Pyemotes ventricosus

Ciron ventru

Pyemotes ventricosus
Description de cette image, également commentée ci-après
Pyemotes ventricosus, femelle non gravide.
Classification GBIF
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Arachnida
Sous-classe Acari
Ordre Trombidiformes
Famille Pyemotidae
Genre Pyemotes

Espèce

Pyemotes ventricosus
(Newport, 1850)

Pyemotes ventricosus, le Ciron ventru, est une espèce d'Acariens Trombidiformes, de la famille des Pyemotidae. Cette espèce présente en Europe occidentale et en méditerranée, dont la femelle en gestation se dilate de 10 fois sa taille, vit en ectoparasite de larves de nombreuses espèces d'insectes. Cet acarien est tout autant un auxiliaire à la lutte biologique contre les ravageurs du bois, des céréales stockées et des cultures agricoles qu'un agent responsable chez l'humain de graves dermatites en forme de comète. Bien que cette infection ne soit qu'accidentelle, elle est en forte expansion sous climat méditerranéen depuis les années 2000 et est considérée comme une maladie émergente.

Taxonomie

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Illustration originale de George Newport montrant des cirons ventrus se nourrissant d'une larve et d'une nymphe d'Anthophora retusa ainsi que la femelle en gestation au centre.

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Pyemotes ventricosus (Newport, 1850)[1]. L'espèce est initialement classée dans le genre Heteropus sous le protonyme Heteropus ventricosus Newport, 1850[1]. Elle est décrite à partir d'une récolte dans un nid d'Anthophora retusa en Angleterre. L'épithète spécifique « ventricosus » signifiant ventru fait référence à l'abdomen extraordinairement dilaté de la femelle gravide[2].

Cependant, la description originale étant floue, l'identité taxonomique de nombreux anciens signalements attribués à Pyemotes ventricosus est incertaine. Cross et Moser ont notamment souligné les difficultés de distinction entre les espèces du complexe P. ventricosus, dont Pyemotes tritici[3],[4].

Publication originale

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  • (en) George Newport, « Further observations on the habits of Monodontomerus; with some account of a new Acarus, Heteropus ventricosus, a parasite in the nests of Anthophora retusa », Proceedings of the Linnean Society of London, vol. 2, , p. 70-71 (lire en ligne)

Synonymie

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Pyemotes ventricosus a pour synonyme Heteropus ventricosus Newport, 1850[1].

Noms français

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Ce taxon porte en français les noms vernaculaires normalisés suivant : Ciron ventru[5] et Pyémote[6], bien que ce dernier puisse prêter à confusion avec les autres espèce du genre.

Description

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Comparaison entre la femelle en gestation (à gauche) et la femelle non gravide (à droite).

Pyemotes ventricosus est un acarien blanchâtre à jaunâtre. Le mâle mesure 0,16 mm de long. Quant à la femelle non gravide, son corps relativement allongé et aplati mesure environ 0,22 mm de long pour 0,04 mm de large. Lors de la gestation, elle dilate son abdomen en une poche fortement distendue jusqu'à mesurer environ mm de long[7],[8].

Cycle de vie

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Le Ciron ventru est un parasite obligatoire ectoparasite qui se nourrit de l'hémolymphe des larves de plusieurs ordres d'insectes dont des coléoptères, des lépidoptères, des hyménoptères, des diptères et des hémiptères[9]. La Petite Vrillette est un hôte régulièrement cité[10],[8],[6].

La femelle possède des chélicères adaptées à la perforation de la cuticule de son hôte qui lui permettent de pénétrer ses tissus et d'en prélever les fluides corporels. Les sécrétions salivaires venimeuses jouent un rôle majeur dans l'immobilisation de l'hôte. Les œufs, les larves et les stades nymphaux se développent dans l'abdomen de la femelle, qui finit par donner naissance à des individus adultes sexuellement mature qui se reproduisent rapidement après la naissance[7].

Répartition

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Pyemotes ventricosus est présent en Europe occidentale de l'Espagne à l'Angleterre en passant par la France, la Suisse[10],[8],[6] et l'Italie[11] ainsi qu'au Maroc[12]. Mais sa prévalence est bien plus forte sous climat méditerranéen[10],[8],[6].

L'activité de l'acarien augmente lorsque la température atteint environ 24 à 26 °C, ce qui contribue à expliquer sa répartition, sa tendance à se développer plus au Nord à la faveur du réchauffement climatique, le caractère émergent des dermatites observées chez l'humain et leur forte saisonnalité estivale[7],[8],[6].

