Procès Martinez Zogo
Le procès Martinez Zogo encore dit procès de l'assassinat de Martinez Zogo est une procédure judiciaire ouverte devant le tribunal militaire de Yaoundé, au Cameroun, après l'enlèvement, la torture et la mort du journaliste et animateur radio Martinez Zogo en janvier 2023.
| Procès de l'assassinat de Martinez Zogo | |
| Type | Procès pénal |
|---|---|
| Pays | Cameroun |
| Localisation | Yaoundé |
| Date | depuis 2024 |
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Contexte
modifierMartinez Zogo, de son vrai nom Arsène Salomon Mbani Zogo, est journaliste et directeur de la radio privée Amplitude FM à Yaoundé. Il anime l'émission Embouteillages, dans laquelle il dénonce des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics[1],[2].
Le journaliste disparaît le à Yaoundé. Son corps est retrouvé le près de Soa, dans la périphérie de la capitale camerounaise[1]. Des organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse dénoncent alors un assassinat et demandent une enquête indépendante et transparente[3],[4],[5].
Enquête judiciaire
modifierAprès la découverte du corps de Martinez Zogo, plusieurs arrestations sont annoncées au Cameroun. Parmi les personnes interpellées figurent des membres de la Direction générale de la Recherche extérieure et l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga[6],[7].
En mars 2024, la presse internationale indique que le tribunal militaire de Yaoundé a renvoyé dix-sept personnes devant la juridiction dans le dossier. Parmi elles figurent l'ancien chef de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien responsable des opérations de la DGRE, et Jean-Pierre Amougou Belinga[8]. Les qualifications retenues dans le dossier portent sur des faits liés à l'arrestation, à la séquestration, à la torture ou à l'assassinat du journaliste, selon les personnes mises en cause[8],[9].
Le Comité pour la protection des journalistes indique en mars 2024 que des documents judiciaires font état d'une surveillance de Martinez Zogo par le contre-espionnage camerounais avant son assassinat[10].
Ouverture du procès
modifierLe procès s'ouvre formellement en mars 2024 devant le tribunal militaire de Yaoundé[11]. Les premières audiences sont marquées par des débats de procédure et par plusieurs renvois[12].
Les accusés restent présumés innocents tant qu'aucune décision définitive n'est rendue par la juridiction compétente. Le traitement médiatique de l'affaire est suivi par plusieurs organisations internationales de défense de la liberté de la presse, qui demandent que les responsabilités soient établies par une procédure équitable et transparente[13],[14].
Déroulement des audiences
modifierEn 2026, les audiences se poursuivent devant le tribunal militaire de Yaoundé. Selon TV5 Monde, les débats sur le fond commencent après l'ouverture formelle du procès en 2024[11].
Lors d'une audience tenue en juin 2026, des images présentées comme montrant les tortures subies par Martinez Zogo sont diffusées au tribunal. Cette diffusion provoque une forte émotion dans la salle d'audience et relance les débats sur les circonstances exactes de la mort du journaliste[11],[15].
Enjeux
modifierLe procès est suivi au Cameroun et à l'étranger en raison de la notoriété de Martinez Zogo, du rôle présumé de membres des services de renseignement et des questions qu'il soulève sur la sécurité des journalistes dans le pays[10],[3].
Pour les organisations de défense de la liberté de la presse, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus large de risques pour les journalistes au Cameroun, en particulier pour ceux qui enquêtent sur la corruption ou les abus de pouvoir[4],[16].
Notes et références
modifier- 1 2 (en) « Journalists call for justice for slain Cameroonian colleague », Associated Press, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Martinez Zogo Killed », sur Committee to Protect Journalists (consulté le )
- 1 2 (en) « Cameroon: Martinez Zogo’s death must not go unpunished », sur Amnesty International, (consulté le )
- 1 2 (en) « The Perils of Journalism in Cameroon », sur Human Rights Watch, (consulté le )
- ↑ (en) « Director-General condemns killing of radio journalist Martinez Zogo in Cameroon », sur UNESCO, (consulté le )
- ↑ (en) « Cameroonian police arrest businessman investigated by murdered journalist Martinez Zogo », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
- ↑ (en) « Cameroonian journalist Martinez Zogo’s murder was a state crime, official confesses », sur Reporters sans frontières, (consulté le )
- 1 2 « Cameroun : l'ex-chef du contre-espionnage et un influent homme d'affaires inculpés dans l'affaire Martinez Zogo », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Martinez Zogo affair: Court establishes charges against prime suspects », sur The Guardian Post Cameroon, (consulté le )
- 1 2 (en) « Court documents allege Cameroon counterintelligence spied on murdered journalist Martinez Zogo », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
- 1 2 3 « L'horreur absolue : des images de tortures diffusées au Cameroun lors du procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo », sur TV5 Monde, (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Assassinat de Martinez Zogo au Cameroun : procès renvoyé au 15 avril 2024 », , sur Dailymotion, France 24 (consulté le )
- ↑ (en) « Cameroon: IPI calls for justice two years after murder of journalist Martinez Zogo », sur International Press Institute, (consulté le )
- ↑ (en) « New exclusive and key testimonies obtained by RSF on killing of Cameroonian radio journalist Martinez Zogo », sur Reporters sans frontières, (consulté le )
- ↑ Judith Renoult, « Au Cameroun, les images « insoutenables » de la torture du journaliste Martinez Zogo diffusées au tribunal », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Brutal killing of journalist Martinez Zogo highlights chilling environment for press freedom in Cameroon », sur CIVICUS Monitor, (consulté le )