Poste de commandement Jupiter

structure dans le bunker du palais de l'Élysée

Le poste de commandement Jupiter (ou PC Jupiter en forme abrégée) est une structure se situant dans le bunker du palais de l'Élysée, siège de la présidence française, sous l'aile Est.

Poste de commandement Jupiter
PC Jupiter
Présentation
Type
Surnom(s)
« Terrier de la peur »
Destination initiale
Destination actuelle
Rattachement
Construction
vers 1940
Extension
Commanditaire
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
Carte

Cette structure ne doit pas être confondue depuis 2026 avec la salle Vega, qui se trouve, elle, dans un simple sous-sol, sous le jardin d'hiver. La Salle Vega peut également servir à gérer les situations de crise, mais n'est pas « bunkérisée »[1]. Cette salle sécurisée permet d’accueillir les nouveaux conseils avec plus d’espace, plus de participants, avec une grande hauteur de plafond et les derniers moyens de protection et de communication sécurisée.

Le PC Jupiter reste en fonction en tant que Poste de commandement alors que la salle Vega est plutôt consacrée aux gestions de crise, à l’instar de celle du ministère de l’Intérieur[2].

Histoire

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Origines et création

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À l'origine, le bunker fut construit pour le président Albert Lebrun sous l'aile Est du palais en 1940, durant la drôle de guerre[3].

Se rendant compte que les outils permettant le déclenchement de l'arme nucléaire étaient dans une armoire en fer au rez-de-chaussée de l’Élysée, Valéry Giscard d'Estaing installe en 1978 dans l'ancien abri anti-aérien le « Poste de commandement Jupiter »[4].

Utilisation

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De multiples opérations extérieures sont lancées par le président de la République depuis le PC Jupiter. C'est par exemple de là que le président François Mitterrand lance l'opération « Brochet » visant à attaquer une formation pro-iranienne en représailles de l'attentat du Drakkar[5].

Il a été rénové en 1969, puis en 2015[réf. souhaitée].

Sous la présidence d'Emmanuel Macron, c’est depuis ce poste de commandement que la participation française à l'opération militaire en Syrie a été dirigée[6]. Le bunker de l’Élysée a été le lieu de nombreux conseils de défense durant la crise sanitaire de 2020[7].

Il est de nouveau utilisé le lors d'un conseil de défense concernant l'invasion de l'Ukraine par la Russie[8].

Les Conseils de défense et de sécurité se tenaient chaque semaine dans le PC Jupiter depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, mais ont aujourd’hui lieu dans la salle Vega pour des raisons pratiques[9].

Les présidents

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  • Valéry Giscard d'Estaing le surnommait « le terrier de la peur » : ayant découvert à son arrivée à l'Élysée que les commandes d'utilisation de l'arme nucléaire se trouvaient dans une armoire en fer cachée derrière les moulures d'un des salons, il ordonna la rénovation de l'abri pour en faire le PC Jupiter. Il était favorable à la dissuasion nucléaire mais prenait l'ampleur apocalyptique du lieu[style à revoir][10].
  • François Mitterrand est le seul à avoir clairement témoigné de son sentiment lors de la découverte du lieu en 1981 et du risque de solitude absolue de la décision présidentielle qu'il aurait aimé voir prise avec plus de concertation.
  • Jacques Chirac s'est montré déçu par le lieu qu'il imaginait plus impressionnant. Son austérité et son étroitesse l'ont marqué[réf. nécessaire].
  • Nicolas Sarkozy n'appréciait pas non plus le PC Jupiter, qu'il trouvait peu fonctionnel et dont les procédures lui paraissaient trop rigides. Il aurait souhaité une utilisation moins cadrée et cette limitation lourde ne lui convenait pas. La rumeur dit qu'il y aurait fait installé un vélo d'appartement pour pouvoir continuer à faire du sport, même si la situation le contraignait à rester au bunker[réf. nécessaire].
  • François Hollande a toujours vu le lieu comme un outil pratique et jamais comme un endroit du quotidien. Peu enclin à mettre en avant les prérogatives de la dissuasion, il eut un abord pragmatique des lieux, centré sur le nécessaire. Ses conseils de défense n'y avait d'ailleurs pas lieu[réf. nécessaire].
  • Emmanuel Macron a en revanche tout de suite mis en scène le lieu. À l'instar d'une Situation room à l'américaine, les images n'ont jamais été aussi nombreuses que sous sa présidence. Conseillers, ministres, journalistes, photographe officielle de l'Élysée... nombreux sont les personnes à avoir été autorisées à y pénétrer, mettant en avant la dimension de Chef des armées. Plusieurs vidéos de la salle de réunion ont été diffusées dans les médias et Guy Lagache, dans le reportage Le Président, l'Europe et la guerre a même pu filmer un plan séquence de la descente du Président jusqu'à la salle de réunion, reprenant l'escalier descendu par Giscard 40 ans plus tôt et permettant de rejoindre les propos d'Olivier Veran sur la profondeur relative du bunker.