Auxiliaire de lutte biologique

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En étant un prédateur de nombreuses espèces d'insectes ravageurs en sylviculture ou en menuiserie avec la Petite Vrillette[7] ou dans les céréales sur pieds et stockées avec l'Alucite des céréales[13], Pyemotes ventricosus est un auxiliaire de lutte biologique[7]. De même, cette espèce est un agent de contrôle de certains ravageurs de culture telles la Petite mineuse du pêcher qui parasite certains arbres à fruits à noyau[14] et la Cécidomyie des écorces de l'olivier qui parasite les oliviers[15].

Impacts chez l'humain

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Tas de poussière de bois provoqués par le forage de la Petite Vrillette dans lesquels se trouvent potentiellement des Pyémotes.

Nuisances cutanées

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Le contact cutané avec du vieux bois sec infesté par la petite Vrillette  tels que des meubles, des poutres ou des escaliers , notamment avec les tas de poussière au sol engendrés par le minage et dans lesquels se trouvent les pyémotes[10],[8], avec les céréales stockées, ainsi qu'avec la paille et le foin représentent un risque majeur à la fois professionnel et domestique de dermatite[7]. Ce contact  purement accidentel, car l'humain est une impasse parasitaire  a lieu précisément lorsque les femelles s'éloignent à la recherche de nouveaux hôtes[7],[10],[8].

Photographies de six personnes présentant des lésions cutanées dues à une dermatite causée par Pyemotes ventricosus. On remarque la présence de microvésicules centrales, d’ulcérations ou de croûtes, ainsi que certaines lésions présentant le tracé linéaire « en comète », comme dans la photographie B.

Environ 6 heures après les piqûres venimeuses[6], les patients atteints montrent des lésions cutanées formées de petits points blancs ou rouges auréolés de rouge surmontés par une sorte de queue centrale de la taille d'une tête d'épingle qui se remplit d'un liquide purulent fréquemment exsudatifs et entraîne de fortes démangeaisons. Typiques des piqûres d'arthropodes, ces macules sont nombreuses et situées sur des parties du corps en contact avec la zone infestée ou avec les vêtements qui ont été eux-mêmes en contact. Leur tracé linéaire « en comète » est quant à lui caractéristique du genre Pyemotes[8],[10], ce qui différencie ce symptôme clinique de celui causé par la Punaise de lit qui forme de petits boutons rouges organisés en lignes[6]. Cependant, ce tracé n'est présent que dans environ un quart des cas. Son absence ne permet donc pas d'exclure la dermatite à Pyemotes[7]. La majorité des symptômes disparaissent d'eux-mêmes en moins d'une semaine mais une exposition persistante entraîne une récidive ou une prolongation des lésions[7].

L'éradication du Pyémote nécessite généralement l'extermination de l'insecte hôte, par la suppression du meuble infesté par exemple dans le cas de la petite Vrillette ou par un traitement spécifique du meuble. Le traitement à l'insecticide généralement pratiqué en cas d'infestation de punaises de lit est inefficace car il ne pénètre pas dans le bois[10],[8],[6].

Prévalence

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Les premiers cas de dermatites liées à Pyemotes ventricosus ont été recensés dès les années 1960 en Angleterre[10]. À cette époque en Grande-Bretagne, jusqu'à 60 % des larves de Petites Vrillettes présentes dans des endroits humides sont parasitées par des espèces indéterminées du genre Pyemotes, considérées comme responsables d'irritations cutanées chez les bûcherons[16]. Cependant, cette maladie reste anecdotique avec seulement 14 mentions en 40 ans. Ce n'est qu'au milieu des années 2000 où elle prend de l'ampleur dans le sud-est de la France, par exemple à Fréjus en 2005-2006, en devenant une maladie émergente[8],[17]. De même, une épidémie de dermatite à Pyemotes ventricosus associée à des pupitres en bois infestés par Anobium punctatum dans une école a été décrite en 2004 en Espagne[18].

