Pyroconvection
La pyroconvection est un phénomène météorologique qui se produit dans la colonne de fumée s'élevant au-dessus d'un feu de forêt très intense. L'élévation de l'air chauffé par l'incendie (convection atmosphérique) peut alors générer un pyrocumulonimbus, créant des conditions météorologiques propres à l'incendie qui le rendent à la fois plus erratique et plus dangereux. On parle parfois de feu convectif.
Une pyroconvection intense a été observée dans de nombreux incendies extrêmes, en particulier en Australie et en Amérique du Nord, et plus occasionnellement en Europe.
Mécanique
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La pyroconvection est un phénomène météorologique dans lequel, lors de feux de forêt très importants (qui peuvent être des mégafeux), l'élévation de l'air chauffé par l'incendie (convection atmosphérique) génère un puissant vent chaud ascendant. Celui-ci, au contact de l'air plus froid en altitude, crée par condensation un pyrocumulus voire, quand le phénomène est assez puissant, un pyrocumulonimbus. Ce dernier a pour effet de rendre les feux de forêt concernés plus erratiques dans leur progression et potentiellement plus dangereux : ils génèrent leur propre météo, avec un tirage thermique qui attise les braises au sol, des mouvements d'air descendants et, au sol, des vents rapides à la direction changeante, ainsi que des orages (« orages de feu ») en cas de pyrocumulonimbus, à même de provoquer de nouveaux départs de feu[1],[2],[3].
Observations
modifierDes phénomènes de pyroconvection intense menant à la création de pyrocumulonimbus sont observés en Amérique du Nord[4], en Australie[5] et occasionnellement en Europe, par exemple en Grèce[6], au Portugal et en France[2].
France
modifierEn France, un phénomène de pyroconvection intense a été observé à quatre reprises, selon Jean-Baptiste Filippi (CNRS) : lors de l'incendie de Générac en 2019, de l'incendie de 2025 dans le massif des Corbières, des incendies de 2026 en forêt de Fontainebleau et de celui de la forêt des Landes, en Gironde, la même année[2].
Influence du changement climatique
modifierLe changement climatique d'origine humaine augmente le risque général de feux de forêt mais son influence sur la pyroconvection a été peu étudiée. Une étude publiée en 2019 a mis en évidence un risque accru, du fait du changement climatique, de survenue de feux extrêmes associés à un phénomène de pyroconvection dans certaines régions du sud de l'Australie[5],[7],[8],[9].
Références
modifier- ↑ (en) « Wildfire impact: How is it monitored & measured? », sur Copernicus, (consulté le ).
- 1 2 3 Stéphane Mandard, « Le pyrocumulonimbus, l’« orage de feu » qui rend l’incendie en Gironde si imprévisible : « C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
- ↑ (en) Andrew J. Dowdy, Acacia Pepler, « Pyroconvection Risk in Australia: Climatological Changes in Atmospheric Stability and Surface Fire Weather Conditions », Geophysical Research Letters, vol. 45, no 4, , p. 2005‑2013 (ISSN 1944-8007, DOI 10.1002/2017GL076654, lire en ligne).
- ↑ (en) Michael Fromm, Daniel T. Lindsey, René Servranckx, Glenn Yue, Thomas Trickl, Robert Sica, Paul Doucet, Sophie Godin-Beekmann, « The Untold Story of Pyrocumulonimbus », Bulletin of the American Meteorological Society, American Meteorological Society, vol. 91, no 9, , p. 1193‑1210 (DOI 10.1175/2010BAMS3004.1, lire en ligne).
- 1 2 (en) Andrew J. Dowdy, Hua Ye, Acacia Pepler, Marcus Thatcher, Stacey L. Osbrough, Jason P. Evans, Giovanni Di Virgilio, Nicholas McCarthy, « Future changes in extreme weather and pyroconvection risk factors for Australian wildfires », Scientific Reports, Nature Publishing Group, vol. 9, no 1, , p. 10073 (ISSN 2045-2322, DOI 10.1038/s41598-019-46362-x, lire en ligne).
- ↑ (en) Theodore M. Giannaros, Georgios Papavasileiou, Konstantinos Lagouvardos, Vassiliki Kotroni, Stavros Dafis, Athanasios Karagiannidis, Eleni Dragozi, « Meteorological Analysis of the 2021 Extreme Wildfires in Greece: Lessons Learned and Implications for Early Warning of the Potential for Pyroconvection », Atmosphere, Multidisciplinary Digital Publishing Institute, vol. 13, no 3, , p. 475 (ISSN 2073-4433, DOI 10.3390/atmos13030475, lire en ligne).
- ↑ (en) Matthew W. Jones, John T. Abatzoglou, Sander Veraverbeke, Niels Andela, Gitta Lasslop, Matthias Forkel, Adam J. P. Smith, Chantelle Burton, Richard A. Betts, Guido R. van der Werf, et al., « Global and Regional Trends and Drivers of Fire Under Climate Change », Reviews of Geophysics, vol. 60, no 3, , e2020RG000726 (ISSN 1944-9208, DOI 10.1029/2020RG000726, lire en ligne).
- ↑ (en) Giovanni Di Virgilio, Jason P. Evans, Stephanie A. P. Blake, Matthew Armstrong, Andrew J. Dowdy, Jason Sharples, Rick McRae, « Climate Change Increases the Potential for Extreme Wildfires », Geophysical Research Letters, vol. 46, no 14, , p. 8517‑8526 (ISSN 1944-8007, DOI 10.1029/2019GL083699, lire en ligne).
- ↑ (en) Climate Change 2021, The Physical Science Basis : Full Report, GIEC, , 3949 p. (lire en ligne [PDF]), chap. 12, p. 1809.