Pyramide de Khentkaous Ire

bâtiment en Afrique

La pyramide de Khentkaous Ire fait partie du complexe funéraire complet que la reine Khentkaous Ire se fit édifier à Gizeh ; elle est parfois référencée dans certains ouvrages comme « la 4e pyramide de Gizeh ». De fait son monument funéraire est actuellement visible sur le plateau de Gizeh, dans le prolongement de l'axe du complexe funéraire de Mykérinos dont elle est probablement une parente ou une fille. Ce monument porte le numéro 100 de la liste des pyramides établie par Lepsius. L'ensemble a été fouillé et identifié par Selim Hassan pendant les années 1932 et 1933.

Pyramide de Khentkaous Ire
Vue du complexe funéraire de Khentkaous Ire à Gizeh.
Pyramides d'Égypte
Commanditaire
Autre nom
Quatrième pyramide du plateau de Gizeh
Type
Pente
74°
Coordonnées
Carte

Localisation

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Cette tombe est située dans la nécropole de Gizeh, dans la partie sud du cimetière central, à proximité immédiate du temple de la vallée du complexe pyramidal de Mykérinos[1]. Elle a été nommée par certains égyptologues « quatrième pyramide de Gizeh »[1].

Carte des pyramides de Gizeh.

Exploration du monument

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Le tombeau fut identifié comme une pyramide par John Shae Perring et le colonel Richard William Howard Vyse, qui visitèrent le site en 1837-1838[2]. Peu après, en 1943, Karl Richard Lepsius visita le site sous le patronage du roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse[2],[1]. Il considérait qu'il s'agissait d'un tombeau privé et le désigna sous le numéro 100[3] sur sa carte. En 1912, Uvo Hölscher identifia la structure comme étant « la pyramide inachevée de Chepseskaf »[2],[1]. George Andrew Reisner l'identifia comme une pyramide royale, la considérant comme une construction inachevée de Chepseskaf, dans son ouvrage Mycerinus, the temples of the third pyramid at Giza (1931)[2],[1]. En 1932, Selim Hassan parvint à démontrer que le tombeau appartenait à Khentkaous Ire[1]. Le nom et les titres de la reine furent découverts inscrits sur des blocs de granit rouge provenant des montants de porte de la chapelle[4]. Il s'agissait du dernier monument royal érigé sur le plateau.

Contexte de la construction

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Khentkaous Ire est une femme importante de la fin de la IVe dynastie et du début de la Ve dynastie, mais sa place dans la généalogie de la famille royale de cette période reste débattue. La reine ne porte aucun titre de reine-épouse ; cependant, elle porte le titre très particulier de mw.t nsw.t-bj.ty nsw.t-bj.ty qui peut être traduit, soit par « Mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte », soit par « Roi de Haute et Basse-Égypte et mère du roi de Haute et Basse-Égypte »[5],[6],[7] ; de plus, le titre est accompagné d'une représentation de la reine coiffée de l'uræus et portant la barbe postiche ainsi qu'un sceptre, soit des attributs habituellement réservés au roi[8]. Une autre reine, nommée Khentkaous II, porta également ce titre et il s'avère qu'elle était la mère des rois Néferefrê et Niouserrê. Khentkaous Ire n'ayant pas les autres attributs des rois et n'étant référée qu'au travers de son statut de mère royale par ses prêtres, il semble que, comme Khentkaous II, elle ait été la mère de deux rois. La chronologie semble orienter vers les rois Chepseskaf et Ouserkaf, même si cela reste débattu[9],[10],[11]. Une autre donnée est que certains éléments, au delà de la localisation de la tombe, semblent montrer que Khentkaous Ire était soit une fille de Mykérinos, soit une fille de Khéphren et donc une (demi)-sœur de Mykérinos[12],[13],[14].

Ces éléments semblent montrer que les particularités de la tombe de Khentkaous Ire (sa forme, sa taille et l'indépendance vis-à-vis des complexes funéraires des rois), sont dues au fait que cette dernière occupa une place importante au sein de la famille royale, peut-être à la faveur d'une crise dynastique, par exemple à la suite de la mort de Mykérinos sans héritier : Khentkaous Ire, fille ou sœur du roi défunt, aurait alors placé un premier fils sur le trône égyptien ; après le décès de ce dernier sans héritier, elle aurait alors placé un second fils sur le trône. Ceci expliquerait donc, d'une part, la taille de la tombe, et, d'autre part, à son extension, passant d'un mastaba à une structure à deux degrés et voyant l'ajout d'un péribole ceignant l'ensemble funéraire royal et d'une chaussée reliant l'ensemble au temple de la vallée de Mykérinos[note 1].

