Pikine Drainage Network

système de gestion des eaux pluviales

Le réseau de drainage de Pikine est un ensemble d'ouvrages de drainage et de gestion des eaux pluviales situé dans la banlieue de Dakar, au Sénégal. Il dessert des zones densément urbanisées des départements de Pikine, Keur Massar et Guédiawaye, particulièrement exposées aux inondations pendant la saison des pluies.

Le réseau s'inscrit dans le cadre du Projet de gestion des eaux pluviales et d'adaptation au changement climatique (PROGEP), puis de sa deuxième phase, le PROGEP II. Ces programmes visent à réduire les risques d'inondation dans les zones périurbaines de Dakar par la construction de canaux, de collecteurs, de bassins de rétention et d'ouvrages de voirie adaptés au ruissellement urbain[1],[2].

Contexte

modifier

Les départements de Pikine, Keur Massar et Guédiawaye font partie des secteurs les plus vulnérables aux inondations dans l'agglomération dakaroise. Leur exposition s'explique par l'urbanisation rapide, la densité de population, la faiblesse historique des réseaux d'assainissement pluvial et l'occupation de zones basses ou dépressionnaires[3].

Un plan directeur de drainage des eaux pluviales de Pikine et de Guédiawaye est préparé dans le cadre du PROGEP au début des années 2010, afin de structurer les interventions publiques contre les inondations urbaines[4].

Le PROGEP est mis en œuvre entre 2012 et 2020 avec l'appui du gouvernement sénégalais, de la Banque mondiale, du Fonds nordique de développement et du Fonds pour l'environnement mondial. Son périmètre initial concerne les villes de Pikine et de Guédiawaye, l'agglomération de Saint-Louis et le pôle urbain de Diamniadio[1].

La deuxième phase, appelée PROGEP II, est engagée à partir de 2021. Elle vise à poursuivre la réduction des risques d'inondation dans la zone périurbaine de Dakar et à renforcer les capacités de planification et de gestion intégrée des risques d'inondation dans plusieurs villes du Sénégal[2].

Description du réseau

modifier

Le réseau de drainage de Pikine comprend des collecteurs primaires et secondaires, des canaux à ciel ouvert, des bassins de rétention et des voiries en pavés autobloquants. Ces ouvrages sont destinés à collecter les eaux de ruissellement, à les stocker temporairement et à les évacuer vers des exutoires adaptés[2].

Le système repose en partie sur l'écoulement gravitaire des eaux pluviales. Cette configuration permet de limiter le recours au pompage permanent lorsque la topographie le permet, tout en réduisant les accumulations d'eau dans les quartiers les plus exposés[5].

En 2025 et 2026, les autorités sénégalaises indiquent que le PROGEP II a permis la réalisation de plusieurs dizaines de kilomètres de réseaux de drainage et de voiries en pavés autobloquants dans les départements de Pikine, Keur Massar, Guédiawaye et d'autres zones urbaines concernées[6].

Réalisations du PROGEP II

modifier

Selon le ministère sénégalais chargé de l'Hydraulique et de l'Assainissement, le PROGEP II a permis la construction de 46 000 mètres de réseaux de drainage et de 30 km de voiries en pavés autobloquants. Ces travaux concernent les départements de Keur Massar, Rufisque, Pikine, Guédiawaye, Thiès, M'bour et Saint-Louis[6].

Une mission d'appui à la mise en œuvre du PROGEP II réalisée en 2025 indique que le système de drainage du bassin versant de Keur Massar et Mbao a dépassé les objectifs prévus, avec 38 190 mètres réalisés contre 35 000 mètres prévus. Le même document signale cependant que certaines activités, comme le transfert des ouvrages à l'Office national de l'assainissement du Sénégal et la fonctionnalité du système de télégestion, n'étaient pas encore réalisées à cette date[7].

Enjeux d'entretien

modifier

Le bon fonctionnement du réseau dépend de son entretien régulier. Les principaux risques identifiés concernent l'ensablement des canaux, l'accumulation de déchets solides, l'obstruction des regards, l'occupation des emprises de drainage et la difficulté de maintenir les ouvrages en état pendant les épisodes de fortes pluies.

La Banque mondiale relève aussi que la maintenance, le curage des canaux, le transfert des ouvrages aux structures chargées de leur exploitation et la mise en service des systèmes de suivi restent des enjeux importants pour la durabilité des investissements[7].

Notes et références

modifier
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pikine Drainage Network » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 « Le Projet de gestion des eaux pluviales et d'adaptation au changement climatique », sur Ministère des Collectivités territoriales, de l'Aménagement et du Développement des territoires (consulté le ).
  2. 1 2 3 « Projet de gestion des eaux pluviales et d'adaptation au changement climatique — PROGEP II », sur Agence de développement municipal (consulté le ).
  3. ↑ « Vers une gestion durable des risques d'inondations dans la banlieue de Dakar », sur Banque mondiale, (consulté le ).
  4. ↑ « Sénégal : inondations urbaines » [PDF], sur Global Facility for Disaster Reduction and Recovery, (consulté le ).
  5. ↑ « Visite de terrain : l'ADM s'engage pour une gestion durable des inondations », sur PressAfrik (consulté le ).
  6. 1 2 « Première réunion du comité de pilotage de la phase 2 du PROGEP », sur Ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal (consulté le ).
  7. 1 2 « Mission d'appui à la mise en œuvre du Projet de gestion des eaux pluviales et d'adaptation au changement climatique — PROGEP II » [PDF], sur Banque mondiale, (consulté le ).

Voir aussi

modifier