Vingt-quatre préludes de Chopin, opus 28

Cycle de préludes dans toutes les tonalités, op. 28, de Frédéric Chopin
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Les Vingt-quatre préludes de Chopin, op. 28 sont une série de vingt-quatre morceaux courts pour piano seul composés par Frédéric Chopin et dédiés à ses amis Camille Pleyel et Joseph Christoph Kessler (en).

Vingt-quatre préludes
Opus 28
Image illustrative de l’article Vingt-quatre préludes de Chopin, opus 28
Chartreuse de Valldemossa où a été composée l'œuvre.

Genre Préludes
Nb. de mouvements 24
Musique Frédéric Chopin
Effectif Piano
Durée approximative 30 secondes à 5 minutes pour chaque prélude
Dates de composition 1835-1839
Dédicataire Camille Pleyel
Joseph Christoph Kessler (en)
Partition autographe 1839
Fichiers audio
Prélude no 4
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Piano : Ivan Ilić.
Prélude no 15
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Piano : Giorgi Latso.
Prélude no 20
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Piano : Ivan Ilić.
Prélude no 24
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Piano : Aaron Dunn.
Remerciements à Musopen.

L'œuvre a la particularité de suivre le cycle des quintes : chaque morceau dans une tonalité majeure est suivi d'un autre dans sa relative mineure.

Les préludes les plus connus de cet opus, largement repris dans la culture populaire, sont les numéros 4 (en mi mineur), 15 (en ré bémol majeur, surnommé « Goutte d'eau »), 20 (en do mineur) (en) et 24 (en ré mineur). La recherche en musicologie s'intéresse particulièrement aux préludes numéros 2 (en la mineur) (it) et 4 (en mi mineur). Au milieu du XXe siècle, le compositeur catalan Federico Mompou écrit douze variations (en) sur le prélude no 7 (en la majeur) (it).

Histoire

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Chopin compose ses Préludes entre 1835 et 1839, et les achève à la chartreuse de Valldemossa de Majorque aux Îles Baléares où, âgé de 29 ans, il séjourne avec George Sand et les enfants de cette dernière, pour échapper au climat hivernal de Paris et tenter de soigner sa tuberculose chronique[1]. Elle y rédige son œuvre Un hiver à Majorque (ils vivent ensemble de 1838 à 1847).

Chopin publie cette série de préludes avec un succès retentissant dès son retour à Paris en 1839. Cette œuvre romantique, composée d'un mélange successif de sentiments mélancoliques et de joie, est entre autres interprétée selon ses dernières volontés lors de la cérémonie de ses funérailles à l'église de la Madeleine de Paris, avec sa Marche funèbre de 1837[2] et le Requiem de Mozart et Süßmayr, composé en 1791[3].

Inspirés des préludes du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach, ils inspirent à leur tour ceux d'Alexandre Scriabine, de Claude Debussy, de Francis Thomé[4],[5] et de Sergueï Rachmaninov.

Chopin a également composé deux autres préludes hors de l'opus 28 : le prélude en ut dièse mineur sostenuto (op. 45) et le prélude en la bémol majeur presto, con leggierezza (op. posthume).

Structure

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Manuscrit autographe de l'incipit du prélude en ré bémol majeur (no 15).
Manuscrit autographe de l'incipit du prélude en fa majeur (no 23).
  1. En do majeur. Agitato
  2. En la mineur. Lento
  3. En sol majeur. Vivace
  4. En mi mineur. Largo (cf. Prélude en mi mineur de Chopin)
  5. En ré majeur. Allegro molto
  6. En si mineur. Lento assai
  7. En la majeur. Andantino
  8. En fa dièse mineur. Molto agitato
  9. En mi majeur. Largo
  10. En do dièse mineur. Allegro molto
  11. En si majeur. Vivace
  12. En sol dièse mineur. Presto
  13. En fa dièse majeur. Lento
  14. En mi bémol mineur. Allegro
  15. En ré bémol majeur. Sostenuto (cf. Prélude en ré bémol majeur de Chopin)
  16. En si bémol mineur. Presto con fuoco
  17. En la bémol majeur. Allegretto
  18. En fa mineur. Allegro molto
  19. En mi bémol majeur. Vivace
  20. En do mineur. Largo
  21. En si bémol majeur. Cantabile
  22. En sol mineur. Molto agitato
  23. En fa majeur. Moderato
  24. En ré mineur. Allegro appassionato