Complexe funéraire

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Plan du complexe funéraire et de la ville de la pyramide associée

La singularité du cas présent est notamment l'aménagement d'un petit temple funéraire sur la face est du monument. Il s'étalait sur toute sa largeur et comprenait outre une partie d'accueil, des salles de culte ainsi qu'une salle réservée à la stèle fausse porte. Même s’il est réduit à sa stricte fonctionnalité sans annexes immédiates, ce temple funéraire était accessible par une chaussée qui montait depuis la vallée comme pour les complexes pyramidaux royaux. Aucune trace de temple bas n'a en revanche été identifiée actuellement ce qui fait penser que la reine devait partager celui de Mykérinos tout proche.

La chaussée

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Une chaussée couverte, constituée de trois murs parallèles, menait de la vallée à la chapelle située au sud-est de la tombe[16]. À l'origine, le mur nord de la chaussée et le mur sud de l'enceinte délimitaient un passage d'une largeur de m à 5,2 m. Cet espace fut ultérieurement divisé en deux par la construction d'un mur sud de la chaussée, créant ainsi un passage de chaussée d'environ 1,6 m de large et un passage de rue au sud d'environ 2,2 m de large[17]. Le mur d'enceinte sud fut démantelé — que ce soit par des causes naturelles ou une intervention humaine — puis reconstruit. La structure initiale était composée de grandes briques de terre crue en limon sombre, tandis que la reconstruction utilisa de petites briques de terre crue en limon sableux, revêtues d'éclats de calcaire[18].

La barque solaire

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À l'angle sud-ouest de la tombe se trouve une fosse à barque orientée est-ouest, longue de 30,25 m et profonde de 4,25 m[19]. Les parois de cette fosse étaient constituées de moellons liés au mortier. Elle contenait une embarcation dotée d'une proue et d'une poupe relevées. En se fondant sur la découverte de blocs de calcaire blanc et de granit noir, Selim Hassan a conclu que le navire était couvert et qu'il s'agissait donc de la barque nocturne de destinée à la traversée de la Douât. Aucune barque diurne correspondante n'a été retrouvée, mais elle pourrait se situer du côté ouest de la tombe[19].

Le mur d'enceinte

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La pyramide était délimitée sur trois côtés — nord, ouest et sud — par un mur d'enceinte en briques crues blanchies à la chaux, épais de 2,75 m[20]. Le mur sud présente un coude au niveau de la fosse de la barque solaire, longe sur 61 m toute la paroi est, puis se prolonge sur m le long du mur nord pour s'achever au niveau du montant sud de l'entrée de la cour[20]. Du côté est, un haut mur taillé dans la roche formait, avec la pyramide, une chambre où la reine fut embaumée[21].

Pyramide

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La superstructure

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Vue depuis l'ouest de la pyramide de Khentkaous Ire à Gizeh.

La tombe possède une superstructure à deux degrés qui ne peut être classée ni strictement comme un mastaba ni comme une pyramide[22]. Selim Hassan l'a comparée à la pyramide à degrés de Djéser — qui présentait une base carrée à ses débuts — pour privilégier la qualification de pyramide[23].

Le degré inférieur, de forme presque carrée, mesure 43,35 m (face est) sur 41,85 m (face sud) pour une hauteur allant de 8,83 m au coin sud-est à 9,9 m au coin nord-est[1]. Orienté nord-sud, ce degré fut taillé dans la roche mère — un emplacement réservé à la tombe alors que la pierre environnante était extraite pour la construction des pyramides de Gizeh — puis revêtu de calcaire fin et blanc de Tourah, avec une inclinaison d'environ 74°, typique des mastabas[1]. Le parement est bien conservé sur les faces ouest et nord, mais presque totalement détruit sur la face sud[24]. À cette époque, l'édifice avait l'apparence d'une pyramide tronquée et ses quatre faces étaient ornées de niches évoquant des fausses-portes, selon le motif de la façade de palais[24].

