Pompoko

film de Isao Takahata sorti en 1994
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Pompoko (平成狸合戦ぽんぽこ, Heisei tanuki gassen ponpoko?, « Pompoko, la grande bataille des tanukis de Heisei ») (en anglais, Pom Poko) est un film d'animation japonais d'Isao Takahata produit par le studio Ghibli. Basé sur une idée originale de Hayao Miyazaki, c'est son complice Isao Takahata qui met en scène ce conte animalier et mythologique alliant avec subtilité les deux thèmes de prédilection des Studio Ghibli[1].

Pompoko
Image illustrative de l'article Pompoko
Logo du film
平成狸合戦ぽんぽこ
(Heisei tanuki gassen Ponpoko)
Type Film d'animation
Genres Fantastique
Thèmes Ecologie, animalier, mythologie
Film d'animation japonais : Pompoko
Genre Fantastique
Réalisateur
Producteur
Studio d’animation Studio Ghibli
Compositeur
Licence (ja) Tōhō
Durée 119 min
Sortie

Il sort au Japon le [2] et est projeté au Festival d'Annecy l'année suivante, où il reçoit le prix de la critique. Il faut cependant attendre le pour une sortie au cinéma en France.

Pompoko est le 9e long métrage présenté par les Studio Ghibli au Grand public. Il se situe entre les films Umi ga Kikoeru (Je peux entendre l'océan, Tomomi Mochizuki, 1993 ) et Mimi wo Sumaseba (Si tu tends l'oreille, Yoshifumi Kondō, 1995). Dans la filmographie d'Isao Takahata au sein des studios Ghibli, Pompoko est son 3e long métrage après Hotaru no haka (Le tombeau des lucioles, 1988), Omoide poro poro (Souvenirs goutte à goutte, 1991) et juste avant Hōhokekyo tonari no Yamada-kun (Mes voisins les Yamada, 1999)[3].

Synopsis

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L'histoire commence à la fin des années 1960 au Japon. Les tanukis racontent leur histoire face à la menace d’un gigantesque projet de développement urbain appelé « La nouvelle Tama », dans les collines de Tama, à la périphérie de Tokyo. Le projet vise à transformer les habitations rurales en habitations urbaines, pouvant abriter un grand nombre de personnes.

L'histoire reprend au début des années 1990 au Japon, pendant les premières années de l'ère Heisei. Avec un espace vital limité et une nourriture qui diminue chaque année, les tanukis commencent à se battre entre eux pour les ressources qui diminuent, mais à l'instigation de la matriarche Oroku, ils décident de s'unir pour arrêter le développement.

Plusieurs tanukis mènent la résistance, dont le chef agressif Gonta, le vieux gourou Seizaemon, la vieille sage Oroku et le jeune et débrouillard Shokichi. Grâce à leurs talents d'illusionnistes (qu'ils doivent réapprendre après les avoir oubliés), ils organisent un certain nombre de diversions, attaques psychologiques par exemple contre un policier poursuivi par des noppera-bō (monstre sans visage), mais aussi des sabotages industriels. Ces attaques blessent et tuent même des gens, effraient les ouvriers du bâtiment et les poussent à démissionner, mais d'autres ouvriers les remplacent immédiatement. Désespérés, les tanukis envoient des messagers chercher de l'aide auprès de divers anciens légendaires d'autres régions.

Après plusieurs années, l'un des messagers, Tamasaburo, revient avec un trio d'anciens de l'île lointaine de Shikoku, où le développement n'est pas un problème et où les tanukis sont encore vénérés. Afin de rétablir le respect pour le surnaturel, le groupe organise une grande parade de fantômes pour faire croire aux humains que la ville est hantée. L'effort de l'illusion massive tue l'un des anciens et son esprit est élevé dans un raigō. Leur effort semble anéanti lorsque le propriétaire d'un parc à thème voisin s'attribue le mérite de la parade, affirmant qu'il s'agissait d'un coup de publicité.

Avec ce revers, l'unité des tanukis est finalement rompue et ils se séparent en petits groupes, chacun suivant une stratégie différente. Un groupe dirigé par Gonta opte pour le combat direct, retenant les travailleurs jusqu'à ce qu'ils soient anéantis lors d'une bataille rangée avec la police, et finalement, fusionnés sous la forme d'un tsurube-otoshi, tués en bloquant le chemin d'un dekotora qui arrivait en sens inverse. Un autre groupe tente désespérément d'attirer l'attention des médias en faisant des apparitions à la télévision pour plaider leur cause contre la destruction de l'habitat. L'un des anciens devient sénile et lance un culte de la danse bouddhiste parmi les tanukis incapables de se transformer, et finit par s'embarquer avec eux dans un bateau qui les emmène à la mort, tandis que l'autre ancien cherche à rejoindre le monde des humains comme l'ont déjà fait les derniers renards qui se sont transformés.

