La Pointe du Moulinet est un promontoire rocheux situé à l’extrémité orientale de la commune de Dinard, dans le département d’Ille-et-Vilaine. Elle sépare la plage de l’Écluse de la côte de la Malouine et constitue l’un des noyaux historiques du développement balnéaire de la ville à partir du XIXe siècle. Elle est également réputée pour sa vue panoramique sur la mer[1], Dinard et Saint Malo.

Pointe du Raz
Dinard, promenade des alliés et pointe du Moulinet (1927)
Dinard, promenade des alliés et pointe du Moulinet (1927)
Localisation
Pays France
Région Bretagne, Finistère
Coordonnées 48° 37′ 06″ nord, 2° 04′ 56″ ouest
Mer
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Pointe du Raz
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
(Voir situation sur carte : Bretagne (région administrative))
Pointe du Raz
Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine
(Voir situation sur carte : Ille-et-Vilaine)
Pointe du Raz

La Pointe du Moulinet est un site inscrit par arrêté du 5 novembre 1945[2].

Toponymie

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La toponymie de la Pointe du Moulinet provient de la présence ancienne d’un moulin qui aurait occupé ce promontoire dominant l’estuaire de la Rance[3]. Le terme « Moulinet » en dérive et évoque un petit moulin. Avant le développement de la station balnéaire au XIXᵉ siècle, le site accueillait aussi quelques maisons de pêcheurs, inscrivant la pointe dans un paysage modestement habité et tourné vers les activités maritimes. Avec l’essor de Dinard comme station de villégiature, ce toponyme est conservé.

Géographie

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La Pointe du Moulinet est un éperon rocheux situé au nord-est du centre de Dinard, en bordure de l’estuaire de la Rance et de la Manche[4]. Elle forme une avancée naturelle entre la plage de l’Écluse et le port, offrant un relief granitique escarpé typique de la Côte d’Émeraude. Ce paysage littoral combine affleurements rocheux, jardins en terrasses et sentiers de promenade, structurant une transition entre espace naturel et urbanisation balnéaire.

Vers l’est, le site offre une vue sur Saint-Malo et ses remparts, dont la silhouette domine le littoral. Sur la gauche de la cité et la prolongeant vers la mer, deux ilots accessibles à marée basse sont visibles : le Grand Bée, sur lequel se trouve la tombe de Chateaubriand et le Petit Bée sur lequel se trouve un fortin qui se visite l'été. Vers le sud, entre Saint-Malo et la pointe du Moulinet, l’estuaire de la Rance pénètre dans les terres, marquant une transition paysagère entre l’environnement maritime et fluvial[5]. Face à l'observateur, plein nord et de droite à gauche, on reconnaît au loin l'îlot fortifié de la Conchée puis, très proches, l'île de Cézembre avec sa belle plage de sable clair et l'île Harbour surmontée de son vieux fort militaire du XVIIe et XVIIIe siècle. Enfin, Vers l'ouest, on distingue parfaitement dans le lointain la longue langue de terre du cap Fréhel qui s'avance dans la mer.

Site historique

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Le site occupe une position stratégique à l’entrée occidentale de l’estuaire de la Rance, face à Saint-Malo. Dès le Moyen-Age, le site accueille le Château de la seigneurerie de Dinard[6].

Il occupe une position stratégique dans la défense côtière, ayant historiquement servi de point de surveillance et de protection contre les incursions et attaques anglaises le long de la baie[7].

Un premier ouvrage défensif, une batterie, y est établi à la fin du XVIIe siècle : un fort ou corps de garde attribué au système de défense côtier développé sous Vauban après 1691, dans le contexte du renforcement des défenses malouines sous le règne de Louis XIV[8]. Des vestiges de cet ancien fort Vauban demeurent signalés dans la topographie de la pointe et dans certains murs intégrés aux aménagements ultérieurs.

La Pointe du Moulinet en 1914

En 1889, les canons du Fort sont détruits[9].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la villa connue sous le nom de Château Coppinger, située à la pointe du Moulinet à Dinard, est réquisitionnée et occupée par les forces allemandes, comme plusieurs grandes demeures du littoral breton. Cette occupation s’inscrit dans le dispositif de contrôle du littoral atlantique mis en place par l’armée allemande pour sécuriser la zone côtière et surveiller les accès maritimes, dans le contexte de la fortification du mur de l’Atlantique et de l’occupation de la Bretagne stratégique[10],[11].

L’urbanisation de cette pointe rocheuse s’est développée de manière spontanée, au gré des envies de ses premiers propriétaires, sans véritable plan d’ensemble ni direction architecturale unifiée. En même temps que la transformation de Dinard en station balnéaire prisée de l’aristocratie et de la bourgeoisie fortunée au XIXᵉ siècle, cette liberté a favorisé l’émergence d’une grande diversité de constructions et de fantaisies architecturales. Les villas mêlent ainsi influences et références aux styles du passé, dans l’esprit très en vogue des courants « néo » : néo-gothique, néo-classique ou encore néo-malouinière[8].

Les Faber étaient une famille anglo-américaine parmi les premiers villégiateurs britanniques installés à Dinard au milieu du XIXᵉ siècle. William Faber puis son épouse Lyona Faber ont largement contribué au développement de la Pointe du Moulinet et à l’essor de Dinard comme station balnéaire fréquentée par la clientèle britannique[12]. La famille fit notamment don du terrain destiné à la construction de l’église anglicane Église Saint Bartholomew, devenue un symbole de la présence anglaise dans la ville[8].