Un second degré, entièrement construit en calcaire, fut érigé au dessus du premier degré, non pas centré mais décalé vers l'ouest, peut-être pour éviter que le poids addionnel ne provoque l'effondrement les chambres des appartements funéraires, situées dans la partie est du monument[1]. Cette structure se composait de sept assises de calcaire extrait localement ; les blocs, plus volumineux que ceux utilisés pour la pyramide de Khéops, diminuaient progressivement de taille vers le sommet[24]. Ce degré, qui rappelle un mastaba, mesure 35,3 m (face ouest) sur 37,3 m (face sud) pour une hauteur de 8,31 m[1] ; son sommet était légèrement voûté, à l'instar du mastaba de Chepseskaf[25]. Dans son ensemble, la structure mesurait 17,5 m de haut[25] et était entièrement revêtue de calcaire blanc de Tourah[1].

La chapelle

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Coupe du complexe funéraire de la reine, montrant les aménagements internes.

La chapelle, située dans la partie sud du premier degré, est précédée d'une cour pavée et l'accès s'effectue, dans la face sud du premier degré, par une grande porte en granit rose — dont le montant sud mesurait 1,25 m de largeur sur m de hauteur — portant le nom et les titres de Khentkaous Ire[16]. Bien que les deux montants aient été gravement endommagés par des pilleurs de pierres, leurs inscriptions ainsi que la représentation de la reine ont été préservées[26]. L'entrée, en retrait de 2,85 m dans la roche mère de la superstructure[27], menait à la chapelle — mesurant 2,6 m sur 2,7 m — pavée et revêtue de calcaire blanc fin de Tourah[28]. À l'ouest se trouvait une salle destinée aux statues, dotée de trois niches, revêtue de calcaire blanc fin et décorée de bas-reliefs et d'inscriptions[29]. Au nord se situait une seconde salle, de 11,8 m sur 4,5 m, accessible par une porte en granit noir[30]. Elle abritait deux fausses-portes en granit rose sur son mur ouest ; sous l'une d'elles se trouvait un puits menant aux appartements funéraires[30].

Les appartements fuénraires

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Plan schématique du complexe funéraire de Khentkaous Ire à Gizeh.

La structure souterraine de la tombe présente des caractéristiques communes aux tombes royales[31]. On y accédait par un couloir en pente descendante, long de 5,6 m et large de 0,9 m, pavé et revêtu de granit, qui débouchait sur une antichambre[30]. La chambre funéraire était divisée en deux parties. La chambre orientale mesurait 7,85 m de long, 2,7 m de large et 3,7 m de haut[32]. Ses parois est et sud comportaient six magasins, accessibles par des passages mesurant généralement m sur 0,5 m, et constitués de cellules d'une profondeur comprise entre 1,5 m et 1,6 m, pour une largeur de m et une hauteur de 1,4 m[33]. Sur la paroi ouest de la chambre se trouvaient deux autres fausses-portes, hautes de 3,3 m et larges de 0,95 m, taillées dans la paroi et probablement revêtues de pierre de haute qualité[34]. La chambre occidentale, mesurant 4,60 m sur 3,96 m, abritait le sarcophage de la reine ainsi qu'une niche carrée au sud et une étagère taillée dans la roche au nord, destinée probablement à recevoir les vases canopes[34]. La majeure partie de la chambre occidentale était occupée par une dépression de 3,6 m sur m creusée dans le sol[34]. Les seuls vestiges significatifs de la sépulture découverts par Selim Hassan furent des fragments d'un sarcophage en albâtre ainsi qu'un scarabée en calcaire brun datant de la XIIe dynastie[34].

Ville de la pyramide

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Un ensemble de maisons en briques crues, disposé en forme de « L », fut construit de manière linéaire à l'est et au sud de la tombe, le tout étant ceinturé par un mur d'enceinte[35]. Le mur d'enceinte sud s'étend vers l'est sur 104 m depuis le montant de la porte de la cour, bifurque vers le sud sur 43 m, puis repart vers l'est avant de disparaître sous un cimetière. Le mur nord part de l'autre montant de la porte de la cour, s'étend vers l'est sur 97 m, tourne vers le sud sur m, se poursuit vers l'est sur 51 m supplémentaires, avant un dernier virage vers le sud où il disparaît également sous le cimetière. Ces deux murs délimitent la ville pyramidale associée au complexe de Khentkaous Ire[20].

