Prison centrale de Nassiriya

La prison centrale de Nassiriya (arabe : سجن الناصرية المركزي, Sijn al-Nāṣirīyah al-Markazī), également connue sous le nom de prison d'Al-Hout (arabe : سجن الحوت, Sijn al-Ḥūt), est une prison de haute sécurité située près de Nassiriya, dans le gouvernorat de Dhi Qar, en Irak. Elle est la plus grande prison active d'Irak et la principale, voire la seule, où est appliquée la peine de mort (en).

Prison centrale de Nassiriya
(ar) سجن الناصرية المركزي
(ar) « سجن الحوت »
Image de l'établissement
Localisation
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Gouvernorat Dhi Qar
District (en) Nassiriya (en)
Coordonnées 30° 59′ 39″ nord, 46° 10′ 15″ est
Géolocalisation sur la carte : Irak
(Voir situation sur carte : Irak)
Prison centrale de Nassiriya
Architecture et patrimoine
Construction
Installations
Type Prison
Fonctionnement
Opérateur(s) Drapeau de l'Irak Ministry of Justice (en)
Chef d'établissement Hussein Ahmed Abniya al-Saadi

Histoire

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Le projet de construction d'une prison de haute sécurité à Nassiriya est lancé en 2004 par l'occupant américain (en)[1],[2]. La maîtrise d'œuvre est d'abord confiée à Parsons Global Services (filiale de la Parsons Corporation (en)), avant de lui être retirée, le , en raison d'une accumulation de six mois de retard[3],[4]. La suite du chantier est assurée par une société irakienne, Al-Basheer Co.[4],[5]. La prison ouvre ses portes à l'été 2008, avec une capacité initiale de 600 places[6],[7].

En , l'achèvement des phases 3 et 4 des travaux porte la capacité d'accueil à 1 600 places, pour un coût de 36 millions de dollars. Les phases 3 et 4 incluent également la création de structures de soutien médico-social et de formation professionnelle[8].

Le , une extension majeure (six nouveaux bâtiments cellulaires pour 3 000 places supplémentaires) est officiellement inaugurée[9].

Exécutions

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La prison de Nassiriya est la principale, voire la seule, prison où est appliquée la peine de mort en Irak[10],[11],[12]. Elle est d'ailleurs communément surnommée « Al-Hout », la baleine en arabe, en raison de sa réputation d'« avaler les gens sans jamais les recracher »[13].

Le , 36 hommes condamnés pour le massacre de Speicher  où près de 1 700 recrues militaires chiites avaient été tuées par l'État islamique en 2014 à Tikrit  sont exécutés par pendaison à la prison de Nassiriya[14],[15].

Le , sept hommes originaires de divers pays arabes et condamnés pour appartenance à Al-Qaïda sont pendus dans la prison de Nassiriya[16].

Le , le ministère de la Justice annonce l'exécution par pendaison à la prison de Nassiriya de 42 personnes condamnées pour « rapt », « assassinat », « recours à des voitures piégées » ou à « des engins explosifs »[17]. Le surlendemain, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, se dit « consterné d'apprendre l'exécution de 42 prisonniers en un seul jour »[18].

Le , « 38 condamnés à mort » irakiens « appartenant à Al-Qaïda et Daech accusés d'avoir mené des activités terroristes » sont « exécuté[s] [...] en présence du ministre de la Justice Haïdar al-Zameli, dans la prison de Nassiriya », fait savoir Dakhel Kazem, directeur adjoint de la commission de sécurité du conseil de la province de Dhi Qar[19]. Le lendemain, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, « choqué et atterré par l'exécution de masse de 38 hommes », appelle l’Irak à « établir un moratoire immédiat sur l'usage de la peine de mort »[20].

Le , 13 personnes condamnées pour participation « à des opérations armées avec des groupes terroristes, à des rapts, à des attentats à la bombe et au meurtre de civils » sont pendues à la prison de Nassiriya. Pour la première fois, des photos des exécutions sont diffusées par le gouvernement[21].

Le , 21 Irakiens condamnés pour « terrorisme » sont exécutés par pendaison à la prison de Nassiriya[22].

Le et le , respectivement trois et cinq Irakiens condamnés pour « terrorisme » sont pendus à la prison de Nassiriya, en représailles d'un attentat ayant tué 32 personnes quelques jours plus tôt à Bagdad[23],[24].

Le , trois nouveaux Irakiens condamnés pour « terrorisme » sont exécutés à la prison de Nassiriya, deux jours avant la visite historique du pape François en Irak[25].

Le , six Irakiens condamnés à mort, dont trois pour « terrorisme », sont pendus à la prison de Nassiriya, au lendemain de la visite en Irak du président français Emmanuel Macron[26].

