Porte d'Anvers
La porte d'Anvers (en néerlandais : Antwerpsepoort) est un lieu-dit à l'emplacement d'une ancienne porte de la ville de Bruxelles située à l'arrivée de la rue de Laeken sur la seconde enceinte de la ville (aujourd'hui petite ceinture). Elle remplace, en 1807, sous le nom de porte Bonaparte ou porte Napoléon la porte de Laeken à 150 m de là, nom qui reste son nom alternatif. En 1819 cette première porte est remplacée par la monumentale porte Guillaume 100 m plus loin, qui à son tour est remplacée, en 1838/39 par les pavillons d'octroi de la porte d'Anvers.


Jusqu'alors, pour passer de la rue de Laeken à la chaussée de Laeken / Malines / Anvers et l'allée Verte, il était nécessaire d'effectuer un détour en U vers l'Est pour franchir l'enceinte à la porte de Laeken, qui faisait en même temps sortir la Senne et revenir ensuite sur ses pas de l’autre côté de la muraille et du fossé inondé qui la bordait.
Historique
modifierSur le chemin de Malines à Bruxelles, en 1803, Bonaparte remarque le château de Laeken. Ce château est lié à la ville par l'allée Verte, qui est décorée par une construction temporaire en forme d'arc de triomphe à son honneur et par laquelle Bonaparte gagne alors la porte de Laeken. Le il s'entretient avec Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant, le préfet du département de la Dyle. Il se déclare d'accord avec plusieurs projets de celui-ci pour l'embellissement de Bruxelles, dont une nouvelle porte selon le modèle de l'arc temporaire[1].
Quelques mois plus tard, le , passe l'ordre au préfet d'acquérir le château de Laeken pour l'empereur[2], et, le , de construire une nouvelle porte Napoléon liant la rue de Laeken à l'allée Verte. Le préfet organise alors un concours d'architecture. On prévoit deux piliers en pierre de taille blanche, avec une grille de clôture en trois parties, une centrale pour les voitures, deux latérales pour les piétons. Le tout ne doit pas dépasser les 12 000 francs[3]. En attendant, le maire, Henri Joseph Van Langhenhoven, lance, le , un marché public pour le déblai et remblai des terres de la partie du rempart et fossé « où doit être construite la Porte Bonaparte »[4], travaux adjugés le et réceptionnés le [3].
Lors de sa deuxième visite à Bruxelles, le , Napoléon traverse la ville en vitesse de la porte d'Anderlecht vers le château de Laeken, déjà en sa possession et visite la ville par la suite[5]. Mais la nouvelle porte n'est pas encore prête. Le , le jury examine les 13 projets introduits, toutefois, le budget alloué par la commune ne permet pas de financer une porte à la hauteur de ce que devrait être une porte portant le nom de l'empereur. Les pavillons d'octroi de la nouvelle porte Napoléon, sont finalement construit par l'architecte Auguste Payen l'Aîné, en 1807[3],[6]. La porte de Laeken, qu'elle remplace, est fermée au public à partir du et détruite par la suite[7]. Quand Napoléon arrive pour sa troisième visite à Bruxelles, le , il y entre à nouveau par la porte d'Anderlecht, traverse la ville en vitesse, il peut donc enfin profiter de sa porte Napoléon pour gagner son château à Laeken[8].
Après la défaite française, il n’est plus question de conserver ce nom. Le tronçon de muraille et son fossé ont laissé place au premier boulevard de ceinture, auquel on donne le nom du nouveau souverain, Guillaume Ier des Pays-Bas. En 1820, la porte, qui se trouve côté intérieur du nouveau boulevard est remplacée par la porte Guillaume, seule porte monumentale du siècle (architecte Tilman-François Suys), en 1820, 100m plus avancée, côté extérieur du boulevard[6],[9]. Les pavillons d’octroi de l'ancienne porte sont déplacés à la nouvelle porte de Ninove[10].
- Les portes des Rivages, Anvers et Laeken
- 1777
Pte. du Rivages
Pte. de Laken (anc.) - 1812
Pte. du Rivage
Pte. Napoléon - 1817
Pte. du Rivage
Pte. Guillaume (sic!)
Pte. de Laken - 1835
Pte. du Rivage
Pte. de l'Allée Verte
Pte. d'Anvers
En 1835, la première gare de chemin de fer de la ville est construite à l'Allée verte, non loin de la porte.
Devenue, à l'indépendance, porte d'Anvers ou toujours alternativement porte de Laeken, l'arche se dégrade vite et, le , la ville passe à l'adjucation de la destruction de la porte de Laeken, qui est donc remplacée par des pavillons d'octroi en 1839, restées en place jusqu’en 1860, année de l’abolition de l’octroi[11]. L’endroit devenu simple carrefour, conserve aujourd'hui son appellation de porte d’Anvers.
Accès
modifier| Ce site est desservi par la station de métro : Yser. |
Notes et références
modifierRéférences
modifier- ↑ Gustave Maison, Anne van Ypersele de Strihou et Paul van Ypersele de Strihou, Napoléon en Belgique, Bruxelles, Racine, (ISBN 287386-275-0, lire en ligne
), p. 79, 80, 94, 102 - ↑ Maison, van Ypersele de Strihou et van Ypersele de Strihou 2002, p. 139-140.
- 1 2 3 Lelarge 2001, p. 157.
- ↑ Jacques Dubreucq, Bruxelles 1000, une histoire capitale, vol. 4, la section du canal, Bruxelles, , p. 159
- ↑ Maison, van Ypersele de Strihou et van Ypersele de Strihou 2002, p. 152.
- 1 2 Dubreucq 1997, p. 159.
- ↑ Jacques Dubreucq, Bruxelles 1000, une histoire capitale, vol. 4, la section du canal, Bruxelles, , p. 129
- ↑ Maison, van Ypersele de Strihou et van Ypersele de Strihou 2002, p. 181-182.
- ↑ Lelarge 2001, p. 178.
- ↑ « Pavillons d'octroi, Porte de Ninove », sur Inventaire du patrimoine architectural, MRBC
- ↑ Dubreucq 1997, p. 161.