La ville pyramidale fut soigneusement conçue par les architectes du complexe de Khentkaous Ire — plutôt que de résulter d'un développement urbain spontané — et entièrement bâtie en briques crues[36]. Dix maisons étaient alignées vers l'est le long de la chaussée montante et réparties en deux groupes[37]. Les six premières maisons possédaient chacune deux entrées (l'une au nord donnant sur une rue, l'autre au sud donnant sur la chaussée), un vestibule pour le gardien, une salle de réception, un séjour, deux chambres, une cour ouverte, une cuisine, une réserve d'eau et une pièce de service. De légères variations existaient d'une maison à l'autre — comme la présence d'un grenier occupant la cuisine de l'une et la salle de réception d'une autre — mais, pour le reste, elles respectaient ce plan type[38]. Les quatre autres maisons présentaient un plan similaire, mais sans le vestibule ni la salle de réception ; la dernière de ces maisons était séparée des trois précédentes par une rue transversale orientée nord-sud[39]. Selon Hassan, ces logements étaient occupés par les prêtres chargés du culte funéraire de la reine, qui assuraient ce service jusqu'à la fin de la VIe dynastie. Lehner et al. (2011) suggèrent que, bien que les preuves matérielles fassent défaut, les occupants des maisons situées au sud de la ville pourraient avoir servi le culte funéraire de Khentkaous Ire, celui de Mykérinos, ou les deux à la fois. Malgré cela, la disposition et l'orientation des structures de Mykérinos et de Khentkaous Ire suggèrent une séparation entre leurs monuments et leurs domaines respectifs[40].

À l'origine, une porte à deux vantaux en calcaire se trouvait à l'intersection de la rue et du mur d'enceinte ; elle était dotée d'un passage souterrain passant sous la chaussée montante[39]. Ce passage avait été creusé dans la roche mère jusqu'à une profondeur maximale de 2,47 m, avec une largeur de 0,9 m. Treize marches avaient été taillées sur le côté nord, tandis que le côté sud, moins pentu, était resté lisse. Le passage ne fut jamais achevé — comme en témoignent des saillies de 0,5 m laissées au fond de l'ouvrage — et son utilité pour les habitants de la ville fut probablement limitée[41]. La rue, large de m, se prolonge vers le sud sur 17 m jusqu'à une intersection avec une autre rue orientée est-ouest[39],[41]. Une autre porte à deux vantaux se dressait initialement à cet endroit[39]. À l'ouest, un escalier menait aux greniers et, séparé par un mur en briques crues au nord, à un vaste réservoir d'eau de 29 m sur 8,5 m[42]. Les greniers étaient situés derrière un mince mur de soutènement, au-delà duquel se trouvaient une cour et deux pièces longues et étroites. Depuis la cour des greniers, un passage menait vers le sud à une cour en forme de T dotée de deux magasins, puis plus loin vers le sud à une grande demeure, probablement celle du fonctionnaire responsable des greniers[43].

Près de l'extrémité ouest des logements situés au sud se trouvait une maison aux murs plus épais, ce qui suggère qu'elle revêtait une importance particulière, peut-être même celle d'un palais symbolique[35]. Au sud-ouest de celle-ci, intégré au temple de la vallée de Mykérinos et à la ville pyramidale, se trouvait un bâtiment identifié par Hassan comme étant le temple de la vallée de Khentkaous Ire[35].

Tout autour et dans les falaises qui environnent le complexe, des tombeaux contemporains de la cour royale furent aménagés ainsi que ceux des prêtres et fonctionnaires qui officièrent au culte de la reine, attestant de la vitalité de sa mémoire tout au long de l'Ancien Empire.