Un chemin de ronde est aménagé pour faire le tour de la Pointe[12].

Site architectural

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Sa position surélevée et sa vue panoramique en ont fait un lieu privilégié au XIXe siècle pour la construction de somptueuses villas balnéaires Belle Epoque, dont:

  • Le Château des Deux-Rives : Le comte joseph Rochaïd Dahdah, un des plus grands promoteurs de Dinard à la fin du XIXe siècle[13], le fait construire en 1878. Cette villa néo-gothique est qualifiée de "deux-rives" car elle surplombe à la fois les rives de Saint-Malo et de Dinard. Il sera vendu après la première guerre mondiale au comte de La Rochefoucauld et son épouse née Darblay. C'est aujourd'hui un immeuble privé divisé en plusieurs appartements résidentiels[14].
  • La Villa La Garde : Elle est construite par Jacques Hennessy, le fils du fondateur de la maison Hennessy en 1897. C'est une réinterprétation du château médiéval de style Tudor de Wakehurst Hall. Elle est parfois surnommée "Villa Hennessy". C'est la plus grande villa de Dinard, elle reste aujourd'hui une propriété privée.
    Villa La Garde
  • La Villa "Granit House" : En 1923, Jacques Hennessy établit une seconde villa sur la Pointe du Moulinet, la Granit House. Elle est inspirée de l'architecture religieuse médiévale[11].
  • La Villa Saint-Germain, précédemment connue sous le nom de Villa de Mortemart, est construite à l'Est de la Pointe du Moulinet en 1861 avec une vue aux quatre coins cardinaux. Elle appartenait à la même famille pendant 5 générations mais fut vendue en 2020[11].
  • Le Château Coppinger[15], construite en 1858, est l'une des premières villas balnéaire de Dinard. Son premier propriétaire, James Erhart Coppinger, est propriétaire privé anglo-saxon installé à Dinard, à une époque où commence tout juste le développement de la ville en comme station balnéaire fréquentée par les Britanniques et les Irlandais fortunés.

L'Église anglicane Saint Bartholomew est un lieu de culte construit à la fin du XIXᵉ siècle pour répondre aux besoins de la communauté britannique installée sur la Côte d’Émeraude. Édifiée en 1886, elle s’inscrit dans le développement de Dinard comme station balnéaire prisée par l’aristocratie et la bourgeoisie anglaises. De style néo-gothique sobre, elle est dédiée à Saint Bartholomew et reste un témoignage important de l’influence culturelle britannique dans la ville à cette époque, accueillant encore aujourd’hui des offices anglicans et des événements œcuméniques[11].

La Porte d'Emeraude, percée vers 1910[14], est un aménagement du littoral situé au niveau du Bec de la Vallée, reliant la plage de l’Écluse aux secteurs de promenade de la Pointe du Moulinet. Elle correspond à un passage aménagé dans le relief côtier, réalisé dans le cadre du développement de Dinard comme station balnéaire à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle. Cet aménagement s’inscrit dans une logique d’organisation des circulations piétonnes et de valorisation du front de mer[16].

References

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  1. ↑ Le Petit Parisien , Supplément littéraire illustré, s.n., (lire en ligne)
  2. ↑ Ville de Dinard, « Plan Local d'Urbanisme »
  3. ↑ « Pointe du Moulinet, Dinard, autre - infos et adresse - Le Parisien Etudiant », sur leparisien.fr (consulté le )
  4. ↑ Henri Milne-Edwards et Jean-Victor Audouin, Recherches pour servir à l'histoire naturelle du littoral de la France , ou Recueil de mémoires sur l'anatomie, la physiologie, la classification et les moeurs des animaux de nos côtes... par MM. Audouin et Milne Edwards. Voyage à Granville, aux îles Chausey et à Saint-Malo. Tome Ier. Introduction, Crochard, (lire en ligne)
  5. ↑ « Pointe du Moulinet à Dinard: guide, avis, infos pratiques, plan », sur adm.cityzeum.net (consulté le )
  6. ↑ E. Petit de La Villéon, Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, (lire en ligne)
  7. ↑ « Batterie dite ensemble de la pointe du Moulinet (Dinard) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur www.patrimoine.bzh (consulté le )
  8. 1 2 3 Ville de Dinard, « Dinard Dossier de Renouvellement du Label Ville d'Art et d'Histoire »
  9. ↑ L'Anjou : journal de l'Ouest, s. n., (lire en ligne)
  10. ↑ « Maison dite château Coppinger, 9 rue Coppinger ; rue Faber (Dinard) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur patrimoine.bzh (consulté le )
  11. 1 2 3 4 Ville de Dinard, « Focus Pointe du Moulinet »
  12. 1 2 « Découverte de la pointe du Moulinet : une des promenades favorites à Dinard », sur Le Télégramme, (consulté le )
  13. ↑ « Dinard : entre Histoire et patrimoine, le comte Rochaïd Dahdah est mis à l’honneur », sur Le Télégramme, (consulté le )
  14. 1 2 « Maison dite Château des Deux Rives, 4 rue Coppinger (Dinard) - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  15. ↑ « Maison dite château Coppinger, 9 rue Coppinger ; rue Faber (Dinard) - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  16. ↑ « Ouvrage d'art dite Porte d'Emeraude (Dinard) - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )