Emelian Pougatchev

prétendant au trône russe, ayant mené une insurrection contre Catherine II
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Emelian Pougatchev (en russe Iemelian Ivanovitch Pougatchiov[1]), nom francisé en Émilien Pougatchëv[2],[3] ou Émilien Pougatchov[4],[5],[6], né vers 1742 à Zimoveïski-sur-le-Don (aujourd’hui district de Kotelnikovsky dans l'Oblast de Volgograd) et mort le [7] à Moscou, est un officier (ataman) des cosaques de l'Oural, surtout connu comme le chef de la révolte appelée traditionnellement révolte de Pougatchev sous le règne de l'impératrice Catherine II.

Emelian Pougatchev
Biographie
Naissance
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Pugachyovskaya (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nom dans la langue maternelle
Емельян Иванович ПугачёвVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Емельян Иванович ПугачёвVoir et modifier les données sur Wikidata
Allégeance
Activités
Conjoints
Oustinia Kouznetsov (d)
Sofia Pougatcheva (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Statut
Autres informations
Arme
Grade militaire
Porte-étendard (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits
Guerre des Paysans russes
Bataille de Kazan
Combats de Iouzeïeva (d)
Siège de la forteresse de Iaïtsk (d)
Bataille de Tatichtchevo (d)
Battle of Tsaritsyn (en)
Guerre de Sept Ans
Guerre russo-turque de 1768-1774
Révolte de Pougatchev en Sibérie (d)
Révolte de Pougatchev en Bachkirie (d)
Bataille de Solenikova (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Plaque commémorative.

À partir de 1773, Pougatchev conteste en effet la légitimité de Catherine en se présentant comme le tsar Pierre III, brutalement évincé par son épouse en [8].

Il rallie à sa cause des cosaques, puis des paysans. Après des succès initiaux, Pougatchev est vaincu par l'armée russe à Tsaritsyne (). Il est ensuite livré aux autorités (septembre) et conduit à Moscou où il est exécuté.

Biographie

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Le Jugement de Pougatchev (1879).
Otto Friedrich von Möller : Assaut de Kazan par Pougachev.

Famille

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Emelian Pougatchev est le fils d'un cosaque du Don, petit propriétaire terrien.

En 1758, il épouse une femme cosaque, Sofia Nedioujeva.

Carrière militaire

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Il participe alors à la guerre de Sept Ans (commencée en 1756) sous le commandement du comte Zakhar Tchernychev.

Au début de la guerre russo-turque de 1768-1774, Pougatchev, qui est sous-lieutenant des troupes cosaques (khorounji), sert sous le commandement du comte Pierre Panine et prend part au siège de Bender. Il est rendu à la vie civile vers 1770.[réf. nécessaire]

Années d'errance

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Il passe plusieurs années à errer et est à plusieurs reprises mis en prison pour vagabondage. Il fréquente des monastères de vieux-croyants qui exercent sur lui une grande influence. Ils sont hostiles au régime mis en place par Pierre le Grand et poursuivi, voire aggravé par Catherine II.

La révolte (1773-1775)

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En 1773, il proclame qu'il est en réalité l'empereur Pierre III, toujours vivant. Il lance ainsi une insurrection des cosaques du Iaïk, qui déclenche ensuite une jacquerie dans toute la Petite Russie (région de la basse Volga).

Dans un premier temps, le gouvernement ne prend pas la menace au sérieux et se contente de mettre sa tête à prix. Mais les troupes ralliées à Pougatchev s'emparent des forteresses de l'Oural. Les Bachkirs musulmans dirigés par Salavat Ioulaïev se soulèvent à leur tour et se joignent au mouvement. En , la ville d'Orenbourg est assiégée. Dans la région de Nijni Novgorod, les serfs brûlent les manoirs et égorgent les maîtres.

Le gouvernement se décide finalement à agir. L'armée du général Bibikov reprend Orenbourg et surtout les cosaques, lassés par les excès du nouveau tsar, ne supportent pas de voir leurs intérêts confondus avec ceux des serfs révoltés : ils décident d'en finir avec Pougatchev.

Après leur défaite près de Kazan le 15 juillet 1774, l'armée rebelle traverse la Volga pour gagner la rive droite. La plupart des Bachkirs refusent de suivre Pougatchev et, menés par Salavat Ioulaïev, retournent dans la région d'Oufa, où les combats se poursuivirent jusqu'en novembre 1774.

En , le général Ivan Mikhelson inflige à Pougatchev une défaite décisive près de Tsaritsyne (aujourd'hui Volgograd).