Lorsque tout a échoué, dans un dernier acte de défi, les tanukis restants mettent en scène une grande illusion, transformant temporairement la terre urbanisée en son état primitif pour rappeler à tous ce qui a été perdu. Finalement résignés, les tanukis les plus entraînés à l'illusion suivent l'exemple des renards : ils se fondent dans la société humaine un par un, en abandonnant ceux qui ne peuvent pas se transformer… Bien que l'appel des médias arrive trop tard pour arrêter la construction, le public réagit avec sympathie aux tanukis, poussant les promoteurs à réserver certaines zones pour en faire des parcs. Cependant, les parcs sont trop petits pour accueillir tous les Tanukis qui ne se transforment pas. Certains tentent d'y survivre, évitant la circulation pour fouiller les poubelles à la recherche de nourriture, tandis que d'autres se dispersent plus loin dans la campagne en devant rivaliser avec les tanukis qui y sont déjà.

Un jour, Shokichi, le narrateur, qui a lui aussi rejoint le monde des humains, rentre du travail lorsqu'il voit un tanuki non transformé s'engouffrer dans la brèche d'un mur. Shokichi s'élance à sa suite pour arriver dans une clairière herbeuse où se rassemblent certains de ses anciens compagnons. Il se retransforme joyeusement en Tanuki pour les rejoindre. L'ami de Shoukichi, Ponkichi, s'adresse au spectateur en demandant aux humains d'être plus attentifs aux tanuki et aux autres animaux moins doués pour la transformation, et de ne pas détruire leur espace de vie ; au fur et à mesure que la vue s'éloigne, leur environnement se révèle être un terrain de golf dans une banlieue tentaculaire.

Fiche technique

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Distribution

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Nom des personnages Voix japonaise Voix française
Shoukichi (正吉) Makoto Nonomura Guillaume Orsat
Gonta (権太) Shigeru Izumiya François Siener
Oroku (おろく婆, Oroku-baba) Nijiko Kiyokawa Perrette Pradier
Tsurukame Oshō (鶴亀 和尚) Kosan Yanagiya Henri Labussière
Seizaemon (青左衛門) Norihei Miki Régis Lang
Ponkichi (ぽん吉) Hayashiya Shōzō IX Patrick Mancini
Tamasaburo (玉三郎) Akira Kamiya Adrien Antoine
Bunta (文太) Takehiro Murata Eric Herson-Macarel
Ryutaro (竜太郎) Akira Fukuzawa Daniel Lafourcade
Okiyo (おキヨ) Yuriko Ishida Virginie Méry
Kinchō Daimyōjin VI Beichō Katsura Michel Ruhl
Yashimano Hage René La Fleur
Inugami Gyōbu Gannosuke Ashiya Jean Lescot
Otama (お玉) Yorie Yamashita Barbara Tissier
Hayashi (林) Osamu Katō Philippe Valmont
Koharu (小春) Yumi Kuroda Laura Blanc
Narrator (語り, Katari) Kokontei Shinchō Patrick Floersheim[4]

Distinctions

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Analyse thématique

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Pompoko aborde les thèmes de prédilection du studio Ghibli (animaux, mythologie, écologie, etc)[1]. En racontant l'expansion de la grande ville de Tokyo, Isao Takahata introduit des thèmes forts comme la profanation d'anciens sanctuaires, la destruction entier d'un écosystème au nom du besoin d'urbanisation.

En somme, ce film nous montre un point de vue pessimiste au sujet de l'écologie et des projets d'urbanisation. Isao Takahata traduit ce mal-être en mettant en scène un combat inégal et perdu d'avance des Tanukis face à la folie démographique humaine. Son message prend la forme d'un film d'animation fantastique et dramatique relaté avec beaucoup d'humour. Le réalisateur a fait le choix de raconter cette fable écologique tout en y mêlant diverses références à la culture et l'art japonais.

Le premier exemple de référence à la culture japonaise se traduit par les inspirations qu'Isao Takahata a exploitées pour créer ses personnages; par exemple le vénérable maître délégué Hage est directement inspiré du célèbre personnage Tortue Géniale, second maître de Goku dans le célèbre manga, Dragon Ball. Le deuxième exemple de référence concerne les références invoquées lors du traitement des esprits durant le défilé des monstres, ce que les Tanukis appellent "la grande opération spectrale". Durant ce passage, un défilé de Yokai en tous genres défilent dans les rues de Tokyo. La plupart de ces créatures proviennent du répertoire folklorique national japonais, mais également de diverses légendes bouddhistes[1]. Il est également important de souligner l'attention portée au dessin d'horreur qui rend hommage à d'un des grands maitres de l'horreur japonais, Shigeru Mizuki[2]. Le défilé des monstres, ou Hyakki yakō (ombrelle unijambiste, femmes au long cou, lanterne béante) exécuté par les Tanukis est aussi un prétexte pour rendre hommage au style de dessin d'un autre grand artiste japonais, Utagawa Kuniyoshi, spécialiste de l'estampe sur bois, notamment à travers le squelette géant que contrôle Gyōbu.

