Place Sainte-Catherine (Bruxelles)
La place Sainte-Catherine (en néerlandais : Sint-Katelijneplein) est une place de Bruxelles, capitale de la Belgique.
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Situation et accès
modifierCette voie de la région de Bruxelles-Capitale située sur le territoire du Pentagone de la ville de Bruxelles est actuellement en deux parties distinctes, située devant et derrière l'église. Elle est le point de jonction des quais au Bois à Brûler et aux Briques, des rues de Flandre, du Vieux Marché aux Grains, Sainte Catherine, Melsens, Joseph Plateau, de la Vierge Noire, de l'Évêque, de Laeken et la place du Samedi.
Elle est bordée de nombreux édifices remarquables, tels que la tour Noire. Sur la place se trouve également l'église Sainte-Catherine.
La station de métro Sainte-Catherine a été mise en service en 1976 sur la place voisine du marché aux Poissons. Elle est desservie par les lignes 1 et 5.
Origine du nom
modifierLa place Sainte-Catherine se situe autour de l'Église Sainte-Catherine de Bruxelles.
Historique
modifierLa place Sainte-Catherine fut aménagée vers la fin du XIXe siècle, à l'endroit où se situaient les grands bassins de Sainte-Catherine jusqu'en 1853.
Le bassin de Sainte-Catherine
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La Belgique, malgré son emplacement adossé à la mer du Nord, manquait de voies maritimes et avait donc besoin de bassins tels que celui de Sainte-Catherine afin d'étendre son commerce[1].
Le bassin de Sainte-Catherine ainsi que celui des Barques et des Marchands formaient le port intérieur dans l'enceinte de Bruxelles. Cette voie navigable fut déjà promulguée par Marie de Bourgogne en 1477 mais n'est entreprise que pendant le règne de Charles Quint. Le bassin de Sainte-Catherine qui longeait la première enceinte de la ville fut creusé en 1564. Ce dernier deviendra l'endroit le plus fréquenté du port[1],[2].
La fonction principale des bassins était économique, axée sur le transport de marchandises, ce qui expliquait qu'elle soit la voie maritime la plus empruntée de l'époque. Précisons que chaque bassin avait sa spécificité[3].
Le canal de Willebroeck
modifierLe canal reliant Bruxelles à Willebroeck, dont la construction fut terminée en 1561, est l'un des plus anciens de Belgique et d'Europe. Au début du XVe siècle, l'idée de créer un canal reliant Bruxelles et Anvers, en passant par le fleuve de l'Escaut, a germé chez les Bruxellois. Anvers devenant un pilier dans le commerce maritime, une clé pour la croissance économique de Bruxelles. Le gouvernement central y voyait un bon investissement. En 1477, Marie de Bourgogne a donné l'autorisation à Bruxelles pour la construction du canal, confirmé par la suite par l'empereur Charles Quint en 1531[2],[4].
Les travaux ont débuté environ 20 ans après, à partir de Bruxelles et sous la direction du bourgmestre Jan de Locquenghien de Koekelberg. La dépense pour la construction était de 800 000 florins. Afin de pouvoir payer, la ville de Bruxelles a contracté des emprunts et a instauré de nouveaux impôts[5],[4].
Au cœur de Bruxelles, plusieurs quais furent rapidement aménagés dont celui du bassin de Sainte-Catherine après l'ouverture du canal[4].
Le bombardement de 1695
modifierLes bombardements du centre de Bruxelles par les troupes de Louis XIV ont marqué la fin du XVIIe siècle. Cet évènement dramatique dura du 13 au qui a conduit à plusieurs incendies dévastateurs. On a constaté une renaissance de l'architecture baroque à cette époque[6].
À la suite des bombardements de Louis XIV, une obligation préalable pour construire autour de la Grand-Place devient nécessaire. De plus, l'endroit garde le même canevas[2].
