecins et d’étudiants, dont Annie Ferrey-Martin et Olivier Bernard, réalisent des avortements selon la même méthode[3] et confortent leur formation auprès de ce groupe.

Pierre Jouannet signe le manifeste des 331 médecins déclarant pratiquer des avortements et demandant l'avortement libre et gratuit que le journal Le Nouvel Observateur publie le 3 février 1973[2]. En avril de la même année il participe à la création du MLAC : Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception[6] car il ne lui semblait "pas possible que le GIS puisse gérer tout seul les conséquences" de l'action lancée[3].

A Paris, un appartement loué par le MLAC est transformé en centre d’avortement[3]. Par ailleurs, des voyages sont organisés en Angleterre et aux Pays-Bas pour que les femmes puissent avorter[3]. Son épouse Irène Jouannet est très impliquée dans cette action.

Toujours militant du MFPF, c'est lui qui rédige, la motion d'orientation sur l'avortement adoptée lors du congrès de juin 1973 et fait désormais du Planning familial un des acteurs de la lutte pour l'accès à l'avortement libre en France[7]. Il devient alors vice-président de l'association, aux côtés de Simone Iff qui en assure la présidence[2].

Dans les années 1971-1994, il a travaillé en tant que praticien au centre hospitalier de Bicêtre, où il oeuvre à la création d'un centre de contraception et d'IVG[7.1]. En 1974 il a intégré le CECOS[3] qu'il a dirigé à partir de 1989. Il a ensuite (1994-2010) exercé au sein du groupe hospitalier Cochin-Saint Vincent de Paul en tant que chef de service du laboratoire d'histologie embryologie à orientation biologie de la reproduction ; il y a également dirigé le CECOS. De 1997 à 2003, il a été le président de la fédération française des CECOS[8],[2] et vice-président du Conseil Médical et Scientifique de l’Agence de la Biomédecine de 2005 à 2008. En 2006 il devient membre du conseil scientifique de l'Institut Emilie du Châtelet[2].

Il est membre de l’Académie Nationale de Médecine et du Comité d'éthique de l'INSERM.

Il fait partie des premiers auteurs français s'étant intéressés au déclin de la qualité du sperme[9].

Ouvrages sélectionnés

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  • L'éthique corps et âme (avec Minou Azoulai). Autrement, Paris 1987
  • Juger la vie, les choix médicaux en matière de procréation (avec Marcela Iacub), La Découverte, Paris, 2001.
  • Histoires de sexe et désir d’enfant (avec Véronique Grappe-Nahoum), Le Pommier, Paris, 2004.
  • L’embryon, le fœtus, l’enfant, Assistance Médicale à la procréation (AMP) et lois de bioéthique (avec Catherine Paley-Vincent), ESKA, Paris, 2009.
  • La fertilité est-elle en danger ? (avec Bernard Jégou et Alfred Spira), Paris, la Découverte, 2009.
  • Donner et après : la procréation par don de spermatozoïdes avec ou sans anonymat, sous la coordination de Pierre Jouannet, Roger Mieusset, Paris ; Berlin ; Heidelberg, Springer, 2010.

Notes et références

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  1. (BNF 11909041)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Christine Bard et Sylvie Chaperon, Dictionnaire des féministes: France, XVIIIe-XXIe siècle, Paris, PUF, (ISBN 978-2-13-083279-9), p. 841-843
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 "Entretien avec Pierre Jouannet" paru dans Lundi matin (revue) le 7 janvier 2019 [https://lundi.am/De-mai-68-aux-avortements-clandestins-parcours-d-un-membre-du-Groupe]
  4. Valérie Lehoux, « “Annie Colère” : derrière le film, la vraie histoire des militantes pour l’avortement et la contraception », Télérama, (lire en ligne Accès payant)
  5. Pavard 2012.
  6. Bibia Pavard, « Genre et militantisme dans le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception. Pratique des avortements (1973-1979) », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 29 | 2009, DOI 10.4000/clio.9217
  7. Bibia Pavard, Si je veux, quand je veux. Contraception et avortement dans la société française (1956-1979), Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 358 p. (ISBN 9782753520264), p. 199
    1. p. 288
  8. www.institutemilieduchatelet.org
  9. (en) Jacques Auger, Jean-Marie Kunstmann, Françoise Czyglik, Pierre Jouannet, « Decline in semen quality among fertile men in Paris during the past 20 years », N Engl J Med, vol. 332, no 5, , p. 281-285 (ISSN 0028-4793, PMID 7816062, DOI 10.1056/NEJM199502023320501, lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

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Bibliographie

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Liens externes

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