Place Victoría (Athènes)
Place Victoría (en grec moderne : Πλατεία Βικτωρίας / Platía Viktorías) est le nom d'une grande place rectangulaire d'Athènes, en Grèce, ainsi que le nom du quartier qui l'entoure.
| Noms locaux |
(el) Πλατεία Βικτωρίας, (el) Πλατεία Κυριακού |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Agence publique |
Administration décentralisée de l'Attique (en) |
| Périphérie | |
| District régional | |
| Municipalité | |
| Coordonnées |
La place
modifierOrigine du nom
modifierLe nom place Victória a été donné à la place en 1864, pour honorer la rétrocession à la Grèce des îles Ioniennes par la reine Victoria, reine du Royaume-Uni, qui est survenue le 21 mai 1864. Cette rétrocession britannique se fait comme cadeau pour l'intronisation du nouveau roi de Grèce, neveu de la reine, le prince Guillaume de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg du Danemark, plus tard Georges Ier de Grèce. Suivant l'abolition de la monarchie en 1924 et l'avènement de la deuxième république, on se débarasse des symboles royaux et la place prend le nom de place Kyriakoú (Πλατεία Κυριακού / Platía Kyriakoú)[1]. Ce nom honorerait, selon les sources, Pavlos Kyriakós[1], professeur de médecine et fondateur de l'hôpital du cancer d'Athènes, ou bien Panagís Kyriakós[2], maire d'Athènes, de 1870 à 1879. Malgré le changement, le nom Victória continue d'être utilisé, même pour l'arrêt de tram sur la place. Avec le retour de la monarchie en 1935, le nom royal revient définitivement[1]. Il n'est pourtant pas rare que certaines cartes récentes utilisent le nom Kyriakoú, ou que certains riverains reçoivent leurs factures d'eau ou d'électricité comme résidents de la place Kyriakoú.
Situation
modifierLa place Victoría est délimitée, à l'ouest, par la rue Aristotélous et, à l'est, par la rue du 3 Septembre (el), deux rues parallèles a la grande artère nord-sud Patissíon. La place coupe la rue Chéyden (est-ouest) en deux. La rue piétonne Elpidos rejoint le nord de la place.
Transports
modifierLa station de métro Victória de la ligne 1 du métro se trouve sous la place. À l'horizon 2045, cette station devrait aussi accueillir une autre ligne de métro (ligne 5), circulaire, qui assurerait les correspondances avec toutes les autres lignes du réseau[3].
Une station de recharge de vélos électriques, dans le cadre d'un réseau municipal de vélopartage[4], a été installée sur la place, et l'appel d'offre d'exploitation a été lancé en septembre 2026[5].
Monument
modifierAu centre de la place se trouve l'ensemble sculptural Thésée sauvant Hippodamie (el) de Johannes Pfuhl (en) (1846-1914).
Le quartier
modifierHistoire
modifierAutour de la place, le quartier homonyme s'est développé à partir des années 1870[2]. A partir des années 1940, le quartier était l'un des plus recherchés d'Athènes, comparable à celui de Kolonáki. Progressivement, à partir des années 1980, il commence à décliner, en grande partie à cause de son abandon par ses habitants d'origine, pour devenir un quartier généralement considéré comme délabré et confronté à des problèmes de criminalité[6]. Occupé par des squats et un camp d'immigrants illégaux, à même la place Victoría[7], durant les années de crise, le quartier semble amorcer une mutation dans les années 2020[2]. Pour le quartier Victória, comme pour de nombreux quartiers du centre d'Athènes, se pose la question de la ré-habitation du centre-ville et de la politique urbaine à mettre en oeuvre. Touristification, gentrification et justice socio-spatiale sont les questions afférentes aux interventions de rénovation[8].
Rénovation
modifierJouxtant le quartier de Mousío, le quartier bénéficie d'un regain d'intérêt en terme de rénovation des infrastructures. Un plan d'élargissement du musée archéologique national par l'architecte star David Chipperfield, prix Pritzker 2023, prévoit des aménagements urbains[9] pour créer un axe culturel incluant aussi l'Acropole, l'université polytechnique nationale d’Athènes et le Champ de Mars (Pedion tou Areos). Le bâtiment iconique de OTE, l'opérateur historique grec des télécommunications, est en cours de rénovation pour recentraliser son musée des télécommunications.
Des projets de pistes cyclables sont à l'étude dont l'axe principal emprunterait la rue du 3 Septembre et traverserait donc le quartier dans son axe nord-sud, venant de Kifissia et continuant jusqu'à la baie de Faliro, en passant par Monastiráki[10]. Des perpendiculaires seraient amenagées pour rejoindre cet axe[11].
Découpage administratif et situation
modifierLe quartier "Plateia Viktorias" est un de 144 quartiers du dème d'Athènes, qui avec les quartiers "Aristotelous", "Agios Panteleimon", et "Plateia Attikis" forment le district municipal "Plateia Attikis", lui même un des 7 districts municipaux de la communauté municipale 6.