Remblaiement du bassin de Sainte-Catherine
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Le cœur des transactions commerciales se situait au bassin de Sainte-Catherine jusqu'au milieu du XIXe siècle. Lors de la création du canal de Willebroeck, les bassins se sont vus remblayer[3]. Sur base de l'intérêt général de la ville et du commerce, il a été estimé que les bassins n'étaient plus nécessaires dans la mesure où ils avaient perdu leur utilité[1].
Le remblaiement résultait également de l'apparition des chemins de fer en 1835, la première ligne de chemin de fer entre Bruxelles et Malines. Les chemins de fer sont devenus la plaque tournante de l'essor commercial de la ville ainsi que le principal moyen de transport de marchandises. Le développement rapide des voies ferrées a facilité le développement des activités industrielles tout au long du XIXe siècle. On constate par la suite que les bassins ont été remblayés tandis que les chemins de fer sont toujours d'actualité[1].
Architecture et monuments
modifierLa tour Noire
modifierÀ proximité de l'église Sainte-Catherine se situe la tour Noire, vestige de la première enceinte de Bruxelles datant du XIIIe siècle[7]. Elle fut construite sur le quai longeant le bassin de Sainte-Catherine[1]. Actuellement intégrée dans l'hôtel Novotel-Tour Noire[6], ce monument historique est classé.
L'église Sainte-Catherine
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Sur le même site que l'actuelle église Sainte-Catherine se trouvait l'ancienne chapelle Sainte-Catherine qui fut construite dans la première enceinte de Bruxelles autour de l'an 1200. Cette chapelle a été complètement détruite en 1893[8].
L'actuelle église Sainte-Catherine s'érige sur la place portant le même nom. Elle fut construite sur l'un des bassins de l'ancien port de Bruxelles, à savoir celui de Sainte-Catherine, entre 1854 et 1874, par Joseph Poelaert, l'architecte du palais de justice[8]. Elle tire à la fois ses influences des styles gothique, roman et Renaissance[6].
L'église se localise dans une rue commerçante composée de belles maisons qui aboutit au marché aux Poissons. La tour Noire se situe sur l'un des flancs de l'église[1].
Le marché aux Poissons
modifierLe marché aux Poissons, est une place qui se situe au nord-ouest de la place Sainte-Catherine[6] et est parfois confondu avec elle. À cet endroit se trouvait aussi un ancien bassin, on peut l'attester de par « deux petites pièces d'eau rectangulaires rappelant l'ancienne vocation des lieux »[6].
Le quartier des anciens quais demeure reconnaissable, au sud du marché aux Poissons entre le quai des Briques et le quai au Bois à Brûler, actuellement piéton. De nos jours, diverses activités, tels que des marchés, s'y déroulent[6].
Évolutions économiques
modifierGrâce à la mise en place du port interne de Bruxelles, notamment dû au canal de Willebroeck, l'activité économique de la ville se développait considérablement. L'essor économique était principalement dû au transport maritime de marchandises. En conséquence, les quartiers de Sainte-Catherine ont connu une activité artisanale, industrielle et commerciale fulgurante[2].
En 1950, l'église Sainte-Catherine était en mauvais état et Bruxelles a connu une augmentation du trafic automobile. Il s'est vu la nécessité croissante de créer des parkings. En 1954, le Conseil communal a développé un projet de parking à ciel ouvert qui entraina la suppression du marché aux Poissons. C'est alors qu'en 1957, le Conseil communal était dès lors favorable à la destruction de cette église qui constituait un complexe idéal à la réalisation de ce projet. De plus, elle constituait un obstacle pour les automobilistes, ne permettant pas d'accéder au centre de la ville[1].
Développements socio-culturels
modifierVerrerie
modifierLa place Sainte-Catherine fut explorée en 1968 : cinq verres de la fin du XVIe siècle, ou du XVIIe siècle ont été trouvés à l'extrémité de la place. Cette découverte vient enrichir le patrimoine verrier de Bruxelles[9].