Description

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Ce poste de commandement situé à 70 mètres sous terre et d'une surface de 280 m2[11] est équipé de moyens de communications et de protection pour permettre au président de la République française et à ses conseillers de gérer les situations de crise et de pouvoir rester en contact en toutes circonstances avec les autres entités gouvernementales, les centres de commandement militaire et les gouvernements étrangers.

La propagande de la guerre froide a longtemps rapporté que la profondeur du bunker était de 70 m (profondeur nécessaire pour résister à une frappe nucléaire directe), ce qui serait inexact (plutôt 8 à 10 m)[12].

Accessible depuis une porte commune semblable à celle « d’une cave de maison bourgeoise » au rez-de-chaussée de l’aile est du palais, près de l’ancienne chapelle dans le couloir des officiers, une première volée de marche avec une fenêtre donnant sur la cour est, avec une première porte blindée donnant sur un palier où se tiennent des étagères pour y déposer tous les appareils numériques (téléphones mobiles, montres connectées…). Un second escalier étroit, surmonté d’un portrait du général de Gaulle (initiateur du programme nucléaire français), amène aux portes blindées puis au long couloir composant le bunker.

Trois autres sorties de secours sont prévues dont un accès amenant aux appartements privés du Président[13].

Le président peut accéder au PC depuis ses appartements privés grâce à un escalier dérobé[14].

Le PC Jupiter s'ouvre par une porte blindée, les murs y étaient gris fer, avec une moquette bleue[15] mais le lieu a été rénové sous Emmanuel Macron pour être essentiellement blanc et lumineux. Seules les portes blindées sont restées d’origine, avec néanmoins une teinte blanche pour celle donnant sur le long couloir de l’abri[réf. nécessaire].

Le PC fait « cage de Faraday » : les discussions qui y ont lieu ne sont donc pas interceptables. Ce bunker serait prévu pour résister à une attaque nucléaire si celle-ci n’a pas un impact direct sur l’abri. Ce poste de commandement comprend plusieurs bureaux, dont un pour le président[16], une salle de réunion ainsi que le système de déclenchement de la force de dissuasion nucléaire française[17]. Il dispose de deux petites consoles numériques et deux grands écrans de télévision au mur[15].

Le bunker reste un endroit de décision et de commandement militaire plus qu'un lieu de survie au jour d'apocalypse : des lieux plus sécurisés comme la base de Taverny ou de Lyon-Mont Verdun sont plus adaptés. Le PC Jupiter reste un lieu fonctionnel et non un lieu de vie, comme en témoigne Olivier Véran qui, ayant questionné du personnel sur place lors d'un conseil de défense, a appris que le bunker était un lieu de décision pour quelques heures mais que des vivres et des réfrigérateurs pourraient y être installés en urgence si besoin[18].

Différentes vidéos montrent des éléments du bunker : de nombreux reportages des chaînes d'informations sous Emmanuel Macron, le documentaire L'Europe, le Président et la Guerre de Guy Lagache avec un plan séquence de la descente d'Emmanuel Macron jusqu'à la salle de réunion du bunker ; la célèbre visite lors d'un exercice avec le président Valéry Giscard d'Estaing ; le documentaire Les Hommes du Président avec la descente de deux miliaires au PC Jupiter pour un test et enfin un reportage sous François Mitterrand avec une entrée par une autre porte que celle visible dans les autres extraits (peut-être celle derrière la porte « Abri » au bas de l’escalier dérobé, qui mène aux appartements et visible dans le reportage Giscard, puisqu’elle n’est pas celle par laquelle il descend dans la vidéo, préférant celle du couloir des officiers)[19],[20],[21],[22].

Procédures

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L'investiture du président nouvellement élu comporte la « présentation de la posture » des forces nucléaires, dans le PC Jupiter. Le fonctionnement du PC et de la force nucléaire est expliqué au nouvel élu. Le président assiste à ce cérémonial en principe seul, mais peut être accompagné d'un de ses plus proches collaborateurs[15].

La pièce est reliée au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de l'État-Major des Armées, situé à la limite sud-ouest de la capitale.

Mobilité

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À une date inconnue a été créée la sacoche nucléaire française, qui se veut être un PC Jupiter portatif, pour les situations où le président de la République ne peut pas se rendre au PC Jupiter.

Modernisation

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Ces dernières décennies, on suppose que le bunker a été amélioré avec les dernières technologies, loin des images des années Giscard. On peut raisonnablement imaginer des accès et procédures avec biométrie, l'utilisation de CLIP OS comme système de navigation (recommandé par l'ANSSI) et des communications hyper-sécurisées (contrairement aux premières du réseau Jupiter qui étaient, d'après les témoignages de l'époque peu stables et grésillantes). L'accès y est plus que restreint et, même si de nombreux journalistes y ont pénétré depuis le premier quinquennat Macron (ce qui n'était pas arrivé depuis François Mitterrand), les personnes sont toujours accompagnées, tenues dans un périmètre limité, et leurs images systématiquement contrôlées : Guy Lagache, journaliste ayant suivi le président Macron pour France Télévision, dit avoir eu une seule image retirée de son documentaire par les services de l'Elysée, car trop sensible[23].