Discographie

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Parmi les interprétations de référence, celles, historiques, d'Alfred Cortot (1926, 1933/4, 1942, 1955), Arthur Rubinstein (1946), Claudio Arrau (1950, 1960, 1973), Nikita Magaloff (1975), Martha Argerich (en 1975), Vladimir Ashkenazy (1980), Maurizio Pollini (1990), Ivo Pogorelic (1990), Grigory Sokolov (1990), Ievgueni Kissine (1999), Rafał Blechacz (2007).[réf. nécessaire]

Postérité

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Musique classique

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Deux compositeurs classiques, Sergueï Rachmaninov et Ferruccio Busoni, créent des variations sur le prélude no 20 en do mineur (en). Les variations de Rachmaninov s'intitulent Variations sur un thème de Chopin[6].

Federico Mompou s'inspire du prélude no 7 en la majeur (it) pour ses Variations sur un thème de Chopin (en), qu'il écrit entre 1938 et 1957[7].

Le pianiste de jazz américain Bill Evans utilise le prélude no 20 en do mineur comme thème de son Blue Interlude sur l'album Bill Evans Trio with Symphony Orchestra.

Musique populaire

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Barry Manilow s'inspire du prélude no 20 en do mineur pour sa chanson Could It Be Magic en 1973, reprise sous le titre Le Temps qui court par Alain Chamfort en 1975. Donna Summer propose une version disco de Could It Be Magic en 1976 ; le boys band Take That reprend également la chanson en 1993[pertinence contestée].

Jack Nitzsche joue cinq des préludes (1, 3, 4, 6 et 15) dans son album de 1966 Chopin '66.

Cinéma

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Le prélude no 4 en mi mineur est repris dans de nombreux films. Il est joué, avec le prélude no 20 en do mineur, de manière intradiégétique dans le film Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini, sorti en 1975.

Le prélude no 24 en ré mineur constitue la musique du générique de début du Concerto du chat, cartoon de la série Tom et Jerry.

Le prélude no 2 en la mineur apparaît dans le film Sonate d'automne d'Ingmar Bergman sorti en 1978.

Bibliographie

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Sur le prélude en la mineur

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  • Michael R. Rogers, « Chopin, Prelude in A Minor, Op. 28, No. 2 », 19th-Century Music, vol. 4, no 3, , p. 245–250 (ISSN 0148-2076, DOI 10.2307/746697, lire en ligne, consulté le )
  • Lawrence Kramer, « Romantic Meaning in Chopin's Prelude in A Minor », 19th-Century Music, vol. 9, no 2, , p. 145–155 (ISSN 0148-2076, DOI 10.2307/746580, lire en ligne, consulté le )
  • Anatole Leikin, « Chopin's A-Minor Prelude and its Symbolic Language », International Journal of Musicology, vol. 6, , p. 149–162 (ISSN 0941-9535, lire en ligne, consulté le )
  • (de) Johannes Quint, « Klang in Chopins Prélude op. 28, Nr. 2 », Zeitschrift der Gesellschaft für Musiktheorie [Journal of the German-speaking Society of Music Theory], vol. 3, no 2, , p. 209–222 (ISSN 1862-6742, DOI 10.31751/227, lire en ligne, consulté le )
  • (en) Robert S. Hatten, « Performing Expressive Closure in Structurally Open Contexts: Chopin’s Prelude in A minor and the Last Two Dances of Schumann’s Davidsbündlertänze », Music Theory Online, vol. 20, no 4, (lire en ligne, consulté le )
  • Zbigniew Granat, « Dreams and Intertextuality in Chopin’s A-Minor Prelude », Journal of Musicological Research, vol. 41, no 3, , p. 145–181 (ISSN 0141-1896, DOI 10.1080/01411896.2022.2078205, lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en mi mineur