Ce quartier a la forme d'un trapèze rectangle d'environ 19,5 hectares. Ses côtés nord-sud sont les grandes artères rue Acharnon (à l'ouest) et rue Patissíon (à l'est), et, perpendiculaires à cette dernière, les axes ouest-est sont les rue Ioulianoú au sud et Kodrigktonos au nord[12]. Ainsi, le sommet nord-ouest touche la place de l'église Saint Panteleimon, alors que le sommet sud-est touche la place Egýptou.
Bâtiments remarquables
modifier- La tour OTE, immeuble de 58 mètres de l'architecte Kóstas Kitsíkis (el), considéré comme un archétype de l'architecture moderniste athénienne des années 1960
- La Villa Amalia (en)
- L'immeuble Oikonomidis (30 rue Cheyden), construit en 1936-1938, de l'architecte Dimítrios Pikiónis (en)[2]
- L'immeuble Patsakov (12 rue Cheyden), typique du mouvement moderniste, où l'écrivain Ménis Koumantaréas vécut de 1936 à 1980[2]
- 69 rue Aristotelous[13], un immeuble construit en 1927 pour une famille de la diaspora grecque[14], et qui accueille depuis 1974 une école de musique
- Immeuble Iasonídou (69 rue Patissíon) de style néo-baroque qui accueille la Confédération Générale des Travailleurs de Grèce depuis 1940[15]
Culture
modifierL'écrivain Ménis Koumantaréas a vécu de 1936 à 1980[2] dans le quartier.
L'écrivaine Sofka Zinovieff a placé l'intrigue de son roman Stealing Dad, paru en 2025, dans le quartier Victória, où la protagoniste, Iris, réside[16].
Notes et références
modifier- 1 2 3 (el) « Γιατί η Πλατεία Βικτωρίας ονομάστηκε έτσι, μετά έγινε Πλατεία Κυριακού και μετά ξανά Πλατεία Βικτωρίας; — Sportime », Sportime, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (el) « Κάτι καλό συμβαίνει στην πλατεία Βικτωρίας », sur AthensVoice, (consulté le )
- ↑ (el) Newsroom, « Athens Metro: New Circular Line 5 Planned With 21–23 Stations », sur Ypodomes.com, (consulté le )
- ↑ (en-US) Βασιλική Μπελλιά, « “Upgrade Athens”: A model of digital transformation centered on people, participation, and inclusion », sur Diversity news, (consulté le )
- ↑ (el) ΔΗΜΗΤΡΙΟΣ ΒΑΣΙΛΑΚΗΣ, « 17/09/2026: Δημόσια, φανερή, προφορική, πλειοδοτική Δημοπρασία για την Εκμίσθωση Δικτύου Ηλεκτρικών Ποδηλάτων του Δήμου Αθηναίων », sur Δήμος Αθηναίων, (consulté le )
- ↑ (el) Dimitris Athinakis, « Η γερασμένη πλατεία Βικτωρίας και οι… φυλές της » [« La vieillissante place Victoría et ses... gangs »], sur le site kathimerini.gr, (consulté le ).
- ↑ (en) « Victoria Square: 'Greece and Europe have failed, together' », sur InfoMigrants, (consulté le )
- ↑ (en) Dimitra Siatitsa, « Re‑inhabiting central Athens: urban planning, housing and the claim for socio‑spatial justice », Bulletin de correspondance hellénique moderne et contemporain, École française d’Athènes, no 7, 2022/déc./31, p. 7–29 (ISSN 2732-6535, DOI 10.4000/bchmc.1105, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « Greece Approves Urban Plan for National Archaeological Museum Expansion | GTP Headlines », GTP Headlines, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (el) tovima.com, « Greater Athens’ Long-Delayed Northern Cycling Corridor Still Years Away », sur tovima.com, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Bill Giannopoulos, « Cycle Paths Are Coming to Athens: Which Neighbourhoods Will See the Biggest Changes? Greek City Times », sur Greek City Times, (consulté le )
- ↑ (en) « Municipal Neighbourhoods - City of Athens », sur gis.cityofathens.gr (consulté le )
- ↑ (el) « Αριστοτέλους 69 », sur Monumenta (consulté le )
- ↑ (el) « Εγκαταστάσεις », sur Απολλώνιο Ωδείο (consulté le )
- ↑ (el) Άλκηστις Κοϊνάκη, « Πλατεία Αιγύπτου: Πώς είναι σήμερα η άλλοτε αρχοντική πλατεία δίπλα στο Πεδίον του Άρεως », sur CNN.gr, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Sofka Zinovieff, « ‘The air resounds with a Babel’s Tower of languages’: why I wrote a novel based in Victoria Square, Athens », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )