Lasioptera berlesiana
Lasioptera berlesiana, communément appelé la Cécidomyie de l'olive, est une espèce d'insectes diptères de la famille des Cecidomyiidae, présente dans l'ensemble des régions oléicoles méditerranéennes. C'est un prédateur oophage de la mouche de l'olive. Ce régime alimentaire peut accessoirement se révéler nuisible pour l'olivier dans la mesure où la recherche des œufs et des larves de mouche de l'olive peut détruire l'olive visée.
Description
modifierLe cycle complet adulte-larve-nymphe-nouvel adulte dure environ trois à quatre semaines. Ce sont trois à quatre générations qui vont accompagner le développement de Bactrocera olea jusqu'à la fin octobre. L'adulte est mesure de 1 à 2,8 mm, son thorax et son abdomen sont de couleur roussâtre. La larve mesure de 1 à 2,8 mm de long et de 0,7 à 0,8 mm de large. Elle est de couleur orange et présente des verrues dorsales.
Cycle de vie
modifierLasioptera berlesiana est un insecte inféodé à l'olivier. La première génération d'adultes se manifeste fin juin début juillet, quand les olives atteignent la taille nécessaire pour être potentiellement parasitées par la Mouche de l'olive. Les adultes s'accouplent dès leur sortie du sol où ils se sont puposés. La femelle pond dans le trou de ponte de la Mouche de l'olive sur l'œuf de celle-ci. L'éclosion de l'œuf est rapide, après 48 heures. La larve de Lasioptera berlesiana va consommer l'œuf de Bactrocera oleae dont le développement est moins rapide.
Une fois développée, la larve quitte l'olive et tombe sur le sol, sous l'olivier. Elle rentre sous terre, tisse un cocon et se nymphose durant de sept à huit jours en donnant une pupe. Selon l'AFIDOL, c'est dans cette phase hypogée qu'elle est en contact avec les spores de Camarosporium dalmaticum et que le futur adulte devient vecteur de contamination. Le nouvel adulte émerge du sol et va recommencer le cycle. Trois générations peuvent se succéder pendant l'été.
Ravageur ou auxiliaire
modifierSelon divers points de vue, la Cécidomyie de l'olive est considérée comme un ravageur ou un auxiliaire. En effet, selon les auteurs italiens, l'oophagie de Lasioptera berlesiana est facultative. Faute de ponte de Bactrocera oleae, la Cécidomyie peut pondre dans une blessure du fruit. Dans ce cas, le régime de la larve devient mycétophage-phytophage. Sur des cultivars d'olives précoces et destinées à la conserverie (olives de table), traitées par des insecticides larvicides, les dégâts de l'insecte peuvent le classer comme nuisible.
On peut qualifier les dégâts de collatéraux ou indirects car la première lésion est due à la Mouche de l'olive. La Cécidomyie agrandit un peu le trou et ne fait que véhiculer le champignon. Selon un bulletin phytosanitaire italien, la Cécidomyie se nourrirait des conidies du Camarosporium dalmaticum, ce qui expliquerait l'infestation de ses glandes salivaires et le qualificatif de champignon symbiote.
Insecte ravageur
modifierPendant sa phase de développement dans le sol (enfouissement de la larve dans le sol, empupage) puis sortie à l'air libre, l'insecte parfait est en contact avec les conidies du champignon microscopique Camarosporium dalmaticum et devient ainsi un vecteur de contamination des olives. En effet, l'insecte adulte va pondre dans l'orifice de ponte de la Mouche de l'olive. Sa larve à éclosion rapide va dévorer celle de la Mouche de l'olive. La ponte de la cécidomyie introduit les spores du champignon. Celui-ci va envahir l'olive en la rendant impropre à toute utilisation en huilerie. Le champignon développe une nécrose, la dalmaticose. C'est ce qui s'est produit au début de l'automne 2014.
Insecte auxiliaire
modifierLa cécidomyie, par sa larve prédatrice de celle de la mouche de l'olive dont elle se nourrit, est un auxiliaire précieux dans la lutte contre ce ravageur de l'olive. Hélas, comme tous les prédateurs ou les parasitoïdes, elle ne peut prévenir l'infestation de la mouche de l'olive et l'éradiquer. Elle ne peut que diminuer la pression du ravageur.
Solution
modifierLa cécidomyie ne produit pas la piqûre de l'olive mais ne fait que véhiculer le champignon parasite. Des études récentes ont montré que la blessure de l'olive ou son gonflement par les pluies abondantes d'un été pluvieux favorisent l'infestation d'olives saines. Sur une olive gonflée d'eau, dans une atmosphère humide, les spores (conidies) du champignon pénètrent dans les fruits, notamment par les pores des lenticelles. L'AFIDOL et le Centre Technique de l'Olivier ont renommé la maladie provoquée par le champignon en dalmaticose, reconnaissant que l'insecte vecteur du champignon (Cécidomyie) ne saurait être confondu avec la cause réelle, le champignon Camarosporium dalmaticum.
La lutte contre la maladie passe donc par l'emploi de fongicides (composés de cuivre ou de zinc) appliqués fin-juin/mi-juillet et en tant que de besoin pendant l'été, en surveillant les vergers.
Pour les tenants de la lutte intégrée, c'est un auxiliaire à protéger absolument car il fait baisser la pression d'un ravageur.
Espèces proches
modifierEn oléiculture, on recense deux autres cécidomyies :
- Dasineura oleae (la Cécidomyie des feuilles de l'olivier) qui provoque des galles sur les feuilles[2] ;
- Resseliella oleisuga (la Cécidomyie de l'écorce de l'olivier) qui provoque des blessures de l'écorce par ses larves[3].
La Cécidomyie de l'olive est un diptère prédateur de la Mouche de l'olive par sa larve. L'œuf de Lasioptera berlesiana est pondu dans le trou de ponte de la Mouche de l'Olive, sa larve dévore celle de la Mouche de l'olive. Il sortira une larve qui laisse un trou dans le fruit.
Taxonomie
modifierLe nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Lasioptera berlesiana Paoli, 1907[4].
Lasioptera berlesiana a pour synonymes[4] :
- Lasioptera brevicornis Melis, 1928
- Lasioptera carpophila Del Guercio, 1918
- Lasioptera kiefferiana Del Guercio, 1910
Notes et références
modifier- ↑ BioLib, consulté le .
- ↑ Cet insecte n'a jamais été signalé en France.
- ↑ Insecte sporadiquement signalé en France et dont les dégâts ne sont pas économiquement significatifs.
- 1 2 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) BioLib : Lasioptera berlesiana Paoli, 1907 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Lasioptera berlesiana Paoli, 1907 (consulté le )
- (en) NCBI : Lasioptera berlesiana (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Lasioptera berlesiana Paoli (consulté le )
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Robin Margier, Jacques Artaud et Christian Pinatel, « Cécidomyie de l’olive et ses dégâts : la Dalmaticose », Le Nouvel Olivier, no 97, , p. 26-31

- (it) G. Costantino (1967) « II parassitismo del Dittero Cecidomide Prolasioptera berlesiana, (Paoli) e i danni alle drupe dell'olivo », Bolletino di zoologia, vol. 34, n. 1-4, p. 107-108
Webographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- AFIDOL : Cécidomyie de l'olive : consulté le 11/11/2014.

- INRA : Prolasioptera berlesiana : consulté le 11/11/2014.

- (it) Boll. di Zoologia : Prolasioptera berlesiana : consulté le 11/11/2014.
- (it) Boll. Fitosan. : Prolasioptera berlesiana : consulté le 11/11/2014.