Problème du rond de serviette

solution contre-intuitive d'une énigme mathématique

En géométrie, le problème du rond de serviette consiste à déterminer le volume de la partie restante (en forme de rond de serviette) d'une boule (sphérique) de laquelle on a retiré une section cylindrique d'axe passant par son centre. Le problème demande de calculer le volume d'un «anneau sphérique » d'une certaine hauteur et a pour résultat contre-intuitif que pour des hauteurs égales, les volumes de ces anneaux sont égaux et ce, quelle que soit la taille de la boule initiale.

Si un trou d'une hauteur est creusé directement à travers le centre d'une boule, le volume de la bande restante ne dépend pas de la taille de la boule. Ainsi, pour une boule plus grande, la bande sera plus mince, mais plus longue.
Animation présentant la création de « ronds de serviette » de même hauteur à partir de boules différentes.

Historique

modifier

Une version de ce problème est posée au XVIIe siècle dans les mathématiques japonaises par Seki Kōwa. D'après Smith et Mikami 1914, Seki appelait le solide un « anneau-arc (arc-ring, kokan ou kokwan en japonais).

Démonstrations

modifier

Démonstration de l'indépendance du volume cherché par rapport au rayon de la boule

modifier
Schéma illustrant les différents paramètres.

On se donne un cylindre dont l'axe passe par le centre d'une boule de rayon . On note la hauteur (distance parallèle à l'axe) de la partie du cylindre située à l'intérieur de la boule. Le rond de serviette, ou «anneau sphérique » est la partie de la boule située en dehors du cylindre.

D'après le théorème de Pythagore, le rayon du cylindre est :

le rayon d'une coupe transversale horizontale de la boule à une ordonnée au-dessus de l'« équateur » de la boule est :

La section transversale de l'anneau sphérique par le plan d'ordonnée est la couronne circulaire déterminée par le grand cercle dont le rayon est donné en (2) et le petit cercle dont le rayon est donné en (1). L'aire de cette couronne est donc égale à l'aire du grand cercle moins celle du petit cercle :

On remarque que n'apparaît plus dans l'expression. L'aire de la coupe transverse à l'ordonnée ne dépend donc pas de , tant que .

Le volume de l'anneau sphérique est :

et il est donc lui aussi indépendant de .

Ce volume est donc égal à celui du cas limite où donnant un anneau sphérique égal à la boule entière.

Le volume de l'anneau sphérique est donc ::

Ceci est une application de la méthode des indivisibles.

Démonstration par calcul direct du volume cherché connaissant le volume d'une calotte sphérique

modifier

Le volume cherché est égal au volume de la boule moins le volume du tronc de cylindre de hauteur , moins deux fois le volume d'une calotte sphérique de hauteur .

Or , , et .

Tous calculs faits, on obtient de nouveau .

Notes et références

modifier

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :