Porcelaine de Pontenx

histoire industrielle des Landes

La porcelaine de Pontenx est une production de céramique à Pontenx-les-Forges qui débute en 1773 et dure une dizaine d'années[1].

Porcelaine de Pontenx
Présentation
Destination initiale
Manufacture de porcelaine
Construction
1773 - 1790
Propriétaire
Comte de Rollye
Localisation
Pays
Province française
Paroisse
Coordonnées
Carte

Présentation

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En 1768, deux chercheurs de la manufacture de Sèvres découvrent près de Limoges le premier gisement français de kaolin, matière première nécessaire à la production de porcelaine dure, commercialisée dès 1770. De nombreuses manufactures sont aussitôt créées partout en France[2]. C'est le cas à Pontenx avec Jean de Sacriste, comte de Rollye, ambitieux seigneur soucieux de valoriser son domaine foncier. Déjà fondateur de la forge de Pontenx en 1762, il se lance dès lors dans la production de porcelaine dure, « l'or blanc » de l'époque[1].

Historique

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En 1772, le comte de Rollye, seigneur de Pontenx, et son frère, décident de développer dans la cour de leur château, (au bourg, derrière l'école actuelle), une manufacture de porcelaine, sur le site d'une usine déjà existante produisant depuis quelques années une faïence grossière[3]. A cette fin, ils exploitent les gisements naturels de kaolin de leurs terres de Pontenx[2] et fait venir de jeunes et talentueux céramistes allemands, Dortu, Müller en 1773 et Zinckernagel en 1779, en s'appuyant sur les réseaux francs-maçons et protestants[4]. Une mention figurant dans le registre de catholicité de la paroisse de Pontenx indique :

« Le 12 février au dit an de 1773, les sieurs Muler et Dortu, manufacturiers de la porcelaine a lencien château de Pontenx, ont cuit une fournée de vessele de porcelainne qui leur a tres bien reussÿ. Cette marchandise s'est trouvée parfaite, mais elle est extrêmement chère »[1].

Peintres et maîtres-peintres se déplacent d'une fabrique à l'autre pour vendre leur art. Ils doivent attendre la vente de leur production pour être payés[2]. Pontenx se classe avec Limoges et la manufacture royale de Sèvres parmi les toutes premières manufactures du royaume de France à fabriquer de la porcelaine dure. Dès la première année de production, la porcelaine de Pontenx, malgré un prix élevé, connaît un beau succès, avec plus de 200 pièces distribuées à Bordeaux en 1774[1], parmi lesquelles des saucières, services à café ou petits bustes[4] et à l'exportation[3].

Le comte de Rollye meurt en 1783 à l'âge de 62 ans à Pontenx. Son gendre, le marquis de Gombault, qui gère ses affaires, cesse l'activité. En 1790, la manufacture disparaît dans un incendie 17 ans après sa fondation. Elle ne sera pas reconstruite[2]. Dans sa Promenade sur les côtes du golfe de Gascogne, en 1810, Jean Thore déclare que l'établissement est encore pourvu de tout le matériel nécessaire pour relancer la fabrication[3].

De nos jours

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Sur les ruines du château, on fait bâtir le presbytère et l'école. De la fabrique, il ne reste rien de nos jours. Du château de Pontenx subsiste un bâtiment face à l'église Saint-Martin, qui se tient à l'angle de la place Charles-de-Gaulle et l'avenue de Mimizan[1].

De cette porcelaine raffinée aux délicats motifs floraux roses, une cinquantaine de pièces sont recensées au total. Le musée de Sèvres conserve un buste d'été, une tasse se trouve au musée de Limoges. Le musée des arts décoratifs de Bordeaux possède un poêlon, un pichet et un bouillon. Le Musée départemental de la Faïence et des Arts de la table à Samadet expose quant à lui un pot à lait, une verseuse et une écuelle[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 https://www.sudouest.fr
  2. 1 2 3 4 https://www.pontenx-les-forges.fr
  3. 1 2 3 Philippe Soussieux, Dictionnaire historique des Landes, Herm, Etudes landaises, , 609-610 p. (ISBN 978-2-9500625-5-0, présentation en ligne), p 304
  4. 1 2 Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Les Landes en 101 dates, La Crèche, La Geste, , 188 p. (ISBN 979-10-353-0653-3), p. 65

Voir aussi

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