Temple de la vallée

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Selon Hassan, on accédait au temple de la vallée de Khentkaous Ire par une longue « large chaussée pavée de briques » qui passait entre le mur d'enceinte sud de la cité pyramidale et le mur nord du temple, pour se prolonger le long de toute la façade est du temple de la vallée de Mykérinos[44]. L'archéologue Barry Kemp considère ce temple comme une annexe de celui de Mykérinos, et le vestibule comme un second bâtiment d'entrée[45]. Dans une salle de stockage, Hassan a mis au jour un fragment de table d'offrandes en albâtre portant une inscription partielle — « ... son père, fille du roi » — ainsi que des hiéroglyphes qu'il a interprétés comme étant trois fois le hiéroglyphe ka associé au nom de Khentkaous Ire[46]. L'égyptologue Mark Lehner et al. reconnaîssent qu'il s'agit d'une interprétation très plausible, bien que non totalement certaine, et qu'elle ne prouve pas que le temple lui-même ait été construit pour Khentkaous Ire[47]. Des fouilles menées entre 2005 et 2009 ont révélé que la « large chaussée pavée de briques » décrite par Hassan était en réalité une rampe ascendante. Cette rampe ne semble pas rejoindre la chaussée de Khentkaous Ire, laquelle s'étend d'est en ouest sans présenter de bifurcation identifiable vers le sud. Le chemin le plus direct reliant la cité pyramidale à cette rampe passerait par une sortie située à l'angle sud-est de la cité, une zone qui n'a pas encore été dégagée[48].

L'entrée principale du temple se trouve sur le côté nord — une disposition très atypique, car l'accès aux temples de la vallée se fait généralement par l'est, mais cette configuration a pu être rendue nécessaire par la présence probable d'autres bâtiments de ce côté ; elle s'ouvre sous un portique soutenu par deux colonnes jumelles[49]. Le portique comportait un sol pavé de calcaire, des murs chaulés et des bases en calcaire supportant les deux colonnes. Si les bases ont subsisté, les colonnes elles-mêmes — peut-être en bois — n'ont pas été conservées. Des vestiges d'une statue en diorite représentant Khéphren ont été retrouvés près de l'entrée du temple ; ils y avaient été apportés à une époque ultérieure[50].

Au-delà de l'entrée s'ouvrait un vestibule dont le toit reposait sur quatre colonnes. Les bases de ces colonnes, en albâtre, ont été retrouvées in situ, mais les fûts qu'elles supportaient ont disparu. Les murs étaient revêtus de simples badigeons colorés : du blanc pour la partie supérieure et du noir pour le soubassement, surmonté d'une bande rouge. Un brûle-parfum en calcaire ainsi que des fragments de deux statuettes en schiste — l'une représentant un roi et l'autre prenant la forme d'un sphinx — furent découverts dans le vestibule, aux côtés de plusieurs autres objets. Au sud, une porte donnait accès à la cour[51].

La cour, mesurant 10,5 m sur 9,9 m, était pavée de briques crues, à l'exception d'un chemin en calcaire partant de la porte vers le sud-ouest, passant sous le mur pour rejoindre le vestibule du temple de Mykérinos. Il existait à l'origine une porte menant au temple, mais celle-ci fut murée lors de la construction du temple de Khentkaous Ire. Au nord-ouest de la cour se trouvait un magasin allongé et, à l'est, un long couloir doté de deux entrées (puis trois par la suite). Ce couloir fut transformé en un ensemble de trois habitations, tout comme la moitié sud du temple située au-delà de la cour[52].

Au nord-ouest du temple bas se trouvait un bâtiment rectangulaire en briques crues de 6,05 m sur 3,1 m, désigné par Hassan sous le nom de « tente de purification ». Ce bâtiment servait au rituel de purification précédant le transfert de la dépouille de Khentkaous Ire à travers la nécropole jusqu'à la maison d'embaumement. La salle fut retrouvée encombrée de débris contenant de nombreux fragments de vases en pierre, des tessons de poterie et des outils en silex. Un canal couvert en pente, réalisé en calcaire blanc, était aménagé dans le sol de la salle ; il s'étendait vers le nord sur 7,2 m pour aboutir à un grand bassin rectangulaire à degrés. Les deux premiers degrés du bassin étaient constitués de moellons liés au plâtre, le degré supérieur mesurant 9,68 m sur 1,6 m. Le troisième degré, situé au niveau inférieur, était construit en calcaire et mesurait 8,8 m sur 0,8 m[44].