Le , trois Irakiens condamnés pour « terrorisme », dont un pour un attentat à la voiture piégée en 2013 à Nassiriya et un autre pour un attentat similaire dans la province de Kerbala, sont pendus à la prison de Nassiriya[27].

Le , 13 Irakiens sont exécutés par pendaison dans la prison centrale de Nassiriya[28].

Le , 11 Irakiens originaires de la province de Salaheddine sont pendus à la prison de Nassiriya « pour affiliation au dénommé groupe armé Etat islamique »[29].

Le , 11 autres Irakiens, « condamnés en vertu de l'article 4 de la loi antiterroriste », sont pendus à la prison de Nassiriya[30].

Le , huit Irakiens, « condamnés pour terrorisme et pour appartenance au groupe Etat islamique », sont pendus à la prison de Nassiriya[31].

Le , 10 Irakiens, « reconnus coupables de crimes terroristes et d'appartenance à l'EI », sont exécutés par pendaison à la prison d'al-Hout à Nassiriya[32].

Le ou , au moins 21 personnes, dont une femme condamnée pour le lynchage d'une personne accusée d'avoir tiré sur des manifestants en 2019, sont pendues dans la prison de Nassiriya pour « terrorisme »[33].

Surpopulation

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En 2023, le directeur de la prison, Hussein Ahmed Abniya al-Saadi, affirme à la chaîne Al Sharqiya (en) que « sa capacité est de plus de 8 000 détenus » et qu'« environ 12 000 détenus [y] sont détenus ». Ces affirmations sont contredites par des rapports de l'ambassade américaine (2019) et de la commission irakienne des droits de l'homme (2020), qui indiquent tous deux que la capacité de la prison est de 4 000 places pour environ 10 900 détenus[34]. « Toutefois, d'autres sources médiatiques indiquent que la prison d'al-Hout, à Nassiriya, abrite plus de 40 000 détenus hommes, environ 1 000 détenues femmes, et 29 000 détenus dont les affaires n'ont pas encore été tranchées », rapporte le site d'information panarabe Al-Araby Al-Jadeed (en)[35]. Selon un rapport de l'ONG Women Journalists Without Chains (2025), « 8 000 condamnés à mort se trouvent dans la prison de Nassiriya »[36].