Marchés aux poissons, fruits et légumes
modifierQuotidiennement, un marché de fruits et légumes anime la place, notamment à l'heure du déjeuner.
Horeca et commerces
modifierLe quartier de la place Sainte-Catherine est bordé de restaurants. La plupart d'entre eux proposent du poisson ou des fruits de mer et ils sont réputés être les meilleurs de la ville. Ceci s'explique en raison du passé maritime de la place Sainte-Catherine qui est le lieu des bassins de l'ancien port de Bruxelles ainsi que de son ancien marché aux Poissons[6].
Plaisirs d'Hiver et marché de Noël
modifierChaque année la place Sainte-Catherine accueille des milliers de visiteurs pour les « Plaisirs d'Hiver » dont le marché de Noël. Les différentes places de Pentagone, dont la place Sainte-Catherine, sont occupées par plus de 200 chalets pour le marché de Noël, des jeux d'attractions et une patinoire pour les fans de glace[10].
Bibliographie
modifierSources papiers
modifier- Chantal Fontaine , La verrerie dans les anciens Pays-Bas : Bilan des trouvailles archéologiques à Bruxelles (XIVe-XVIIe S.), Bruxelles, Institut Royal du Patrimoine Artistique, s. d., pp. 227 à 229.
- Colette Huberty et Paulo Valente Soares, Le quartier Sainte-Catherine et les anciens quais, Bruxelles, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, service des Monuments et Sites, s. d..
- Jacques Reybroeck et Denise Brons, Le Patrimoine monumental de la Belgique, Volume 1, Bruxelles, Pierre Mardaga, , p. XXII et L.
- Claire Dickstein-Bernard, « Les lointaines origines de la Chapelle Sainte-Catherine à Bruxelles », Revue belge de philologie et d'histoire, nos 85-2, , p. 279-293 (lire en ligne).
Sources électroniques
modifier- « Rue, place, quartier… - Place Sainte-Catherine », sur www.petitfute.com (consulté le )
- « Plaisirs d'Hiver et marché de Noël 2021 », sur bruxelles.be via Internet Archive, (consulté le )
- Jacques Dubois, « Catherine d'Alexandrie sainte », sur universalis.fr (consulté le )
- « Les bassins », sur reflexcity.net (consulté le )
- (nl) « Kanaal Brussel-Willebroek », sur Discover Brussels - Brussel Ontdekken -…, (consulté le )
- https://www.cityzeum.com/la-place-sainte-catherine
- (en) « Episode 2 - Sainte Catherine (Bruxelles) » [vidéo], sur YouTube (consulté le )
- « Sainte-Catherine, l'anti-catherinette », sur Olim et nunc (consulté le )
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Huberty et Valente Soares s. d..
- 1 2 3 4 Reybroeck et Brons 1989.
- 1 2 S. N., « Bassin Sainte-Catherine », sur reflexcity.net, s. d. (consulté le ).
- 1 2 3 (nl) S. N., « Kanaal Brussel-Willebroek », sur discoverbrussels.wordpress.com, (consulté le ).
- ↑ S. N., « Episode 2 - Sainte Catherine (Bruxelles) », sur youtube, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 S. N., « Place Sainte-Catherine », sur petitfute.com, s. d. (consulté le ).
- ↑ S. N., « La place Sainte-Catherine à Bruxelles : visite, infos, avis, prix… », sur cityzeum.com, s. d. (consulté le ).
- 1 2 Dickstein-Bernard 2007.
- ↑ Fontaine, Chantal, La verrerie dans les anciens Pays-Bas : Bilan des trouvailles archéologiques à Bruxelles (XIVe-XVIIe siècle), Bruxelles, Institut Royal du Patrimoine Artistique, s. d., pp. 227 à 229.
- ↑ S. N., « Plaisirs d'Hiver et marché de Noël 2020 », sur bruxelles.be, s. d. (consulté le ).