Pougatchev s'enfuit vers le sud-est le long de la Volga avec les restes de son armée. Après avoir franchi la Volga, il mène son détachement vers l'est, traversant l'Akhtouba, où une réunion se tient pour décider de la suite des opérations. Pougatchev propose de descendre jusqu'à la mer Caspienne, puis, de là, d'emprunter des routes secrètes pour rejoindre l'Ukraine, les Cosaques zaporogues ou la Turquie, ou encore de se replier en Bachkirie ou en Sibérie. Il ignorait tout du complot ourdi par des colonels cosaques au sein de son détachement, qui avaient décidé d'obtenir une grâce gouvernementale en échange de la libération de Pougatchev. Ils refusèrent catégoriquement toutes les propositions de Pougatchev et proposèrent de se diriger vers le Karaozen. Là, les conspirateurs ligotèrent Pougatchev, tandis que le reste du détachement demeurait à distance. Livré aux forces armées gouvernementales à Ouralsk le 15 septembre, il y est interrogé par le lieutenant-général Alexandre Souvorov, qui décide de son transfert vers Simbirsk. Il est transporté dans une cage en bois hissé sur une araba.

En octobre 1774, le général en chef Piotr Panine et le chef des commissions secrètes, le major général Pavel Potemkine l'interrogent à Simbirsk. Le 26 octobre 1774, Pougatchev fut envoyé de Simbirsk à Moscou.

À la suite de l'enquête, le manifeste de Catherine II du 19 décembre 1774 détermina la composition du tribunal. Quatorze sénateurs, onze « personnes des trois premières classes », quatre membres du Synode et six présidents des collèges furent nommés juges. Le procureur général Alexandre Viazemsky fut désigné pour superviser le procès. La première audience eut lieu le 30 décembre dans la salle du trône du palais du Kremlin. Les résultats de l'enquête furent annoncés et examinés. Le matin du 31 décembre 1774, Pougatchev fut amené au tribunal. À genoux, il répondit aux questions préparées à l'avance et avoua ses crimes, après quoi il fut condamné à mort.

Mort et funérailles

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Conduit à Moscou, il est exécuté en sur un échafaud dressé place Bolotnaïa à Moscou : il a été prévu de couper d'abord ses quatre membres à la hache, puis de le décapiter, mais finalement il est d'abord décapité, puis démembré.

Postérité littéraire

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Notes et références

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  1. En caractères cyrilliques : Емелья́н Ива́нович Пугачёв.
  2. Pierre Pascal, La Révolte de Pougatchëv, p. 43.
  3. D. S. Mirsky, Histoire de la littérature russe, Fayard, 1969, p. 143.
  4. Efim Etkind, Georges Nivat, Ilya Serman et Vittorio Strada, Histoire de la littérature russe, t. 1 : Des origines aux lumières, Paris, Fayard, , 895 p. (ISBN 978-2-213-01985-7), p. 872.
  5. Alexandre Pouchkine, Œuvres complètes, tome I, Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1973, p. 737.
  6. Alexandre Pouchkine, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1973, p. 656.
  7. 10 janvier du calendrier julien
  8. En janvier 1762, le neveu de l'impératrice Élisabeth Ire, petit-fils de Pierre le Grand, Peter de Holstein-Gottorp, lui succède sous le nom de Pierre III. En juillet 1762, son épouse, Catherine (née Sophie d'Anhalt-Zerbst) le fait arrêter et incarcérer, puis il est exécuté quelques jours plus tard par un proche. Une dizaine d'années plus tard, le faux tsar Pougatchev entraîne à sa suite un grand nombre de cosaques, puis de paysans, mécontents du régime dirigé par Catherine II

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Vladimir Nikolajevič Vitevsky (trad. A. Rambaud), « Traditions populaires dans la Russie orientale sur l'insurrection de Pougatchef. Un récit inédit sur le faux Pierre III », Revue historique, t. 7, , p. 371-379
  • A. Gaïssinovitch, La Révolte de Pougatchev, Payot, 1938.
  • Pierre Pascal, La Révolte de Pougatchëv, Collection « archives », Gallimard, 1971, 274 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philip Longworth, Les Cosaques, Paris, Albin Michel, 1972.
  • Mikhaïl W. Ramseier, Cosaques, Genève, Nemo, 2009, (ISBN 2-940038-39-2)
  • Jean Savant, Les Cosaques, Paris, Éditions Balzac, 1948.
  • Gregor Jancik, « Nouvelles alarmantes de Russie: Le soulèvement de Pougatchev (1773-1775) dans la Gazette de Berne », Revue historique vaudoise, vol. 129, , p. 31-40 (ISSN 1013-6924).

Articles connexes

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Liens externes

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