Dans la culture

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Le PC Jupiter est mentionné dans différentes œuvres dont[24] :

  • Le Chant du loup, film d’Antonin Baudry (2019)
  • Baron noir, série de 2016 toujours en cours de production pour Canal +, pour laquelle un PC Jupiter a été reconstruit en studio[25].

Rumeurs

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De nombreuses rumeurs jamais confirmées existent sur le PC Jupiter, comme celles indiquant qu'un souterrain de plusieurs centaines de mètres relierait le bunker à la Seine où un petit sous-marin attendrait le Président en permanence pour l'exfiltrer. Le PC Jupiter reste un lieu classé Secret Défense et même si le pouvoir politique distille certaines images et informations pour démontrer que la France est prête, l'essentiel reste suppositions et parmi les secrets les mieux gardés du pays[réf. nécessaire].

Lors de la crise des Gilets jaunes, Brigitte Macron et certains proches collaborateurs ont été amenés à visiter le bunker, pour s'y réfugier si le palais était pris d'assaut par les manifestants. Cette présentation exceptionnelle, autant de temps après leur arrivée à l'Élysée, montre bien qu'on ne s'y rend pas par curiosité. Brigitte Macron dit rester marquée par cette visite et la gravité qui émane du lieu[réf. nécessaire].

Notes et références

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  1. « « Clairement plus fonctionnelle » : Vega, la nouvelle salle de crise de l’Élysée », sur leparisien.fr, (consulté le )
  2. « « Clairement plus fonctionnelle » : Vega, la nouvelle salle de crise de l’Élysée », sur leparisien.fr, (consulté le )
  3. Catherine Monin, « Les lieux cachés de l’Élysée », La Croix, (lire en ligne, consulté le ).
  4. Valéry Giscard d'Estaing, Le pouvoir et la vie, vol. 2 : L'affrontement, Paris, France Loisirs, , 486 p. (ISBN 2-7242-6683-8 et 978-2-7242-6683-2, OCLC 463469230).
  5. Pierre Favier, La décennie Mitterrand : 1984-1988, vol. 2 : Les épreuves, Paris, Éditions Points, dl 2016, cop. 1991, 962 p. (ISBN 978-2-7578-5799-1 et 2-7578-5799-1, OCLC 941084320).
  6. « RÉCIT. Frappes en Syrie : vers minuit, Macron est descendu au PC Jupiter », sur Ouest-France, (consulté le ).
  7. « Le « PC Jupiter », le bunker de l’Elysée qui abrite les conseils de défense », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Guerre en Ukraine : « Un message de soutien très ferme » aux Ukrainiens lors du Conseil de défense national », Sud Ouest, (ISSN 1760-6454, lire en ligne, consulté le ).
  9. Jean Guisnel, Histoire secrète de la DGSE, Paris, Robert Laffont, 378 p. (ISBN 978-2-221-24028-1 et 2-221-24028-6, OCLC 1127907429).
  10. Jean Guisnel, « 12. Le poste de commandement Jupiter : le « terrier de la peur » », dans Les lieux de pouvoir, Perrin, , 203–218 p. (ISBN 978-2-262-10116-9, lire en ligne)
  11. « Nucléaire : Depuis 1969, la France joue une « Redoutable » et dissuasive partie de poker », sur Le Canard enchaîné, (consulté le )
  12. Olivier Véran, Par-delà les vagues: journal de crises au coeur du pouvoir, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-26253-5)
  13. France 2 - INa, « Passation des codes nucléaires »
  14. Vincent Nouzille, Les tueurs de la République : assassinats et opérations spéciales des services secrets : document, Paris, J'ai lu, dl 2016, 408 p. (ISBN 978-2-290-12212-9 et 2-290-12212-2, OCLC 957659468).
  15. 1 2 3 Jean Guisnel, Le président et la bombe : Jupiter à l'Élysée, Odile Jacob, dl 2016, cop. 2016, 330 p. (ISBN 978-2-7381-3387-8 et 2-7381-3387-8, OCLC 951250550).
  16. « Découvrez la pièce secrète de l'Élysée », sur lalsace.fr, (consulté le ).
  17. Romain Rosso, « À Paris, dans les coulisses du pouvoir militaire », sur L'Express, (consulté le ).
  18. Olivier Veran, Par delà les vagues, Robert Laffont
  19. [vidéo] « PC Jupiter : reportage sur le commandement et le secret défense de la France | INA » (consulté le )
  20. [vidéo] « Les hommes du président | INA » (consulté le )
  21. [vidéo] « La dissuasion nucléaire | INA » (consulté le )
  22. « Forces tactiques »
  23. « Un Président, l'Europe et la guerre | FranceTvPro.fr », sur www.francetvpro.fr (consulté le )
  24. Basile St Verraut, « LE CHANT DU LOUP », sur Explication de Film, (consulté le )
  25. « Le bunker de l’Élysée recréé au Studio TSF », sur SudOuest.fr, (consulté le )

Voir aussi

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