Poterie des femmes de Boubon
La poterie des femmes de Boubon est une activité artisanale traditionnelle pratiquée à Boubon, village situé au bord du fleuve Niger, dans la région de Tillabéri, à environ 25 kilomètres au nord-ouest de Niamey, au Niger. Boubon est considéré comme le principal centre de poterie à proximité de la capitale nigérienne. Cette activité, exclusivement féminine, est transmise de mère en fille depuis des générations et constitue la principale activité artisanale du village[1].

Boubon accueille chaque année depuis 2008 le Festival des civilisations du Fleuve Niger, qui met notamment en valeur le savoir-faire artisanal local, dont la poterie[2]. La production est vendue sur le marché hebdomadaire du village, qui se tient le mercredi, ainsi qu'aux abords du musée national Boubou-Hama à Niamey, où des revendeuses originaires de Boubon proposent les pots fabriqués au village[3]'[4].
Description de l'activité
modifierLa poterie occupe une place centrale dans l'économie du village: des familles entières y consacrent leur activité, avec une chaîne spécialisée dans la fabrication, la vente et l'exportation de la production[1]. Les potières fabriquent des objets pour de multiples usages: jarres, canaris et marmites destinés à la cuisson des aliments et à la conservation de l'eau, ainsi que des pots de fleurs, carreaux et pavés en argile rouge, verte ou noire pour la décoration domestique[1]. Avant l'arrivée des marmites en métal, ces poteries en terre cuite étaient couramment utilisées pour la préparation des repas dans les foyers nigériens[1].
Technique de fabrication
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Le processus de fabrication comprend plusieurs étapes: l'extraction et la préparation de l'argile, suivie d'un séchage; le modelage, le plus souvent réalisé selon la technique des colombins, consistant à monter des boudins de terre sur une boule de glaise aplatie; le lissage et l'affinage de la pièce à l'aide d'un galet et d'une spatule de bois, sans recours au tour de potier; puis la cuisson, réalisée en commun par quartier, «en meule» à feu ouvert, une fois qu'un nombre suffisant de pièces a été rassemblé[4]'[5].
Figures et transmission
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Parmi les potières documentées figure Zara Younoussa, originaire de Boubon, qui vend des pots en argile fabriqués dans son village aux abords du musée national Boubou-Hama à Niamey[3].
Une potière suisse, prénommée Monika, installée à Boubon depuis plusieurs années, aurait repris et enrichi la technique locale au sein d'un atelier mêlant design contemporain et tradition nigérienne[6].
Plusieurs sources notent un recul de l'activité, les potières devant faire face à la concurrence croissante des récipients en plastique et en métal, y compris en milieu rural[2].
Pour approfondir
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 « Boubon, au village des potières : Ces femmes qui construisent leur vie avec l'argile », Le Sahel, 17 janvier 2023.
- 1 2 « 5ème édition du Festival des Civilisations du Fleuve Niger à Boubon », Le Sahel, 29 février 2024.
- 1 2 « Pots et ustensiles en argile des femmes de Boubon : Quand la terre cuite fait des merveilles », Le Sahel, 27 janvier 2023.
- 1 2 « Boubon, terre de poterie et de bétail », Studio Kalangou, 30 juin 2021.
- ↑ « Poterie traditionnelle du Niger », art-masque-africain.com.
- ↑ Guide Boubon, Petit Futé.