Un squelette géant en blanc sur fond noir, dans la partie droite de l'image, se penche de manière menaçante vers deux samouraïs accroupis dans le coin bas gauche de l'image.
Estampe de squelette géant par Kuniyoshi Utagawa.

L'histoire des Tanukis de la Nouvelle Tama peut se lire à travers différents niveaux de lecture. Le premier niveau de lecture est le plus simple à appréhender, il s'agit du combat entre deux espèces différentes[1]. Le deuxième niveau de lecture se traduit par l'aspect documentaire que le film possède à quelques égards. En effet, à ce niveau de lecture nous pouvons comprendre Pompoko, comme un film documentaire montrant comment la faune et la flore dans les environs de Tokyo se sont vues privées de leur territoire par la civilisation moderne et son besoin d'urbanisation sans fin[1]. Le troisième niveau de lecture se comprend par un antagoniste entre la société traditionnelle et la société moderne prenant petit à petit sa place. La conclusion de cette histoire permet de trouver une forme de terrain d'entente entre les deux univers, des havres de paix symbolisés par des parcs et réserves protégés par l'espèce humaine, où Tanukis transformistes et Tanukis ordinaires peuvent se retrouver et célébrer leur culture commune[1]. Ces espaces sont cependant bien soulignés comme insuffisants à abriter le reste de la population Tanuki.

Ces trois niveaux de lecture font écho aux 3 types de représentation des Tanukis et permettent de faire le lien entre la démarche documentaire du film et ses éléments fictionnels[2].

Le premier type de représentation des Tanukis est la représentation biologique[2]. En effet, c'est la forme sous laquelle les humains voient les Tanukis dans les rues de Tokyo. C'est la forme la plus fidèle à la nature. La deuxième manière de représenter les tanukis est sous une forme plus anthropomorphique. C'est sous cette forme que les tanukis apparaissent le plus souvent durant tout le film[2]. Les tanukis se tiennent sur leurs pattes arrière et marchent à la manière des êtres humains. Cette forme aide le spectateur à pouvoir s'identifier plus aisément aux personnages présentés à l'écran. La troisième et dernière manière de représenter les tanukis est une forme très simplifiée à la manière des cartoons, copiée du manga de Shigeru Sugiura. Cette forme se manifeste quand les tanukis ressentent une forte émotion comme une joie euphorique ou une grande peur[2].

Il est important de souligner que les humains ne peuvent voir les tanukis que sous leur forme biologique ou sous leur forme transformée en humains, monstres, etc. Les deux dernières formes sont réservées à la sphère de l'intime des Tanukis[1].

Pour Isao Takahata, le réalisateur du film, « Finalement, ce qui leur arrive, c'est ce que nous vivons : nous sommes des Tanukis obligés de nous déguiser en citadins ! C'est particulièrement vrai, par exemple, pour les ruraux qui viennent travailler à Tokyo, et qui sont victimes du stress, des maladies cardiaques. »[6].

Le film est sorti au Japon le . Il est sorti en DVD le en Amérique du Nord par Walt Disney Studios Home Entertainment en même temps que Mes voisins les Yamada. Optimum Releasing a sorti le film en DVD au Royaume-Uni un an plus tard. Disney a sorti un disque Blu-ray le . GKIDS a réédité le film en Blu-ray et DVD le dans le cadre d'un nouvel accord avec le Studio Ghibli[7]

Réception et box-office

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Pompoko a été le film japonais numéro un sur le marché intérieur en 1994, rapportant 2,63 milliards de yens en revenus de distribution et 4,47 milliards de yens en recettes totales au box-office[8], devenant ainsi le deuxième film d'animation ayant rapporté le plus d'argent après Le Roi Lion.

Les critiques du Rotten Tomatoes, le film a un taux d'approbation de 86 % sur la base de 14 critiques[9]. Il a été choisi comme soumission japonaise pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère pour cette année-là. Il a remporté le prix du meilleur film d'animation lors de la 49e édition des Mainichi Film Awards.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Stéphane Chaptal, Hommage à Isao Takahata de Heidi à Ghibli, Paris, Ynnis Editions, , 157 p. (ISBN 978-2-37697-029-3), p. 32-37.
  2. 1 2 3 4 5 6 « Fiche technique de Pompoko »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Buta Connecion.
  3. ↑ « Pompoko - Buta Connection » (consulté le ).
  4. ↑ Fiche du film sur Planète Jeunesse.
  5. ↑ « Pompoko - Buta Connection », sur buta-connection.net (consulté le ).
  6. ↑ « Mort d’Isao Takahata, maître de l’animation japonaise »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur L'Humanité, (consulté le ).
  7. ↑ (en) Carolyn Giardina, « "Gkids, Studio Ghibli Ink Home Entertainment Deal" », The Hollywood Reporter.,‎ july 17, 2017.
  8. ↑ (ja) « シネマズ Plus (Cinemas Plus) », sur cinema.ne.jp, (archivé sur archive.org).
  9. ↑ (en) « Pom Poko (Heisei tanuki gassen pompoko; The racoon war) », .

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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