Une étude rétrospective des archives de l'hôpital universitaire de Nice entre 2012 et 2020 concernant les maladies infectieuses causées par des arthropodes montre que sur 289 patients infectés, 17,6 % concernait le Pyémote, contre 35 % pour le Sarcopte, 23 % pour la Punaise de lit et 15,9 % pour les puces[19]. Dans les années 2020, cette maladie est considérée comme très présente dans le sud de la France, mais reste largement méconnue[6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
  2. Newport, G. 1850. Further observations on the habits of Monodontomerus; with some account of a new Acarus, Heteropus ventricosus, a parasite in the nests of Anthophora retusa. Proceedings of the Linnean Society of London.2: 70-71.
  3. Cross, E. A. & J. S. Moser. 1975. A new, dimorphic species of Pyemotes and a key to previously-described forms (Acarina: Tarsonemoidea). Annals of the Entomological Society of America.68: 723-732
  4. (en) B. OConnor et P. Klimov, « Pyemotes ventricosus (Newport, 1850) », sur Muséum de zoologie de l'université du Michigan - département d'entomologie,
  5. Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le .
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Nadia Tighidet, « Sclérodermes, pyemotes : ces parasites piqueurs qui envahissent la région », sur La Provence,
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Iacopo Vellere, Alessandro Di Felice, Annarita Botta et Andrea Angheben, « Pyemotes ventricosus Dermatitis: A Case Report and an Extensive Review of Outbreaks and Clinical Cases », Infectious Disease Reports, vol. 14, no 5, , p. 668–674 (ISSN 2036-7449, PMID 36136822, PMCID 9498393, DOI 10.3390/idr14050072, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Pascal Del Giudice, Véronique Blanc-Amrane, Philippe Bahadoran et Eric Caumes, « Pyemotes ventricosus Dermatitis, Southeastern France », Emerging infectious diseases, vol. 14, no 11, , p. 1759–1761 (ISSN 1080-6040 et 1080-6059, PMID 18976564, PMCID 2630734, DOI 10.3201/eid1411.080288)
  9. (en) Luca Stingeni, Katharina Hansel, Gabriele Casciola et Leonardo Bianchi, « Human ectoparasitosis by mites of the genus Pyemotes Amerling 1861 (Acarina: Pyemotidae) », Italian Journal of Dermatology and Venereology, vol. 158, no 1, (DOI 10.23736/S2784-8671.22.07481-3, lire en ligne Accès libre)
  10. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Robert M. Fine et Harold George Scott, « Straw Itch Mite Dermatitis Caused By Pyemotes Ventrtcosus:Comparative Aspects: », Southern Medical Journal, vol. 58, no 4, , p. 416–420 (ISSN 0038-4348, DOI 10.1097/00007611-196504000-00003, lire en ligne)
  11. (en) M Corazza, M Tassinari, M Pezzi et M Ricci, « Multidisciplinary Approach to Pyemotes ventricosus Papular Urticaria Dermatitis », Acta Dermato-Venereologica, vol. 94, no 2, , p. 248–249 (ISSN 0001-5555, DOI 10.2340/00015555-1661, lire en ligne)
  12. A. Baino, K. Daoumeur, N. Akhdari et S. Amal, « P 01 : Dermatite à Pyomotès Ventricosus : à propos d’un cas », Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, vol. 143, no 4, , S37 (DOI 10.1016/S0151-9638(16)30176-4)
  13. Dakshinamurthy, A & Karuppuchamy, P & Mohanasundaram, M. (1987). Occurrence of a predatory mite Pyemotes ventricosus on Sitotroga cerealella Oliv.. International Rice Research Newsletter. 12. 42.
  14. (en) « Peach Twig Borer (UC Statewide IPM Program, UC IPM) », sur University of California - Agricral ressourcesulture and Natu (consulté le )
  15. Bagnoli, Bruno & Benassai, D & Mosconi, E. (2019). Bionomics of Resseliella oleisuga (Targ.-Tozz.) in Tuscany (Diptera Cecidomyiidae). 30. 203 (lire en ligne)
  16. (en) Hickin, E., « The woodworm », Science Journal, vol. 3, , p. 64-70
  17. (en) P. Del Giudice, E. Caumes, C. Boissy et F. Leduff, « An outbreak of creeping eruption in southern France », British Journal of Dermatology, vol. 157, no 4, , p. 824–825 (ISSN 0007-0963 et 1365-2133, DOI 10.1111/j.1365-2133.2007.08085.x)
  18. (es) María José Rodríguez-Casado, Román Cerro-González, Jose Luis Martín-Blázquez et Manuel Vázquez-Contioso, « Brote de dermatitis por Pyemotes en un centro de enseñanza primaria », Enfermedades Infecciosas y Microbiologia Clinica, vol. 22, no 6, , p. 370–371 (DOI 10.1157/13063055, lire en ligne, consulté le )
  19. (en) Jacques Sevestre, Pierre Marty, Thomas Hubiche et Christelle Pomares, « Groundbreaking outpatient activity in medical entomology in France: An eight-year experience in a french university hospital », Infectious Diseases Now, vol. 53, no 7, , p. 104728 (DOI 10.1016/j.idnow.2023.104728)

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