Détenus notables

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Références

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  1. (en) Seth G. Jones (en), Jeremy M. Wilson, Andrew Rathmell et K. Jack Riley (préf. Debra Knopman), Establishing law and order after conflict, Santa Monica, RAND, , 261 p. (ISBN 978-0-8330-3814-2, lire en ligne), chap. 5 Iraq »), p. 140
  2. (en) « Appendix I », sur 2001-2009 Archive for the U.S. Department of State (consulté le ) : « Construction of the 4,000-bed An Nasiriyah prison facility began in November 2004 »
  3. (en) « Parsons Global Services loses second Iraq contract », Stars and Stripes,
  4. 1 2 (en) Andy Mosher et Griff Witte, « Rebuilding Iraq an unfinished job », sur NBCNews.com, (consulté le )
  5. Jérôme Bouin, « Les millions gaspillés de la reconstruction irakienne », Le Figaro, (consulté le )
  6. (en) Terence Ewings, « Maximum-security prison constructed near Tallil », Département de l'Armée des États-Unis, (consulté le )
  7. « اطلاق سراح 170 من سجن الناصرية الاصلاحي والعدل تعتبره الاول على العراق » [« La libération de 170 personnes du centre correctionnel de Nasiriyah est une première en Irak, selon le ministère de la Justice »], Buratha News Agency, (consulté le )
  8. (ar) « انجاز ديمقراطي جديد افتتاح سجن في الناصرية بكلفة 36 مليون دولار » [« Une nouvelle réalisation démocratique : l'ouverture d’une prison à Nassiriya pour un coût de 36 millions de dollars »], sur alarabiya-news.com, (consulté le )
  9. (ar) « خلال افتتاح التوسعة الجديدة في سجن الناصرية المركزي » [« Lors de l'ouverture de la nouvelle extension de la prison centrale de Nassiriya »], Ministère de la Justice (en), (consulté le )
  10. (ar) Mohammed Al-Basim, « عمليات الإعدام السرّية في العراق: استباق لقانون العفو العام » [« Les exécutions secrètes en Irak : anticipation de la loi d'amnistie générale »], sur The New Arab (en), (consulté le ) : « وقال مسؤول في وزارة العدل العراقية ل"العربي الجديد" إن "أكثر الإعدامات تجرى في سجن الحوت في الناصرية »
  11. (en) « Iraq executes three convicted of ‘terrorism’: Official », Al-Arabiya, (consulté le ) : « The officials said the three Iraqis were executed in Nasiriyah prison in Dhi Qar province, the only detention center in the country that carries out capital punishment. »
  12. (en) « Iraq: Unlawful Mass Executions Resume », Human Rights Watch, (consulté le ) : « Multiple mass executions have taken place at Nasiriyah prison, the only prison in Iraq that carries out executions. »
  13. (en) Astha Rajvanshi, « 13 Men Suddenly Executed in Iraq as the Country Resumes Mass Executions », Time, (consulté le )
  14. Marc Vanacker, « L'Irak pend 36 hommes pour un massacre de recrues par l'EI », sur Virgule, (consulté le )
  15. « Irak. 36 personnes pendues », Le Progrès,
  16. AFP, « L'Irak exécute 7 membres d’Al-Qaïda », Le Figaro, (consulté le )
  17. AFP, « Irak: 42 condamnés à mort exécutés par pendaison », Le Figaro, (consulté le )
  18. AFP, « L'ONU "consternée" par l'exécution de 42 condamnés à mort en Irak », L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  19. AFP, « Irak: exécution de 38 djihadistes condamnés à mort «pour terrorisme» », sur LaPresse.ca, (consulté le )
  20. AFP, « Irak: l'ONU réclame un «moratoire immédiat» après les éxécutions de 38 djihadistes », sur LaPresse.ca, (consulté le )
  21. Ammar Karim, « Irak: le Premier ministre frappe fort avec l'exécution de 13 "terroristes" », AFP, (consulté le )
  22. Bassem al-Rikaby, « L'Irak exécute 21 condamnés pour "terrorisme" », AFP, (consulté le )
  23. AFP, « Après l’attentat de Bagdad, premières exécutions et des centaines en attente », Le Monde, (consulté le )
  24. AFP, « Irak : cinq Irakiens condamnés pour «terrorisme» ont été exécutés », Le Figaro, (consulté le )
  25. AFP, « Trois nouveaux condamnés pour "terrorisme" exécutés », L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  26. AFP, « Irak. Six Irakiens condamnés à mort ont été exécutés, dont trois pour « terrorisme » », Ouest-France, (consulté le )
  27. AFP, « Irak: pendaison de trois Irakiens condamnés à mort pour "terrorisme" », L'Express, (consulté le )
  28. (ar) « إعدام 13 مداناً في "الحوت" جنوبي العراق (تحديث) » [« Exécution de 13 condamnés à « Al-Hout » dans le sud de l'Irak (mise à jour) »], sur Shafaq News, (consulté le )
  29. AFP, « Irak : 11 personnes pendues pour «terrorisme» », Le Figaro, (consulté le )
  30. AFP, « Irak : 11 personnes pendues pour des faits de «terrorisme» », Le Figaro, (consulté le )
  31. AFP, « Huit condamnés à mort pour "terrorisme" exécutés dans le sud de l'Irak », L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  32. AFP, « Irak: dix personnes reconnues coupables de «terrorisme» ont été pendues par les autorités », Le Figaro, (consulté le )
  33. AFP, « Plus de 20 personnes ont été pendues dans une prison », 20 Minutes, (consulté le )
  34. (ar) Ali al-Araji, « بعد اتهام العراق بمخالفة المعايير الدولية.. كم نزيل بسجن الحوت وكم تبلغ طاقته الاستيعابية؟ » [« Après l'accusation de l'Irak de violer les normes internationales… Combien de détenus se trouvent dans la prison d’al-Hout et quelle est sa capacité d’accueil ? »], sur Tafnied, (consulté le )
  35. (ar) Zaid Salem, « عشرات الوفيات في سجن "الحوت" جنوبي العراق: تعذيب وسوء تغذية؟ » [« Des dizaines de morts dans la prison d'Al-Hout dans le sud de l'Irak : torture et malnutrition ? »], sur The New Arab, (consulté le )
  36. (ar) « سجناء العراق بين جدران الموت والإعدامات الطائفية (تقرير) » [« Les prisonniers irakiens entre les murs de la mort et des exécutions sectaires (rapport) »], Women Journalists Without Chains, (consulté le )
  37. (en) Ibrahim Abu Sammaqa, « مصدر عراقي ينفي إعدام السياسي السني أحمد العلواني » [« Une source irakienne dément l'exécution de l'homme politique sunnite Ahmed al-Alwani »], sur Erem News (ar), (consulté le )
  38. Anne-Sophie Le Mauff et Alain Lallemand, « Oussama Atar, un Belge dans les prisons d’Irak », Le Soir, (consulté le )
  39. (en) Timothy R. Smith, « Tariq Aziz dies; Saddam Hussein’s top minister, longtime spokesman for Iraq », The Washington Post, (consulté le )