Quo primum

bulle pontificale promulguée le 14 juillet 1570 par le pape Pie V

Quo primum (ou Quo primum tempore), est une bulle pontificale promulguée le par le pape Pie V. Ce texte a pour objet la publication de ce qui deviendra le missel de référence dans l'Église latine, issu de la réforme liturgique voulue par le concile de Trente. Le pape, en publiant la première édition typique du missel romain, rend celui-ci valide dans tout l'Occident chrétien.

Quo primum
Blason du pape Pie V
Bulle du pape Pie V
Date 14 juillet 1570
Sujet Promulgation du nouveau missel romain (issu de la réforme voulue par le concile de Trente)
Texte de la bulle Quo primum tempore du pape Pie V dans un Missel romain de 1956.

Contexte

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Les origines de la messe romaine

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Le concile de Trente et la liturgie

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La bulle

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Par la bulle Quo primum tempore, le pape rend obligatoire l'utilisation de ce texte dans toute l'Église latine, en faisant exception uniquement pour les lieux et diocèses où la liturgie eucharistique était célébrée suivant un rite au moins biséculaire. C'est ainsi que, entre autres, le rite ambrosien, le rite mozarabe et le rite cartusien (des monastères des Chartreux) ont pu continuer légalement leurs existences. Ils ne sont d'ailleurs que des variations mineures du rite romain.

Pie V termine la bulle par la formule rituelle[1] :

« Celui qui oserait porter la main contre cette œuvre, qu'il sache encourir la colère du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul. »

Après la promulgation

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Modifications durant les pontificats suivants

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Malgré la formulation particulière achevant la bulle, plusieurs papes ont modifié le rite tridentin dans les années qui suivirent.

  • Dès 1600, Clément VIII publie le cérémonial des évêques (le premier du genre), servant de guide concernant la messe pontificale. En 1604, Clément VIII met fin à la prière à réciter à l'entrée de l'église, retire le terme « omnibus » dans le Misereatur et l'Indulgéntiam (deux prières suivant le Confiteor), fait cesser la citation du nom de l'empereur dans le Canon romain et retire la triple bénédiction à la fin de la messe solennelle.
  • En 1634, le pape Urbain VIII, par le bref Si quid, modifie aussi le missel.
  • En 1859, Pie IX instaure ce qui sera appelé plus tard les prières léonines pour toute l'Italie : la fin de la messe se concluant par trois Ave Maria, un Salve Regina et une prière pour la liberté de l'Église[2].
  • En 1884, Léon XIII étend ces prières à toute l'Église. Il ajoutera en 1886 une invocation à Saint-Michel Archange[2].
  • En 1904, saint Pie X fait rajouter la triple invocations, dans les prières léonines, au Sacré-Cœur de Jésus[3].
  • En 1907, saint Pie X réforme le psautier, diminuant notamment le nombre de psaumes. Il avait en outre l'intention de réviser le missel, mais mourant en 1914, il ne put achever son projet.
  • En 1920, suivant les indications laissées par saint Pie X, Benoît XV fait quelques modifications et corrections concernant les rubriques.
  • En 1955, Pie XII réforme en profondeur la Semaine sainte[4] .
  • En 1960, Jean XXIII supprime le deuxième Confiteor (prononcé avant la communion des fidèles), bien qu'il soit autorisé selon la tradition locale[5].
  • En 1962, le nom de saint Joseph est rajouté par Jean XXIII dans le Canon romain[6], ce missel est la sixième et dernière édition typique du Missel romain tridentin. Le nombre d'octaves et de vigiles est fortement diminué, en outre, le prêtre n'a plus l'obligation d'accéder à l'autel avec la tête couverte (généralement par le port de la barrette)[7].

L'application de la bulle

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Mouvement liturgique et encyclique Mediator Dei

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Après Vatican II

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Le , le pape Paul VI promulgue la constitution apostolique Missale romanum[8] pour officialiser le « nouveau missel romain » de la messe dite « de Paul VI » désormais en usage dans l'Église latine[9], rendant obsolète le missel romain de 1570. Toutefois, certains fidèles sont demeurés attachés à l'ancien rite[10]. Aussi, en 2007, Benoît XVI en autorisa à nouveau l'usage (bien qu'il n'ait jamais été formellement interdit), sous le nom de forme extraordinaire du rite romain. Cette forme est parfois appelée rite tridentin. Pour l'Église catholique il ne s'agit pas d'un autre rite, mais bien d'une forme exceptionnelle du même rite romain.

Notes et références

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  1. Ottaviani et Bacci 1999.
  2. 1 2 Philip Kosloski, « Pourquoi dit-on des “prières léonines” ? », (consulté le ).
  3. « Les prières léonines », sur Foyers Ardents, (consulté le ).
  4. Henri de Villiers, « La réforme de la Semaine Sainte de 1955 – Présentation générale », sur Schola Sainte Cécile, (consulté le ).
  5. (en) « General Rubrics of the Roman Missal », sur divinumofficium.com.
  6. « Saint Joseph dans la liturgie », sur Conférence des évêques de France (consulté le ).
  7. Morgane Afif, « D’où vient la coiffe carrée des cardinaux ? », Aleteia, (lire en ligne, consulté le ).
  8. La constitution apostolique Missale romanum sur le site sacrosanctum concilium
  9. Voir la conclusion de la constitution.
  10. ainsi par exemple Joseph Ratzinger dit en 1997 : « Je suis d’avis que l’on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l’ancien rite. On ne voit pas d’ailleurs ce que cela aurait de dangereux ou d’inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était alors pour elle tout ce qu’il y a de plus sacré et de plus haut, et à qui l’on présente comme inconvenant le regret qu’elle en a, se met elle-même en question » dans Le Sel de la terre, éditions du Cerf.

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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