Pyrocumulonimbus

nuage de la famille des cumulus qui se forment au-dessus d’une source de chaleur intense.

Un pyrocumulonimbus, aussi appelé « orage de feu »[1], est un cumulonimbus qui se forme au-dessus d'une source intense de chaleur, par pyroconvection. Selon la nouvelle version de l'Atlas international des nuages, paru en , le nom officiel du pyrocumulonimbus devient cumulonimbus flammagenitus pour indiquer sa source, ce sous-type de cumulonimbus à croissance rapide se formant à partir de sources de chaleur et de noyaux de condensation non atmosphériques, telles que les feux de forêt et les éruptions volcaniques[2].

Cumulonimbus Flammagenitus
(Pyrocumulonimbus)
Pyrocumulonimbus avec pileus
Symbole
Pyro CB ou CbFg
Classification
Famille D (À extension verticale)
Altitude
300 - 21 000 m

Formation

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Principe de formation : (1) feu, (2) convection, (3) rafales de vent, (A) pyrocumulonimbus.

Le pyrocumulonimbus, comme tout cumulus, est formé dans un mouvement de convection atmosphérique lorsque l’air de bas niveau est plus chaud et humide que celui d’altitude, ce qui est le cas notamment lors d'un feu de forêt  on parle alors de pyroconvection. La densité des parcelles d’air de bas niveau est ainsi plus faible que celle d’altitude et la poussée d’Archimède dans la colonne d'air donne un mouvement ascendant. La chaleur entraîne vers le haut un air chargé de vapeur d’eau, qui se condense en se refroidissant (en s'élevant, l'air subit une détente adiabatique, ce qui refroidit sa température et augmente l’humidité relative). Cette condensation libère à son tour de la chaleur et renforce l’ascension du panache. Un pyrocumulus peut alors se former puis, si l’atmosphère est suffisamment instable et le feu assez puissant, se transformer en pyrocumulonimbus, porteur d’une charge électrique capable de générer des éclairs[3].

Ils ont été découverts lors de feux de forêt. Ceux-ci créent des conditions d'instabilité similaires au réchauffement diurne, en plus d’ajouter des particules fines qui peuvent servir à la condensation de la vapeur d’eau en gouttelettes[4]. La source de chaleur est généralement un feu intense ou une éruption volcanique, mais il peut être simplement déclenché par la chaleur des rejets d’une cheminée industrielle si l'air est déjà très instable.

Pyrocumulonimbus déclenché par un feu de forêt près de Los Angeles en 2009.

Comme les autres types de cumulonimbus, ils peuvent atteindre la tropopause et donner des précipitations, dont de la grêle noircie par la suie, de la foudre, des rafales descendantes et même parfois des tornades[5]. Cependant, ils vont donner en général beaucoup moins de précipitations que les cumulonimbus réguliers malgré leur forte extension verticale. En effet, l'étude par données de satellites et radars météorologiques a démontré que les gouttes formées dans le nuage sont très petites, même jusqu’au sommet. Ceci est dû au fait que le nombre de noyaux de condensation fournis par la fumée est très grand et mène à une forte compétition pour la vapeur d'eau disponible[4]. La pluie d'un pyrocumulonimbus n'est donc souvent pas suffisante pour éteindre le brasier qui l'a formé et la foudre qu'il génère, à partir de son enclume, peut en allumer d'autres.

Les cumulonimbus peuvent être également la source d'une injection de particules de fumée dans la stratosphère, créant à petite échelle un effet similaire à l’hiver nucléaire en plus d'affecter la formation de l’ozone stratosphérique[6].

Le pyrocumulonimbus est un phénomène parfaitement imprévisible qui combine à la fois l’incendie et l’orage qui produit lui-même avec ses impacts de nouveaux départs de feux et du vent qui attise le feu[3]. Il est dangereux car il crée ses propres conditions météorologiques. Il est plus puissant, erratique et donc imprévisible. Des sautes de feu sont beaucoup plus probables avec des brandons incandescents (des débris végétaux enflammés) qui peuvent être expulsés de la colonne de convection[7].

Détonation nucléaire

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Cumulonimbus flammagenitus homogenitus (champignon atomique) en formation au-dessus de Nagasaki après le largage de la bombe atomique.

Le champignon atomique est parfois considéré comme un type de pyrocumulonimbus.

Le largage de la bombe atomique sur Hiroshima le se fit par temps clair. Peu après, le champignon atomique se forma et il commença à tomber de la pluie noire qui était pleine de suie radioactive. Cette pluie tua de nombreuses personnes. Le champignon atomique se développa dans la stratosphère et entraîna de nombreuses particules qui restèrent piégées (voir la théorie de l'hiver nucléaire). Il n'a pas été fait état de phénomènes électriques ou de chutes de grêle, car il semble que la présence de suie empêcha la formation de grosses gouttes ou de grêlons.

Même si le champignon atomique peut être assimilé à un très gros cumulonimbus, il ne peut pas être assimilé à un orage supercellulaire.

D'après la nouvelle version de l'Atlas international des nuages, paru en , un tel nuage pourrait être appelé cumulonimbus homogenitus car le champignon atomique n'est pas à l'origine engendré par l'incendie de la ville touchée[8].

Précisions par pays

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En France, ce phénomène météorologique extrême est observé lors de l'incendie de Générac en 2019, de l'incendie de 2025 dans le massif des Corbières, des incendies de 2026 en forêt de Fontainebleau et de celui de la forêt des Landes, en Gironde, la même année[7],[3]. Par rapport à la formation des pompiers, et leur expérience, ce phénomène jusqu'alors très rare, inédit par son intensité et par son caractère répétitif avant cet été 2026, constitue une difficulté nouvelle.

Il introduit une imprévisibilité qui explique le caractère erratique du mégafeu qui menace en 2026 la métropole de Bordeaux et l’immense difficulté des pompiers, malgré les renforts aériens, à contenir sa progression[7],[3].

Notes et références

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Références

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  1. Maïté Koda, « Un "orage de feu" : qu'est-ce que le pyrocumulonimbus, ce phénomène jamais vu en France, observé dans l'incendie en Gironde ? », sur france3-regions.franceinfo.fr, France Info, (consulté le ).
  2. Organisation météorologique mondiale, « Flammagenitus », sur Atlas international des nuages (consulté le )
  3. 1 2 3 4 « "Orage de feu" : qu’est-ce que le pyrocumulonimbus, observé en marge de l’incendie en Gironde ? », Libération, (lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 (en) D. Rosenfeld, R. Servranckx, M. Fromm et M. O. Andreae, « Pyro-Cumulonimbus: Strongly suppressed precipitation by smoke-induced extremely small cloud drops up to the homogeneous freezing level », Conférence automnale, Union américaine de géophysique, , #A11C-03 (résumé).
  5. (en) M. Fromm, A. Tupper, D. Rosenfeld, R. Servranckx et R. McRae, « Violent pyro-convective storm devastates Australia's capital and pollutes the stratosphere », Geophysical Research Letters, vol. 33, , p. L05815 (DOI 10.1029/2005GL025161).
  6. (en) M. Fromm et R. Servranckx, « Transport of forest fire smoke above the tropopause by supercell convection », Geophysical Research Letters, vol. 30, , p. 1542 (DOI 10.1029/2002GL016820).
  7. 1 2 3 Stéphane Mandard, « Le pyrocumulonimbus, l’« orage de feu » qui rend l’incendie en Gironde si imprévisible : C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts », Le Monde,
  8. Organisation météorologique mondiale, « Homogenitus », sur Atlas international des nuages (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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