Prison d'El-Harrach

prison en Algérie

La prison d'El-Harrach (en arabe : سجن الحراش) est un établissement pénitentiaire algérien situé dans la commune d'El-Harrach à Alger. Ouverte en 1915, elle est le plus grand établissement pénitentiaire d'Algérie.

Prison d’El Harrach
(ar) سجن الحراش
Image de l'établissement
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Algérois
Wilaya Alger
Localité El-Harrach
Coordonnées 36° 43′ 10″ nord, 3° 08′ 50″ est
Géolocalisation sur la carte : Alger
(Voir situation sur carte : Alger)
Prison d’El Harrach
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Prison d’El Harrach
Architecture et patrimoine
Construction
Installations
Type Prison
Capacité 2 500 places
Fonctionnement
Date d'ouverture
Opérateur(s) Drapeau de l'Algérie Ministère de la Justice
Statut actuel En fonctionnement (d)

Historique

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Initialement, il s'agit d'un bordj (citadelle militaire) édifié en 1724 dans des marais pendant la Régence d'Alger. Un Dey transforme le site en écuries tout en conservant l'architecture mauresque du bâtiment. En 1855, pendant la période coloniale, une première prison y est créée pour incarcérer des déportés et des détenus politiques qui contestent l'empereur Napoléon III[1].

La prison d'El-Harrach remplace la Maison Centrale, ouverte en 1855 et fermée en 1915. En 1925, les lieux sont agrandis avec de nouveaux bâtiments qui servent depuis de prison. Dans les années 1940, des députés français, opposés au régime de Vichy, y sont incarcérés[1].

Une vingtaine de bâtiments, regroupés en plusieurs blocs et comprenant des cours intérieures, constituent la prison. Dans l'ensemble de celle-ci, la lumière est allumée jour et nuit. Les conditions de détention y sont différentes selon les espaces. Les grandes salles sont surpeuplées. Initialement prévues pour une cinquantaine de lits, elles accueillent une centaine de détenus avec deux toilettes à la turque sans intimité. En raison d'une pénurie permanente d'eau, les prisonniers ont droit à une seule douche par semaine. L'été c'est limité à deux douches par mois. Il existe aussi des cellules d'une quinzaine de mètres carrés avec deux à trois détenus, deux lits superposés, une télévision et des toilettes[1].

Elle est décrite, en 2019, comme la plus grande prison d'Algérie avec une capacité de 2 500 détenus[2].

Évasions

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Hocine Aït Ahmed y est incarcéré pendant deux ans pour avoir mené une insurrection armée contre le régime de Ben Bella. Le , il s'évade de la prison au milieu des nombreuses femmes de sa famille venues lui rendre visite[1],[3].

Le , Haniche Oussama, trafiquant de drogue s'évade de la prison avec la complicité de son avocate. Il avait utilisé des vêtements que lui a apportés celle-ci ainsi que son badge d'accès. Le détenu s'est mêlé aux visiteurs des parloirs pour quitter la prison[4]. Cet événement donne suite à l'arrestation de l'avocate, déférée devant la justice et placée sous mandat de dépôt. 20 gardiens de ladite prison sont auditionnés par les enquêteurs de la Section de recherche de la Gendarmerie nationale (SRGN) de Bab Jdid[5]. Le directeur de la prison et son adjoint sont mis aussi en prison par mesure conservatoire[4]. Le , Haniche Oussama est interpellé par la gendarmerie à Aïn Témouchent, après 45 jours de cavale[6].

Témoignages de détenus

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En 2018, Abdou Semmar décrit les salles de transit de la prison où plus d'une centaine de prisonniers sont regroupés. Il n'y existe pas de différence entre la nuit et la jour ; les lumières sont toujours allumées, les fenêtres métalliques grillagées cachent lee ciel[7].

En 2022, l'ancien détenu Fethi Ghares évoque la prison d'El-Harrach. Il compare celle-ci aux prisons d’un pays d’Amérique latine. El-Harrach est conçue pour détenir 2 000 prisonniers, or, on y recense environ 4 000 détenus. Les conditions de détention sont déplorables avec une nourriture « infecte ». Mais Fethi Ghares décrit une « sorte de stratification sociale » dans la prison. Ainsi les détenus riches et ceux qui ont des relations bénéficient de conditions confortables et d’un menu amélioré[8].

Juste avant sa libération en novembre 2025, l'écrivain Boualem Sansal y est transféré, il décrit El-Harrach comme une « prison du Moyen Âge »[1].