Notes et références

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  1. Mark Lehner considère quant à lui que le monument a été prévu à deux degrés depuis le départ[15].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Verner 2020, p. 206.
  2. 1 2 3 4 Hassan 1943, p. 2.
  3. Lepsius 1970, p. 121.
  4. Hassan 1943, p. 2-3.
  5. Baud 2005, p. 546-552.
  6. Callender 2011, p. 147.
  7. Verner 2017, p. 95.
  8. Baud 2005, p. 552.
  9. Callender 2011, p. 150-153.
  10. Verner 2014, p. 23-24.
  11. Verner 2017, p. 99.
  12. Callender 2011, p. 149.
  13. Verner 2014, p. 24.
  14. Verner 2017, p. 99-100.
  15. Lehner et Hawass 2017, p. 290.
  16. 1 2 Hassan 1943, p. 16.
  17. Lehner et al. 2011, p. 166–167 & 169–170.
  18. Lehner et al. 2011, p. 170–171.
  19. 1 2 Hassan 1943, p. 33.
  20. 1 2 3 Hassan 1943, p. 32.
  21. Hassan 1943, p. 32 et 93.
  22. Hassan 1943, p. 13.
  23. Hassan 1943, p. 14.
  24. 1 2 3 Hassan 1943, p. 15.
  25. 1 2 Lehner 1997, p. 138.
  26. Hassan 1943, p. 17.
  27. Hassan 1943, p. 16-17.
  28. Hassan 1943, p. 18.
  29. Verner 2020, p. 207-208.
  30. 1 2 3 Hassan 1943, p. 24.
  31. Verner 2020, p. 208.
  32. Hassan 1943, p. 25.
  33. Hassan 1943, p. 25 et Pl. VIII-IX.
  34. 1 2 3 4 Hassan 1943, p. 26.
  35. 1 2 3 Lehner 2008, p. 138.
  36. Hassan 1943, p. 35.
  37. Hassan 1943, p. 38-39.
  38. Hassan 1943, p. 38.
  39. 1 2 3 4 Hassan 1943, p. 39.
  40. Lehner et al. 2011, p. 198, 204–205.
  41. 1 2 Lehner et al. 2011, p. 166.
  42. Hassan 1943, p. 39-40.
  43. Hassan 1943, p. 40.
  44. 1 2 Hassan 1943, p. 53-54.
  45. Lehner et al. 2011, p. 194-195.
  46. Hassan 1943, p. 58.
  47. Lehner et al. 2011, p. 195.
  48. Lehner et al. 2011, p. 195-196.
  49. Hassan 1943, p. 54-55.
  50. Hassan 1943, p. 55.
  51. Hassan 1943, p. 55-57.
  52. Hassan 1943, p. 57-59.

Bibliographie

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Bibliographie spécifique à la pyramide

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  • (en) Selim Hassan, Excavations at Gîza IV (1932-1933), Le Caire, Government Press, (lire en ligne) ;
  • (en) Mark Lehner, Daniel Jones, Lisa Yeomans, Hanan Mahmoud et Kasia Olchowska, « Re-examining the Khentkaues Town », dans Nigel Strudwick, Helen Strudwick, Old Kingdom, New Perspectives: Egyptian Art and Archaeology, 2750-2150 BC, Oxford, Oxbow Books, , 344 p. (ISBN 978-1842174302), p. 143–191 ;
  • (it) Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi, L'Architettura delle Piramidi Menfite : La Grande Fossa di Zauiet el-Aryan, la Piramide di Micerino, il Mastabat Faraun, la Tomba di Khentkaus, vol. VI, Rapallo, Officine Grafiche Canessa, (lire en ligne).

Bibliographie générale sur les pyramides

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Autres références

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  • Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
  • (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
  • (de) Karl Richard Lepsius, Denkmäler aus Ägypten und Äthiopen, Osnabruck, Biblio Verlag, (1re éd. 1849) ;
  • (en) Miroslav Verner, Sons of the Sun: Rise and Decline of the Fifth Dynasty, Prague, Czech Institute of Egyptology, , 306 p. (ISBN 978-8073085414) ;
  • (en) Miroslav Verner, Abusir : The Necropolis of the Sons of the Sun, Le Caire, The American University of Cairo, , 2e éd. (1re éd. 2002), 420 p. (ISBN 978-977-416-790-4) ;
  • (en) Richard William Howard Vyse et John Shae Perring, Appendix to operations carried on at the pyramids of Gizeh in 1837, vol. 3, Londres, Fraser, (lire en ligne).