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Sur le prélude en ré majeur

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Sur le prélude en si mineur

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  • Howard Cinnamon, « New Observations on Voice Leading, Hemiola, and Their Roles in Tonal and Rhythmic Structures in Chopin's Prelude in B Minor, Op. 28 No. 6 », Intégral, vol. 6, , p. 66–106 (ISSN 1073-6913, lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en mi majeur

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  • GRAŻYNA DRAUS, Od tekstu do interpretacji. O Preludium E-dur op. 28 nr 9 Fryderyka Chopina (lire en ligne)

Sur le prélude en mi bémol mineur

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  • (pt) Vinícius Fernandes, Guto Brambilla et Fernando Iazzetta, « A Emergência do Sujeito na Narrativa do Prelúdio Op. 28 no. 14 de Chopin », Musica Theorica, vol. 2, no 2, (ISSN 2525-5541, DOI 10.52930/mt.v2i2.49, lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en ré bémol majeur

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Sur le prélude en la bémol majeur

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  • William Rothstein, « Like Falling off a Log: Rubato in Chopin's Prelude in Ab Major (op. 28, no. 17) », Publications and Research, (lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en do mineur

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  • Anne Marie Kuhny, « A comparison of two sets of variations on Chopin’s Prelude op. 28, no. 20 in C minor: Ferruccio Busoni’s Ten Variations on a Theme by Chopin, BV 213a and Sergei Rachmaninoff’s Variations on a Theme of Chopin, op. 22 », www.ideals.illinois.edu, University of Illinois at Urbana-Champaign, (lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en si bémol majeur

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  • Paolo Rosato, « Modeling Analysis and the Musical Text Generation Process: An Analysis of Chopin's Prelude in B♭ Major, Op. 28, No. 21 », Indiana Theory Review, vol. 35, nos 1-2, , p. 161–210 (ISSN 0271-8022, DOI 10.2979/inditheorevi.35.1-2.06, lire en ligne, consulté le )

Sur le prélude en sol mineur

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  • Reed J. Hoyt, « Harmonic Process, Melodic Process, and Interpretive Aspects of Chopin's "Prelude in G Minor" », Indiana Theory Review, vol. 5, no 3, , p. 22–42 (ISSN 0271-8022, lire en ligne, consulté le )
  • (en) Alison Hood, « Ambiguity of Tonal Meaning in Chopin’s Prelude op. 28, no. 22 », Music Theory Online, vol. 18, no 3.8, , p. 1–9 (ISSN 1067-3040, lire en ligne, consulté le )

Références

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  1. « Les Préludes de Chopin, la magie du piano romantique », sur www.radioclassique.fr,
  2. [vidéo] « La Marche funèbre de Chopin jouée pour Jacques Chirac aux Invalides », sur YouTube.
  3. [vidéo] « Mozart - Requiem - Orchestre national de France », sur YouTube.
  4. (en) David Charlton, « Thomé, Francis [François Luc Joseph] », dans Stanley Sadie (éd.), The New Grove Dictionary of Music and Musicians, vol. 29, Londres, Macmillan, , 2e éd., 25 000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne) : « many études, preludes and genre pieces for piano ».
  5. (en) « Vingt-quatre préludes de Chopin, opus 28 » (fiche artiste), sur AllMusic
  6. Anne Marie Kuhny, « A comparison of two sets of variations on Chopin’s Prelude op. 28, no. 20 in C minor: Ferruccio Busoni’s Ten Variations on a Theme by Chopin, BV 213a and Sergei Rachmaninoff’s Variations on a Theme of Chopin, op. 22 », www.ideals.illinois.edu, University of Illinois at Urbana-Champaign, (lire en ligne, consulté le )
  7. Notice de l'enregistrement de l’œuvre par Federico Mompou, éditions Brillant Classics

Voir aussi

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