Portrait de Mademoiselle Antoinette C.

tableau d'Emile Bernard

Le Portrait de Mademoiselle Antoinette C est une peinture à l'huile sur toile non datée réalisée par l'artiste post-impressionniste français Émile Bernard durant sa période synthétiste[1]. Le tableau est resté dans la famille de l'artiste jusqu'à son acquisition par les galeries Hirschl & Adler à New York. Il est ensuite officiellement acheté par le Palmer Museum of Art (en) (State College) en 1972[2].

Portrait de Mademoiselle Antoinette vers 1888
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
65,4 × 47 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
72.12Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le tableau

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Ce portrait vertical à l'huile sur toile montre une jeune femme en plan moyen, le regard distant et légèrement boudeur. L'œuvre s'inscrit au cœur de la révolution moderniste de l'École de Pont-Aven. Émile Bernard applique ici les grands préceptes du cloisonnisme et du synthétisme. Les formes y sont volontairement simplifiées, presque bidimensionnelles. Le modèle se détache sur un fond minimaliste et épuré. Des contours sombres et appuyés cernent la silhouette de la demoiselle. La palette chromatique est restreinte, privilégiée de grands aplats de couleurs. Le style s'éloigne radicalement de l'impressionnisme et du réalisme de l'époque[3].

L'identité de la demoiselle

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L'identité exacte de « Mademoiselle Antoinette C. » demeure un mystère. Bien qu'une inscription au dos de la toile confirme qu'il s'agit d'une personne réelle de l'entourage du peintre, les historiens de l'art n'ont pas réussi à associer définitivement ce nom de famille abrégé à une figure historique précise. Il s'agit très probablement d'une jeune femme de la bourgeoisie locale ou d'une proche de la famille de l'artiste[1].

Une deuxième version

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Portrait de Mademoiselle Antoinette C, version datée 1892.

Une version plus aboutie du tableau et datée 1892 est apparue sur le marché de l'art en 2024[4]. Si l'on s'appuie sur la méthode de travail d'Émile Bernard, qui consistait fréquemment à exécuter deux versions d'un portrait au cours de la même journée ou séance de pose[5], la découverte de la date de 1892 sur la version finale permet de remettre en question et de rectifier la datation traditionnelle de 1888 attribuée à la version du musée. Le musée d'art Palmer a catalogué sa version à l'année 1888, en se basant sur le style épuré, le cloisonnisme et la proximité thématique avec les recherches esthétiques de Pont-Aven menée cette année-là avec Gauguin. Il est donc fort probable que le musée doive prochainement corriger ses notices pour substituer l'année 1892 (ou c. 1892 ) à celle de 1888. La version réapparue en vente publique, précisée et datée 1892 de la main de Bernard, agit comme un ancrage temporel indiscutable[4].

Cette version finale bénéficie d'un historique de collection remarquable, puisqu'elle a appartenu à l'ancienne collection d'Eugène Boch. Peintre ami du jeune Bernard et grand mécène belge issu d'une célèbre dynastie industrielle, il avait immédiatement repéré la puissance de cette composition. L'authenticité du tableau a par ailleurs été validée par un certificat de la petite-fille de l'artiste, Béatrice Recchi Altariba[4].

Quant à l'identité de la demoiselle, la notice de cette version finale confirme qu'elle n'est pas davantage percée : le modèle reste historiquement désigné sous le nom mystérieux de « Mademoiselle Antoinette C. ».

Références

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  1. 1 2 Jean-Jacques Luthi et Emile Bernard, Emile Bernard: catalogue raisonné de l'œuvre peint, Editions SIDE, (ISBN 978-2-86698-000-9, lire en ligne).
  2. ↑ (en) Pennsylvania State University Museum of Art, Checklist of the Permanent Collection, The Museum, (lire en ligne).
  3. ↑ « Portrait of mademoiselle Antoinette C », sur palmer.emuseum.com (consulté le ).
  4. 1 2 3 « Emile BERNARD (1868-1941) Portrait de Mademoiselle Antoinette C. », sur Drouot.
  5. ↑ « Émile Bernard », Léautaud,‎ (lire en ligne, consulté le ).