Détenus notables

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La prison d'El-Harrach dans la culture populaire

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Le journaliste Mohamed Benchicou a écrit Les Geôles d'Alger, qui évoque sa détention à la prison d'El-Harrach[29].

Notes et références

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  1. Khaled Tebboune, fils du futur président Abdelmadjid Tebboune, est arrêté en juin 2018 et incarcéré dans la prison d'El-Harrach. Le jour où Abdelmadjid Tebboune est élu, les partisans du Hirak, le qualifient de « président cocaïne » en référence à l'affaire des 701 kg de cocaïne impliquant son fils. Celui-ci est jugé, en février 2020, dans le cadre des affaires immobilières de Kamel Chikhi et acquitté[12],[13],[14].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Farid Alilat, « Dans les entrailles de la prison algéroise d’El Harrach, qualifiée de « moyenâgeuse » par Boualem Sansal », sur Le Point, (consulté le )
  2. « La prison d’El Harrach, un pénitencier historique aux détenus célèbres », sur TSA, (consulté le )
  3. Farid Alilat, « Algérie : Hocine Aït Ahmed, le dernier exil », sur Jeune Afrique,
  4. 1 2 « Un trafiquant de drogue s'évade de la prison d'El Harrach avec la complicité de son avocate », sur Huffpost, (consulté le )
  5. « Comment un baron de la drogue s’est évadé de la prison d’El-Harrach », sur Liberté
  6. « Le procès en appel d’Oussama «Escobar» dimanche prochain », sur Le Jeune Indépendant,
  7. « Algérie. Les nuits sans étoiles de la prison d’El-Harrach », sur Courrier international, (consulté le )
  8. 1 2 Farid Alilat, « Algérie : Fethi Ghares raconte la prison d’El Harrach. », sur Jeune Afrique, (consulté le ).
  9. « Ali Belhadj libéré », sur Le Figaro, .
  10. « Mohamed Benchicou est sorti de prison », sur L'Obs,
  11. « Algérie : Rafik Khalifa et la malédiction de la villa Bagatelle », sur Jeune Afrique,
  12. 1 2 Farid Alilat, « Algérie : la justice pointée du doigt après l’acquittement du fils du président Tebboune », sur Jeune Afrique, (consulté le ).
  13. « El Bouchi condamné à 8 ans de prison, Khaled Tebboune acquitté », sur TSA, (consulté le ).
  14. « En Algérie, la rue conspue l’élection d’Abdelmadjid Tebboune, ex-fidèle de Bouteflika », sur Le Monde, (consulté le ).
  15. « Ali Haddad incarcéré à El-Harrach », sur Liberté
  16. 1 2 Ahmed Ouyahia transféré à la prison de Abadla (Béchar), site algerie-eco.com, 27 août 2020.
  17. « Incarcération de Rebrab – L’affaire EvCon : de quoi s’agit-il ? », sur TSA
  18. « 3 hommes d'affaires d'une fratrie liée à Bouteflika écroués », sur Le Figaro,
  19. Sellal transféré à la prison d’El Oued, site algerie-eco.com, 31 août 2020.
  20. « Abdelghani Hamel transféré à la prison El Harrach », sur huffpostmaghreb.com via Wikiwix, (consulté le ).
  21. « Djamel Ould Abbès placé en détention préventive », sur El Watan,
  22. « L'Expression: Nationale - Mahdjoub Bedda «expédié» à la prison d’El Harrach », sur L'Expression
  23. « Boudjemaa Talaï placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach », sur inter-lignes.com,
  24. « Algérie : Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, placée en détention provisoire », sur Jeune Afrique (consulté le )
  25. Said Bouteflika transféré à la prison d’El Harrach, site tsa-algerie.com, 4 janvier 2021.
  26. 1 2 Nabil et Ghazi El Karoui transférés à une autre prison, site leconomistemaghrebin.com, 27 septembre 2021.
  27. « Algérie: Action complémentaire: Il faut enquêter sur la torture d’un lanceur d’alerte: Mohamed Benhlima. », sur Amnesty international, (consulté le ).
  28. Arezki Said, « En Algérie, un journaliste emprisonné sur fond d’interrogations sur le trésor de guerre du FLN », sur Jeune Afrique, (consulté le )
  29. «Les geôles d’Alger» de Mohamed Benchicou, directeur du «Matin», sur www.babelmed.net